Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

vendredi 31 août

BlogDay (ça m'arrange bien que ce soit le blogday parce que du coup, je ne me casse pas le tronc à trouver un titre)

visit_waikiki_verres   Tu as lu le billet précédent? c'est bien. Car rien, mais absolument rien, ne t'y obligeait. Je te propose donc aujourd'hui 5 escales sympathiques, afin que ta journée soit plus belle encore (Oh mais quelle chance tu as tu te rends compte?). Car rappelle toi. Aujourd'hui, c'est le BlogDay, un truc inventé par je ne sais pas trop qui.

* Si tu vas dans cet univers là, il n'est pas certain que tu reviennes avec tout ton cerveau. L'idéal serait que tu le laisses, ton cerveau, sur le paillasson avant d'entrer. Si tu répugnes à t'en séparer (de ton cerveau), tu le cadenasses. Comme ça personne ne peut te le voler. Tu as remarqué? J'ai une solution pour tout.

* Ici c'est chez mon copain JPB. Lui, il est un peu dingo, mais c'est normal. D'abord parce qu'il habite à 100 mètres de chez moi (tu te rappelles à quel point mon quartier est dangereux), qu'il est musicien et peintre, et qu'il a un talent fou (il boit du whisky aussi. Des fois). Entre nous, si tu enlèves le talent, il reste le fou.

* Là, c'est un blog où tu peux apprendre plein de choses écrites par plein de gens différents, et c'est drôlement bien fichu. Et si tu aimes écrire, tu peux aussi contribuer. Mais attention, je doute fort qu'une liste de courses, même en alexandrins, soit acceptée par les modérateurs. Celà dit, rien ne t'empêche d'essayer, car je sais que tu es un rebelle et que tu aimes contourner la loi. Tu devrais d'ailleurs te méfier, car cette fâcheuse propension à défier l'ordre pourrait bien t'empêcher un jour d'entrer dans l'armée. Tu aimes les marches militaires? Sors d'ici immédiatement.

* Celui-ci je l'aime bien, c'est un grand-père qui raconte sa vie, aidé par son petit fils de 25 ans. Lui, il en a 85.  Alors tu vois bien comme il maîtrise la technologie, l'informatique et tout ça. Du coup, leur relation s'est enrichie rien qu'avec le blog, comme quoi internet c'est tout de même une invention formidable. Sauf lorsqu'on l'utilise à des fins détestables. Mais c'est ainsi, l'homme est souvent inapte à différencier le bien du mal, ahlala que veux-tu que je te dise. Tiens, regarde les sorcières: elles ne savent même pas cookbook_hawaiqu'un balai, c'est fait pour balayer.

*Et puis dans ce pays là, tu as bien froid, il faut que tu penses à prendre un anonak. Ou tu passes chez Damard mais je te préviens, les vêtements qu'on te propose sont assez moches. Sinon, tu pars avec une gourde de vin chaud à la cannelle. Si vraiment tu as trop froid, tu peux t'amuser à souffler de la buée sur l'écran de ton ordinateur, et faire de petits dessins idiots dedans. C'est ainsi qu'on détourne la douleur. C'est comme quand tu as mal à la tête. Si tu te fais tomber un rocher sur le pied, tu ne penses plus à ta migraine. Enfin bon, Vergson, je crois qu'il écrit avec des moufles, mais il écrit drôlement bien.

Et n'oublie pas de consulter les liens dans la colonne de droite, ce sont mes amis impalpables de la blogosphère. Ils m'énervent un peu, de temps en temps, parce qu'ils ont tous un talent fou. C'est très désagréable, mais le grand âge m'a appris à ne pas jalouser mes pairs.

C'est toujours ça de gagné.

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mercredi 29 août

Soudain, Leny Escudero avala un tambourin (oui, je sais)

Blog Day 2007 Bonjour mon ami (car tu es mon ami. D'ailleurs, il faudra que tu penses à m'envoyer ce chèque que tu m'as promis il y a bien longtemps. Entre temps, certes, l'eau a coulé sous les ponts, et tu as eu un terrible accident qui t'a rendu amnésique. Ou peut-être cupide. Quoi qu'il en soit, rends grâce au ciel de me trouver aujourd'hui sur ton chemin. Non, tu n'es pas seul. Nous sommes sans doute des MILLIARDS dans cette galaxie, des MILLIARDS DE MILLIARDS, et certains d'entre nous ont 5 pieds (d'autres n'en n'ont pas. Et si tu cliques sur le lien, tu vas dans "silly walks" sur le site de John Cleese, et tu peux voir tout ce que tu peux faire avec seulement tes jambes. C'est assez merveilleux je dois dire) et des coudes plats. Et jaunes. Mais toi, tu es beau. Très beau, même, selon les standards de la planète Puplackkk, située aux confins du cosmos. Et aussi, tu paies des impôts. Alors je ne vois pas pourquoi tu échapperais à la LOI, celle qui consiste à jouer de la guimbarde au fond d'un couscoussier. Mais tu peux choisir un autre récipients (un oeuf, par exemple). Cependant, le fond en métal du couscoussier apporte pas mal de nuances fort musicales, à moins que tu ne sois sourd. Ou que tu n'aies pas d'oreilles (ce qui est un atout si tu habites dans un CD de Chantal Goya; ou pire, dans sa glotte. Tu imagines comme ça résonne?); c'est d'ailleurs fou, quand on y pense. Mais cette année, c'est comme ça. Les paysans sont des sages, c'est bien connu. En tout cas, ma grand-mère l'était; et si tu t'attaques à ma grand-mère, je te rabotte les fesses avec une hélice de sous-marin tu vas voir comme c'est agréable).

Si tu cliques sur ce logo là-haut, tu sauras que le 31 Août, cest le BlogDay (parce que si tu cliques sur la peinture ci-contre, Billebouteille1logiquement, il ne se passera rien. Des fois, ça fait "pouet" mais là, bernique. Remarque, si tu cliques sur un tryptique de Jerome Bosch, ça ne fait pas "pouet" non plus). C'est comme Mayday, mais c'est en Août. Enfin bon tu cliques, je ne vais pas te mâcher le travail, je sais que tu aimes découvrir par toi-même les merveilles de ce monde. Comme Vasco de Gama.  Ou Bruce Willis. Ou l'homme de l'atlantide.

Bravo. Grâce à des gens de ta trempe, le monde est plus doux (par contre, si par exemple tu avais inventé le coton-tige plus tôt, Beethoven aurait entendu ce qu'il composait. Parce qu'après tout, peut-être qu'il n'était pas vraiment sourd. Tu as des preuves?)

Et gloire à toi.

PS: Comme en ce moment, je n'ai toujours rien à dire, il se peut que j'allonge ce billet au fur et à mesure. ça dépendra du gulf stream.

PS aussi: Tu penses à mon chèque s'il te plait? (ça n'est pas pour te presser ou pour te faire culpabiliser, mais je suis un peu juste en ce moment, George, ce thon violet de Clounus, ce thon violet, m'a coupé les vivres)

PS Ter(re et ciel): Ah oui sinon, je ne sais pas si tu sais, mais maintenant, tu peux te mettre le nez dans les étoiles et regarder tes constellations préférées. Tiens, regarde:

Tu vois à quel point la vie est belle, parfois, lorsque tu as fait ton ménage et que tu lis un bon livre à l'ombre d'un arbre feuillu qui te protège de la pluie (je viens de passer 25 minutes à faire tourner Pluton, c'est épatant)?

Du nouveau chez les Clounus, je signale.

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mardi 28 août

London Calling (vous n'avez pas idée à quel point ce billet contient une foule d'informations trépidantes.)

londonbille2    Je viens de recevoir mon emploi du temps lorsque je serai à Whitechapel sur les traces de Jack the ripper; je pense qu'il y a erreur (ce qui ne m'étonne pas outre mesure. Mon correspondant sur place est Ecossais, il roule les R comme un Berrichon, mais en Anglais. Lorsqu'il me téléphone, j'ai l'impression qu'il m'insulte du fin fond d'un bloc de Cheddar, ce qui est d'ailleurs peut-être le cas. A part Christophe Lambert dans Highlander, je n'ai jamais été capable de comprendre un foutu mot d'un habitant d'Inverness; alors je ricane bêtement, et peut-être que lui s'imagine que j'ai l'accent savoyard. Nous sommes bien partis en ce qui concerne l'entente et la compréhension entre les peuples).

londonbilleJe vois en effet que Dimanche, après une soirée la veille qui s'annonce assez étonnante (je suis invitée à dîner dans une cage, il parait que c'est du dernier chic. Je me suis renseignée, il ne s'agit pas d'un club SM, pour ceux d'entre vous qui seraient tentés d'y voir des accessoires inquiétants et des messieurs vêtus de slips en cuir, mais je me demande si je dois emprunter sa tenue à Zora-la-voltigeuse, l'assistante du dompteur d'ours du cirque Medrano), Dimanche, donc, je dois me rendre à un mariage Indien dans le quartier de Brick lane. Après avoir dîné dans une cage. Ce qui m'incite à penser que, compte tenu de mon kharma hautement inflammable, il y a de fortes probabilités pour que cet épisode vire à "la party" de Blake Edwards.

Lorsque Donald MacDonald m'a demandé si j'étais accompagnée, j'ai répondu par la négative. "Ah hem hem well ah by jove hem hem well well hell shit well hum ha" a-t-il dit, ou quelque chose d'approchant (je ne suis pas très familière de l'idiome des highlands, et je suis certaine qu'il mastiquait un morceau de haggis en parlant. Vivement le visiophone, qu'on ne puisse plus se livrer à ce genre de déviance en toute impunité).

J'en ai donc déduit que le mariage ne serait pas de tout repos, et que mon corps courait le danger d'être dépecé par 3 couteaux Sikhs et offert en sacrifice à la déesse Kali, comme dans "Indiana Jones et le temple maudit". C'est peut-être pour ça que je suis invitée. J'aime les sports extrêmes.

Si je parcours attentivement mon emploi du temps pendant londonbille3ces 6 jours, je découvre que Cormick MacCormick m'a fixé des rendez-vous dans les endroits les plus dangereux de la capitale, situés pour la plupart sur le rebord du monde, à l'époque où les navigateurs croyaient que la terre était plate et qu'ils se demandaient à quel moment ils allaient chuter dans le vide insondable, ou dans la gueule béante d'un monstre baveux à 5 têtes. Avec des dents comme des sabres.

Je vais donc immédiatement prendre contact avec "Q", le génial inventeur de la voiture à plaque-minéralogique-pivotante-lance-missiles-allume-cigare-bombe-à-neutron. Et avec le service technique du port de Brest. Ils devraient être capables de me trouver un ciré marin ignifugé.

POURQUOI BIRDY NAM NAM: (petits veinards; si l'extrait ne vous donne pas envie de voir le film, j'épouille le quartier des mandrils du zoo de san-diego, avec les pieds)

PS: par une coquinerie informatique que je ne m'explique pas (ô grand html sois sur nous, précieux), les liens qui foisonnent sur ce billet ne sont plus sur-lignés, en tout cas sur mon écran. Je vous suggère donc un petit jeu désopilant (ah ah qu'est-ce qu'on rit): promenez votre souris sur le texte et vous verrez bien si ça s'allume ça et là.

Posté par Melle BillE à 08:41 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 27 août

Gia Hellada

greekflag

                          σκέφτομαι σε σας...

C'est ma seconde maison, l'endroit parfait, mon omphalos et mon paradis. C'est là que j'ai tout appris.  Des saligauds en ont fait un enfer. Je me souviens d'une nuit où, sur l'horizon, l'île de Sifnos brûlait; nous étions restés aux étoiles, à regarder trembler l'horreur sur la ligne de flottaison du ciel. Je me souviens du jour où, sur Paros, le mont Prophitis Elias s'est enflammé, la chaleur léchait les murs de la maison, l'air faisait cligner nos yeux de poussières et de cendres. Aujourd'hui, à Kaisariani, ma "famille" est à l'abri, mon petit Minotaure, Fanny, Mamma et Zia sont hors du labyrinthe en flammes. Ils vont bien, mais ils ont mal. Et les autres?

Des saligauds ont mis le feu au paradis.

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samedi 25 août

Pas de quartier (question titre, je m'améliore chaque jour)

J'habite un quartier très festif; en soi, il n'a rien d'exceptionnel, c'est un quartier avec ses petits commerces, ses pavés, ses arbres, bref, un quartier sans histoires (je répète le mot "quartier", quartier quartier, Jacques Cartier. Ah Tudieu quel délicieux frisson). Ce qu'il a d'exceptionnel, mon quartier (oh que c'est bon), ce sont ses habitants. J'ai parfois l'impression que tous les frappadingues de la madbillerégion, irrésistiblement attirés par ce quartier cet endroit, se sont un jour levés, ont laissé tout en plan chez eux pour entamer une longue transhumance, afin de coloniser ce quartier ces quelques mètres carrés de pur concentré dément. Ne rigolez pas, c'est ainsi que je suis arrivée ici il y a 7 ans. Irrésistiblement attirée moi aussi.

Ne vous méprenez pas, dément ne signifie pas que des Raëliens s'y livrent à des orgies stellaires tous les soirs, ni que qui que ce soit remonte la rue en triple salto arrière en chantant à tue-tête une chanson grivoise (encore que j'aimerais assez voir ça); c'est bien plus subtil que ça. Tiens, je vous donne un exemple. En ce moment même, au 1er étage de l'immeuble d'en face, un type tout en noir coiffé d'un stetson est en train d'invectiver tout ce qui bouge (et même ce qui ne bouge pas, il s'adresse aussi aux reverbères); j'ajoute qu'il a la voix de Daffy Duck et qu'il n'a qu'une seule chaussette (d'habitude, il fait ça sur fond de "breakfast in America". Soit il est archi-fan de Supertramp, soit il ne possède qu'un seul CD). Je n'ai jamais compris un traitre mot de ce qu'il disait, pour la bonne et simple raison que ses phrases ne sont qu'une succession d'onomatopées à 3 syllabes totalement incohérentes. Mais l'essentiel est qu'il se comprenne.

Et ce n'est qu'un exemple. Hier soir, monsieur Bernicol (ça n'est pas son vrai nom, bien sûr. Le vrai nom de monsieur Bernicol est beaucoup plus grotesque que ça) a fait sauter les plombs de tout le quartier (oh que c'est bon). Vers 22.00 h., nous avons tous entendu distinctement une espèce de larsen effrayant ricocher de tympans en tympans, avant d'être plongés dans une obscurité totale pendant quelques minutes. C'est sympathique comme tout lorsque le courant revient et que les alarmes des différents commerces se déclenchent, ça donne une idée assez précise de ce à quoi doit ressembler l'apocalypse. Monsieur Bernicol est sorti sur son balcon et s'est publiquement excusé, ce dont nous lui savons tous gré. Ce qui n'explique pas à quelles terribles expériences électriques il se livre dans l'intimité de ses appartements. Pour autant spy2que je sache, monsieur Bernicol, avant de prendre sa retraite dans les années soixantes, exerçait la profession de majordome chez un Grand de ce monde, pas chez EDF. Peut-être tente-t-il d'entrer en contact avec un repli caché de la galaxie (ah tiens, "breakfast in america" vient de démarrer. Je me disais aussi...). Tout-à-fait entre nous, je ne crois pas que monsieur Bernicol soit réellement à l'origine de la coupure; mais le fait qu'il y ait songé en dit long sur ses activités (dont la mentale n'est pas la moindre)

Au troisième étage de ce même immeuble, madame Pluto, également retraitée, regarde chaque soir la télévision debout en riant, quel que soit le programme (notez bien, elle regarde peut-être en boucle "la grande vadrouille"). J'ajoute qu'elle dîne en même temps. Ce doit être une des conséquences annexes du réchauffement de la planète. Mais qui suis-je pour émettre de telles hypothèses?

Ce matin, j'ai glissé sur une agrafeuse que la créature du tiroir (cf billet ici-même) a glissée sous mon pied pendant que j'avais la tête ailleurs. Et ma voisine ressemble de plus en plus à son chien (ou l'inverse). Elle ne se précipite pas encore sur moi pour me lécher les mollets, mais ça viendra.Sans parler du guitariste tout pourri qui squatte le banc sous mes fenêtres depuis le printemps, et qui ne s'améliore guère dans sa version de "je m'suis fait tout p'tit devant une poupée", version qui représente l'intégralité de son répertoire. J'en suis réduite à lui jeter des croûtes de fromage, je n'ai plus de pot-de-fleurs. Ni d'horloge Comtoise. Quelqu'un pourrait-il m'expliquer la raison pour laquelle il a choisi précisement ce quartier (oh que c'est bon)?

Ci-dessous, un extrait des "nouvelles polyphonies Corses", une vraie merveille. ça va vous plaire. Si. Vous et moi avons connu des moments plus raffinés, c'est vrai. But comme disait ce bon vieux Dylan de sa vieille voix qui grince: "the times they are-a-changing"

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mercredi 22 août

         

ART_5557

           Aujourd'hui, la journée sera consacrée à Bill.

            La soirée aussi.

            Qu'on ne me dérange sous aucun prétexte.

             Au pire, allez chez les Clounus (il y a un supplément féminin mais franchement, vous n'êtes pas obligés. Si j'étais vous, je foncerais plutôt me délester de quelques kopeks afin de feuilleter, d'un doigt tremblant d'émotion et de joie, ce tout nouveau chef-d'oeuvre. Parfaitement, j'ai dormi sur le paillasson du libraire, les cheveux dans les crottes de chien (le libraire s'est d'ailleurs essuyé les pieds dessus).

             Mais vous avez certainement vos raisons.

Comme je suis un peu flemmasse sous le soleil, je vous laisse le GrOOve du moment. Vous regardez, vous écoutez, et vous devenez fous tellement c'est joyeux (et pour être encore plus joyeux que c'est presque un péché, vous écoutez le petit lecteur du post-it. Enfin bon, sans vouloir vous commander)

Un peu de culture: Saviez-vous qu'en Polynésie, les plateaux d'apéritifs se nommaient "pûûpûû"? (non, ceci n'est pas du racisme linguistique) Hein? Le saviez-vous?

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lundi 20 août

L'angoisse de la page blanche (enfin bon, faut pas pousser non plus, c'est pas comme si on se pétait un oeil, mais quand même)

                                                                                                                                                                                                                                             oldbeach

Et surtout, pourquoi? Est-ce parce que le nouveau livre de Bill Bryson sort dans 2 jours et que ma fébrilité atteint aujourd'hui des sommets ( et entre nous, vous aussi vous devriez l'être, fébriles. Je ne sais pas ce qui me retient de lui dire que vous ne le saviez pas, et qu'en plus, vous vous en fichez complètement. En ce qui me concerne, je dors sur le paillasson du libraire demain soir, les cheveux dans les crottes de chien s'il le faut. Vous n'êtes guère passionnés, je suis déçue)? Est-ce à cause d'une fuite de fréon dans la cuisine? Serait-ce à cause de ces êtres étranges venus me visiter pendant mon sommeil, et qui ont dérobé mon cerveau à la faveur de l'obscurité (je le pose toujours sur la table de nuit, c'est assez facile de s'en emparer sans bruit, d'autant qu'il est léger)?

La cause est peut-être ailleurs.

Peut-être est-ce à cause de cette pluie molle et froide qui tombe en rangs serrés, et qui nous donne un avant-goût de cette saison moche qui précède l'hiver (qui est également une saison moche d'ailleurs, mais pire. En plus moche, en fait); il se pourrait que Charlton Heston soit responsable, sans trop savoir comment mais parfois, l'Heston a ses raisons que la raison ne connait point. Mais c'est peu probable. Il n'est pas impossible qu'El Nino soit en cause, car ne sommes-nous pas à l'image du cosmos, sujets nous aussi à de fortes variations des flux, ce qui ne veut pas dire grand chose mais j'en éprouvais le besoin? C'est une possibilité qu'on ne peut écarter. Non, on ne peut l'écarter, cette possibilité. Non.

silversurferbilleMais la cause est sans doute ailleurs.

Dans 15 jours, je serai à Londres. Il est envisageable que ce soit là l'explication. Parce que je ne sais pas quoi emporter (saleté de dérèglement climatique. Avant, on savait quoi prendre quand on allait à Londres en Septembre. On passait chez l'homme du Picardie, on lui piquait un vieux ciré pourri et jaune, des bottes et un tricot de peau à rayures, et c'était marre. Aujourd'hui, va savoir s'il n'est pas préférable d'aller faire un casse dans la maison de Magnum. Oui, je suis très feuilletons TV en ce moment, c'est un cycle, mais ça ne durera pas). Entre nous,  je ne crois pas que ce soit une bonne raison.

Certainement, la cause est ailleurs.

Certes, le décès récent de l'ourse Franska ne facilite guère les choses. Certes.

Et qu'un type du nom de Carlos Slim possède sur son compte en banque entre 60 et 70 millards de dollars non plus (je vous rappelle310 que Carlos est un gros chanteur désuet des années 80 et le Slim une boisson gazeuse citron ou orange désuette des années 70. Oui, Carlos fut aussi un terroriste, mais il ne s'agit pas de ce Carlos là. Encore qu'on puisse parler de terrorisme musical en ce qui concerne le gros chanteur désuet).

Mais c'est peut-être aussi parce que, je ne sais pas moi, vous n'avez pas oublié de faire quelque chose d'important hier? Vous n'avez pas envie, parfois, de partir loin sur les eaux limpides du pacifique, à bord d'un trois-mâts? N'avez-vous pas envie de sentir les alizés dans votre chevelure de miel, et de sussurer des mots doux au creux d'une conque? Hein dis, n'avez-vous pas envie parfois? Hein?

Je crois cependant que la cause est ailleurs.

Tout simplement, certain matins, on n'a rien à dire.

C'est pas plus compliqué que ça.

Je vais faire un tour chez les CLOUNUS, il y a une nouvelle édition. Vous venez avec?

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vendredi 17 août

jogging

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mercredi 15 août

"Laisse les gondoles à Venise", un titre sponsorisé par Ringo Willicat (mais qu'est-il donc devenu?)

Ce matin, mon meilleur ami partait pour Venise, le saligaud, et je l'emmenais à l'aéroport. Jusque là, rien que de très banal, c'est vrai. SAUF QUE LE JOUR OU LES COMPAGNIES AÉRIENNES CESSERONT D'AFFRÉTER DES AVIONS A 5.30 LE MATIN, TOUT LE MONDE Y TROUVERA SON COMPTE, COMMANDANTS DE BORD COMPRIS. Parce que c'est bien joli de se lever à 2.30, mais quand vous traversez un barrage alcootest une heure plus tard, les fringuants officiers sont de très mauvaise humeur (ce qui est logique, si vous réfléchissez bien. Je suis certaine que vous aussi, si vous étiez coincé à verbaliser tous les nez rouges de la planète pendant qu'ailleurs, des femmes lascives au regard de braise s'offrent aux bas instincts de l'homme sur de langoureux tempi de rumba, vous l'auriez sacrément mauvaise.), et vous font capoter sur le bas côté afin de vérifier que vous n'avez pas absorbé une quantité indécente de château Petrus. C'est normal, vous avez une tête à faire peur (d'ailleurs, vous faites peur. Mon meilleur ami a eu un léger mouvement de recul lorsqu'il m'a aperçue sous un réverbère, à 3.00h, vaguement dessinée dans la brume). Je ne sais pas si l'officier qui m'a fait souffler dans son amusant joujou est un fétichiste, mais il est resté à discutailler le gras pendant 15 minutes, p_toireprobablement ravi de pouvoir s'adresser à une personne capable de dire "bonjour" sans culbuter sur les consonnes. Cela dit, il faut un certain courage, ou une bonne dose de perversion, pour engager la conversation avec "la créature du lac noir", je salue l'exploit.

Mis en retard par cet impondérable, nous avons traversé Genève en roues arrières, à 230 km/h sur la bretelle de sécurité, comme Michel Vaillant. C'était épatant, bien qu'un rien stressant. D'autant que je déteste rouler dans Genève, j'ai toujours peur que ma route soit coupée par un coucou géant ou un couteau Suisse à moteur. De plus, nos bons amis Helvètes ont une notion de la signalisation qui n'appartient qu'à eux; ils peuvent vous indiquer une épicerie fine par 25 panneaux de tailles et de couleurs différentes, alors que la direction de l'aéroport ne vous sera communiquée que lorsque vous passerez à mach 3 devant la tour de contrôle. Je me suis garée sur le parking dans un grand crissement de roues, comme Michel Vaillant, non sans avoir effectué au préalable une marche arrière sur la voie rapide, comme il est indiqué dans tous les manuels de voyage Suisses. Nous avons fait la queue à l'enregistrement des bagages, noyés dans un flot d'Indiens chatoyants dans leurs saris multicolores, ce devait être un Genève-Venise-Udaïpur. J'avais moi même une tête de sari multicolore, ce qui n'a choqué personne. C'est bon de se sentir acceptée.

Mon meilleur ami en sécurité dans son avion, le saligaud, je suis retournée sur mes traces de pneu encore fraiches, POUR RETOMBER SUR LE BARRAGE EN SENS INVERSE.

Vous savez quoi? La maréchaussée est extrêmement professionnelle, elle vous fait souffler dans le ballon 2 fois en 2 heures, pour le cas où vous ayez absorbé un litre de rhum blanc dans l'intervalle (ne me dites pas qu'ils ne m'ont pas reconnue. Si vous croisiez le chemin de la malédiction des Carpathes, vous ne l'oublieriez pas de sitôt). Un brin lasse, mais consciente de l'autorité qui émane naturellement d'un uniforme, et de la peur qu'elle engendre, je me suis pliée de bonne grace à cet instant ludique. A l'intérieur, je me sentais ravagée, ce qui n'a manifestement pas effrayé le capitaine (vous pensez bien s'il en a vu d'autres, ça fait 10 ans qu'il se tape les barrages à 4.00 du matin devant le Macumba, et qu'il fait péter des points à des gens qui ressemblent à des effets spéciaux). Bout de gras (l'histoire du "bonjour" et des consonnes fonctionne aussi dans le sens inverse), "allez allez bonne route et bonne journée!", première, seconde, clignotant, et roule que je te roule, pendant que mon meilleur ami s'envole pour les lagunes, les gondoles, et la fondation Peggy Guggenheim.

Le saligaud.

Le jour se lève, c'est beau. Un peu décalée par l'absence de sommeil et cette horde d'uniformes flottant dans l'aube, je me suis arrêtée au sommet du Mont Sion. C'est étonnant, mais soudain, lorsque vous vous retrouvez dressée dans un monde si vaste et si doux, beaucoup de choses perdent de leur importance; il est 6.00 du matin. A vos pieds, les brumes achèvent de lècher les collines, et droit devant, aussi long que votre regard puisse porter, les montagnes bleues, imprécises, à peine dessinées sur l'horizon, ondulent comme un lent murmure en définissant le lointain. Mais elles sont bleues; pleines de bleus. C'est fou comme à cet instant précis, vous perdez la notion du temps; c'est comme s'il n'y avait que vous, et votre ventre qui s'acoquine au moment.

En fait, il n'y a jamais que le monde. Avec vous dedans.

Mais c'est vraiment chouette.

Rien que pour ça, je pourrais remercier mon meilleur ami.

Ce saligaud.

geneve_panneau80PS: en franchissant la porte de ma maison, tout à l'heure, je me suis soudain souvenue avoir donné rendez-vous cet après-midi aux bains des Pâquis, à Genève.

C'est intelligent de faire 4 fois la même route dans la même journée.

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vendredi 10 août

pathetic instinct (mais si, cherchez bien)

E_bay

Au terme d'une soirée destinée à ravir les papilles gustatives de mes invités (et par là même tenter de leur soutirer les détails les plus sordides de leur existence afin de les faire chanter, dans le but avoué de m'offrir tout ce dont vous n'osez pas rêver mais moi si), force m'est d'admettre que je n'ai effectivement pas les attributs qui feraient de moi celle que le sexe opposé s'arrache avec les dents (avec les griffes aussi; et par tous les moyens d'ailleurs).

Je suis probablement la seule personne au monde capable de rater des aubergines farcies. C'est tout juste si je ne rate pas l'ouverture d'un pot de yoghourt, c'est dire (quant à l'ouverture de la finale de "jeux sans frontières", n'en parlons même pas). Après le temps de cuisson requis, mes aubergines farcies ressemblent à des langues de dragon de komodo. Très rugueuses et très sèches. On peut d'ailleurs s'en servir de tapette à mouches ou de chausse-pied, j'ai essayé ce matin, ça fonctionne très bien (en ce qui concerne les mouches, je ne sais pas encore si c'est à cause de l'odeur ou du choc, des tests sont en cours).

Je sais bien que tout ça n'intéresse personne, allez, ne venez pas me chanter la messe en Romanche, je ne suis pas aussi naïve. Mais j'avais besoin d'en parler. La vie est dure, parfois. Je voudrais tant voir Syracuse, l'île de Pâques et Kairouan, voir les grands oiseaux qui s'amusent, à courber l'aile sous le vent. Voir les jardins de Babylone, et le palais du grand lama, rêver aux amants de Vérone, au sommet du Fuji-yama (je remercie Henri Salvador pour le prêt).

Je suis anéantie.

NDLR: vous espériez quoi au juste, un billet sur le Mahatma Gandhi?

Posté par Melle BillE à 13:40 - VieQuotidiennE - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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