Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

mercredi 31 janvier

Comment veux-tu que je te matricule (ça devient ésotérique, j'en ai conscience)

pink_panther Monsieur Georges Commissaire, preux chevalier, Messire, votre Gloire, Altesse gracieuse, Majesté,  Grand Précieux Gardien de l'Ordre et de la Décence, ô Clément,

        suite à notre entretien de ce matin dans vos locaux (qui soit dit en passant mériteraient qu'on s'y attarde parce que la tapisserie ne doit pas favoriser la diffusion des ions négatifs nécessaires à l'épanouissement de la créativité et de la thyroïde), je tiens à apporter quelques éclaircissements supplémentaires à l'affaire qui nous a rapprochés. Déjà, mais ceci n'a rien à voir, vous devriez dire à vos amis d'essayer d'ébaucher un sourire timide; vu leur fonction, on se doute bien qu'ils ne dissimulent pas des langues de belle-mère et des confettis dans leurs tiroirs. Et je tiens à les rassurer sur un point: les commissures des lèvres ne s'effritent pas lorsqu'on leur impose une tension vers le haut (d'ailleurs, ça n'est pas une tension. Détendez-vous. Dormez. Lorsque je claquerai des doigts, vous serez sous mon pouvoir). Essayez, vous verrez, ça n'est pas douloureux.

           C'est vrai, lorsque vous vous êtes arrêté alors que je venais de garer mon bolide (je ne roule plus en scooter depuis que je sais que mon ADN reste collé sur la selle. C'est du privé.) sous un réverbère, j'étais allongée telle un gisant sur le trottoire, parce que c'est l'hiver et que la chaussée est bourrée de plaques de gel de la taille du middle-west et que je ne connais personne qui soit capable de faire de telles enjambées, sauf le géant vert et les magiques de la 7eme dimension. Dans de telles circonstances, vous avez 27 jambes qui partent dans 27 directions opposées, et vous faîtes des grands écarts tous les 2 pas. Ne me dites pas le contraire, les petits rats de l'opéra viennent s'entraîner chez nous. J'avais simplement glissé, ce qui arrive aux meilleurs d'entre nous.

Vous m'avez vaillamment secourue, fidèle à la noble tradition chevaleresque qui vous anime, et m'avez proposé ah ah ah d'aller gonfler un ballon dans votre castel. Comme je sortais d'un anniversaire (50 ans fêtés avec des dés à coudre remplis de Badois. Mais la mienne était frelatée, je me plaindrai) et qu'après tout on n'a qu'une vie, j'ai accepté. Quelle ne fût pas ma surprise en découvrant la nature scientifique du propos, je vis en vous une sorte d'aimable original prêt à toutes les facéties pour rompre une solitude que je devine pesante. La surprise fût à son comble lorsque je remarquai que vous convertissiez la puissance de mon souffle en mesures. Mon coeur était d'ores et déjà gagné, vous étiez différent. Vous m'avez alors annoncé d'une voix monocorde, mais qui trahissait cependant votre émoi, un chiffre ésotérique qui dépassait très légèrement un seuil toléré. Je vous rappelle qu'il s'agissait d'un anniversaire, pas d'une réunion de salle paroissiale, mais, soucieuse de respecter votre indépendance et votre différence, je ne pippai mot. C'est alors que, dans une pudeur qui n'appartient qu'à vous (et que je respecte et apprécie), vous me fîtes raccompagner par deux de vos preux, non sans m'avoir au préalable fixé rendez-vous pour le jour suivant, c'est à dire aujourd'hui.

Le coeur battant, je suis venue ce matin parée de tous mes atours féminins (nous autres femmes savons qu'à votre intelligence, nous ne pouvons qu'opposer notre féminité). Je ne fus pas déçue. Je découvris qu'au terme d'une nuit sans sommeil, vous étiez parvenu à convertir les milligrammes en euros. Encore maintenant, je suis sous le choc. Je me targue d'une certaine finesse d'esprit, qui me permet d'apprécier à sa juste valeur un homme qui, d'un ballon, parvient à 135 euros. Vous êtes un sage. Si si.

Dura lex, sed lex, certes, mais je vous rappelle que Duralex est aussi une marque de vase de Soisson verres à boisson.

Je reste votre bien dévouée Melle Bille

ps: du ballon à la mesure, j'ai saisi. De la mesure à l'euro, ça devient un peu plus flou. Et de l'euro aux points, je suis dans l'abstraction. Pourriez-vous me faxer un petit mémo ou un schéma?

pps: je vous rappelle en outre que ma chimie particulière fait qu'au bout de 3 verres, je parle déjà comme un sms pubescent. Je considère qu'en de telles circonstances, rajouter des plaques de gel sous mes chaussures entre dans le domaine du coup bas.

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Matricule, comment veux-tu comment veux-tu...(tout en finesse ce matin)

B00005AY41_08_LZZZZZZZ             Melle Bille est au regret d'informer son très aimable lectorat qu'elle doit se rendre ce matin dans les bureaux de George Commissaire à la suite d'un très malencontreux incident survenu hier soir sous un réverbère (à partir de là, toutes les conjectures sont possibles).

Elle ne sera donc pas en mesure de délivrer ce matin son message quotidien de paix, d'amour et de Grand Volontiers.

Mais j'ai bon espoir d'être relâchée sans menottes dans la journée, car je suis une incorrigible optimiste ( je vous rassure si besoin était, c'est un truc qui risque d'être rigolo comme tout; un peu tragique, mais rigolo quand même)

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mardi 30 janvier

Les bonnes astuces de Melle Bille

tv22   Ami(e) lecteur (trice, Hannibal), je vais aujourd'hui t'aider à transformer facilement un week-end de rêve en suite ininterrompue de cascades et de bousins galactiques. Pour mettre toutes les chances de ton côté, tu dois impérativement te munir des accessoires suivants:

                                     * Une 4L , *une vague de froid, *une vieille maison bien toute pourrie sans eau ni électricité (et éloignée de toute civilisation, à cause des ours), *3 amis imprévoyants et maudits des dieux et* des casseroles pour faire fondre la neige ( je te rappelle que la maison que tu as choisi n'a pas d'eau, tu seras bien content de te brosser les dents avec des pics de glace). Si tu fumes du tabac à rouler, pense aussi à vérifier que ta petite pochette RizLa contient suffisamment de feuilles; rouler ses cigarettes dans du papier toilette, ça n'est pas très bon. Si tu le peux, arrange toi pour que la 4L appartienne à un ami peintre fan des Rolling Stones, qui aura peint les 4 membres du groupe sur le capot de la voiture. Comme ça, lorsqu'il te demandera d'aller t'asseoir dessus en pleine montée parce c'est le seul moyen de ne pas la faire déraper, tu auras le privilège de poser tes fesses sur la tête de Keith Richard. Pense à prendre beaucoup de bougies, tu pourras ainsi transformer la maison en anti-chambre de "la nuit des morts vivants", c'est très amusant de faire des grimaces au-dessus d'une flamme par -12°. Avec un peu de chance, ton passe-montagne prendra feu et tu trouveras enfin une utilité au tube de biafine que tu traînes dans ton sac depuis la guerre des Gaules. Ne laisse pas passer l'occasion de te transformer en torche humaine si en plus tu es enveloppé d'une couverture.  Assure toi que la remise de la maison ne contient que du bois humide. Lorsque tu vas faire un feu de cheminée, tu vas pouvoir répandre une fumée âcre et pestilentielle sur 15km2. ça tient les bêtes sauvages à l'écart et ça déclenche le plan ORSEC dans la vallée, ce qui est très ludique. En provisions de bouche, prévois des pâtes et du riz Basmati. Comme il n' y a ni eau ni électricité, toi et tes amis allez devoir rivaliser d'ingéniosité pour les cuisiner. Ne cède pas à la solution de facilité, qui serait de pulvériser l'organisateur de ce week-end pourri, de le dépecer et de faire bouillir ses restes dans une marmite, je te rappelle que tu as déjà déclenché le plan Orsec. De la nuance, donc, et de la retenue. Une fois revenu vers la civilisation, tu pourras le dénoncer aux impôts ou mettre un caca de chien dans sa boîte aux lettres. Tu pourras même faire les deux. Laisse à la maison ton couteau suisse tire-bouchon, c'est beaucoup plus drôle d'ouvrir une bouteille de vin en chappelotant le bouchon avec une fourchette. Par contre, ne le fais pas avant de redescendre dans la vallée, je te rappelle que Georges Commissaire t'attend sur la route et qu'il va te faire souffler dans un ballon multicolore. Comme tu vas arriver en marche-arrière sur le barrage (à cause de tes pneus lisses), il ne va pas laisser passer cette occasion de rigoler un bon coup. En plus, ça lui fera une histoire à raconter à ses petits-enfants lorsqu'il sera à la retraite; tu penses bien s'il va vouloir jouer avec toi.

Voilà. Tu disposes à présent de toutes les astuces pour rater ton week-end. Si tu t'abonnes au magazine "les bonnes astuces de Melle Bille" dans les 10 jours, tu recevras un appeau à canard, une trousse de premiers secours vide et le masque à gaz authentique du général Bigeard.

                                     

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vendredi 26 janvier

CQFD

bille_pese_personne             "Wouha oh ça y est, j'ai mon pitch!" me suis -je surprise à penser hier après-midi, en essayant un jean dans les ténèbres solitaires d'une cabine (à ce sujet, j'aimerais adresser un message personnel à la firme Lewis, qui fait des 501 de plus en plus petits. ça n'est pas une bonne technique marketing de faire passer un 38 pour un 40. Après, on croit qu'on a grossi, on est très malheureux et on va se pendre dans le garage à vélo de l'immeuble, ce qui effraie les locataires et fait de la mauvaise publicité au quartier.). Je venais de trouver l'introduction d'un article assez pénible, à rendre avant le chant du coq (on dirait qu'un chroniqueur, ça ne bosse jamais (alors une chroniqueuse, vous pensez bien) mais en fait, nous sommes constamment au bureau, même lorsqu'on fait de petits sshuiiiip avec la bouche pour boire un nespresso (what else, oui, je sais). C'est en partie ce qui explique ce regard vague et particulièrement bête que nous affichons dès le point du jour. En fait, nous travaillons. Tout ça pour publier un billet follement drôle dans une publication qui tire à 50 exemplaires. En plus, en général, c'est un gratuit, ronéotypé selon la méthode Gutemberg et bourré de coquilles. En Romanche, bien sûr).

Ce qui m'a fait louper le troisième bouton, c'est cet aveu spontané d'avoir cédé à l'anglicisme ambiant. Et j'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé de mot Français pour remplacer "pitch" (encore maintenant, je cherche. truc? coloquinte? François 1er?). C'est comme pour "brainstorming". Si vous dîtes "réunion", on imagine plein de vieux types poussiéreux dans une pièce borgne meublée de chaises achetées en 1973, en même temps que celles de la salle des fêtes. Avec une cafetière-filtre qui fait plic plic parce que le sytème anti-goutte est déterioré. Mais si vous francisez le terme et que vous dîtes: "je suis à la bourre, j'ai une tempête de cerveau à 9.00!", le vôtre (de cerveau) aura bien chaud cet hiver parce qu'on va vous offrir un bel entonnoir à mettre dessus.

On ne dit plus non plus "je vais consulter mon emploi du temps", ça fait cahier de textes; on dit "je vais consulter mon schedule".  Remarquez, c'est tout de même mieux de ne pas tout traduire. Je vous défie de franciser "la rubrique people est très glamour" sans frôler le ridicule. Autre exemple: la chanson des Beatles "Lucy in the Sky with Diamond". En Français, c'est moins swinguant. D'autant que c'est aussi un acronyme et qu' L.C.D, ça ne veut pas dire la même chose que L.S.D ( et je ne crois pas que les Beatles aient été visionnaires à ce point).

Si vous couplez anglicisme et acronyme dans votre conversation, ça donnera donc à peu près ça: "je suis super speed, j'ai un brainstorming avec le DRH et après je vois le DG mais mon schedule est hyper full. En plus, j'ai pas le pitch pour le business plan et il n'y a plus de PQ dans les WC, c'est nimport nawak"; ce genre de phrase a le don de me déstabiliser complètement, et je reste en général face de mon interlocuteur, figée dans une rigidité de parcmètre, comme si j'attendais une traduction simultanée avant de répondre. J'ai crû bon d'ajouter la petite touche verlan sur la chute afin de dédramatiser. Mais si vous estimez qu'elle n'apporte rien, ne la lisez pas.

Je pense que nous sommes à présent en mesure de traduire le disque de Phaistos (qui n'est pas le CD d'un chanteur Grec comme on pourrait le croire), notre science du langage progresse à grands pas.

What else?

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jeudi 25 janvier

Tempête en Janvier, t'en chie sur la route

explorateur                         La France, ainsi qu'une bonne partie de l'Europe, a découvert hier et avant hier que ceux qui voulaient lui faire croire qu'elle était située grosso-modo dans la périphérie de Waikiki ou de la Micronésie étaient des menteurs. Un telle révélation fait mal. Peut-être va-t-on découvrir dans le même temps que le rappel DT polio existe, qu'on ne paie plus son café avec des écus et que pour lire un livre, il faut avoir appris que les petits signes qui ressemblent à des dessins composent des phrases.

La France a donc découvert que ces petits machins blancs qui tombent du ciel tout froids, ça s'appelle de la neige,  et que c'est glissant. C'est un sacré choc, nous n'étions ni habitués, ni prévenus. Il faut dire que c'est assez rare, de la neige en plein hiver, c'est un phénomène nouveau.  En Décembre et Janvier, nous sommes plutôt habitués à nous dorer la pastille en terrasse et à faire de petites bulles dans nos cocktails de fruit frais en soufflant dans la paille. Surtout en Haute-Savoie. C'est bien simple, je n'ai que des chemises hawaïennes et des tongs dans mon placard; et j'avais prévu d'aller à la full-moon party du 2 Février (celle qu'on organise au pied du glacier des Bossons) avec de l'écran total. Mince alors. Pire, il paraitrait même que le froid et la neige sont des phénomènes communs sous nos latitudes, et que ça n'est pas la première fois que ça arrive. On aurait donc caché ça à tous ces automobilistes coincés dans un grand bourrage-papier sur les routes?

J'ai rencontré hier une personne qui grommelait toute seule dans son coin. Pressée de faire ma BA quotidienne, parce que comme ça je suis débarrassée et je peux aller faire des croc-en-jambes aux personnes âgées et leur voler leurs sacs, je me suis enquise des motifs de son courroux. "ça fait chier cette neige - ( cette personne n'est pas très accorte lorqu'elle est perturbée) -je bosse, moi. Et je suis obligée de prendre la voiture. Fais chier. Merde. Putain de neige. Merde. Fais chier". Faut-il préciser que cette même personne braillait comme un sagouin la semaine passée parce qu'elle ne pouvait pas aller faire de ski le week-end (pas assez de neige. Fais chier. Merde)?

Ma tolérance au surréalisme ayant ses limites, je me suis empressée de la rouer de coups et de l'enfouir dans une congère, on retrouvera son pied parfaitement conservé lors de la fonte des neiges.

NeveuBille, lui, était très content. Il a débarqué chez moi avec 25 couches de pulls qui lui donnaient l'apparence de Pavarotti Junior et nous sommes allés compter le nombre de femmes en escarpins qui offraient une féérie patineuse à ciel ouvert. Gratuitement. Ensuite, nous avons bu un gros chocolat chaud qui donne des moustaches et nous avons fait les gugusses en ruinant le stand bonnets Pipolaki d'un grand magasin, j'ai d'ailleurs découvert que coiffée d'un chapeau en daim, je ressemble à un figolu. Je n'aurais jamais eu cette révélation s'il n'avait pas neigé.

Mais quand même, de la neige en hiver, ça n'est pas bien normal. Surtout en Janvier.

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mardi 23 janvier

Tapas NoctUrnE (ce titre a reçu le bousier d'or au festival du jeu de mot pourri de Périgueux)

party                           

J'ai été invitée à l'inauguration du nouveau tripot du quartier. Certains se font inviter au festival de Cannes ou au congrès de la molécule de Rio, mais je préfère privilégier la proximité, c'est beaucoup plus simple de rentrer chez soi à 5 grammes lorsqu'il suffit de vriller sur 100 mètres ( parce que descendre le pain de sucre en rappel par force 17, merci bien. n'allez pas croire pour autant que je sois alcoolique, j'ai juste une alchimie étrange qui fait qu'au bout de 2 verres, je parle comme Albator. Par monosyllabes métalliques et dénuées de sens).

Pour remplacer notre bon vieux petit bistrot de quartier, les nouveaux patrons ont choisi la formule à la mode: le bar à tapas. Personnellement, je ne critique pas; il me parait juste un peu surréaliste de brailler "jobi-joba" sous une tête de taureau naturalisée à deux pas du Mont Blanc.

Lorsque j'arrive, l'air glacial bruisse déjà de vrombissements hibères ( ahah!les fiers hibères d'hiver! me dis-je par devers moi parce que, comme d'habitude, je vais faire un flop avec mon jeu de mot minable; alors autant m'abstenir. L'âge sert aussi à ça: tirer les enseignements des douloureuses expériences du passé). C'est fou le nombre de personnes qui peuvent tenir dans 3 mètres cube, j'en viens même à me dire que certaines d'entre elles sont venues sans leurs têtes, parce qu'il me semble compter un peu trop de bras dans la périphérie du bar. Au bout des bras, tout un tas de petites mains s'agitent, pleines de calamars frits et de morceaux de chorizo enchantés qui sautillent dans tous les sens (certains atteignent leur but, une bouche ouverte, d'autres se perdent dans les limbes ou s'accrochent à votre pantalon. Il en est même, plus audacieux, qui partent explorer votre sac à main. C'est d'un cossu quand vous en extirpez un briquet au chorizo, vous seriez surpris d'une telle classe). J'essaie désespérement d'attrapper une louche de sangria (si ça continue, je vais me coucher sous la soupière avec un villebrequin); d'habitude,dans ce genre d'endroit, je suis aussi voyante qu'un gorille sur un abricot, mais il semble que ce soir, je fasse l'expérience de l'invisibilité. Vous avez tous connu cet insondable moment de vide où vous vous retrouvez la gorge comme une rape à fromage alors que tout le monde autour de vous a déjà atteint le stade Nautilus, en immersion définitive. Pour une fois, je suis de l'autre côté de la barrière, j'ai une diction parfaite alors que mon interlocuteur s'adresse à moi en ancien Français, mais vraiment très ancien ( je n'ose même pas regarder à l'intérieur de mes oreilles,  des calamars doivent en obstruer le canal auditif). Je sais que je peux me permettre de dire n'importe quoi (ce dont je ne me prive pas) , car tous ces mots vont disparaître dans une barrique sans fond: mon vis-à-vis (j'aimerais comprendre de quoi il me parle mais je ne m'inquiète pas trop. Vu son état, il me suffit de hocher la tête et de répondre "bleu" ou "à gauche" ou "le dernier prix Goncourt est une merde"). J'agite faiblement une main déssèchée en direction du patron, j'essaie dans le même temps de capter son regard flottant, rien à faire, j'ai l'impression d'avoir un baillon phonique. La musique est tellement forte qu'on aurait tout intérêt à s'exprimer par le langage des signes, ce que certains font d'ailleurs avec un certain bonheur ( nous apprendrons demain qu'un nonagénaire est mort dans la nuit, le tympan explosé par son sonotone réglé par habitude sur le maximum. Le quartier est d'ordinaire assez calme.).

C'est bien la première fois que je rentre d'une inauguration sans dire bonjour-qui-êtes-vous-monsieur au paillasson et essayer d'ouvrir la porte avec un fromage. La sobriété a quelque chose d'assez séduisant, elle vous permet de constater que lorsque vous êtes au trois quart immergé, vous dissertez 3 heures en Finnois sur des sujets hermétiques. En outre, le pivert que vous avez adopté va se réveiller à l'intérieur de votre cerveau, beaucoup plus tôt que vous. Par contre, constater d'un oeil sobre que votre sac à main a servi de nasse miraculeuse pour calamars et que vous avez trainé jusque dans votre lit de petits morceaux de poivron et d'artichaud confits n'a rien de franchement folklorique et, pour avoir longtemps appartenu au côté obscurs de la force, vous savez que la personne qui vous a donné son numéro de téléphone en pleine tempête est persuadée ce matin d'avoir passé sa soirée à converser avec la tête de taureau naturalisée.

Et en plus il l'a trouvée sympathique.

PS: Ce n'est sans doute ni le lieu ni le ton pour ce genre d'exercice, mais je suis très touchée par la mort d'un homme qui aura mis 50 hivers à essayer de faire le bien. Merci l'Abbé.

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lundi 22 janvier

Les ConSeilS BottéS de Melle Bille (parce qu'il pleut)

parfum3                              Je suis bien embêtée. On m'a demandé si j'avais des astuces beauté à confier aux lecteurs du magazine dans lequel il m'arrive de gribouiller. J'ai jeté un oeil sur les réponses de mes consoeurs et j'en suis restée comme 2 ronds de flanc (et je comprends mieux pourquoi il est plus facile de se casser la tête à résoudre des problèmes anecdotiques comme l'éducation ou la pauvreté). Il est des concessions que je ne suis vraiment pas prête à faire dans le domaine de la beauté.

Néanmoins, je vais me fendre de quelques conseils simples que tu vas découvrir en exclusivité, amie (i) lectrice (teur), car toi aussi tu peux prétendre à mimer la techtonique des plaques avec George Clooney ( ou Paris Hilton. Si tu préfères le nain Pieral, libre à toi, mais je te rappelle qu'il est mort.).

                 * Une bonne literie est la garanti d'une peau reposée et d'un dos bien droit. Il ne faut pas dormir en équilibre sur un verre à dent, ni dans une théière qui n'a pas été rincée.

                  * Choisissez la personne que vous détestez le plus au monde et passez 5 minutes à l'imaginer avec plein de coupes de cheveux différentes. C'est hilarant, et beaucoup moins violent que la méthode Nippone qui consiste à tapper comme un sourd sur une effigie en carton. Je vous conseille de passer en revue les coiffures des rois maudits, de Michael Jackson époque Jackson 5, de Farah Fawcett Majors (une de mes préférées) et de Donald Trump (celle d'hervé Bazin n'est pas mal non plus). Grâce à cette méthode, j'ai passé des moments de franc bonheur à imaginer mes patrons avec une paillasse sur la tête pendant qu'ils me remontaient les bretelles. ça dédramatise (Maintenant que j'y pense, ce doit être assez délicieux d'imaginer celui qui vous importune vêtu d'un costume médiéval ou d'une toge. A essayer).

                 * Avant de vous coucher, pensez à bien vous démaquiller, surtout si vous êtes clown au cirque Gruss ou que vous animez le secteur mime de la MJC du quartier. Par contre, si vous exercez la profession d'effet spécial sur la plateau d'un film de John Carpenter, restez tel quel, vous ferez gagner du temps à tout le monde demain matin. Mieux, ne dormez pas. ça évitera au maquilleur de vous dessiner des poches sous les yeux si vous tournez dans "le retour des morts vivants". Par contre, question beauté, c'est pas la joie, mais il faut parfois savoir faire des choix. Et puis, dites vous que vous aurez votre heure de gloire à la périphérie des fêtes gothiques (on ne vous laissera pas entrer, vous êtes trop vieux).

                 * Au petit matin, agrémentez votre réveil d'un bel air musical, un qui vous plaît bien et qui vous met de bonne humeur. Evitez la B.O. de "mort à venise", "je préfère manger à la cantine" de Carlos ou n'importe quel morceau du répertoire de Pierre Bachelet. Ceci est une liste non exhaustive. Si votre choix est légèrement syncopé, n'hésitez pas à dodeliner de la hanche en regardant dans la vague (pour ceux qui seraient capables d'avoir l'air intelligent au réveil), et dressez mentalement la liste des choses agréables que vous avez à faire dans la journée (réfléchissez, il doit bien y en avoir au moins une)

                 * Consacrez certains temps mort de votre journée à l'étude d'une chouette personne, quel que soit son domaine (en ce qui me concerne, j'ai choisi pour aujourd'hui Serge Lutens. A l'image de ses parfums, sa personnalité sent bon.). Leurs quotidiens sont bourrés de lucarnes fraîchement percées.

                 * Si vous n'en n'avez pas envie, ne faites pas de sport et cessez de culpabiliser. Je vous prends un exemple: moi. Soulever une enveloppe air-mail me froisse un muscle, et j'émets mille petits bruits de soufflerie dès que je monte sur un trottoire. Considérez ça comme votre petite touche personnelle, votre contribution rebelle à un monde décidément beaucoup trop axé sur le culte de l'angle. Riez sous cape des ridicules casques à boudins des cyclistes, faire travailler vos zygomatiques vous fait gagner autant d'années qu'un affligeant parcours santé, au terme duquel vous allez vous retrouver tout rouge et tout suant-puant. Ce n'est pas glamour. Cela dit, si vous aimez vraiment ça, ne vous en privez pas; j'aime aussi me moquer sous cape des ridicules tenues de jogger, vous contribuez indirectement à ma survie.

D'ailleurs, j'en profite pour vous dire merci.

UN DERNIER CONSEIL BEAUTE:

Faites TOUT (je dis bien TOUT) avec lenteur. Prenez votre temps, même si c'est une corvée. N'oubliez pas qu'il s'agit de votre vie, et que vous n'en n'avez qu'une (même si vous croyez à la réincarnation, je vous signale que c'est celle que vous êtes en train de vivre qui importe. Si ça se trouve, vous allez vous réincarner en tamanoir alors ne comptez pas trop là-dessus).

Et maintenant, je vais aller boire un café et manger un chevreuil.

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samedi 20 janvier

Indiana Bille et l'atelier maudit

apocalyptomelgibsonaff500p                  Mon ami John est Colombien. Si, c'est vrai, car tous les Colombiens ne se prénomment pas nécessairement Diego, Luis ou Lopez, j'ai d'ailleurs même connu un Hawaïen qui s'appelait Knüt c'est vous dire où l'étrange va parfois se nicher. John n'est pas seulement Colombien, il est aussi sculpteur. Et lorsque John va se ressourcer dans sa jungle, il me confie les clefs de son atelier-galerie, c'est dire à quel point le garçon est Colombien. Donc, pendant que John tue des serpents, copine avec le cartel de Medellin et se lève à des heures indécentes, j'explore son atelier et je tente de vendre ses oeuvres. Ce qui revient à peu près au même.

Je m'étais promis d'ouvrir à 10.00, heure locale (ça fait 3.00 en Colombie, ce qui me laisse une marge de manoeuvre viable), c'est effectivement ce que j'ai fait. En fait, je n'ai fait qu'ouvrir la porte. Techniquement, l'heure d'ouverture d'un commerce correspond peu ou prou à l'heure à laquelle on est capable de vendre ce qu'il y a à l'intérieur; et pour ce faire, il faudrait venir chez John à 7.00, muni d'une boussole, d'une pioche, d'une trousse de secours et éventuellement d'un plan du site, être capable de confectionner un pont de singe avec un trombone et un réchaud, et abandonner tout repère susceptible de guider le citoyen lambda. Ce dont je suis incapable, sauf en ce qui concerne la troisième suggestion.

Je suis une inconditionnelle des scénarios catastrophes, j'adore la théorie du chaos. Quand j'ouvre la porte de l'atelier de John, j'imagine toujours que je vais me prendre les pieds dans un chiffon qui traîne (un burin, une tonne d'argile rouge, un coffre Mérovingien), je vais me raccrocher à une étagère truffée de céramiques précieuses, l'étagère va me rester dans les mains et je vais entraîner dans ma chute l'intégrale des oeuvres. C'est déjà arrivé. J'entre donc sur la pointe des pieds avec la vigilance d'Harrison Ford lorsqu'il pénètre dans une grotte Maya, après m'être fendue de la salutation au soleil, aspergée d'eau bénite et avoir téléphoné au maharishi maresh afin qu'il envoie sur moi une pluie de bonzes au safran. Les voisins apprécient, je n'ai aucune raison valable de les en priver.

La galerie de John est basse de plafond. Très basse. On n'en voit la fin qu'au terme d'une aventure effrayante. Les poutres, inégalement réparties, dissimulent des toiles d'araignées si épaisses qu'on a l'impression de s'envelopper le visage dans la robe d'un cardinal en les traversant (la grosse main poilue posée au milieu n'est pas une sculpture. La preuve, elle vous attaque férocement.). Après 3 poutres, vous ressemblez à un apiculteur en mission-suicide, et vous avez un front plat de calendrier Aztèque parce qu'il vous a fallu choisir entre le choc frontal et  la mygale importée, qui n'attendait que vous pour satisfaire ses instincts sanguinaires. La sensation de vivre une aventure extraordinaire atteint son apogée lorsque, confronté au tableau électrique (n'hésitez pas à balayer d'un revers de la main le ptérodactyle qui s'est assoupi sur votre épaule, il est mort depuis le crétacée), vous allez longuement hésiter à relever tel ou tel plomb. Si vous générez une panne de quartier, vous le saurez très vite (le voisin du dessus survit grâce à un groupe électrogène qui alimente son poumon d'acier). Par contre, ne culpabilisez pas si vous découvrez que Sidney à été plongée dans l'obscurité au moment où vous manipuliez ce tableau, vous n'y êtes pour rien.  Mais ils vont essayer de vous faire porter le chapeau, attention.

Bref, tout ça sent l'étrange et le koh lanta.com. Et lorsqu'à 15.00, heure locale (10.00 en Colombie, la boucle est bouclée), je suis parvenue à vendre une sculpture à 772 000 pétro-dollars ( je vous laisse faire la conversion vous même, je viens de vivre les heures les plus noires de mon existence, et vous êtes empathiques, ce dont je vous remercie), j'ai vraiment eu envie de faire un triple axel arrière en criant "woua ho!", mais je me suis abstenue. A cause des poutres.

N'attendez aucun billet demain (d'autant que pour vous, par un paradoxe temporel délicieux, c'est maintenant), j'ouvre à 10.00, heure locale. Et après je vais au ciné.

Voir Apocalypto.                   raiders

Le montage pourri ci-contre est dédié à Princesse Zelda.  On n'aime jamais trop ces amis.      

Posté par Melle BillE à 22:11 - LeS HabITanTs De Ma PlAnEtE - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 19 janvier

CoChOn QuI S'eN DéDé

wildwildwests2v2001

Ow ow ow.

J'aime bien changer d'introduction de temps en temps. Celle-ci, je l'ai piquée à Santa Claus et au géant vert, qu'ils viennent donc me faire un procès s'ils l'osent, les gueux.

   Je vais consacrer ma journée à digérer une information de taille: l'université agricole de Harbin en Chine vient d'annoncer la création de cochonnets partiellement fluorescents (groin, pieds et langue). C'est pratique sur un terrain de pétanque, sauf qu'il s'agit de vrais pourceaux issus d'une vraie truie, à qui on a injecté du matériel génétique de méduse. J'ai un peu de mal à déceler l'intérêt d'une telle expérience, si ce n'est donner à votre jambon-beurre un petit côté rock n'roll. Donnez du requin à une autruche, et vous vous retrouvez avec un volatile muni d'un aileron et de 7 rangées de dents pointues; ça aussi c'est assez rock n'roll.

Mais qu'apprends-je dans le même temps? Cette information fait bien rigoler l'université de Taiwan, qui affirme avoir produit 3 cochons entièrement fluo, même en lumière naturelle. Bisque bisque rage donc, les Chinois sont médusés (mais pas fluo pour autant. Enfin, pas tous).

Voilà qui me rassure. Nous allons tous pouvoir assister prochainement à une féérie porcine les nuits de pleine lune, les porcheries deviendront des luna-park, on y servira du pied-de-cochon fluorescent, il y aura même un héliporcport balisé par des truies.

Et le monde asiastique s'apprête à célébrer l'année du cochon (Je ne veux même pas imaginer ce qui va se faire l'année du rat).

Quel monde formidable!

PS:  Ca n'est pas très développé comme billet, mais je suis aujourd'hui un rien compressée par le temps. Je vous laisse donc ce soin, et les clefs de la maison. Si vous pouviez en profiter pour passer un coup de chiffon sur les meubles, j'apprécierais (par contre, ne touchez pas la plante verte qui achève de moisir au pied du futon, elle est carnivore et piégée. En plus, elle n'aime que moi).

Posté par Melle BillE à 08:14 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 18 janvier

La Cité DeS ScienceS

bille_s_televisionSix jours sur sept, j'oublie que j'ai une télévision. C'est encore une nouveauté pour moi, je ne me suis pas totalement investie dans les merveilles du petit écran. Et puis voilà que je me rends compte que le seul jour où je me dis "bon allez, je vais tâter la zapette pour voir quelles délicieuses sensations cela procure", C'EST PRÉCISÉMENT LE JOUR OU IL Y A LES PROGRAMMES LES PLUS DÉMENTS POURRIS DU MONDE ENTIER DE L'UNIVERS DES MILLE PLANÈTES POURRIES DU MONDE ENTIER (je vais me débarrasser tout de suite de la quantité de "pourri" qui s'est amassée sous mon clavier pendant la nuit. Pourripourripourrripourripourri. Voilà. Logiquement, nous sommes tranquilles) C'est assez curieux d'ailleurs, de choisir systématiquement le Mercredi pour se souvenir de la présence de cet appareil laid, terne, sans grâce et lourd du tour de taille (ce qui me rappelle quelqu'un que j'ai bien connu). Ce doit être parce que c'est le jour des enfants. Enfin bon, les faits sont là; le mercredi, je me fais un petit plateau repas et zappe que je te zappe en espérant glaner quelque information croustillante sur la fabrication du beurre de Yak en Yakoutie (c'est un exemple) ou sur la dernière chute à ski de Roger Moore (ça, c'est sur la TV Suisse Romande, des avant-gardistes. Je recommande chaudement). Las, je vois rarement ce genre de programme. Ils sont toujours diffusés à l'heure où j'ai glissé toute habillée du fauteuil au parquet, et je me réveille en général sans avoir vu l'ombre d'une baratte,  au milieu des croûtes de fromage que j'ai entrainées avec moi dans ma chute. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle 6 jours sur 7, passé Kamaalot, j'oublie instantanément que je possède un téléviseur. Hier soir cependant, un programme a retenu mon attention (mais pas les croûtes de fromages qui, dans un sursaut d'autonomie, se sont toutes précipitées sur le sol pendant que j'avais le dos tourné). C'est une émission dans laquelle vous pouvez présenter une invention. Si vous gagnez, vous empochez une somme coquette, votre produit est commercialisé et vous devenez le maître du monde. J'adore ça. Je suis la première à me précipiter tête baissée au grand salon de l'invention de Genève, on y trouve des types qui ont trouvé le moyen de faire du vin avec de la vapeur. Le clou du spectacle, hier soir, c'était le GRAVITRON. L'inventeur arrive sur le plateau, il a une tête de vieux moine rance avec plein de trous entre les dents, il montre sur un écran plasma le vaisseau galactique de Starwars, et annonce benoîtement qu'il a trouvé l'antimatière qui soulève le porte-avion Clémenceau d'une pichenette. Le jury, finaud comme pas deux, demande une démonstration. "ah ben non -réponds frère Coulommiers- jene peux rien vous montrer, ça coûte trop cher à réaliser, je n'ai pas les moyens. Mais donnez les moi et je vous fait voler ce bureau, mon invention va changer la face du monde".

Comprenez moi bien; ce type est venu sur un plateau télé avec rien entre les mains pour demander 150 000 euros faites moi confiance ça va marcher. Un peu comme moi avec mon banquier. Sauf que lui, il promet de faire voler le faucon millénaire de Han Solo. Très curieusement, le jury, décidément peu visionnaire, n'a pas cautionné cette formidable perspective, il a préféré donner sa bénédiction au vélo-hamac et au glamSwiss (l'équivalent de la trousse de maquillage version couteau Suisse).

Avec ma clef USB-tire-bouchon pour homme d'affaire stressé et mon bouton-poussoir-pour-éviter-aux-oeufs-de-rester-collés-au-fond-de-l'alvéole-en-plastique-si-bien-qu'on-en-casse-un-sur-deux-quand-on-veut-les-sortir (je vais essayer de trouver un nom plus explicite, j'ai peur d'être un peu obscure), je devrais remporter haut-la-main le pactole.

Et je serai le maître du monde.

Je vous offre un verre?

Posté par Melle BillE à 11:04 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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