bille_shopping      Hier, j'avais rendez-vous chez des Puissants avec 2 associées ponctuelles (mais néanmoins sympathiques). Le rendez-vous avait lieu à la grande ville, celle qui a donné naissance, entre autres, à Guignol (à Gnafron aussi); et je ne sais pas pourquoi, mais en écrivant ça, je me sens tout soudain envahie d'un état des lieux assez pécore. Je me demande d'ailleurs s'il n'est pas un peu vain d'écrire ces quelques lignes, je ferais peut-être mieux d'aller traire une ou deux tarines et balancer un yödel en haut d'une montagne, ça pourrait déclencher une avalanche et faire descendre de 3 mètres le glacier du zermatt. Je suis espiègle parfois et dans les montagnes, c'est pas tous les jours qu'on rigole. Bref, profitant de cette immersion dans la modernité, il m'a fallu suivre mes deux associées dans un de ces temples de la décoration Suédoise qu'on trouve aux abords des métropoles, là-bas, loin, en ces lieux magiques où vivent les Grands de ce monde, gloire à vous ô Majestueux je ne suis qu'une humble fesse de puce. Je n'avais rien de particulier à acheter ( quand on vit dans un appeau à canard, on n'a pas besoin de canapé d'angle, sauf à la verticale. Mais dans ce cas, mieux vaut acheter directement une porte et coller 3 coussins contre), mais si tu es attentif, ami lecteur, tu auras compris que ma nature bonhomme et accorte fait la joie de mes connaissances, qui s'arrangent toujours pour me trimbaler avec une joie sadique dans les endroits les plus abjects (par contre, lorsqu'il s'agit d'un Week-end à Venise, macache, tu peux te gratter et aller t'ensabler en solo dans les lagunes). Pour que je pousse les chariots pendant qu'elles s'agitent en émettant de petits cris ravis devant des porte-savons en inox, des étagères métamorphes (quand tu les mets la tête en bas, elles se transforment en bandit-manchot musical (ah, pour bandit-manchot, le correcteur orthographique propose "qu'endimmanchons"; sans doute pour signifier que les casinos sont ouverts le Dimanche), c'est fou ce que les Suédois sont ingénieux) et des grands cadres photos avec la tête de Marylin Monroe à l'intérieur. Des luminaires très vilains, aussi, mais tout est affaire de goût (bonhomme, accorte ET tolérante). Vous avez remarqué que depuis quelque temps, je mets des parenthèses DANS les parenthèses, ce qui donne au texte un petit côté poupée-russe pas désagréable. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi, je m'en contrefiche de ce que vous pensez j'aime bien.

Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est que personne n'ait encore planché sur le chariot à roulettes qui ne se coincent jamais. Et ce que je comprends encore moins, c'est pourquoi je me retrouve invariablement avec un de ces chariots bancales, alors que les autres consommateurs tournicotent avec des allures de fées clochette (enfin non, pas le gros barbu qui fait 300 tonnes là-bas vers les plantes artificielles et qui ressemble au sergent Garcia), lestés de chariots TGV (Treuillés par Grand Volontiers) qu'ils poussent d'un index nonchalant, limite dédaigneux. Je vous vois venir, vous êtes en train de vous dire : "tiens tiens, je croyais qu'elle n'avait besoin de rien", ce qui est la stricte vérité (si vous ne vous dites rien, c'est que j'ai raté mon effet et je dois me remettre en cause. Vous serez responsable lorsque je m'immolerai de façon dramatique à la faveur d'une nuit sans lune). Mais pendant que vos amies (qui n'en sont d'ailleurs pas, la preuve) choisissent et entassent leurs mille merdes dans le chariot, vous croyez qu'elles ont 4 bras pour pousser en même temps? Vous croyez qu'elles vous ont fait venir pour vous aérer un peu et vous permettre de fumer une clope dehors derrière un pare-choc parce que devant on n'a plus le droit sinon on se prend un gifflon tellurique dès qu'on craque une allumette? Elles vous ont fait venir pour pousser le chariot bancale et vous observer quand vous allez piler net sur votre lancée, et que l'amoncellement de saloperies va se répandre dans toutes les directions (je dois à ce sujet vous faire part d'une observation utile et judicieuse: les planches à repasser sont des objets rebelles qui continuent sur leur lancée et ne s'arrêtent qu'au terme d'un périple cahotique à travers 4 obstacles minimum. Songez y avant de remplacer la vôtre). Là, tout le monde va vous regarder avec un air à faire voler les pavés (vos amies aussi, mais pas pour les mêmes raisons) et vous aller vous retrouver revêtue du costume pue-la-honte le plus voyant du monde. Seconde variante de la roulette folle, celle qui se coince uniquement au niveau de l'articulation. Elle continue de rouler, mais dans le mauvais sens. Et comme vous êtes en train de répondre à un coup de fil, vous ne serez alertée du cheminement de votre chariot que lorsque celui-ci croisera la route d'une pyramide de vaisselle en solde. Ambiance cotillons garantie. Surtout quand une de vos amie va vous foudroyer parce que vous avez lâché du regard son butin l'espace d'une nano-seconde ( après tout, vous êtes là pour ça, pas pour répondre au téléphone. La prochaine fois, elle vous le confisquera, vous feriez mieux de prévenir vos contacts).

Dans le même temps, on m'avait proposé un café au Novotel du coin. Cela pour signifier, si besoin était, que je fais TOUJOURS les bons choix. Et ce dans tous les domaines.