Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

mercredi 26 septembre

Un monde effrahant (ne croyez pas que ce soit si facile)

Le plus beau métier du monde, c'est scaphandrier, tasse à café de George Clooney, Antoine qui fait la réclame pour les opticiens Atoll (les opticiens, donc),  le mien. Si.

Parce qu'on y apprend des choses extraordinaires.

Tiens, un exemple au hasard. Hier, j'ai appris un nouveau mot. Et en plus, c'est un corps de métier dont j'ignorais totalement l'existence. Le monsieur qui fait parfois appel à moi me regarde lourdement,  et me dit: "toi la melle Bille tu fais un reportage sur les Frahans et tu vas en interviewer un et plus vite que ça bouge tes fesses melle Bille".

Quid? Les Frahans?

Un instant de stupeur mental plus tard, je revins dans la discussion, qui s'était déjà envolée vers d'autres cieux prestigieux. Vous voyez, ça n'a l'air de rien, mais lorsqu'on vous demande de pondre quelques pages sur un sujet dont vous ignoriez totalement l'existence le matin même, alors que vous vous brossiez pensivement les dents avec ce nouveau dentifrice dont un ami vous a vanté les mérites, vous vous perdez instantanément dans un abîme de réflexions pertinentes (il serait effectivement plus simple de demander quelques précisions annexes, mais on m'a appris à me débrouiller seule. Et vous devriez faire pareil. Le jour où vous vous retrouverez frahanà manger des lichens, perdu au fin fond d'une jungle hostile en plein coeur du Yucatan, avec une bande de brutes sanguinaires peinturlurées aux fesses, vous ferez moins les malins, permettez-moi de vous le dire).

Qu'est-ce qu'un Frahan?

*Les Frahans ont toujours existé. Déjà, alors que l'homme n'en n'était qu'à balbutier maladroitement quelques outils de silex, et ce afin de dépecer les peaux de mammouth dont il se faisait de ravissants petits slips bien chauds (les hivers étaient rudes, alors. Pas ces hivers de tafioles que tu combats avec une légère laine polaire de mauvais goût. Non. Des hivers bien astringents. D'ailleurs il suffit de regarder les joues de Frahan le fils des âges farouches pour se rendre compte que ses pores ne sont pas dilatés. Pourtant, et c'est un fait remarquable, il est presque nu. Sauf le petit slip bien chaud en peau de mammouth).

*Au 18eme siècle, sous le règne de Louis XV, un célèbre Frahan botaniste acquiert une réputation mondiale grace à ses extraordinaires plantations de tulipes. On se frahan_la_tulipeles arrache de par le monde, il faut dire qu'elles sont vraiment belles. Et surtout, elles sentent une délicieuse odeur de picratin aphrodisiaque. C'est l'avènement de celui que les cours d'Europe surnommeront Frahan la Tulipe. Fait curieux, ce jardinier-botaniste coupait ses tulipes au sabre. Ce qui permettait de ne pas briser les tiges, soit disant, mais il ne faudrait pas non plus nous prendre pour des trompettes. Pure pose de cabotin, en fait. Ne lui jetons pas la pierre, je ne sais pas comment je réagirais si tout à coup, les grands de ce monde se mettaient à me faire des courbettes avec leurs souliers à boucles, leurs mouchoirs en dentelle et leurs petites jupettes, tout ça parce que j'ai inventé une fleur qui sent bon.

*Environ un siècle plus tard, Napoléon Bonaparte aura cette phrase célèbre lors de sa campagne d'Egypte: "Soldats, du haut de ces pyramides, 40 siècles de Frahans vous contemplent". Ce qui n'est pas rien, il faut dire ce qui est. Car j'ai parfois l'impression que vous ne mesurez pas tout-à-fait l'incroyable portée de ces informations. Non mais c'est fou, ça.

Enfin bon bref, passons.

*Il est à noter que Claude Joseph Rouget-De-Lisle, auteur de la Marseillaise, mourut sans pouvoir rectifier les paroles de l'hymne national. C'est à la suite d'un défaut de prononciation que la première strophe "allons Frahans de la patrie" fut transformée en "allons enfants de la patrie", il était temps de mettre un terme à tous ces ragots.il_faut_sauver_le_soldat_Frahan

Plus tard, Jacques Brel composera une chanson entièrement dédiée à ce sujet: "Les Frahans", dont le refrain entêtant est encore sur toutes les lèvres: "les frahans, les frahans, les fra, les fra, les frahans".

*En 1998, Steven Spilberg rend un vibrant hommage à cette corporation avec son film: "IL FAUT SAUVER LE SOLDAT FRAHAN".

Ne me dites pas que vous n'avez pas vu ce film.

Non, allez, c'est vrai?

Bon, écoutez, on doit pouvoir le trouver en DVD. Sinon, vous pouvez louer "les dents de la mer" ou "Indiana Jones et le temple maudit", c'est pas mal non plus. Avec un petit plateau-télé fromage et saucisson, c'est l'assurance d'une soirée réussie entre amis.

*D'un point de vue culinaire, il paraitrait que le Frahan au jambon se déguste tiède. Je tiens cette information de Jean-Luc Petitrenaud, il a consacré une "carte postale gourmande" à ce sujet, sur Paris-première, mais je ne sais plus quand. Notez bien, on s'en fiche.

*Sous forme gazeuse, le frahan sert à réguler la température à l'intérieur des réfrigérateurs. Veillez à bien laisser reposer le frigidaire si vous l'avez secoué pour mélanger ce qu'il y avait dedans, le frahan est un gaz instable.

"FRAHAN D'UN JOUR, FRAHAN TOUJOURS!".

C'est sur cette devise époustouflante de clarté que nous conclurons cette passionnante enquête.

Et pour des informations complémentaires, voyez ici, c'est drôlement intéressant.


Et hop, comment que je te l'ai torché propre l'article.

Posté par Melle BillE à 11:19 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 25 septembre

Etoile à matelas (ça change)

dancers_souple2 Vous m'auriez été bien utile ce matin, au lieu de rêvasser devant votre café comme une grosse feignasse; vous auriez pu m'aider à descendre le matelas futon de 32 tonnes que j'avais acheté à un ferronnier d'art (mais Nippon) il y a 5 ans, et cela m'aurait évité de balayer tous les paillassons de l'étage dans un tonnerre d'apocalypse. A 6.00.

Enfin bon, vous n'étiez pas là, n'en parlons plus.

Car grâce à ce nouveau matelas ultra magnifique fabriqué spécialement à mon intention dans les laboratoires de la NASA, je vais enfin récupérer ma souplesse légendaire, ne plus me froisser bêtement la C10 en éternuant sous la couette et, accessoirement, dormir à nouveau. Ce qui ne m'est pas arrivé depuis la guerre des Gaules. Et j'ai testé pour vous, je peux aussi exécuter quelques figures compliquées de trampoline, sauf que dans ce cas là, je me fracasse le crâne contre le plafond. Ou je passe direct par la fenêtre.

Du coup, j'évite.

Mais là n'était pas mon propos, je me pencherai sur la notice plus tard. En effet, aussi étonnant que cela puisse paraître, les matelas des temps modernes sont fournis avec une notice, au cas où vous soyez tenté de faire de la mobylette avec. Ou un pannetone. Attention, ça n'est pas sa fonction, vous serez infiniment déçu. Et vous sombrerez dans la dépression. Cependant, il m'a semblé hier que ces notices pouvaient avoir une certaine utilité, surtout lors d'un achat effectué par un membre de la famille Bille.

Je suis très fière de Neveubille. pub_matelas2

Grâce à lui, l'esprit pratique qui nous caractérise n'est pas en danger.

Nous déjeunions tranquillement ensemble hier, avec une amie. J'étais toute émoustillée (je sais, il m'en faut peu. Mais cela fait de moi une camarade facile à satisfaire; nonobstant), émoustillée, donc, à la perspective de cette nouvelle matière du sommeil sur laquelle j'allais pouvoir étendre de tout son long ma colonne vertébrale, ainsi que les quelques accessoires qui s'y rattachent. Mon amie m'a vivement conseillé  de bien vérifier l'état du matelas, celui qu'on lui avait livré l'année passée avait une large estafilade bien moche, sans compter que du coup, il a été foutu en moins de 2 ( à partir d'un certain âge, les sujets de discussion s'étendent à des domaines très divers et jusqu'alors inconnus, comme l'achat d'une bonne literie, ou le fond de l'air qu'il est frais. Et je ne suis pas certaine que ce soit une bonne nouvelle).

En entendant ça, Neveubille a levé très droit son index de même pas poires_des_bauges5 ans et a dit, très sentencieux: "effectivement, c'est parce que le monsieur a dû aller dans la cuisine avec, et qu'il l'a coupé avec le gros couteau" (les parents de Neveubille et moi sommes très attachés à lui apprendre les mots les plus ridicules qu'on puisse trouver dans la bouche d'un enfant de 5 ans, comme "effectivement", "épatant", "absolument succulent" et "vertigineux". Neveubille s'acquitte de sa tâche à la perfection, il ne veut pas nous décevoir. C'est un enfant très attachant, épatant, et absolument succulent. Effectivement.).

Je lui ai répondu que je doutais que qui que ce soit ait jamais envisagé de hacher un tartare de boeuf avec un matelas de 140 coincé sous l'aisselle (cette phrase est très mal construite, mais je pense que vous en saisissez le sens, car vous êtes intelligent. Effectivement.).

Neveubille a réfléchi une nano-seconde. J'ai fermé les yeux, attendant le pire; le petit doigt s'est à nouveau pointé vers le ciel, et l'adorable et tout menu flûtiau de voix a rétorqué: "effectivement, c'est la preuve qu'il n'était pas bien malin, ce monsieur, hein?".

Imparable. (épatant, absolument succulent. Effectivement)


Dernière minute: J'apprends à l'instant que Ronaldus Barbecus a fait une chute à vélo hier. Son lacet de chaussure s'est coincé dans le pédalier. ça m'a fait penser à  Isadora Duncan, en moins dramatique (l'histoire n'en parlera jamais). Je me prends à rêver; si les petits cochons ne menaçaient pas de nous dévorer à tout instant, Ronaldus Barbecus et moi ferions un couple absolument formidable. Effectivement (épatant, absolument succulent.).


Posté par Melle BillE à 11:31 - VieQuotidiennE - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 23 septembre

Non si poteva entrarci dentro (vieille rengaine folklorique des Abruzzes)

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                       Entre nous, ce monde doit être terrifiant.

Il suffit de voir à quel point bon nombre de personnes font de petits replis précis, sans même vous regarder, lorsque vous leur tendez une invitation gratuite à participer à une des plus belles manifestations du cinéma Italien, pour comprendre qu'"étranger, toi qui passe cette frontière, abandonne tout espoir". Je me demande bien comment les voyageurs galactiques qui nous observent depuis des millénaires vont négocier lorsqu'ils vont descendre nous boulotter le cerveau. Notez bien, c'est peut-être la raison pour laquelle ils ne sont pas encore passés à l'acte. Ils ont peur.

Mais j'ai une autre hypothèse.

J'admets que 25 vespas lancées à tombeaux ouverts à travers la ville a de quoi surprendre. J'admets que c'est assez bruyant (vous avez l'impression de passer 3 heures à l'intérieur d'un essaim de frelons, mais en plus, ce sont des frelons péteurs), et j'admets que siroter un diabolo-citron dans des vapeurs d'essence a de quoi en rebuter plus d'un (ils n'ont qu'à boire du picratin, ça détruit les sens). C'est vrai, nous n'avons pas lutté contre le réchauffement de la planète ce jour là (les vaches non plus, d'ailleurs; il paraîtrait que c'est, en partie, à cause de leurs rots (et non pas de leurs flatulences comme des scientifiques peu sérieux ont tenter de nous en convaincre) que la couche d'ozone s'effiloche. Et je vous signale qu'elles font ça tous les jours, et même plusieurs fois. Alors n'allez pas me dire qu'on doit condamner la guêpe-ride). C'est vrai, nous sommes responsables de quelques arrêts cardiaques, mais ils étaient vieux et ne demandaient qu'à partir rapidement et sans douleur. Parce que l'hiver est proche.

Mais comme chaque année, Ettore Scola sera là, il fallait bien marquer le coup, nous sommes unis par des liens indéfectibles (à ce vespa_clounussujet, je tiens à préciser une bonne fois pour toutes parce qu'après, c'est le baffon du siècle dans ta face, que JAMAIS la haute-savoie n'a été Italienne. Nous appartenions au royaume de Piemont-Sardaigne, je vous en prie. Et ce jusqu'en 1860, ce qui fait de nous le dernier territoire rattaché à la France (c'est ainsi qu'aux dernières élections, il restait encore quelques personnes un peu désorientées qui cherchaient les bulletins de vote aux armoieries de la maison de Savoie). Personnellement, je m'en fiche un peu, mais ma grand-mère vous aurait retourné un bon gros gifflon en patois si vous aviez émis cette hypothèse, qu'éventuellement il parait que. Et ma grand-mère pesait 120 kilos. Vigilance, donc, vérifiez vos sources, elle peut encore revenir d'outre-tombe, on a vu plus édifiant. Sans compter que ça ne me surprendrait pas, mamie Margot était magique).

Bref, ce qui m'épate dans tout ça, c'est ce curieux mouvement de recul d'une certaine partie de la population, alors que vous les invitez gentiment à siroter un verre de chianti le soir de l'inauguration. Si vous n'aimez pas le chianti, il y aura du san-pelligrino rouge, celui avec le bonhomme canaille sur l'étiquette, avec sa casquette sur l'oeil et son pouce levé qui vous dit "jamais t'as bu un truc aussi bon de toute ta vie, mon pote". Et si vous n'aimez pas ça non plus, vous pouvez rencontrer Ettore Scola (d'accord, si vous avez soif, ça vous fait une belle jambe. Je vais vous dire, vous n'avez qu'à venir avec une gourde, personne ne fera attention à vous. Sauf peut-être Ettore Scola). Et puis il y a les films. Plein. Et des chouettes, ça, vous pouvez me croire.

Chaque année, ça me laisse sans voix, cette étrange méfiance envers tout ce qui est gratuit, festif et sympathique. Je ne m'y fais pas. haka_how_to_performC'est que quelque part, nous avons loupé ce pour quoi nous étions faits: SOURIRE. Et puis vivre, aussi. Nous sommes en train de perdre cette extraordinaire faculté à nous étonner et à saisir le moment.

Et s'il existe sur terre des gens suffisamment désespérés, ou aigris, ou simplement stupides, pour ne pas saisir l'occasion de la rencontre, je comprends pourquoi les voyageurs cosmiques hésitent à venir nous bouffer le cerveau (bien sûr que si qu'ils existent, ils piquent la moitié de mes chaussettes, mes cuillères à café, et parfois des objets beaucoup plus lourds A vous aussi d'ailleurs; mais vous refusez l'évidence, vous êtes aveugles).

C'est parce qu'ils n'ont pas envie d'être malades.

PS: cet après-midi, j'ai appris à faire le Haka des All Blacks. Je suis franchement grotesque, et je n'ai impressionné personne.

Mais c'est drôlement rigolo.

(essaie toi aussi)

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samedi 22 septembre

Rugbarbecuy (oh, mais que tout ceci est donc mystérieux)

Le bar de quartier, tout comme le rugby, est un des éléments fédérateurs de notre société, cette société qui,  en constante mutation, tend à perdre ses archaïsmes au profit de nouveaux modèles .

Non, allez, je rigole.

chabridEt je peux vous garantir que les archaïsmes vont nous coller le train encore un bon bout de temps, pas de panique. Je peux vous en parler, j'étais hier soir dans un bar de quartier pour regarder le match France-Irlande. Ne me demandez pas comment j'ai échoué là, c'est encore assez obscur. Je sais que nous étions dans un ravissant petit champs au bord du lac, que le crépuscule sentait bon le charbon de bois, que tout était paisible, et que la clarté de l'air se teintait de petits rires cristallins qui s'en allaient frapper la surface délicate de l'eau. Enfin bon, n'en faisons pas trop, c'était vraiment chouette, voilà. Après, c'est le trou noir.

Enfin non, pas tout-à-fait. L'un d'entre nous a soudain braillé d'une grosse voix pleine de touffes de terre: "hé! ya match à la buvette du marché! y nous attendent!!!! Putain allez on remballe tout fissa et on ripe!!" (oui, ce genre de phrase tend à légèrement ternir notre image de "cercle des poètes disparus", mais de toute manière, il y lulurre que plus personne n'est dupe, à commencer par nous. Grace au ciel, Romulus Grillus ne comprend pas un traître mot de Français, il pense que nous sommes Romanches. J'imagine qu'il a mis cette bourrasque inattendue sur le compte d'une quelconque coutume Alpestre, ce qui ne va pas contribuer à moderniser notre image). Bref, 10 minutes plus tard, nous étions tous au coeur des vieux quartiers, sur la terrasse de la buvette du marché, assis devant un gigantesque écran plasma, au milieu d'une horde assez hétéroclite. mailJ'avais encore une brochette chaude dans la poche, témoin de la rapidité avec laquelle certains d'entre nous avaient pris les choses en main, et c'est toute hébétée que j'ai laissé la patronne du bar m'estampiller la gorge d'un drapeau BleuBlancRouge, comme dans un rêve un peu effrayant. Au début du match, une personne m'a enfoncé sur le crâne la perruque de Bozo le clown (ce pourrait être celle de Germaine Jackson, n'était-ce ses couleurs pétaradantes), pour rire. Curieusement, ça ne m'a pas fait rire très longtemps. Mais je tiens à prouver mon élan participatoire (je ne sais pas si ce mot existe mais il me plaît bien, je vais donc le laisser vivre sa vie) en vous offrant cet intant immortel. Oui, c'est moi, et je suis heureuse de ne pas avoir d'enfants. Vous noterez cependant que je conserve une certaine dignité, même dans les situations les plus désespérées (les lunettes noires, c'est pour préserver mon anonymat; je vous rappelle qu'Annecy est une petite ville où l'on jase, et ça n'est pas du Count Basie. Je prie pour que personne, à part le portable de mon meilleur ami, ne m'ait surpris en train de faire la hola à 22.00 dans un bar de quartier. Les autres étaient tous ronds comme des boulons, on s'en fiche).

               Je serais bien rentrée tranquillement à la maison écouter une toccata et fugue de Lully en contemplant les merveilles du cosmos, mais un mauvais seau de vin rosé très frais m'a piégée dès le début de la rencontre, il me regardait d'un oeil torve en grognant. Je suis donc restée assise, coite, sur mes gardes, sous la perruque.

Un match de rugby, c'est fou. Surtout si vous regardez bien les mêlées. Moi, tu me lances le ballon, même pas en rêve je le touche. Parce que dans la minute, tu te prends 12 camions de chair humaine sur les épaules, et tu te retrouves tout plat, à brouter le gazon sous les crampons. Tu n'as plus qu'un petit morceau d'oreille. Et si tu tends le bras, il creuse assez profond pour toucher une veine de quartz. Alors vous pensez bien si je vais l'attraper, le ballon. D'autant que dans l'équipe de France, ils ont engagé Hagrid, celui qui dévore deux bébés vivants juste avant d'entrer sur le terrain (je le sais, le médecin légiste du stade de France est un ami, et il me doit quelques services. Regardez bien la photo là-haut. C'est pas Hagrid, peut-être?). Je dois admettre que je me suis surprise à hurler "wééééééééééééé!!!!!!!!" dans à peu près toutes les actions, ce doit être un réflexe de Pavlov. Ou une incohérence. Voire un peu des deux, mâtiné d'un snobisme de mauvaise foi. Je me suis levée, j'ai lancé mes bras en l'air, et j'ai chanté "Brasil" en faisant "toutoutou old_coupletoutou toutou" avec tous mes copains. Et le mauvais seau de rosé a cessé de me regarder en grognant, nous sommes tous frères dans un moment sportif.

Après le match, une vieille dame est venue s'assoir à notre table. Elle avait une pression à la main, un sac qui ressemblait à une boule disco dégonflée, et elle a fait venir deux copains à elle. Non mais vous vous rendez compte? Ils étaient à l'intérieur du bar, là où Attila avait semé des petits clous, là où il faisait la même température que dans les cheminées du Titanic, là où le point de compression ambiant atteint le record des abysses!!!Nous avons taillé le bout de gras jusque très tard. A eux trois, ils avaient à peu près l'âge de Roland de Roncevaux (Robert avait d'ailleurs une espèce de cors moderne qu'il faisait résonner dans la nuit avec une régularité de métronome, en hurlant "on a gagné! on a gagné!).  Fédérateur, je vous dis.

Je crois que Romulus Grillus a été légèrement déstabilisé, il n'avait jamais vu autant de Romanches en une seule fois. ça lui a fichu un coup.

Cet après-midi, je participe à un rallye vespa au nom assez enchanteur: "la guêpe-ride".

La vie est pleine de surprises.

PS: Un petit cadeau qui n'a rien à voir: du pur bonheur

Posté par Melle BillE à 10:03 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 17 septembre

En fait, quand j'y réfléchis bien, je n'ai aucun titre en ma possession. Preuve s'il en est de mon incapacité à gérer mon avenir

Ce midi, j'ai mangé une choucroute.

Tu as vu comme c'est intéressant?

J'ai aussi décidé qu'aujourd'hui, je m'adresserais directement à toi. J'y ai pensé dès le matin, au réveil. Je me suis dit "tiens, je vais faire de ce jour une grande réunion fraternelle"; c'est important, la fraternité, tu comprends? Il faut que nous prenions soin les uns des autres. Après tout, on n'est pas des brouettes. Et peut-être qu'un jour, tu seras bien content de relire ce billet, lorsque tu seras abandonné, et que tu croupiras quelque part dans un bouge crasseux. Bien sûr, à ce moment, tu n'auras pas forcément sous la main un ordinateur, d'autant que tu n'auras peut-être plus de main non plus.

chute_veloQu'importe! Peu doivent nous chaloir ces sombres perspectives, rions, que diable, car la choucroute est bonne! Soyons optimistes, et imaginons que ce jour n'arrivera pas (mais on ne sait jamais, prépare toi quand même, n'oublie pas que le Krakatau peut se réveiller à tout instant ( c'est assez bizarre, comme nom, Krakatau. Vous aimeriez vous appeler monsieur ou madame Krakatau, vous?). Et je ne te raconte même pas si c'est Yellowstone. Sans compter que bon, des fois. Même si tu souhaites un pantalon plus serré au niveau des fesses, ce que je ne te conseille pas, parce que ça risque de ne pas être très joli)

Mais je n'ai pas fait que manger une choucroute.

Juste avant, j'ai pris la gamelle du siècle en vélo.

Et tu sais pourquoi?

Hein, dis, tu sais pourquoi?

Tu veux le savoir? (en même temps, ça m'ennuie un peu de te le dire parce que tu vas en tirer de hâtives conclusions, et je n'en sortirai pas forcément grandie. Celà dit, faisons fi tout de go de cette honte à venir! Rions, ami, et gambadons de concert dans les verts pâturages! Car c'est bien mal de croire que tu vas t'imaginer que je suis une indécrottable adolescente (ce que tu penseras si tu es bon), ou une navrante névrosée (ce que tu penseras si tu es méchant, ou professionnel des maladies mentales). o_brother_0

Je vais te le dire. Mais auparavant, tu dois signer ce papier, là, où il est écrit: "je m'engage à ne pas ricaner de melle Bille, même si j'en ai très envie et que rien ne m'empêche de le faire une fois que je serai aux cabinets et que personne ne me verra, parce qu'après, elle sera très triste. Si je ne respecte pas cet engagement, elle viendra en personne me perforer la tempe à l'aide de la perceuse de son grand-père, celle qu'elle a trouvé au fond de la cave et qui a une grosse mèche toute rouillée et très émoussée. Et après, elle rebouchera le trou avec du mastic. Et collera une fraise tagada dessus, pour que j'aie bien la honte. En plus des troubles moteurs"

Maintenant que tu as signé, tu peux lire.

Je suis tombée de vélo parce que j'ai regardé, en roulant, 3 affiches successives de la nouvelle pub Nespresso, celle avec la grosse tête de George Clooney dessus. Et à la troisième sucette, je me suis crouté le trottoir et je t'ai fait un triple lutz, le genre que Nelson Montfort rêve de commenter un jour tout en sachant très bien que ça n'arrivera jamais. Je te concède qu'à mon âge, une telle explication est assez affligeante (il faut dire aussi, pour ma défense, que l'avenue de Brogny en vélo est tout, sauf festive; si tu ne me crois pas, tu vas chez mappy et tu lui demandes une vue aérienne d'Annecy, tu vas voir comme c'est joyeux, même les corbeaux évitent de voler en parallèle, c'est dire. Il faut bien s'occuper pendant qu'on pédale, que veux-tu?). Mais j'ai suffisement de quant-à-moi pour assumer une aussi pathétique révélation: je suis une midinette. Blonde. Et instable. et je t'emmerde. pardonne cet excès de grossiereté, mais tu conviendras que tu l'as bien cherché.

Maintenant, mon vélo est tout déglingué, et j'ai une rotule en carton. Bleu, le carton. Et très épais.

DrBBQ3Au départ, j'avais prévu de te raconter comment j'avais découvert les secrets d'un barbecue réussi ce week-end. Je voulais même te faire cadeau d'une précieuse recette de sauce qui fait tripler le tour de taille rien qu'en la regardant. Et si tu la respires, tu gonfles des épaules aussi (mais elle ne se mange pas, c'est juste pour faire joli sur les godivaux. Une lady godiva, des chevaliers godivaux).

Mais du coup, je dois me concentrer sur le procès que je vais faire péter au croupion de George, cette espèce de petite frappe gominée qui fait chuter le cours de la bille. Aussi te faudra-t-il attendre un jour ou deux. Sauf bien entendu si ça ne t'intéresse pas, auquel cas tu es libre d'aller faire une compétition d'aviron.

Et la sauce, ô précieux ami, je te la prépare au synthol.

PS: Si d'aventure, mon ami lecteur, il te venait à l'esprit que ce blog parle un peu trop boustifaille en ce moment, et de crouttins galactiques en général, tu aurais raison. Que veux-tu que je te dise?Cela prouve au moins que tu es attentif. Je te tire d'ailleurs mon chapeau, ça n'arrive pas tous les jours.

Posté par Melle BillE à 15:40 - VieQuotidiennE - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 13 septembre

La vie, c'est formidable (ce titre est une fois de plus sponsorisé par Charly Oleg,c'est vraiment dommage qu'il ne le sache pas)

Charly Oleg. (en fait, on s'en fiche tous un peu de Charly Oleg. Mais après, Olivier braille parce qu'on ne met pas de lien. Certes certes, celui-ci n'était peut-être pas nécessaire. Certes. Mais les faits sont là )

Je préfère que vous le sachiez tout de suite, ce billet n'est pas très utile.

C'est vrai, j'en lis plein qui nous apprennent tout un tas de trucs sur tout un tas de machins, drôlement bien écrits, des billets à la fin de la lecture desquels vous vous sentez un peu moins ignare (je me demande si cette phrase remporterait un prix quelconque lors d'un festival de grammaire. Peut-être en Serbie. Et encore, rien n'est moins sûr),  il y en a même, quelquefois, vous vous demandez de quoi ils parlent au juste. Mais ça n'est pas bien grave, parce que bon, même Mike Brand ignorait tout du sens de la première chanson qu'il a chanté, ce qui ne l'a pas empêché de devenir un magnifique play-boy. Avec le bonheur que l'on sait (oui, je sais, c'est mal). Enfin voilà, avec le genre de billet que vous lisez en ce moment, vous n'apprendrez rien. Et peut-être même pire.

poele___frireMais aujourd'hui, je me suis attardée sur du futile, j'ai pris un jour de congé, et je suis allée à Genève boire un café. Comme ça, tout-à-trac. (si j'avais eu le temps, j'aurais peut-être poussé jusqu'à Rome, mais pas nécessairement. J'aime bien Genève. Par contre, je ne suis pas fan de Vierzon)

Et manger une salade au bord du lac.

Et regarder l'horizon bleu et brumeux, plein de mirages. Un peu comme si la ligne de flottaison palpitait au loin; le genre de flou qui laisse supposer que, là-bas, il se passe des choses.

C'était drôlement chouette, d'autant que j'ai eu une espèce de révélation. Oui, ces choses là arrivent encore, même en ces périodes troubles truffées de mécréants.

         Je n'avais rien de particulièrement palpitant à faire, je m'absorbai donc dans la contemplation de ma salade, et réalisai du même coup, légèrement déstabilisée, à quel point elle était jolie. Toutes ces petites crevettes, élégament recroquevillées comme des virgules roses entre les feuilles de salade vertes et rouges, c'était vraiment ravissant. En fait, c'était aussi joli qu'un tableau, mais, cerise sur le gâteau, ça se mangeait, et c'était délicieux.

Je me suis soudain surprise à penser que nous avions bien de la chance de pouvoir dévorer d'aussi charmants petits plats, avec les doigts, comme des cochons (encore que je ne sois pas certaine que les pieds de cochon soient équipés de doigts à proprement parler. Et même, rien qu'à l'idée, j'en frémi. Vous imaginez un pied de cochon avec des doigts?), ou avec des couverts, d'une manière un peu plus civilisée (notez que les couverts n'empêcheront pas la vinaigrette de se répendre joyeusement sur votre chemise, et d'affirmer ainsi son désir profond de rester en votre compagnie).

Cette phrase était beaucoup trop longue, trop de virgules (les crevettes), trop de parenthèses (les doigts des pieds de cochon. Brrr, j'en frémi encore). Ce qui l'a rendue incompréhensible. Mais compactée, ça donne à peu près ça:

Quoi qu'il en soit, une salade aux crevettes, c'est bien joli, pour peu qu'on prenne le temps de s'y attarder.

Sans compter qu'avec cette méthode, du coup, vous ne vous ennuyez jamais.

Après, Romulus Grillus est arrivé. Et j'ai acquis à peu près autant de stabilité qu'un boson de Higgs. (oups, crotte et fichtre, on dirait bien que c'est une information, ça. Si ça dérange, ne vous gênez pas pour l'ignorer, nul ne songerait à vous en faire grief. d'autant que c'est assez hermétique, on ne sait même pas dans quel sens ça se lit, alors tu penses bien si ça me gêne).

Qui soit dit en passant n'existe peut-être même pas, vu que le monde de la science se pose encore la question.barbecue

Mais là encore, je me suis surprise à penser que nous avions bien de la chance de pouvoir papotter boustifaille, comme ça, bêtement, au bord d'un grand lac rempli de clapotis, alors qu'une météorite pouvait à n'importe quel moment venir percuter la terre et anéantir toute forme de vie dans la minute.

Hé oui, mine de rien, ça ne l'est pas, rien.

Et puis je suis rentrée.  Lorsque je vais à Genève (parce que bon, si je traverse Aoste à toute berzingue, je ne me pose pas vraiment de question), je ne sais jamais par quel mystérieux hasard j'arrive à en sortir. Je me retrouve en territoire pantoufle, après avoir découvert bien malgré moi quelque nouvelle douane, ou quelques merveilles improbables, comme l'université de l'horloge ou le musée Wütric (navrée pour le lien, Olivier, ça n'existe pas sur internet. Cela dit, je ne sais pas non plus ce qu'est le musée Wütric, je me suis contentée de faire une marche arrière devant la façade. Si ça se trouve, c'est un musée horrible, avec des morceaux de pieds dans du formol, ou des tarines de rillettes fossilisées. Oui, j'aurais pu y aller, mais vraiment, je n'en n'avais aucune envie. Et pour être tout-à-fait honnête, ça ne m'intéresse même pas).

Et je suis allée prendre quelques verres de rosé avec des amis pour célébrer l'arrivée de l'été indien (En haute-savoie, nous avons un été indien remarquable. Il dure ce qu'il dure, et un beau jour, nous sommes ensevelis sous des congères, et l'armée vient nous en extirper en forant la glace. C'est ainsi qu'au fil du temps, la Haute-Savoie est devenue célèbre. Un vieil adage ne dit-il pas "c'est pas congère, mais on se débrouille"?).

C'était dans un petit bar de quartier, il faisait si doux que nous avons improvisé un pique-nique. Sur le trottoir. Du coup, ça m'a rappelé Romulus, que je n'avais d'ailleurs pas oublié. Il n'a pas tort, rien n'est plus convivial qu'un pique-nique. Quel sage, ce Romulus. Non mais vraiment. En plus.

beachhousetellitlikeitissignEnfin bon bref, la vie est formidable.

Ne serait-ce qu'à cause de l'existence des salades de crevettes, et des pique-nique improvisés.

Et parce qu'une météorite de la taille d'une montagne menace de pulvériser nos petites existences environ toutes les 10 heures ( si vous en doutez, lisez le dernier livre de Bill Bryson; peut-être que lui, vous le croirez).

Et puis merde, simplement, c'est formidable.

Posté par Melle BillE à 23:13 - VieQuotidiennE - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 04 septembre

London4 (hé oui, une imagination sans bornes. C'est la recette de mon succès)

stike Si c'est social et réfléchi, je suis pour. Bien sûr que je suis pour. Le droit de grève est un droit inaliénable, jamais je ne le remettrai en cause.

Examinons les alternatives.

En taxi, à supposer qu'on ait de quoi s'offrir un taxi (25 livres pour faire environ 5 km. Ici, si tu t'offres un sandwich, tu peux rembourser la dette du quart-monde), il faut actuellement 3 heures pour se rendre du point A au point B (ne parlons pas du point L ou P, c'est le rebord du monde). Cela dit, encore faut-il trouver un taxi. Si vous faites une croix au pif sur la carte de France, en fermant l'oeil (celui qui n'est pas crevé), vous avez plus de chance de trouver le trésor de Montségur.

Qui, je vous le rappelle, n'existe pas.

Grace au ciel, les bus fonctionnent. Chouette. Cependant, ils ne sont pas si nombreux (je tiens à signaler que le n° 205 est un pur fantasme. Tout le monde croit qu'il existe, mais c'est une illusion collective, un truc de David Copperfield destiné à nous faire croire qu'il est le plus grand magicien du monde. Et réflexion faite, il l'est probablement, vu que tout le monde y croit. Normal, il tient sa technique de Garcimore ). Même à impérial, la capacité reste limitée. Ce qui n'est pas le cas de Londres.

Grace au ciel, il reste vos jambes. Chouette. Cependant, elles ne sont pas si nombreuses (enfin moi, je n'en n'ai que 5). Tiens, hier soir, j'ai marché exactement 3heures et 15 minutes pour rentrer à mon hôtel. Vous le croirez si vous voulez, j'ai mis la journée à m'en remettre. Le truc, en fait, c'est que vous n'avez pas le choix. C'est ça, ou vous vous allongez sur le trottoir, et vous attendez que l'armée du salut vienne vous proposer une soupe, et une bible. Après que les golden boys and girls de la city se soient essuyés les pieds sur vos bras. Et que les punks vous aient vômi sur la tête.

Sauf que l'armée du salut est coincée quelque part entre le point A et le point B. Elle ne viendra pas, vous allez mourir. Sans bible.

Autant marcher.

Vous avez 22 rendez-vous dans 47 points différents de la ville, c'est drôlement compliqué. Votre avenir professionnel dépend de ces rendez-vous. Bon, au pire, vous pouvez toujours vous trancher la gorge avec le daypass qui ne vous sert plus à rien mais qui vous a coûté 10 livres. Vous déployez des trésors de diplomatie pour annuler vos rendez-vous, vous faites vos interviews par téléphone, vaguement, vous n'avez pas vraiment la tête à ça, vous pensez à votre avenir professionnel.16728177

La boule que vous avez au sternum est à peu près aussi grosse que vos cuisses, rendues granitiques grâce au 3.15h de marche de la veille. C'est toujours ça de pris. Tiens, regarde un peu, j'ai les cuisses de Swcharzenegger dans "Kalidor et la lampe qui pète"; mais je ne rentre plus dans mes pantalons.

Et puis tout d'un coup, vous vous rendez compte que vous participez à un moment. Qu'il faudrait sans doute savoir en tirer partie. Bien sûr, vous ne savez pas trop comment, alors vous ouvrez le mini bar et vous vous emparez joyeusement d'une mignonette de "famous grouse" à 4,50 livres.

Au point où vous en êtes, autant le vivre, ce moment.

By jove.

Posté par Melle BillE à 22:44 - VieQuotidiennE - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 03 septembre

London3 (court, bref, à cause d'un pépin; ahah je blague, mais c'est une situation très désagréable)

    Ce billet sera court, car je dois faire face à une situation effroyable (et sans illustration, parce que j'ai les nerfs comme des tranchées). D'aucuns pourraient penser que j'ai la poisse, et je ne suis pas nécessairement en désaccord.

PARCE QUE LA, TU VOIS, LE METRO A DECIDE DE FAIRE GREVE, IL N'Y A AUCUN TAXI DE LIBRE, ET JE NE TE RACONTE PAS LES BUS (je viens de passer 1.30 à attendre à l'arrêt et le 205 n'est jamais venu; et pourtant, comme chanterait Jo Dassin, le chanteur qui fout le bourdon avec sa main qui balaie l'espace et son visage de 3/4 en plein dans l'écran (sans parler bien entendu de son costume blanc et des cols pelle-à-tarte de ses chemises, mais je m'égare, bref, j'ai attendu attendu il n'est jamais venu) ET JE SUIS A L'AUTRE BOUT DE LONDRES AVEC UN SAC DE 35 KILOS SUR LES BRAS (enfin non, pas là à cet instant. A cet instant, je suis dans un débit de boisson à claviotter frénétiquement, car par Dieu sait quel miracle, la wi-fi n'est pas en grève. Vive l'informatique libre, à bas le métro, qu'on leurs brisent les os.).

Lorsque j'aurai terminé mon verre de vin, je reprendrai la route, telle une voyageuse égarée, et damnée, tant qu'à faire. Je vais donc m'autoriser une petite pause vulgaire, ce qui n'est pourtant pas mon genre; bouche toi les yeux, ami de bon aloi, by jove.

PUTAIN DE NOM D'UNE MERDE DE METRO DE CHIASSE, JE TE CONCHIE!!!! (n'était-ce votre respect. By jovness and guts holly shit good lord. Et tu es gentil, tu me rends mon briquet parce que si en plus je ne peux pas fumer, je te prédis une grosse fission nucléaire d'ici peu et je te fous le feu à la Tamise tu vas voir de quoi je suis capable lorsque je libère la bête qui est en moi. Enfin non, puisque je n'ai plus de briquet. Mais ce sera pire, donc. By ma fie)

Posté par Melle BillE à 22:43 - VieQuotidiennE - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

London2 (c'est bien. En ce moment, je ne me casse pas le bonnet avec des titres, c'est drôlement pratique)

Wards_Camden_Town_with_PrimroseHill_level_1Lorsque vous êtes à Londres, rien ne doit vous empêcher d'aller à Camden Town, seule, à 22.00. Rien, à moins que vous ne cultiviez la plus élémentaire des prudences, celle qui consiste à ne pas vous balader avec un appareil photo à 12 millions de dollars en plein quartier punk.

Attention. En sortant du métro, vous allez vous faire accoster par une horde chevelue (rouges et bleus, les cheveux. Et parfois assortis de quelques mèches vert-morve). Vous reconnaitrez aisément la chef, c'est celle qui a des lunettes avec des têtes-de-mort à la place des verres (je pense qu'elle voit par de petits trous situés au niveau des dents), un kilt Ecossais sur des collants troués (avec un voile de mousseline par dessus), un ceinturon avec des clous de tapissier, et des bagues grosses comme des grenades sur les 10 pouces. En outre, elle est assise sur une bouche d'incendie, les jambes largement écartées, et vous apostrophe dès votre sortie du métro avec une certaine véhémence.shoreditchi

Le mieux est d'adopter une attitude servile et veule, et de donner directement votre appareil photo, votre montre, vos chaussures et votre carte vitale; ça ne vous évitera pas un passage à tabac en règle, mais vous pourrez biffer de votre agenda ce petit rituel de passage dès votre arrivée dans le quartier, ce qui vous donnera l'impression de contrôler la situation.

Autre possibilité:  Ne pas aller à Camden Town, seule, à 22.00. Restez terrée comme un rat dans votre hôtel, et attendez des jours meilleurs. Ils viendront (consultez votre horoscope).

Ou choisissez d'aller prendre votre 22 o'clock à Buckingham Palace (dommage que Granny soit morte, vous auriez pu avoir du gin dans votre thé). Au mieux, faites comme moi. Sortez juste le nez de la bouche de métro, pivotez de 180°, reprenez votre daytraveller pass et retournez directement d'où vous venez (passez avec dignité devant le controleur, vous ne lui devez SkiKing640rien). Le mariage Sikh était bien, sauf que je n'ai pas digéré le curry de poulet, cuisiné sur une base d'épices inconnus et détonnants. J'aurais pu rentrer en volant, j'étais équipée d'un moteur à explosions (ces carnets de voyage sont d'un raffiné).

Sinon, sur le petit matin, j'ai rêvé que j'étais aux sports d'hiver avec Lucius Clounus. Le curry, sans doute.

Mais c'était sympa comme tout.

PS: Pardon si je ne réponds pas à tous les commentaires, je n'ai pas trop le temps. Je me rattraperai à mon retour, promis (regarde, je crache par terre).

Posté par Melle BillE à 07:12 - VieQuotidiennE - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 02 septembre

London1

J'ai toujours aimé les grandes villes; et l'aube.

J'aime ces villes comme des pieuvres, pleines de bruits mécaniques, pleines de voix, jamais tout-à-fait endormies. Je leurs ressemble (je suis pleine de bruits métalliques moi aussi)

Ce matin, à 6.00, Londres secoue ses rêves de la nuit dans une espèce de bleu métallique. Les docks à l'aube. Dans ces quartiers, la vie a des reflets normaux, personne n'essaie d'être plus beau que son voisin. C'est juste la vie, et on vous laisse tranquille avec la vôtre. Je grimpe sur le toit d'un vieil immeuble sans dignité, les grues sont comme des insectes tendus, maigres, en appui contre les premiers nuages.

london1Regarde, on dirait un mécano.

A 5.30, avant de partir me promener, je erre dans les couloirs de l'hôtel à la recherche d'un café. Le garçon d'étage est surpris (remarque, je le comprends, tu n'as encore jamais vu ma tête au petit matin. On dirait aussi un mécano. Rouillé.). Je me sens en confidence avec cette ville immense et désordonnée. Et je me sens libre.

Dieu que c'est bon.

PS: Quand tu pars en voyage, n'oublie JAMAIS ton sèche-cheveux, surtout si tes cheveux sont vivants et facétieux. Parce que si tu l'oublies, tu vas ressembler à une créature pendant tout ton séjour, et on te jettera des pierres. Et les oiseaux te feront caca sur la tête.

Autre PS un peu plus tard, une fois que le mal est fait et que tout le monde t'a vue avec ta coiffure de roi maudit: Les Anglais mettent les sèche-cheveux dans le coffre-fort de la chambre d'hôtel. C'est une information qui pourra te servir, alors ne fais pas le malin.

Posté par Melle BillE à 07:32 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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