792891579_266db38a33Certains jours, on se réveille avec une envie bizarre; une envie qui n'a pas de nom. Vous avez déjà ressenti ça? Une envie dont vous ne connaissez pas l'objet? 

C'est le petit matin, vous buvez votre café, vous allumez une cigarette, vous regardez le monde en dehors, sous les fenêtres. Vous n'êtes pas chez vous, vous êtes ailleurs, dans une autre ville, dans un autre pays peut-être.  Et il y a là une vie que vous ne connaissez pas.

Il y a vous, le monde que vous ne connaissez pas, et cette envie bizarre qui n'a pas de nom.

C'est vaguement inquiétant. Juste vaguement, car l'envie vous fait frissonner, elle se glisse derrière vos yeux, et devant les heures à venir, mais elle n'a rien d'hostile. Vous vous demandez si vous n'êtes pas un peu dingue, tout de même. Ça n'est pas bien normal d'avoir juste envie de quelque chose; mais ce qu'elle veut, c'est seulement vous aider à pousser des portes, à respirer en mouvements, à apprendre autre chose.

De la curiosité?

Vous croyez?

Pas seulement. Cette envie là, indéfinie, elle vous force la main, elle vous oblige à faire des choses imbéciles, comme dire bonjour à des gens que vous ne connaissez pas et que vous ne reverrez jamais, comme prendre un billet d'avion pour n'importe où, comme jouer de la flûte à une grenouille, pour voir sa réaction ( si vous avez un basson dans votre sac-à-main, rien ne vous empêche d'essayer avec un basson; et sur une poule. Mais je confirme que la grenouille n'a aucun réaction si vous lui jouez de la flûte. C'est une expérience idiote, mais c'est une expérience).

L'envie vous susurre de vous amuser, elle vous rappelle à quel point le jeu était une affaire sérieuse, lorsque vous étiez petit. Souvenez vous comme vous étiez concentré lorsque vous emboîtiez vos lego, ou que vous donniez le biberon à votre poupée. Si vous ne vous souvenez pas, observez un enfant. Vous allez voir; et vous allez comprendre.

Vous sentez une poésie qui pousse le long de vos doigts, vous avez envie d'être autre chose que votre petit monde. Vous vous dîtes que vous êtes plus grand que ça, plus grand que ces limites que vous avez patiemment tracées le long de votre silhouette. Et vous avez envie. Follement. Plus encore.

C'est cette envie là, vous voyez.

PS: j'ignore si c'est un dommage collatéral, mais du coup, je n'ai plus vraiment envie d'écrire pour l'instant.