Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

vendredi 30 mars

t'as ka ma-sutrer en chantant (pas terrible, ce titre, faut dire ce qui est)

                                   Je crois que vous allez être très très contents de mon retour (non, sans rigoler, cette fois-ci c'est vrai. Ou alors, je me serai lourdement trompée sur nos relations, que je croyais basées sur une compréhension mutuelle, un zest de bienséance et une cuticule d'amour sincère et désintéressé. Car voyez vous, je crois que l'homme est fondamentalement bon. Mais il est vrai que le passé a prouvé que, parfois, cette croyance se voit malmenée par des faits qui viennent en totale contradiction avec elle; prenez Attila, par exemple. Attila n'était pas un homme bon. Il mangeait des steaks à même la tête de ses adversaires, préalablement épouillés; après son petit rot et sa sieste, il les faisait frire sur le knout en se lissant les moustaches, qu'il avait fort cruelles, avec de la graisse de poney nain. Puis il éclatait d'un grand rire sardonique et galopait dans la steppe en éventrant tous les paysans. Alors bon, c'est vous dire si parfois, une idée peut s'avérer sans fondement). Vous allez être très contents, parce que, dans le cadre de la grande enquête (commencée ici ) sur les us et coutumes sexuels du monde, j'ai de nouvelles infos.

kama_sutra_reading1Je vois vos yeux qui brillent, je le savais.

Pendant ces 3 jours de vacances bien mérités, je me suis attentivement plongée dans la lecture des kama sutra. J'avais ce bouquin depuis au moins 5 ans, il est de petit format, facile à transporter, je me suis dit que c'était une saine occupation. Attention, ces kama sutra sont les vrais, pas ceux, occidentalisés, qui nous occasionnent des fous rires un peu gênés et nerveux lorsqu'on les consulte en galante compagnie (parce que ce n'est pas le genre de lecture qu'on se coltine avec le chef de service de la sécurité sociale ou avec George Commissaire, à moins d'avoir fait une très grosse connerie). Mon édition est vierge de tout petit dessin cochon, il n'y a ni plans, ni schémas grossiers, pas d'extensions, bref, c'est une traduction directe et sans fioriture (j'ajoute qu'elle a le bon goût d'être bon marché; la culture pour tous, nom d'un tuba!). Pendant ces 3 jours à la ville, j'ai promené ma petite édition de terrasses de café en terrasses de café, habilement dissimulée sous la couverture de "oui-oui à la plage" parce qu'on ne sait jamais, le pervers sexuel peut se cacher partout.
Le saviez-vous? Les Indiens sont étonnants, ils font des choses incroyables. Je ne parlerai pas des positions, parce que là, après tout, chacun fait comme-il-veut-comme-il-peut, tout le monde n'a pas la configuration requise pour exécuter "la triple bascule de la femme-biche sur l'homme-taureau en baiser tournant" de façon gracieuse, il est des expériences qu'il vaut mieux considérer comme caduques. Je parlerai donc des sons que les protagonistes sont censés émettre lors du congrès amoureux (ce n'est pas une blague; parlez du congrès amoureux à tout bon spécialiste de la culture hindi, il va vous prendre pour une licenciée ès kama, et vous faire des offrandes.). Car oui, nous devons émettre des sons. Mais attention, je vous vois venir, gaudrioleux de pacotille que vous êtes, vous allez me répondre que oui, pendant le congrès, tout un chacun produit un son qui lui est propre, et même plusieurs. Certes, mais produisez-vous le bon son?

Car en Inde, pendant le congrès, on se doit d'émettre 8 sortes de plainte: le son Hinn, le son tonnant, le son roucoulant, le son pleurant. Attention, ça se corse avec les 4 suivants, et je vous demande, par souci scientifique, de bien vouloir accompagner la lecture de ce post par une démonstration sonore (et si possible sans rire. Bon, vous, je ne sais pas si vous y parviendrez, personnellement, je n'ai pas pu. D'autant que j'étais sur une terrasse très bondée et que bon, c'est assez compliqué de produire des bruits pareils, surtout que vous êtes censée lire "oui-oui à la cantine", toute seule devant votre expresso). DONC, les sons Phoutt, Phâtt, Soûtt et Plâtt. Il est ensuite indiqué que l'on peut joindre des sons comme ceux de la colombe, du coucou, du pigeon vert, du perroquet, de l'abeille, du moineau, du flamand et de la caille ( Vatsyayana. les kama sutra; ed.Librio, page 53).Kama_Sutra_2

Tudieu. Vous imaginez?

Une friandise particulière? "Phouttt!!!!" Un geste précis et langoureux? "Plâââât!!" (j'aime particulièrement celui-ci) Une demande légitime ..."Soûtt?" ...à laquelle on répond: "bzzzzzzzzzzzzzzzzz." Ne me demandez pas le cri du flamand, je n'ai aucune idée de ce à quoi il ressemble (quant à celui du Wallon, j'ai bien un vague souvenir, mais perdu dans les limbes de ma jeunesse).

Conclusions: je ne souhaite pas tomber amoureuse d'un Indien, et j'ai bigrement intérêt à penser à autre chose lors du prochain congrès amoureux.

Phâââââât!!!!!! rrrrrrrrourrrrrrrourrrrrrrrouuu? Bzzzzzzzzzzzz. .......Phoût? Hiiiiiiiiiiiiiiiiin!!!!!!!!!!!!! Soût.

PS: Je vous fais remarquer que j'ai su éviter l'écueil raccoleur d'un montage photo libidineux. Preuve que ce blog est un chef-d'oeuvre de bon goût et de savoir-vivre.

Posté par Melle BillE à 00:35 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 27 mars

les clefs sont sous le paillasson

vespa     Bon, ben là j'm'escuzze, mais faut que je m'absente 2 ou 3 jours. J'ai laissé une bonne bouteille de Chirouble sur la table (à côté du bouquet de fleurs), c'est pour vous. Le DVD de "little miss sunshine" est dans le lecteur (pendant que vous y êtes, allez sur le site du film, sans vouloir vous commander), il doit y avoir encore quelques petits trucs à grignoter dans le réfrigérateur (je crois qu'il reste de la mousse au citron et du fromage mais attention, il explose quand on le regarde de travers, soyez prudents). Si vous voulez faire tourner une machine, enchaînez là d'abord au mur et flattez lui les flancs pendant la phase essorage.

Ah, autre chose, si vous travaillez ici l'après-midi, il y a un type qui vient tous les jours s'assoir sur le banc d'en bas pour jouer de la guitare. Il ne connait que 2 airs. Lorsque vous aurez entendu 97 fois "je m'suis fait tout p'tit devant une poupée", vous pourrez lui jeter des épluchures et des vieux filtres à café. Vous verrez, c'est très relaxant.

Dernière recommandation, j'ai semé des graines de printemps dans un pot sur le rebord de la fenêtre. Arrosez mollo, c'est délicat (et ne le faites pas tomber sur la tête du gratteux).

Terminons par une charade à peu près pourrie: * mon 1er est un bonbon Suisse, on sert mon second à l'apéritif dans les pays Slaves, il ne faut pas voter pour mon tout.

  Je vous laisse en la très sensuelle compagnie de De Phazz (si si, vous allez voir, c'est chouette et c'est tout doux. Fermez les yeux, laissez vous bercer, et faites un petit voyage)

PS: je viens d'aller faire un tour chez les Posuto, ils m'ont inspiré une autre charade à peu près. Comme ça, vous avez de quoi vous occuper:* mon 1er se dit d'un truc moisi, mon second est plein de matière grasse, mon tout est un célèbre cosmonaute.

Question prix, ça ne rigole pas, je mets en jeu ma célèbre boîte de zan musicaux (quand tu ouvres la boîte, ils se mettent à chanter une chanson des frères Jacques. C'est pour ça qu'il ne faut pas les manger, parce qu'après, il te manque des voix).

Je vous embrasse.

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lundi 26 mars

Un grand élan d'amour

solex

" Le parfait amour est une chimère. Il n'y a de réel que l'amitié, qui est de tous les temps; et le désir, qui est du moment" (Nerciat (1739-1800). "Felicia, ou mes fredaines".

Mon cher Jaco referme son agenda "la pleiade" d'un claquement tout doux, en me regardant fixement; il a ce petit regard insolent, de défi, que je lui connais depuis 30 ans, chaque fois qu'il veut me clouer le bec; il me dit :"c'est d'un type qui s'appelle Nerciat (bon, moi je pense, "Nerciat tique, et ça fait super mal", mais je ne dis rien, parce que le moment ne s'y prête pas vraiment; Jaco m'attaque sur mon terrain favori, l'amour); je trouve ça pas mal. ça me plaît bien, ça me correspond".

Il y a 3 minutes à peine, je me suis offert un petit arrêt sur image, lorsqu'il m'a demandé de lui passer ses lunettes. Jaco a un problème avec le flétrissement, il voudrait que nous soyons éternellement ces adolescents en solex, avec nos cheveux gras, nos musettes estampillées Bob Dylan et Police, nos découvertes de maisons hantées, il voudrait que nous fassions encore tourner des verres sur des tombes à la pleine lune (période baba-gothique), que nous nous mettions encore en arrêt devant la sonnette d'une boite de nuit à 21.58 (période golden-student) et que nous partions encore en vacances on-ne-sait-pas-où-on-ne-sait-pas-comment-on-s'en-fout-on-a-l'inter rail-on-dormira-dans-un-fossé-ou-chez-l'habitant-s'il-est-sex-et-rigolo (période n'importe quoi pourvu que ce soit n'importe quoi); Jaco ne veut pas vieillir, ça l'ennuie. Moi, je trouve ça assez chouette. J'aime bien l'avoir connu tout boutonneux, tout gauche avec les filles, avec sa mauvaise coupe de cheveux au bol et sa veste de cuir bleu, et le voir aujourd'hui si parfait avec ses lunettes de ministre et son maintien de gentleman, même les lendemains frissonnants; j'aime bien quand, 30 ans plus loin, nous avons l'un pour l'autre ces attentions de vieux couple. Ce matin, je lui ai apporté du doliprane et le dauphiné libéré, parce qu'il a mal aux dents et qu'il aime lire la presse régionale. Et lui sait toujours exactement ce dont j'ai besoin, il l'a toujours su à l'instant même où je le formulais. Mieux, il anticipait mes plaisirs. Il me conseille bien, il sait ce que je suis. En 30 ans, il ne s'est jamais passé une semaine sans que nous ne prenions des nouvelles l'un de l'autre, même lorsque nous vivions à des milliers de kilomètres de distance; nos coeurs faisaient "bombom" et nous les entendions secouer les nuages et traverser la mer, des coeurs légers, insubmersibles. Inséparables.

Nous sommes des fidèles.

Jaco est gracieux, même dans la maladie; il ne sait pas faire autrement. Il a de longues mains très blanches, et des super-pouvoirs, tout ce qu'il touche devient beau. Donnez lui une fourchette et du sopalin, il vous fait un tableau qui fait de la musique. Il est un peu magique. Aussi, il ne croit pas à l'amour, c'est le seul point sur lequel nous nous battons. Mais je crois que tout ça provient d'une vieille blessure, il provoque pour se rassurer, se dire qu'il a raison, il chantonne et va jusqu'au bout de sa nuit en s'imaginant qu'il ne souffrira pas. Si je le regarde attentivement, comme ce matin, je vois à quel point il est devenu beau, à quel point ses rides, sa pâleur, ses yeux un peu fatigués et ses gestes lents ont lissé sa maladresse. Il dit qu'il aspire à l'omniscience en rigolant, mais il lui arrive encore de tâtonner un peu dans des domaines qu'il ne maîtrise pas bien. Ce matin, il m'a dit que son film préféré était "les invasions dangereuses"; je me suis demandé s'il voulait parler des invasions barbares ou des liaisons dangereuses, il a répondu "les deux, mon capitaine". Jaco ne se démonte jamais, c'est un mecano incassable. Il y a des sujets auxquels nous ne touchons pas; nous avons l'un et l'autre failli passer d'un côté du miroir où l'autre n'était pas convié, ça nous a trop flanqué la pétoche. Depuis, nous avons décidé que dans 20 ans, nous ferions encore de la luge sur des sacs poubelles, que nous danserions encore le mambo, que nous ramasserions patiemment nos petits morceaux éparpillés lorsque l'un de nous aurait mal. Quand ses amours le quittent, je suis là, et lui me prend dans ses bras lorsque les miennes se brisent. Rarement, il est pudique. Mais il est évident.

" Le parfait amour est une chimère. Il n'y a de réel que l'amitié, qui est de tous les temps; et le désir, qui est du moment" (Nerciat (1739-1800). "Felicia, ou mes fredaines".

Hé hé, mon Jaco, encore une fois, j'ai bien failli te croire. Mais je suis ravie de t'apprendre que sur ce terrain là aussi, je resterai prévisible.

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samedi 24 mars

carousel

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vendredi 23 mars

L'académie Française vous présente tous ses voeux

je_connais_le_fran_aisBonjour. Je vous demande de lire attentivement cette description d'hôtel trouvée sur internet.

Description De La Propriété -------------------------------------------------------------------------------- Bienvenue à la pension de la première de Londres centrale, la pension du voyage aux Rois Cross. Nouvellement refourbi avec tous les nouveaux équipements, cette pension réussit à satisfaire les besoins de n'importe quel backpacker moderne. Les Rois Cross du voyage revendique un froid hors de pièce, de pièce de TV, de cuisine de restauration d'individu avec diner le secteur, et de gamme des options de pièce. A localisé une promenade courte du bourdonnement de la ville de Camden et tous autres attractions et transport principaux lie, notre pension est idéalement situées pour vous aider à éprouver la vie de Londres pleinement. Si vous recherchez des clubs ou des publications, les vues ou de bonnes mémoires justes, la pension du voyage aux places des Rois Cross vous sur leur seuil à un prix pour convenir à toute poche. Avec le personnel amical et une atmosphère d'amusement, cette pension est devenue l'endroit pour reposer un chef las après l'exploration d'un jour.

Fichtre, je parie que dans cette pension, on voit des lave-linges se balader entre 2 étages et des sèche-cheveux capter la BBC. Il parait même que le concierge est un cintre. Et qu'on paie en fourchettes. Par contre, je ne trouve dans aucun manuel d'histoire la moindre trace des mystérieux rois Cross, ils se sont probablement empêtrés dans les limbes de la gamme des options de pièce. Depuis, ils errent, sans but, hagards, loin du bourdonnement de la ville et tous autres attractions.

On est peu de chose.

PS:  Hier,  neveubille m'a expliqué que l'ouvriment de la porte de son placard se situait en haut mais un petit peu en bas (je suppose que c'est une question de point de vue). Lorsque je lui ai dit qu'on disait ouverture, il était déjà reparti à moitié sur la planète spider-vador-asterix-raie manta qu'il habite en quasi-permanence. J'ai donc voulu m'assurer qu'il s'était bien envolé avec son nouveau mot, sans en semer les 3/4 dans le sillage d'un gnome ou d'un pirate. Il m'a répondu de sa petite voix de flutiau qu'il ne fallait pas que je m'inquiète, et qu'il avait compris ce que c'était qu'une ouvrimure. J'en ris encore. Me voilà rassurée; non seulement cet enfant est bien le digne dernier né d'une longue lignée de branquignoles, mais plus tard, il sera traducteur (par contre, à 4 ans, il ne sait toujours pas dire tricératops, ni "le mésozoïque est une période époustouflante d'un point de vue strictement géologique").

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jeudi 22 mars

splatch Je viens d'être témoin de quelque chose de très particulier. Démarrer des journées comme ça, ça fiche la trouille je vous jure. J'étais en train de feuilleter courrier international dans mon bain (ce qui n'est pas très pratique, d'ailleurs. On est obligé de tenir le journal à bout de bras pour éviter que l'encre ne bave dans l'eau, sans compter que ce n'est pas très agréable de lire un journal détrempé et tout mou), bercée par le doux ronronnement de mon lave-linge (heureusement que je n'ai plus de lave-linge à hublot; avant, je pouvais passer des heures à regarder tourner le linge, je trouve cette occupation apaisante. Je répète encore une fois le mot linge? linge). Bref, je commençais à m'assoupir en immersion quasi totale, quand un boing 707 a fait péter tous ses réacteurs dans la salle de bain. Le lave-linge (linge) a entamé son essorage avec une frénésie toute printanière, bolombolombolombolombolombolombolom pour quitter son tarmac habituel, s'est avancé de quelques mètres bolombolombolom pour finir sa course contre le mur. Ne me demandez pas ce que j'ai fait, la réponse est: rien du tout. Je me suis contentée d'observer la manoeuvre, qui n'est rien d'autre qu'une obscure tentative pour me faire sortir de l'eau chaude en mode savonneux afin de me faire glisser sur le carrelage. N'empêche, ça fait rien peur, tudieu. Imaginez seulement: vous êtes en train de découvrir mollement qu'Elvis Presley est sur les listes électorales de la Papouasie (rien que pour ce genre d'info, ça vaut le coup de risquer la noyade), vous ressemblez à un vieux chiffon tout frippé parce qu'il y a maintenant 2 heures que vous dodelinez à l'horizontale dans un jus de frangipanier, vous entendez au loin un ronronnement apaisant parce que vos oreilles sont en-dessous de la ligne de flottaison, et là, dans votre champs de vision, vous voyez passer à toute berzingue un lave-linge à moitié fou qui va s'écraser contre le mur dans un fracas de fin du monde.

Je ne sais pas vous; mais des matinées qui commencent comme ça me font envisager un stage de pâte-à-sel comme le fin du fin en matière d'aventure.

Linge.

PS: aujourd'hui, du nouveau en Milglouchie.

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mercredi 21 mars

coffee

Voilà, j'imagine juste que je me pose, et que tout est simple. Parce que la vérité, la seule qui importe et qui prévale, c'est que nous ne faisons jamais que ce que nous pouvons, à seule fin d'exprimer notre amour. Avec autant de mots, autant de gestes, autant d'actions qu'il y a d'être humains.

Ce qui n'est pas rien.

Allons nous étonner, après, que toutes ces rivières fassent leur possible pour s'écouler vers une seule mer, il y en a tant. Allons nous étonner, après, de ne pas comprendre celle-ci, trop large à franchir, trop facile à enjamber, trop périlleuse à traverser, quand il s'agit de la même eau.

Nom de dieu, quelle arrogance, quand il suffirait de douceur. Et quelles épines inutiles quand il suffirait d'être lisse pour sentir le courant. Quelles diables de douleurs avons nous traversé pour ne pas s'accorder le défi de flotter en toute limpidité?

Nous avons de sacrées musiques, des printemps plein la tête, des habits de parade et des pastilles secrètes pour faire fuir le mauvais; nous sommes nés pour le doux.

Sans doute qu'il faut s'assoir, un jour, pour décider du temps. Que faut-il faire, alors? Nous valons mieux que tous ces combats inutiles, que ces petites querelles contre soi, nous sommes nés pour aimer. Et quoi qu'en puissent ricaner les chagrins, rien d'autre ne compte.

La seule bille dans nos poches.

Le seul mistral gagnant.

ps: écoutez moi un peu ça, là-haut, au petit-déjeuner. Vous allez voir comme la journée est chouette.

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Buvons buvons buvons le sirop Typhon typhon typhon

DreamGirl_adv317_03Bon. Au début, à l'origine, enfin bref bon, j'avais prévu de vous raconter ce qui m'est arrivé hier. Mais je me sens encore un peu faiblarde pour m'embarquer dans un récit long et sophistiqué, truffé d'épithètes et de compléments d'objets directs, d'adjectifs qualificatifs recherchés et de métaphores fleuries; qu'il vous suffise de savoir pour l'instant que j'ai marché toute l'après-midi avec une démarche à la planète des singes dans un trou de balle perdu au fin fond de la savoie. N'insistez pas, vous n'en saurez pas plus pour l'instant, je sais ménager mes effets.

MAIS, en revanche, je peux vous dire qu'il existe sur le marché des sirops hallucinogènes, parce que j'ai passé la nuit à traiter George Clooney comme un poux, alors qu'il me couvrait de myrrhe et d'encens toutes les 2 secondes. Il m'a même présentée à Brigitte Fontaine, c'est dire. Il faut préciser qu'hier soir, j'avais une plaque d'acier rugueuse dans les bronches et que j'ai bu le sirop à même le goulot, il est donc tout-à-fait possible que j'aie chargé la dose. C'était super chouette nonobstant. Le prix a payer, c'est que vous vous réveillez avec du caoutchouc entre les tempes et que le seul cerveau encore réactif, c'est le reptilien, celui qui vous fait distinguer un marteau d'un coton-tige. Et que vous avez beau chercher partout sous la couette, ce salaud de Clooney s'est tiré au petit matin en remportant tout ses cadeaux, le vil crotale by jove. Je suis donc au regret de vous annoncer que je ne suis pas capable de vous raconter mon histoire, j'ai ce matin un problème de cohérence (pardon? tu peux répéter ce que tu viens de dire?).

SOLUTION ALTERNATIVE: UN PETIT JEU.

Joue à la poupée avec Melle Bille, le pouvoir de ton imagination ne connaît pas de limite:   Prenez une personne que vous n'aimez pas trop, habillez là de la plus grotesque des manières et mettez lui une coupe de cheveux décadente. Je viens de faire le test avec un de mes anciens patrons, je lui ai mis des haut-de-chausses, une fraise à la Henry IV (vous pouvez lui mettre une poule au pot dans un petit panier qu'il portera façon paysanne, sur la hanche), et j'ai rajouté la coupe de cheveux de Voltaire. Il a d'un seul coup perdu beaucoup de son panache blanc. Limite je ne me rallie pas. Je suggère même d'ajouter une veste à carreaux et une petit cravate ficelle, pour la touche de bon goût. Et des moufles.

Je sais que nous avons déjà joué ensemble à ce jeu, ça n'est pas une raison.

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mardi 20 mars

le retour des mort-vivants

   Quand on ne sort pas de chez soi pendant deux jours, question aventure, ça laisse forcement à désirer (sauf si vous êtes du genre à vivre une histoire passionante avec votre coin cuisine, ce qui pourrait être mon cas mais là, non). Mes oursins dans la gorge, mon sirop qui fait dormir que même lorsque tu en prends un dé à coudre, tu as l'impression de marcher dans un hamac pendant les 4 heures suivantes, mon pyjama pendiloquent, et quelques morceaux désordonnés de moi sommes heureux de vous annoncer mon retour imminent dans le monde vivant.

Merci de toutes vos gentillesses, ça me fait tout chaud.

PS: la musique n'a rien a voir mais j'aime bien, c'est pour ça.

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dimanche 18 mars

zaloberie de rhube

sickbilleRemarquez, tant qu'on ne se réveille pas avec deux pieds de cochon, ça reste acceptable

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