samedi 25 août
Pas de quartier (question titre, je m'améliore chaque jour)
J'habite un quartier très festif; en soi, il n'a rien d'exceptionnel, c'est un quartier avec ses petits commerces, ses pavés, ses arbres, bref, un quartier sans histoires (je répète le mot "quartier", quartier quartier, Jacques Cartier. Ah Tudieu quel délicieux frisson). Ce qu'il a d'exceptionnel, mon quartier (oh que c'est bon), ce sont ses habitants. J'ai parfois l'impression que tous les frappadingues de la
région, irrésistiblement attirés par ce quartier cet endroit, se sont un jour levés, ont laissé tout en plan chez eux pour entamer une longue transhumance, afin de coloniser ce quartier ces quelques mètres carrés de pur concentré dément. Ne rigolez pas, c'est ainsi que je suis arrivée ici il y a 7 ans. Irrésistiblement attirée moi aussi.
Ne vous méprenez pas, dément ne signifie pas que des Raëliens s'y livrent à des orgies stellaires tous les soirs, ni que qui que ce soit remonte la rue en triple salto arrière en chantant à tue-tête une chanson grivoise (encore que j'aimerais assez voir ça); c'est bien plus subtil que ça. Tiens, je vous donne un exemple. En ce moment même, au 1er étage de l'immeuble d'en face, un type tout en noir coiffé d'un stetson est en train d'invectiver tout ce qui bouge (et même ce qui ne bouge pas, il s'adresse aussi aux reverbères); j'ajoute qu'il a la voix de Daffy Duck et qu'il n'a qu'une seule chaussette (d'habitude, il fait ça sur fond de "breakfast in America". Soit il est archi-fan de Supertramp, soit il ne possède qu'un seul CD). Je n'ai jamais compris un traitre mot de ce qu'il disait, pour la bonne et simple raison que ses phrases ne sont qu'une succession d'onomatopées à 3 syllabes totalement incohérentes. Mais l'essentiel est qu'il se comprenne.
Et ce n'est qu'un exemple. Hier soir, monsieur Bernicol (ça n'est pas son vrai nom, bien sûr. Le vrai nom de monsieur Bernicol est beaucoup plus grotesque que ça) a fait sauter les plombs de tout le quartier (oh que c'est bon). Vers 22.00 h., nous avons tous entendu distinctement une espèce de larsen effrayant ricocher de tympans en tympans, avant d'être plongés dans une obscurité totale pendant quelques minutes. C'est sympathique comme tout lorsque le courant revient et que les alarmes des différents commerces se déclenchent, ça donne une idée assez précise de ce à quoi doit ressembler l'apocalypse. Monsieur Bernicol est sorti sur son balcon et s'est publiquement excusé, ce dont nous lui savons tous gré. Ce qui n'explique pas à quelles terribles expériences électriques il se livre dans l'intimité de ses appartements. Pour autant
que je sache, monsieur Bernicol, avant de prendre sa retraite dans les années soixantes, exerçait la profession de majordome chez un Grand de ce monde, pas chez EDF. Peut-être tente-t-il d'entrer en contact avec un repli caché de la galaxie (ah tiens, "breakfast in america" vient de démarrer. Je me disais aussi...). Tout-à-fait entre nous, je ne crois pas que monsieur Bernicol soit réellement à l'origine de la coupure; mais le fait qu'il y ait songé en dit long sur ses activités (dont la mentale n'est pas la moindre)
Au troisième étage de ce même immeuble, madame Pluto, également retraitée, regarde chaque soir la télévision debout en riant, quel que soit le programme (notez bien, elle regarde peut-être en boucle "la grande vadrouille"). J'ajoute qu'elle dîne en même temps. Ce doit être une des conséquences annexes du réchauffement de la planète. Mais qui suis-je pour émettre de telles hypothèses?
Ce matin, j'ai glissé sur une agrafeuse que la créature du tiroir (cf billet ici-même) a glissée sous mon pied pendant que j'avais la tête ailleurs. Et ma voisine ressemble de plus en plus à son chien (ou l'inverse). Elle ne se précipite pas encore sur moi pour me lécher les mollets, mais ça viendra.Sans parler du guitariste tout pourri qui squatte le banc sous mes fenêtres depuis le printemps, et qui ne s'améliore guère dans sa version de "je m'suis fait tout p'tit devant une poupée", version qui représente l'intégralité de son répertoire. J'en suis réduite à lui jeter des croûtes de fromage, je n'ai plus de pot-de-fleurs. Ni d'horloge Comtoise. Quelqu'un pourrait-il m'expliquer la raison pour laquelle il a choisi précisement ce quartier (oh que c'est bon)?
Ci-dessous, un extrait des "nouvelles polyphonies Corses", une vraie merveille. ça va vous plaire. Si. Vous et moi avons connu des moments plus raffinés, c'est vrai. But comme disait ce bon vieux Dylan de sa vieille voix qui grince: "the times they are-a-changing"
Commentaires
Marinella
Ah c'est fin ! mainetnant je l'ai dans la tête ;-))
Oh oui ! C'est vraiment fou !
Mon Dieu ! Que c'est bon ce billet !
Mademoiselle Bille êtes vous sûre que ce n'est pas vous qui produisez cet effet là sur tous ces pauvres gens ?
Quartier qui s'en dédie !
Suis d'accord avec Ludion. Bille constate ses propres effets secondaires, voilà les faits !
Kiki
I say, Président: héhéhéhéhé
Pour être honnête, Ludion, je me suis sincèrement posé la question. Mais en fait, je crois que c'est l'inverse...
Kiki, alors là, je suis très déçue. Tu n'as aucune preuve de ce que tu avances. Tu es pourtant reconnue pour ta rigueur dans les faits, n'était-ce ce petit effet temesta qui te fait parfois légèrement vriller de la plume. Je veux croire que c'est ici le cas.
Bille Bryzon a pété d'un coup
je vais de ce pas acheter son livre
Bon esprit, Pipique! tu vas aimer!
Melle Bille, tu devrais soigner ton "athlet's foot"...ça devient vilain à force. Déjà pour la main gauche t'as attendu trop longtemps et t'as vu ce que ça a donné!... alors s'il te plait , prends un peu soin de toi tu veux?
Marinella derechef
J'en connaissais une autre version, bien moins avouable :
"Marinella,
J'ai pris tes jambes pour tes bras,
..."
C'est vrai que ...
ça fait un peu rencontre du 3 ème types, faut juste espérer que tu l'as trouvé sympa ;-)
Bisous m'zelle
Oh oh, cette version laisse présager quelques paroles assez croustillantes, Président. Au point où nous en sommes, vous pouvez y aller, va...
Tlu, j'arrive pas bien à lire, on m'a greffé un oeil de boeuf
Yves, vraiment sympa, oui;-)))
bisous itou!
Marinella derechef
Vous l'aurez voulu :
"Marinella,
J'ai pris tes jambes pour tes bras,
Et quand je m'en suis aperçu,
T'avais déjà ma langue dans..."
Je vous avais prévenue.
ah ça raffine sévère ce matin...
bon
c'est la 3 em x que je t'ecri un truc mais ca ne passe pas .....alors test test test un deux troit 1..2.3.
je diseais donc .
une histoire de machine sauvage , de chapotdetomatefarcie invisible de rideaux vivant de toster demoniaque ...... Bille ton quartier c'est LOST in the city .
Princesse, je crois que le propriétaire de l'appartement est un bon pote de John Carpenter; ce qui expliquerait bien des choses...
J'aime beaucoup cette description, ça fait du bien de revenir rire par chez toi
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