Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

samedi 06 janvier

WelcOmE to The PleaSurE DOmE

J'aime beaucoup les petits dîners entre amis (ah ah, la bonne blague! Tu es certaine que tu ne préfères pas croupir au fond de ta grotte dans un état de dénuement total avec pour seule compagnie les bouloches de poussière et les ustensiles de cuisine?). On y apprend toujours tout un tas de petits trucs édifiants.plaisures                                 

Par exemple, une amie qui travaille à la Sécurité Sociale m'a confié qu'à partir du 1er Février, il sera interdit de fumer dans les locaux, mais il sera également interdit de fumer dans les garages de la SS (et pour le coup, l'acronyme de l'organisme devient assez savoureux, il suffit de rajouter "waffen". Par contre, il  est toujours autorisé d'y laisser tourner le moteur de votre 4X4 diesel pendant 30 minutes) et de sortir pour en griller une sur le trottoir. Une cellule psychologique sera mise en place pour aider les pauvres puants (dont je fais partie) à se passer de leur poison. Fichtre, voilà qui laisse songeur. Entendons nous bien, je suis la première à respecter le bon sens de ceux qui ne fument pas (en revanche, j'attends d'eux qu'ils me foutent la paix lorsque j'allume une clope en toute conscience du danger, je ne suis pas arrivée à l'âge qui est le miens pour recevoir des leçons supplémentaires à celles que l'état nous inflige dans une mauvaise foi à la limite du comique). Il m'est arrivé de ne pas fumer chez moi afin de ne pas indisposer certains de mes amis, ça me parait logique. Mais quelque chose de plus inquiétant se profile au-delà de ce vaste débat. Vous ne le sentez pas venir, l'ordre nouveau et sa kyrielle de tabous? Parce que moi, ça me flanque les chocottes, cette société dans laquelle nous sommes obligés d'avancer sur des oeufs, dans laquelle il devient impossible de parler autrement que par métaphores si on ne veut pas se retrouver en procès avec telle ou telle susceptibilité froissée, et dont les nouvelles icônes morales sont représentées pêle-mêle par des footballeurs, des mannequins et des produits édulcorés du show-biz et de la jet-set (ne cherchez pas, ce sont en général les mêmes). Il sera bientôt politiquement incorrect d'être petit, légèrement enrobé (les obèses seront niés, on les appellera handicapés et on les soignera de force), d'aimer le camembert qui pue et de revendiquer le droit à la paresse, il y a là une dérive qui m'inquiète. Le politiquement correct, personnellement, je m'en fous, parce que ça ne veut rien dire. J'aime l'irrévérence et la passion. Et plus que tout, j'aime la différence.

Ce qui suit va peut-être passer pour de la nostalgie à 2 sous; je suis une nostalgique à 2 sous, ça ne me dérange pas. Je regardais récemment la rediffusion d'un "droit de réponse", la célèbre émission des années 80 de Michel Polac. C'était un plateau où tout le monde finissait par s'étriper dans une brume opaque générée par les fumeurs, où le débat politique, social ou artistique s'achevait systématiquement en pugilat, avec pour monsieur Loyal un animateur coquin comme tout qui prenait un malin plaisir à jeter de l'huile bouillante sur le feu de ses invités. Cependant, à la différence d'un Fogiel, il n'était pas agressif, il ne cherchait pas à débusquer des lièvres dont tout le monde se contrefout, et il était excessivement cultivé. Son but était de débattre. La cigarette n'est bien sûr qu'une anecdote, je ne suis pas en train d'écrire que fumer à la télévision est une bonne chose. Ce que je suis en train d'écrire, c'est que j'ai vraiment peur que la société que nous sommes en train de bâtir soit à la limite du lissage systématique et de l'agressivité larvée (à cause de?).

Nous vivons grosso modo 80 ans; c'est très court lorsqu'on y prend plaisir. Mais personnellement, si je ne peux plus dire à mon voisin qu'il m'emmerde lorsqu'il met sa sono à fond à minuit sans me retrouver avec un procès sur le dos pour "atteinte à la liberté individuelle", si je ne peux plus me gaver de plats en sauce et de gâteaux sans qu'on pointe sur moi le spectre du cholestérol, et si je ne peux plus satisfaire à de petits plaisirs qui me sont parfaitement personnels et qui me distinguent du reste du monde,  ça va me paraître très long.

Posté par Melle BillE à 11:04 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ah tiens ?

Vous aussi vous aviez remarqué la dictature du bien-pensant ?
Luttons ! je vais illico me rouler un joint au camembert qui pue.

Posté par Jacques, samedi 06 janvier à 11:13

my darling

This is a very frenchie attitude that might not be suitable with international standards. Our Japanese friends would be very grateful if you could withold the stinky camembert of your political programm.
Thank you in advance.
Yours faithfully.

Posté par EPQ, samedi 06 janvier à 12:19

halte là Président

les pugilistes ne sont pas obligés de coupler les sévices; une représaille après l'autre, soyons diplomates.
Dear PiPiQuE,
I MIGHT withold the stinky camembert, if I'm allowed to replace it by a greasy reblochon. I'm not THAT keen on cheeses, by the way. Is it politically correct if I write "fuck the international standarts?" (holly shit, I feel deliciously renegate)

Posté par melle bille, samedi 06 janvier à 17:54

Histoire vraie...

Un patient chez son cardiologue.

Le médecin lui dit : A partir de maintenant cher monsieur, vous ne pourrez plus fumer, plus boire, plus faire l'amour et vous devrez manger équilibré.

Ah répond le quidam, et je vais vivre plus vieux avec tout ça.

Non, répond le cardiologie mais ça va vous paraitre vachement plus long !!!

Alors moi je dis : comme je ne connais pas l'heure de ma mort,... une année de plus ou de moins, je m'en moque. J'aime les bonnes choses de la vie.

A ta santé Fun, avec une bonne clope en plus ;-)
Amicalement.
Marie

Posté par Marie Lanson, samedi 06 janvier à 20:11

rectification..

C'est le cardiologue qui répond et pas le cardiologie !

Je deviens gâteuse ma parole ;-)

Posté par Marie Lanson, samedi 06 janvier à 20:13

Vas-tu faire un tabac ? ;)

Une société trop lisse nous prive de bien des délices : on y vit les uns contre les autres (Tout contre ? Même pas !)

Volutes partagées ;))

A bientôt.

Posté par Ubu, dimanche 07 janvier à 07:52

Anti democratique

Fumer, manger, boire ... Ce sont des choix personnelles, des libertées, en interdisant quoique ce soit, le monde politique attaque la libertée individuelle.
Enfin tant qu'on rêle pour celà, on ne rêle pas pour autre chose
Bisous M'mzelle

Posté par Yves, dimanche 07 janvier à 09:20

je ne me prononce pas ...

pcq je fume plus . et chui vachement contente .

Posté par zelda, dimanche 07 janvier à 18:16

Marie

J'aime beaucoup cette petite histoire...mais ce qui est amusant, c'est que tout le monde se soit focalisé sur cette histoire de cigarette alors que je parlais de libertéS individuelles. Le tabac est, en lui même, très anecdotique. Mais je vais malgré tout m'en griller une ci-fait...;-)))
Ubu, si je dis "à ta santé", je vais me prendre une volée de bois vert...;-)))
Yves, râler est un droit inaltérable.;-)
Et tu as bien raison, ma Zeld! Quand je vois mon budget clopes, je pourrais aller à Athenes 2 fois plus souvent (ou à Vierzon mais c'est moins glamour)!

Posté par melle bille, dimanche 07 janvier à 18:50

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=163782&pid=3610559

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :