Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

mercredi 18 octobre

TeMpêTe à ParOs, T'eN ChiEs en ScOOteR (oh que c'est raffiné, ça)

scooters

             Je suis assez habituée aux engins forgés dans les ateliers du démon; j'y suis même tellement habituée que lorsqu'un appareil fonctionne correctement, je m'attends à ce qu'un rocher me tombe sur la tête, ou qu'un espace béant s'ouvre sous mes pieds, afin de rétablir l'équilibre de mon kharma. Ami, sache que si tu voyages avec moi, tu dois t'attendre à mille péripéties amusantes (je signale à ce sujet que le ferry LePirée-Paros a fait demi-tour en pleine mer Egée à 2.00 du matin pour cause d'avarie, et qu'il a mis très exactement 10 heures pour parvenir à bon port. Curieusement, je ne me suis même pas inquiétée, j'ai continué de manger mes papadopoulos en attendant la mort); bref, ce matin là, j'avais décidé de louer un scooter pour faire le tour de l'île. Dès que vous vous éloignez de l'axe principal, rouler sur Paros provoque un stress sans précédent (sauf si vous êtes la fiancée d'Alan Quatterman et que vous êtes habituée à traverser des ponts de singe pour aller prendre votre petit dejeuner). Des chiens jaillis de nulle part tentent de vous déchiqueter les tendons, les chemins sont à base de trous gros comme des têtes de boeufs, et les freins du véhicule que vous avez loué sont:

1)  Trop lâches, et vous êtes déjà au fin fond de la mer alors que vous avez commencé à freiner à Athènes.

2) Trop serrés, et vous vous retrouvez à exécuter des triples boucles piquées tous les 10 mètres.

Ajoutez à ça la pétarade désenchantée d'un moteur mal réglé qui en a vu de toutes les couleurs pendant l'été, et vous aurez une image assez précise du stress qui vous accompagne durant votre périple. Sans casque, bien entendu (on vous donne le choix: arriver à votre point de chute avec la coiffure de Ribouldingue à cause du vent, ou avec le cheveux plaqué et graisseux à cause du casque. En ce qui me concerne, je choisis Ribouldingue, l'explosion capillaire sied mieux à mon visage long et fin). Petit à petit, je voyais le ciel s'embouteiller d'un lourd bagage nuageux, ça commençait à sentir humide dans le bleu; mais quand même, j'avais décidé de m'arrêter à Parasporos pour prendre un petit café frappé, et faire un bisou à Pestouille parce que les bisous, c'est comme les cailloux, ça permet de ne pas se perdre en chemin. Mal m'en pris. Le temps d'un slurp imprécis, Ephaïstos s'est mis à tapper comme un sourd sur sa forge divine, on voyait les éclairs fendre le paysage. Moi, je fais ni une ni deux, je saute sur le scooter et je démarre plein gaz pour rentrer avant le déluge; la pluie commence à s'écraser gras sur mes lunettes, je remonte le chemin comme un bourdon atomique, je n'y vois plus rien, j'évite un trou, 2 pierres, 3 trous et chtong, je freine dans le quatrième (qui est tellement profond que 3 spéléologues ont disparu à l'intérieur durant l'été) et j'exécute un arc de cercle spectaculaire avant d'aller bouler 3 mètres devant avec la grâce qu'on imagine. Le moteur ne s'arrête pas, le kick s'est incrusté dans le trou, et le scooter continue donc de tourner en rond à l'horizontale. Sous une pluie battante. Et des éclairs qui menacent de vous faire frire le short.

Essayer de dominer un scooter qui se débat sur un chemin, c'est un peu comme essayer de maîtriser un alligator rendu fou par la faim; c'est dangereux. D'autant que vous venez de vous déboiter le genou et que vous marchez comme Quasimodo, le "beeeeeeelllle" en moins. Sous une pluie battante. Et des éclairs qui menacent de vous faire frire le short.

Au terme d'une lutte inégale qui devait se solder par une éclatante victoire de l'esprit sur la machine, je suis rentrée à Parikia, rétrécie au lavage (j'ai pu passer par la serrure pour rentrer chez moi, sauf au niveau du genou qui était de la taille d'un ballon de rugby), sans short (frit par les éclairs), les jointures rabottées, un rien lasse. Surtout que les toits des maisons ne sont pas prévus pour des déluges bibliques, et qu'il pleut à l'intérieur (c'est super sympa de dormir entourée de casseroles, on a l'impression d'assister à un concert de musique New-age; c'est une chose fréquente ici, les Grecs aiment la musique).

J'organise un voyage en scooter à Dehli pendant la mousson. Inscriptions sur ce site: http://www.voyagepourri.com

Posté par Melle BillE à 09:59 - LégerCommeL'EgéE - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

un ane , ma belle un ane

c'est royale .

Posté par zelda, mercredi 18 octobre à 10:55

J'adore...

... quand tu racontes des trucs comme ça mais a chaque fois, je passe pour un idiot qui pleure de rire tout seul devant son pc.
Bonne journée Mamzelle
Bisous

Posté par Yves, mercredi 18 octobre à 11:39

âne

Zelda, il ne manquerait plus que ça; tu veux pas des photos aussi?????
Yves, oui, je sais, c'est dramatique, mais ce genre de truc fait toujours rire. Lorsque je serai définitivement estropiée, on en reparlera...;-)
bisous et belle journée à toi!

Posté par Melle Bille, mercredi 18 octobre à 13:02

Ce n'est pas

... vraiment les accidents que je trouve drôle, c'est surtout la façon de les raconter ;-)
Bisous

Posté par Yves, mercredi 18 octobre à 13:26

Chère Ribouldingue (hihihi)

Je note avec intérêt que vous mangez des Présidents de la république de Chypre (Papadopoulos) pendant les naufrages...
Pour le voyage en scooter à Dehli, comptez-moi parmi les inscrits. Vous me reconnaîtrez facilement : je porterai un short frit et un casque en Saint Marcellin de chez la Mère Richard.

Posté par Jacques, mercredi 18 octobre à 15:26

et il pleut

toujours !
Je vais aller faire un tour chez toi pour vider les casseroles peut- être ??
euh ... tu me manques aussi ...

Posté par féescarille, mercredi 18 octobre à 16:34

jacques

stoppons les références fromagères voulez-vous? ça tourne à la monomaniaquerie.
Féescarille, je viens d'aller sur la webcam du port, ben dis donc, ça rafraîchit dense en Egée; phénomène d'inversion des pôles (parce qu'ici, the indian summer goes on...)?

Posté par Melle Bille, mercredi 18 octobre à 19:28

c'est alors

que Georges Clooney passe en hélico...

Posté par EPQ, mercredi 18 octobre à 23:58

George Clooney

alors là, Pipique, tu ne crois pas si bien dire! Savais-tu que Tom Hanks, Brad Pitt et George Clooney possédaient CHACUN une maison à Antiparos, une petit île à 12 mn de bateau? Mais moi, quand je suis à Paros, je n'ai d'yeux que pour la peste...c'est ce qui fait que je tombe dans les trous d'ailleurs;-))))

Posté par Melle Bille, jeudi 19 octobre à 07:26

Hééééééééééé !

J'ai voulu m'inscrire, mais le site "Voyage pourri" est un lien mort !
Un signe ???
Merci le destin !
Bises quand même).

Posté par le Râleur.na, jeudi 19 octobre à 14:28

lien mort

oui, le lien est aussi pourri que les voyages qu'il organise;-)))))))
question de cohérence, mon râleur

Posté par Melle Bille, vendredi 20 octobre à 08:40

chauffards de scooters !

J'aime pas les scooters ! Surtout ceux qui ont des grandes dents et qui essaient d'attraper Bernard et Bianca ;)

Posté par bregman, samedi 09 décembre à 20:07

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