Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

lundi 30 juillet

" Pull en fougère, Juillet en hiver". Proverbe Corrézien. Un billet documenté comme jamais tu n'as vu ça

CarteCorreze__p2La Corrèze est un département étonnant, doté d'une économie souterraine épatante grâce à ses gisements naturels de fougères et d'abbayes Cisterciennes. Avant l'euro, les serfs et la valetaille payaient encore avec une monnaie issue de cette plante que l'on appelait "l'or vert", mais il fallait de grands portefeuilles un peu encombrants, ce qui n'était guère aisé. Les familles nobles, elles, réglaient leurs dépenses les plus importantes en abbayes Cisterciennes. Abandonné lui aussi lors du passage à l'euro, ce mode de paiement a cependant marqué la géographie Corrézienne, il n'est pas rare de trouver sur son chemin une de ces abbayes remarquables (notement celle d'Aubazine c'est ma cousine qui abrite la châsse de Saint-Etienne, revêtu de ses habits sacerdotaux en fougère).

La fougère est cependant restée un élément déterminant du paysage économique et culturel Corrézien. Dans sa valise, le voyageur ne manquera pas de rapporter un petit pull en mailles de fougère, ou, s'il est amoureux de la calligraphie, une ramette de papier-fougère de bonne facture (évitez la fougère foug_reindustrielle, plus fragile). Le bon vivant, lui, choisira une bouteille de vin de fougère "1OOO et une Pierres Fougères". Quant au simple quidam, il trouvera son bonheur dans les boutiques de souvenirs, où l'on peut aisément se procurer de superbes reproductions des armoiries de ce département unique, dont la devise est: "fluctuat nec fougeritur", que l'on peut traduire par: "s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la fougère", célèbre réplique de Marie-Antoinette, lancée avec désinvolture lors de son passage à Tulle.

En Corrèze, on trouve de nombreux petits villages en "ac" (Meymac, Lubersac, Carnac, kayac, coursensac, unbontienvaumieuquedeutulaurac, prosac, arnac, jaqchirac. On trouve dans ce dernier un musée, le musée de Jaqchirac, qui présente la particularité de se visiter en 3 minutes ou en 3 heures, selon la météo. En général, il se visite en 8 heures).

Le site naturel le plus célèbre de la Corrèze est "le plateau de millevache". Attention aux faux-amis, rue_du_merdeuxcela ne signifie pas que mille vaches paissent là-bas, ce serait un peu trop simple vous ne trouvez pas? Car le Corrézien est parfois retors. Il s'agirait d'une déformation linguistique, "le plateau de mille batz ("source", en celte)". Par extension, certains prétendent qu'il pourrait s'agir d'un haut lieu d'orgies sexuelles, "le plateau des mille coups" (un coup batz), ou d'un lieu réservé aux fêtes villageoises d'antan ("la plus batz des java") Mais aucunes preuves ne viennent étayer ces hypothèses que d'aucuns, dont le professeur Piotr Ebolin-Maynard, jugent par trop fantaisistes. Personnellement, je n'y suis pas allée, je n'en n'avais pas envie. C'est vous dire si j'ai une idée sur la question.

     Plus bas, au Sud, à Collonges-la-rouge, le voyageur épuisé pourra se reposer d'un long voyage à la chambre d'hôte "le domaine de Peyrelouse", avant que de poursuivre plus avant son périple vers Beaulieu sur Dordogne, à travers les orages de grêlons qui ne manquent jamais d'éclater au matin, à midi, sur le coups (batz) des quatre heure, ainsi qu'au crépuscule. Ailleurs, le soleil brille. Mais en Corrèze, le ciel se teinte alors d'un gris particulier, le fameux "gris-corrèze", bien connu de tous les peintres, et de tous les écrivains amoureux de la figure de style ("elle était vêtue d'une guimpe en coutil d'un méchant gris-corrèze". Honoré de Balzac).adieucorreze2

Mais il est déjà temps, hélas, de repartir!

Sur le chemin du retour, ne manquez pas de vous arrêter à Tulle. Sur les bords de la rivière qui la traverse, la Corrèze, observez les arbres. Vous êtes au mois de Juillet et pourtant, ils sont déjà roux et effeuillés. C'est que Tulle bénéficie d'un climat particulier. Un automne persistant qui ne cède sa place à l'hiver que pendant 6 longs mois, teintés de brume. Il s'agit du célèbre voile de Tulle, que de nombreux météorologues, dont Jean-Pierre Frézeleau-Pignac, observent et commentent depuis toujours.

Le mois prochain, nous partirons à la découverte du Morvan, une région riche d'histoire et de culture. Vive la France.

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Par Toutatis, le ciel me tombe sur la tête

Remonter à toute berzingue et à contresens une des rues de la ville les plus fréquentées en plein après-midi a quelque chose d'ennivrant, je vous l'accorde. Encore faut-il que ce soit pour les bonnes raisons, et avec les bonnes personnes. Lorsque c'est à l'arrière d'une fourgonette de pompiers tous pin-pon dehors, la tête en sang, parce que vous venez de vous la faire pulvériser par une pierre grosse comme une balle de golf, je suis plus dubitative. La densité d'un caillou lancé à 220 km est incroyable, vous avez l'impression de vous ramasser la cathédrale de Chartres en plein front. ça fait un bruit!blessure (pour vous donner une idée, ça ressemble à un pain de dynamite qui explose à l'intérieur d'une boite tupperware hermétiquement close). Et je ne vous raconte même pas la douleur (sur une échelle de 1 à 10, je dirais 42).

Alors j'aimerais mettre les choses au point une bonne fois pour toutes avec le GrandTout. La probabilité de se prendre un rocher (petit certes, mais incroyablement costaud) lancé à Mach24 par un gamin à la force herculéenne quand on est en train de barbotter à la surface d'un lac de la taille d'une ville moyenne est infiniment hasardeuse; c'est comme si vous visiez une pastille Vichy posée discrètement au milieu du glacier des Bossons. Au mieux, ça n'arrive jamais. Dans mon cas, je me le prends en plein front et de plein fouet, tirée à la catapulte la veille de mon départ pour une contrée lointaine et inhospitalière: la Corrèze. Je passe donc 1000 bornes et un week-end entier avec le cerveau comme du carton, une bosse jaune et mauve de la taille d'un oeuf d'autruche, et un oeil complètement fermé. A tel point que tous les Corréziens se sont écartés de mon passage, croyant probablement avoir affaire à un des derniers titans belliqueux de la Grèce antique (ce qui soit dit en passant ne m'étonnerait pas si j'étais un habitant de la Corrèze, vous saurez pourquoi dans le prochain billet. Si la douleur ne me fait pas perdre tout sens et ne me terrasse pas d'ici là, sans parler des troubles moteurs qui peuvent résulter d'un cerveau déficient).

CECI EST UN MESSAGE A L'ATTENTION DU HAUT-PUISSANT (gloire à toi quand même mais je fatigue un zest): Je ne suis pas un jouet destiné à vous faire rire, ô GrandRoi, sauf votre respect. J'ai encore l'illusion d'être un être humain doté de libre-arbitre, je vous serais donc infiniment reconnaissante de bien vouloir cesser de lancer à mes trousses des chiens qui dévorent mes membres, des virus qui me rendent à moitié aveugle, des voitures qui cassent mes os, et des rochers qui tombent du ciel sur ma tête. Il n'y aura bientôt plus de place pour les cicatrices, il ne me parait donc pas utile de continuer dans ce sens, à moins que vous n'ayez choisi mon corps pour faire des morpions, des batailles navales et des grilles de sudoku. Mais à mon avis, il y a plus simple. J'ajoute qu'à force d'être emmenée aux urgences à tout bout de champs, j'ai un box attitré et je peux vous faire le parcours entier à la Gilbert Montagné. Je peux également affirmer que le Docteur Ross est une légende (en tout cas, il n'exerce pas à Annecy. Et je comprends aussi pourquoi personne ne m'épouse; les coutures peuvent vous conférer le charme incertain d'une créature accomplie dans l'art du rite de passage, mais on ne mise pas sur un mauvais cheval. Demandez à Omar Sharif, le tiercé, c'est sa passion).

Celà dit, MaîtrePrécieux, c'est vous qui voyez, je ne suis qu'un humble ongle de pou, et vos voies sont impénétrables.

Qui suis-je pour oser vous défier, ô Immense?cassio1

PS: sans rigoler, vous ne trouvez pas que l'entaille ressemble très curieusement à la constellation Cassiopée (qui se trouve être, par le plus grand des hasards, ma constellation préférée)? Je suis marquée par les étoiles. Vu sous cet angle, je trouve ça presque rassurant.

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vendredi 27 juillet

Minnie's back (un billet tout en finesse et raffinement. Mieux, de la dentelle)

Ami, prends garde; il se passe dans le grand cosmique informatique des choses étranges, impénétrables, qui font peur aussi parce que nous ne sommes que de minuscules cuticules sous les gros doigts puissants et impalpables de Celui-Qui-Voit-Tout-et-Qui-A-Des-Trompettes-A-La-Place-Des-Poumons, (gloire à toi, Puissant, regarde, je rampe dans la fange et je t'offre ma nuque), il semblerait qu'il ne veuille pas de Minnie. (47 FOIS QUE JE METS LE PODCAST AVEC MES PETITS DOIGTS TOUS FINS ET QUE CA MERDICOUILLE!!!! TONNERRE DE TUDIEU PESTE ET FOUTRECOUILLETTE!)Néanmoins, l'être humain est ce qu'il est, opiniâtre, combattif, plein de ce désir d'aller toujours plus avant dans la conquête du monde. Car un jour, sois en certain, des hauteurs vertigineuses, nous contemplerons nos chef-d'oeuvre, nous sommes des bâtisseurs.

DONC, revoici en exclusivité, la bande-annonce de la dernière production DiXneY: "LES AVENTURES DE MINNIE ET LE CHAUDRON MAGIQUE PLEIN DE CROÛTES DE TOME"

(et ça a intérêt à fonctionner sinon je pète tout dans la galaxie avec mon Magnum Biniou calibre 312)

sarran

Ah oui, sinon, n'attendez pas de mes nouvelles ce week-end, je compte aller piller le musée Chirac à Sarran, manger un sandwich sur le plateau des Millevaches et sonder les fonds de la Dordogne pour voir si des fois il ne resterait pas un vieux bout de tibia de néanderthal pour me faire un ocarina. (merci au Président pour le prêt de la pancarte)

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lundi 23 juillet

Stelle

Stelle

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jeudi 19 juillet

SuperKnightManSpiderCrochet, sache que tu me dois un indéfectible respect

    supermanspidercrochet

    Deux Trois choses que je fais drôlement bien, au mieux personne ne m'arrive à la cheville: Inventer des histoires débiles, voyager, et ne rien faire (en fait, il y en a une quatrième, mais je ne suis pas certaine qu'il soit judicieux de signaler que je suis également une excellente dompteuse d'ours. Trop tard. Et puis quand j'y réfléchis bien, il y en a une cinquième aussi. Je n'en dirai pas davantage qu'est-ce que vous croyez que je vais comme ça me confier et hop après je ne sais pas ce que vous faites de ces informations ne me prenez pas non plus pour une prune). Du coup, NeveuBille me demande toujours des histoires débiles, ce dont je m'acquitte avec Grand Volontiers (il est le seul à me demander ce genre de chose, alors vous pensez bien si je m'engouffre dans la trappe, vu que dans 10 ans il va me considérer comme une icône du mont Athos, lointaine et inintéressante. Et vieille aussi).

Nous étions à la plage et Neveu s'emmerdait sec, je lui ai donc inventé une histoire. Lis, ami lecteur, et tremble d'effroi.

"Imagine qu'un matin, tu sors de chez toi, et voilà que pendant la nuit, un trou de l'espace s'est ouvert sous ton paillasson. Donc tu tombes dans un puits sans fin logiquement jusqu'au magma central, sauf qu'on t'a menti; le magma central n'existe pas et tu ressors de l'autre côté de la terre par un petit trou, et là, des extra-terrestres t'attendent, te kidnappent, afin de te donner en pâture à la gigantesque créature Gnorr l'innommable. Gloire à toi, Innommable. gnorr

Tu crois que tu vas mourir rapidement parce qu'elle est vraiment énorme, non mais vraiment elle est grosse comme le porte-avion Clémenceau, et ses sucs gastriques vont mettre 278 billions d'années à digérer ton bras (je te rappelle que tu en as deux, et des jambes et un buste aussi). Tu vas souffrir comme jamais, rascal, by jove." (enfin bon, il y avait beaucoup plus d'action, des héros musclés, un ornithorynque qui faisait "pon poooon" avec son bec et tout un tas de trucs, mais je ne voudrais pas non plus mobiliser trop longtemps votre attention. Après vous ne reviendrez plus, et j'ai un fort besoin d'être aimée, limite c'est pathologique. Je sais, c'est moche; mais en même temps, nous en sommes tous un peu là, allez allez,  alors je ne vais pas non plus m'excuser des plombes, hein)

Et là, NeveuBille m'a dit: " Mais ça n'est pas possible ce que tu racontes, tatau ( NeveuBile m'appelle Tatau et c'est tant mieux, je déteste le temps)", et il est parti en haussant les épaules écrabouiller une écrevisse avec sa pelle, et lui enlever les yeux.

Je m'excuse, mais je ne crois pas avoir de leçon de réalité à recevoir de la part d'un morveux enfant qui se réveille en braillant "je suis Spiderman!" en faisant Flouisssshhhhhh avec sa bouche afin de faire croire que d'hypothétiques réservoirs de toile d'araignée sont dissimulés dans ses paumes, qui passe à midi par la case grosse culotte rouge de Superman pleine de supers pouvoirs, et qui se couche en prétendant être un chevalier, mais un chevalier-pirate, comme ça il peut prendre le vaisseau du capitaine Crochet (ce doit être pour ça qu'il ne supporte pas que je l'appelle Patrick Abitbol).

Il fallait que ce soit dit.

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mercredi 18 juillet

Fais SeaSeat et boucle là ( quelqu'un souhaite modifier ce titre étonnant?)

Sea_Chair

LE SEA-SEAT: QUELQUES CONSEILS D'UTILISATION

Vous venez de faire l'acquisition de votre SeaSeat, je vous félicite (attention, cette phrase fait l'objet d'un copyright. Si vous l'utilisez, la détournez, la consommez ou la répétez de façon abusive, le viking sanguinaire Knütt le Hardi, et sa horde de brutes hurlantes, viendra en personne vous trouer l'intestin et le bourrer de coton imprégné d'essence. Je vous déconseille les flatulences, qui auront dès lors une importance primordiale en ce qui concerne votre survie. Knütt le Hardi (et sa horde de brutes hurlantes) est un vrai saligaud).

Néanmoins, avant que de vous lancer dans une folle virée aquatique au terme de laquelle vous allez vous échouer sur la grande barrière de corail (ce qui aura pour conséquence de déchirer l'enveloppe de plastique et de vous propulser illico vers la calotte glaciaire dans un grand potin de ballon crevé, bonjour l'amplitude thermique), je vous recommande la lecture de ce petit mode d'emploi, ça ne mange pas de pain et ça vous évitera tout un tas de petits désagréments dont j'ai fait la cruelle expérience. Celà dit, l'empirisme a du bon, et il faut bien que quelqu'un prenne sur ses frêles épaules une part du grotesque,comme ça les autres ont toutes leurs chances. C'est un sacrifice, mais c'est la Loi.

Tout d'abord, il est essentiel d'arriver sur la plage en claudiquant. Ainsi, vos voisins de serviette  s'imagineront qu'il vous est arrivé quelque chose d'horrible dans l'enfance et vous prendront en pitié (tout le monde n'a pas la chance d'être naturellement bossu et contrefait). Le mieux est encore de ne pas aller à la plage, et d'utiliser le SeaSeat dans votre baignoire. Mais comme vous ne tenez pas compte de mes conseils, allez vous faire voir. Au pire, grognez et bavez un peu, mais n'en faites pas trop, car ceci aurait pour Sans_titre_2conséquence de focaliser l'attention générale sur vous, ce qui est exactement le contraire de ce que vous souhaitez: vous faire oublier.

Quand vous allez commencer à gonfler le dossier de votre SeaSeat, veillez à ce que la valve de l'assise ne soit pas coincée dans le soutien-gorge de votre maillot de bain, à moins que ce gag désopilant ne soit destiné à séduire le maître-nageur. Mais quel que soit votre but, sachez qu'il a fort peu de chance d'être atteint, dans la mesure où vous êtes arrivée de guingois, en grognant, avec de la bave plein les joues (cf conseil N°1). Si vous ne respectez pas cette consigne, vous allez vous retrouver avec votre soutien-gorge sur la nuque, ce qui n'arrangera pas les choses.SAV_seaseat

Votre SeaSeat est gonflé, vous allez pouvoir profiter des joies d'une douce flottaison. Auparavant, il va falloir vous hisser dedans avec un minimum de discrétion. Vous allez vous rendre compte que rien n'est plus indomptable qu'un pneumatique en milieux aqueux. Mais si vous avez respecté les 2 conseils précédents, ceux qui vous regardent vont mettre votre maladresse, vos cris d'otarie et vos culbutes désordonnées sur le compte de votre handicap de base. Au mieux, ils vont vous plaindre et vous offrir un raffraîchissement au crépuscule, pour vous remercier de leur avoir fourni un divertissement lacustre. Au pire, ils vous jetteront quelques pièces. L'idéal serait qu'ils ne vous regardent pas. Mais vous verrez rapidement que rien n'est plus voyant et bruyant que le dressage d'un énorme fauteuil gonflable bleu turquoise.

NE VOUS ENDUISEZ PAS D'HUILE SOLAIRE AVANT DE GRIMPER DANS VOTRE SEASEAT! La présence d'un film gras sur votre corps en rend l'accès encore plus difficile. Déjà que tout le monde vous prend pour une attraction rémunérée par la ville et destinée à divertir les touristes, faudrait quand même voir à mettre un bémol côté effet spécial, il y a des limites, les gens ne sont pas si cons.

Vous voilà installé dans votre SeaSeat, mollement bercé par la houle légère. Une fois stabilisé, NE FAITES PLUS LE MOINDRE GESTE. Chaque mouvement un peu leste va vous faire gîter dans tous les sens, et, par un enchaînement semblable à celui qui illustre la théorie du chaos, vous allez finir par culbuter vers l'arrière dans une grande gerbe grotesque et sonore (vos cris de surprise). Or, il se trouve que la brise vous a poussé vers le large, et que vous n'avez plus pied. Ce qui rend une nouvelle tentative de hissage hautement périlleuse. Et le résultat hautement improbable.

Non, croyez moi, le mieux est de vous endormir paisiblement dans votre SeaSeat. Certes, la brise et la houle vont vous emporter de l'autre côté du lac, et vous allez vous réveiller au milieu d'un roselière inconnue, cernée de dangereuses poules d'eau qui n'auront d'autre but que celui de vous déféquer sur les cuisses.

Mais comme il fera nuit, personne n'en saura rien.

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lundi 16 juillet

La fonte de la calotte graisseuse: un nouveau péril menace la planète

muscle_bille

                                   Deux de mes amis proches font de la musculation. L'un d'entre eux a même poussé le vice jusqu'à se faire tatouer comme un maori; le tatouage part d'un biceps et poursuit sa route en sinuant autour des pectoraux,  pour finir son parcours quelque part autour d'une cuisse grosse celle d'un bison. Lorsque je vais à la plage avec eux, j'hésite entre 2 images. Il me manque quelques crucifix et une kabbale en version poche (afin de la glisser dans mon sac de plage en paille entre un pot de graisse à traire, mes lunettes de glacier et ma fiole de daïquiri glacé) pour ressembler tout-à-fait à Madonna,; mais comme mon corps présente de très nettes ressemblances avec celui d'un beluga (ah, c'est un des autres éléments qui me différencient de Madonna. En charchant bien, il doit y en avoir quelques autres, ne serait-ce que mon incapacité à chanter juste, sauf le thème de "Starwars". Voilà qui est mystérieux, d'ailleurs), j'ai un peu l'impression de me balader entre "l'homme de l'atlantide" et "Namor le prince de la mer", ce qui ne manque pas d'attirer les regards brûlant de jalousie de tous les mâles alentours. J'éprouve alors un délicieux frisson de puissance, c'es incontestable. Parlez moi de travers et Iron man vous envoie une patate en fer en pleine face, réfléchissez bien avant de vous y risquer. C'est bien simple, des esprits facétieux ont surnommé notre trio "la tête et les jambes", et je pense être exclue de cette description, car mes amis ont aussi un cerveau qui fonctionne à plein régime, on peut entendre penser le maori jusqu'au fin fond des Pouilles.

Je ne suis pas très adepte de la musculation, ni des corps musculeux, je ne suis pas du genre à frémir d'érotisme en regardant la bave aux lèvres "Kalidor et le talisman de feu contre Maciste et les hommes de pierre qui se transforment en cornemuse". J'ai toujours eu tendance à préférer le petit gros du coin au bellâtre du ponton, pour des raisons diverses sur lesquelles je ne vais pas m'étendre aujourd'hui, nous avons du temps pour ça (George Clooney est une exception, mais les demi-dieux n'entrent pas dans la compétition au quotidien). Et surtout, je déteste l'effort sous quelque forme que ce soit ( je parle également d'effort intellectuel, au cas où vous ayez encore quelques doutes au fil de la lecture de ce blog. Si tu viens d'arriver, ami, n'aie point crainte, c'est ici que le repos de ton esprit commence, tu vas voir comme c'est inintéressant et peu contraignant de se reposer dans un néant culturel absolu), alors si c'est pour aller me péter les vertèbres en soulevant le viaduc de millau avec les mollets, merci bien, je préfère faire de la philatélie (je soulève sans peine un timbre-poste, ce qui laisse supposer que mon cas n'est pas tout-à-fait désespéré).

J'avoue éprouver quelque honte à contempler l'évolution de ma masse graisseuse, ça fait de petits reliefs tout autour de mon absence totale de ceinture abdominale. Pour vous donner une idée, il vous suffira d'imaginer ce à quoi ressemble la culture en plateaux des rizières de Chine. Adoucissez très symboliquement les reliefs et voilà, vous y êtes.

ironbilleCEPENDANT, car il faut bien qu'une configuration de shamallow aie peu ou prou un ou deux avantages, cette répartition aléatoire des capitons me permet de tenir des heures entières vautrée au milieu du lac sur un fauteuil flottant, sans être déstabilisée le moins du monde, sauf lorsqu'il faut se jucher sur le dit-fauteuil avec un minimum de grâce et de souplesse, ce qui n'est pas mon genre (mais j'ai d'autres atouts). Alors que mes deux amis en béton se retrouvent invariablement au fond des abysses, la tête en bas et de l'eau plein les bronches. C'est un plus, une prérogative que je ne suis pas prête à lâcher, sauf sous la contrainte (ou contre une forte somme d'argent, mais je doute que votre bonté aille jusque là. Si?).

Dans les jours qui viennent, nous explorerons plus en avant les possibilités ludiques d'un corps aux limites de l'effet spécial. Nous explorerons également l'univers des jouets de plage, des cocktails à servir au crépuscule, des différentes techniques de relaxation sous un cagnard de l'enfer, des personnes à n'inviter sous aucun prétexte à vos folles embardées nocturnes. Nous aborderons également les multiples façons de noyer un enfant ou de l'ensevelir sous une tonne de sable humide, et de lui taper le crâne avec une pelle en fer avant qu'il ne donne l'alerte, et nous consacrerons un billet entier à l'expérimentation d'un jet d'huile solaire en combustion dans la rétine.

Je reviens, oui, mais je ne peux garantir que ce soit une bonne chose.

Vous voilà prévenus.

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dimanche 15 juillet

quo_vadis BOUTAE ICI (ça rigole pas chez les Allobroges)

PS: Non, je ne sais pas cuisiner. Et c'est là tout mon charme.

J'en profite pour remercier mes nombreux amis qui se sont tous précipités chaleureusement afin de boire tout l'hydromel et de planquer discrètement des morceaux de poulet sous les chaises; je signale que je fais le ménage et que ça n'est pas très délicat. Celà dit, c'est une question d'éducation (tout le monde ne peut se prévaloir d'un minimum de classe, ça se saurait).

J'ajoute qu'il reste un peu de gâteau. Sous le futon. Encore bravo.

11:05 -Commentaires -

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jeudi 12 juillet

Qui vivra Mudra (proverbe Sambre et Meuse. ça ne veut rien dire mais j'avais envie)

ah, voilà un défi intéressant; dance

je suis allée hier soir prendre un apéritif chez un couple d'amis très tentures-africaines-pigments-naturels-table-basse-teck de récupération-matières-nobles-et-pas-d'accariens-sous-le-tatami. Ca fait froid dans le dos, mais je ne me moque pas, j'aime bien les gens qui font des choix. Et celui-ci me parait plus stimulant qu'un autre, parce qu'il y a là-dessous un souci réel, au-delà de la tendance ethnique actuelle qui tend à me rayer les nerfs (je veux dire par là que bientôt, il sera tendance de s'enfiler sous la lèvre le plateau de Raoni et ça, je ne suis pas certaine que ce soit de très bon goût sous nos latitudes, au-delà de l'aspect purement pratique. Si, pour servir un digestif, c'est très pratique d'avoir les mains libres, pour se gratter les fesses (c'est un exemple, vous êtes bien trop raffinés pour le prendre au pied de la lettre), et de poser les verres à poire sur le plateau labial). Parenthèse entre parenthèse, je reviens très en forme.

2 verres de vin plus tard (bio et fin de la grappe, je dois dire. Pas du Mondavi), j'aborde le sujet de mes insomnies récurentes (c'est assez pénible de dormir d'un sommeil de pétoncle pendant 76 minutes et de se réveiller, hagarde, à l'heure où les pochards s'écroulent, et d'avoir du coup la même tête qu'un pochard sans en connaitre l'ivresse). C., d'un geste définitif, sort d'un recoin de l'espace un grimoire impénétrable et me le fourgue entre les mains (j'en ai 3; une pour le verre, une pour les apéricubes et une pour le grimoire) en tonitruant: "tu dois faire la bénédiction du riz! il y a de mauvaises ondes dans ton appartement, il faut que tu les fasses partir. Tiens, regarde, c'est tout expliqué là, je te prête le livre". Donc, là, à l'heure où un être normalement constitué fait la cuisine, regarde la télé, joue avec ses enfants, répare une horloge comtoise, regarde en soupirant le journal de David Pujadas ou se brosse les dents, je prépare la bénédiction du riz, parce que "le riz est un symbole de bénédiction" (dixit l'ouvrage, mais c'est vrai qu'en y réfléchissant bien, quand on balance 3 tonnes d'oncle ben's sur la tête des mariés, ce n'est pas pour leur souhaiter un avenir à la Dracula).

mudra1Or, je vois qu'il me faut au moins 2 kg de riz crû. L'idée de répandre 2 kg de petits grains dans un studio de la taille d'un emballage de barre chocolatée me fait un peu frémir mais soit, c'est pour la bonne cause et si grâce à ça je dois dormir jusqu'au moment où les tripodes envahiront la planète, je veux bien sacrifier à cette coutume ancestrale. Le pire est à venir. Il faut AUSSI une cuillerée à dessert de poudre de Cinabre (il est bien évident que tout un chacun possède dans sa pharmacopée, à l'instant pile poil T, un flacon de poudre de cinabre qui fait "ppppsssssshhhhiiiii" quand on le débouche) ET une bouteille d'alcool pur, achetée pour la circonstance, non ouverte(lorsque j'achète une bouteille d'alcool pur, ce n'est pas pour la bénédiction du riz mais pour un usage un rien plus pratique, comme nettoyer une plaie purulente ou déboucher un tuyau; je me demande si je peux utiliser une vieille bouteille de béthadine).

Bon. Au point où j'en suis, je me dis que balancer ça et là de petits grains de riz en les aspergeant de "Château Les Amoureuses cuvée 2003" et d'un zest de curry (pourvu que je crois que c'est du cinabre) donnera peu ou prou un résultat identique (je me dis aussi que si je n'avais pas eu de riz, j'aurais pu tout aussi bien le remplacer par de la polente ou des lentilles, je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas). J'ai donc tous les accessoires nécessaires. HORS, il faut aussi exécuter une MUDRA pour que ça fonctionne. Une Mudra est une figure exécutée avec les doigts d'une main (compte tenu de la complexité de la chose, je m'étonne qu'il ne faille pas l'exécuter avec les pieds. Du coup, je trouve ça un peu trop aisé, voire suspect), destinée à renforcer l'action (je m'excuse, mais projeter 3 sacs de riz à l'intérieur d'une boite à pilules n'est déjà pas chose facile, alors s'il faut en plus le faire en traçant des formules sacrées dans les airs, ça ne va pas être possible).moulin

Donc, sachez que si on vous fait un doigt d'honneur, ce n'est pas un doigt d'honneur, mais une Mudra, selon l'hémisphère.

Bon.

Hors donc voilà comment je vois les choses. Ce soir, je vais faire cuire le riz et le manger, je vais boire la bouteille de béthadine, je vais exécuter une Mudra en appuyant sur la télécommande tout en enlevant une chaussette, et je vais prendre un xanax avant de bouler au futon.

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mardi 10 juillet

Flamingo 2

"Il y a l'orage.

J'ai longtemps souhaité la vengeance, mais la vie est bien faite ; elle se satisfait rarement de la médiocrité. La vie, c'est moi.

img_motelLa roue tourne ; la vie s'amuse et nous ne le savons pas à l'instant où nous pleurons. Et lorsqu'enfin nous apprenons que l'autre souffre à son tour, par d'autres mains, il est trop tard. Nous voilà spoliés de notre délicieuse et stérile vengeance, nous sommes devenus indifférent à son chemin.

Et c'est bigrement tant mieux. Rien n'est plus illusoire que la vengeance. Rien n'est plus défini que le passé.

Quand j'ai rencontré Vincenzo, tout a disparu.

Il y a l'orage.

Tout est lavé, et je suis sur le dos du monde, mes yeux voient tout. Je suis si intensément moi à cet instant, j'ai la force des pierres. J'ai poussé d'un seul coup au creux de mes échecs et j'ai compris que j'étais unique. Nous le sommes tous. Mais à cet instant, seul moi m'intéresse.

Il sera temps de participer du bonheur du monde lorsque ma densité cessera de peser.

Belle, aussi ; je me sens belle. Vincenzo a peint ma beauté avec sa langue, il a dessiné mes contours du bout des yeux, sans rien voler. Il m'a laissée libre aux chemins, il a juste souligné mes traits les plus flous.

Ce jour là, j'ai bien dansé.

La densité des pierres, tu parles. La danse, tout simplement. J'avais l'intérieur en tango, sans qu'il me touche. Parce qu'il me touchait, mais que je ne sentais rien, pas un frisson, pas un émoi. Le sacre n'était pas de mise. A chaque geste minuscule, ma peau respirait la sienne.

Se toucher, c'était juste la vie, c'était juste normal. Nous aurions pu être frère et soeur, amis, amoureux, là n'était pas la question.

Naturel, et évident. "

Posté par Melle BillE à 08:28 - flamingo - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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