Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

mercredi 31 octobre

Mémoires d'outre-tombe

Je vais ce soir partager avec vous un de mes trucs infaillibles pour une soirée d'Halloween totalement réussie.

J'aime vous faire profiter de mes secrets, je sais que vous en faites bon usage.

les_astuces_de_melle_billeIl ne suffit pas de récurer la baignoire avec vos cheveux, de racler un égouts avec vos ongles, et de manger une demi-tonne d'époisse au marc pour effrayer vos voisins, vos amis, et surtout les enfants qui viennent sonner à votre porte (par contre, sachez qu'il s'agit de la bonne méthode pour décoller votre papier-peint), dans l'espoir douteux d'obtenir de vous des choses que la morale réprouve (demandez à frère étiquette et péchés en tout genre, cf précédent billet).

Il n'y a pas 10 minutes, les derniers venus ont récolté un vieil artichaut qui traînait dans mon réfrigérateur depuis la guerre des Gaules. Il avait un peu une consistance de pâte d'amande, ah ah je les ai bien eu. 

ça leur apprendra à écouter leur instinct.

Vous devez vous vêtir d'oripeaux pour les accueillir; un vieux pyjama qui vous sert à cirer vos chaussures fera l'affaire. Vous pouvez également mettre en fond sonore "massacre à la tronçonneuse", ou le requiem de Fauré (d'ailleurs, c'est mieux. Il y a peu de chance pour qu'ils connaissent le requiem de Fauré, alors que "massacre à la tronçonneuse" représente à leurs yeux une forme d'amour courtois. A la réflexion, vous perdriez votre temps). Lorsque la sonnette retentit, émettez un grognement inhumain, et n'ouvrez pas. Si les enfants insistent, dirigez vous d'un pas lourd et boiteux vers la porte (mettez au besoin les chaussures de ski de votre grand-père, celles qu'un forgeron des alpages a confectionnées avec une barre de plomb en 1913. Il s'appelait Hephaistos. Si je me souviens bien, il venait de Grèce, et était un peu grognon d'avoir loupé son ascension sociale sur l'Olympe. Il était lui-même boiteux et contrefait, ce qui ne l'a pas empêché d'épouser une beauté locale, malgré tout. Rien n'est jamais perdu. Ni gagné d'ailleurs. Ce que la vie nous enseigne quand même, non mais c'est fou). Pour corser un peu l'affaire, enfoncez-vous deux clous de tapissier dans les tempes, et cousez vos paupières avec du fil fluo.

Agitez de temps en temps une crécelle, et prenez un air sinistre.

Lorsque vous ouvrirez la porte, dissimulez votre main droite dans votre manche, et laissez apparaître à la place 1) un tournevis 2) une FRANKENSTEIN_201scie sauteuse dont vous aurez garni la lame d'un chapelet de tripaille 3) une soupière 4) une pantoufle 5) une défense d'éléphant. Laissez apparaître votre vraie main si elle est déformée, ou si vous avez la chance de posséder 7 doigts ( laissez vos ongles pousser toute l'année précédente). Ambiance effrayante garantie, vous allez bien rire.

Les enfants beaucoup moins. Mais l'important, c'est votre propre plaisir. N'oubliez jamais que "charité bien ordonnée commence par soi-même".

Et que l'enfant qui sommeille en vous ne demande qu'à se réveiller.

Auparavant, allez sonner chez votre voisine cacochyme pour lui demander de l'ail. Si elle se plie de bonne grâce à votre requête, votre déguisement est raté. MAIS, si elle s'écroule sur le paillasson, il est réussi. Et si son chien nain se jette sur votre cheville, décochez lui un bon coup de masse d'arme, et laissez le pour mort dans le couloir. N'enlevez pas les cadavres. Ce stratagème devrait suffire à décourager les petits gueux.

Pensez aussi, 3 jours plus tôt, à dénicher un virus. Un dont les effets soient physiquement désastreux. Sous nos latitudes, il n'est guère aisé de contracter la peste bubonique. Ni la lèpre (et poutant, glisser subrepticement un vrai doigts dans le sac de bonbons est une blague désopilante). Mais une bonne grippe devrait faire l'affaire, je viens de tomber en arrêt cardiaque en croisant mon reflet dans le miroir de la salle de bain.

Posté par Melle BillE à 18:45 - VieQuotidiennE - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 29 octobre

Recyclage

L'heure est grave.

La planète se réchauffe, et j'ai la crève. Quand on a la crève, le soir, on se fait une soupe, et on regarde la télévision. Las, que vois-je? Arte a programmé ce soir "le grand silence". Il m'est donc venu l'idée (la seule du jour) de recycler un petit billet écrit lors de la sortie de cette délicate rhapsodie monacale (je ne suis pas certaine qu'il n'y ait pas contradiction dans les termes, mais tais-toi et écoute plutôt, ami).

Oui oui, c'est vrai, c'est facile. Mais c'est comme ça. Allez, ne fais pas la tête, apaise toi, et souviens toi que DesMoines n'est pas toujours dans l'Iowa.

"je viens de me taper 2.47h de "grand silence". moines1

On m'avait dit que c'était bien, reposant, très zen et, surtout, extrêmement intéressant. Honnêtement, je ne vois pas. La grande chartreuse est un monastère de l'ordre des Chartreux (ordre fondé en 1024 par Bruno, ça c'est pour Posuto. Ah, ça vous change de Gloria Talbott, hein?).

Bien.

Au monastère de la grande Chartreuse, on trouve environ 15 moines répartis dans des bâtiments qui pourraient abriter la population d'une ville de taille moyenne. Vieux mais bien entretenus (les bâtiments; parce que les moines...).

Il y a frère jardin (qui est aussi frère gamelle à double titre: il cuisine, et il se prend des croutins sur la neige en hiver), frère bois, frère chariot (dont le petit chariot en bois (fabriqué par frère bois) gagnerait en efficacité et en silence s'il était régulièrement graissé), frère tissu, qui coupe n'importe comment des robes de laine qu'il ajuste ensuite avec de petits bouts de ficelle selon la corpulence du sujet, je ne crois pas que Karl Lagerfield apprécierait ce laxisme, frère chat (lui, il a trouvé la planque; apparemment, il ne fait que nourrir les chats. C'est un petit malin, il a trouvé le moyen de briser la règle de silence en faisant prrrrt ppprrrt ppprrrrt avec sa bouche pour appeler les félins), et frère cloche, le_bourdon_de_notre_damequi prend un malin plaisir à réveiller tout le monde à 4.OO du matin. Ce qui est chouette, c'est que personne ne semble lui en vouloir. Parce que moi, si tu me réveilles en me mettant la tête dans le grand bourdon de Notre Dame, tu as intérêt à prévoir l'abri antimissiles et le bouclier nucléaire.

Une fois réveillés, ils se disséminent tous dans des alvéoles en bois (frère bois) pour chanter. De temps en temps, il y a des avalanches à l'aube dans le massif de la grande Chartreuse, mais rien n'a encore été prouvé. J'en soupçonne quelques uns d'en profiter pour roupiller encore un peu: il y a beaucoup plus de capuches que de voix.

De temps en temps (mais pas très souvent), un frère est ordonné. Ce qui ne signifie pas qu'il range ses affaires (de toute manière, il n'en n'a pas, le voeu monastique est très strict au sujet des effets personnels).

Après avoir chanté, ils retournent dans leurs cellules pour lire et pour méditer. Le pire, c'est qu'ils le font vraiment. Parce que moi, si je savais que personne ne me voit, j'éviterais de me ruiner les rotules sur un escabeau en bois (frère bois) et je me mettrais sous la couette pour lire les aventures de Bibi Fricottin. Au pire, je mettrais un petit coussin.

Tous les Dimanche, ils mangent ensemble (frère jardin) sur une grande table en bois (frère bois) dans des robes toutes propres (frère tissu) après les vêpres (frère cloche). Frère chat s'occupe des chats. Il a bien tort, car ce jour là est un jour joyeux, les moines ont le droit de parler. Ils ont l'air aussi réjoui qu'une bombe à neutron d'ailleurs. Et font de bonnes blagues sur un robinet qui goutte, et sur bille_moinede délicats points de scolastiques comme " de l'utilité de se salir les mains avant de les laver". Comme ils n'ont pas parlé depuis six jours, ils en rajoutent un peu (enfin bon, ils ne mettent pas non plus du poil à gratter dans la capuche de frère cloche ni de coussin qui fait pouèt sur le banc du chef mais c'est limite).

Ça dure 2.47h, mais ça procure un petit effet "hibernatus" assez déstabilisant. Quand vous sortez, vous avez l'impression d'avoir loupé une saison. Voire 3. Le réalisateur vous fait même croire que ça va recommencer car il termine son film sur l'image du début (il a fait l'école du rire de la grande chartreuse, c'est un plus).

Ne vous inquiétez pas, le timing est bien fichu, les lumières s'allument quand vous commencez à hurler."

Je vais essayer la chartreuse chaude. Pour ma grippe.

Posté par Melle BillE à 13:54 - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

J'ai le plaisir de vous annoncer que je me paie ma première grande crève de l'automne, et que je viens, à l'instant, de faire péter le mercure du thermomètre. Plic, comme ça. J'ai des pouvoirs déments.

Je vais donc garder le lit quelques jours (d'aucuns prétendent que cette expression serait tombée en désuétude. Je m'oppose à cette vision simpliste de la langue française).

bille_vadorVeuillez envoyer vos dons aux 3 Suisses, dont la chaleur des couettes s'avère inefficace. Il serait temps de leurs fournir les crédits nécessaires à des recherches plus poussées sur le duvet d'oie, je vous trouve un rien pingres.

Sinon, j'accepte les couvertures en peau d'orignal, et le rhum chaud. Si toutefois vous aviez d'autres suggestions, n'hésitez pas.

L'union fait la force ( et l'espion fait du morse. je sais, mais c'est à cause de la fièvre).

Je garderai le contact avec vous par la seule force de ma pensée.

J'ai des pouvoirs déments. Ugh (au frais. Je sais. Saleté de fièvre).

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dimanche 28 octobre

Comment que je te reposte propre, le billet (par contre, je ne remets pas les liens, tout le monde s'en fiche, des liens)*

* sauf celui d'ernest et Bart

Platon_AristotelesJe me souviens d'un moment très amusant et très poétique de ma vie.

C'était à Monterey, en Californie, mon ami Ed et moi avions projeté de faire une petite descente en bathyscaphe, après une flânerie dans cette rue de la sardine chère à John Steinbeck (la déception est d’ailleurs à la hauteur du délicieux frisson expectatif, comme quand vous vous baladez sur l’acropole. Vous vous attendez à croiser Platon, et vous butez, au détour d’un vieux bout de colonne, sur Helmut Von Trummel, sa femme, son appareil photo, et sa horde d’enfants terriblement rougeaux et bruyants. Ou comme lorsque vous vous promenez dans Whitechapel, avec l’espoir un rien malsain de vous emmêler les semelles dans les boyaux d’une prostituée. Celle là même qui trinquait avec Jack l’éventreur quelques minutes plus tôt. Le temps qui passe, la mémoire historique et l’alcoolisme sont des fléaux. La famille d’ Helmut Von Trummel aussi).

Le petit bathyscaphe était une des attractions phares du merveilleux aquarium géant de la ville. Pour la somme de 80 dollars, nous sommes montés à 4 dans un petit sous-marin rond de la taille d'une voiture Dinky Toy, flambant rouge, et nous nous sommes immergés à quelques dizaines de mètres de profondeur, le nez collé à de minuscules hublots. Nous avons croisé de très près de petits trucs marins invraisemblables ( entre autres, une colonie de grosses boules gélatineuses accrochées sur un rocher; elles se dandinent au bout d’un long fil translucide, et passent la totalité de leur existence à happer le plancton qui passe. Lorsqu’elles ouvrent la bouche, elles vie_aquatique1ressemblent à Ernest et Bart. Elles ne font QUE ça, happer le plancton toute leur vie, sans jamais bouger. Ce doit être très long comme passage sur terre. D’autant que fatalement, vous vous demandez à quoi ça sert, au juste).

Enfin bon, c'était un chouette moment, nous avons vu des requins, des méduses, des forêts d'algues, des bancs de crevettes (l'une d’entre elles s'est d'ailleurs approchée très près de mon hublot, et je lui ai trouvé une vague ressemblance avec celle que j'avais dévorée dans mes spaghetti aux fruits de mer, à midi. C'était peut-être sa mère), nous avons observé plein de petits bidules colorés, transparents, frétillants, moches, sympathiques et VIVANTS. Tout compressés dans le bathyscaphe, le nez écrasé contre les parois épaisses et transparentes, nous nous sentions ravis et excités comme des gamins.

Ça valait 80 dollars, et j'en aurai volontiers payé 20 de plus pour m'offrir ce voyage délicieux.

De nos jours, les loisirs sont plus sophistiqués, et bien plus malins.

Aux Pays-Bas (à Drenthe pour être plus précis), on peut s'offrir pour 75 euros une heure en apnée dans un cercueil. Les candidats à l'inhumation s'allongent, et sont descendus dans une fosse de 1,50 de profondeur avant d'être recouverts par un bloc de béton de 3,5 tonnes.

housefrank_coffinHistoire de voir comment ça fait d'être mort.

On pourrait croire que cette activité reste un phénomène confidentiel, mais non. En fait, ça marche très très fort, et les organisateurs sont surbookés.

Ce qui est normal.

Se coucher dans un trou avec une chape de béton sur la tête, pour seulement 75 petits euros, c’est tout de même plus attractif qu’aller gratuitement aux champignons avec les copains, d’autant que vous avez des chances d’en trouver en grattant les parois de la fosse, tout en vous épargnant une longue marche dans des sous-bois truffés d’animaux dangereux. Bien à l’abri des bruits et des odeurs de la forêt, et des glissades involontaires sur un tapis de feuilles mouillées, au risque de vous briser le coccyx et de finir aux urgences (je rappelle que le docteur Ross n’existe pas). Toutes ses épreuves pour un résultat très hypothétique.

Les Amérindiens ont quelque chose d’assez similaire, la quête de vision. Sauf que chez eux, ça dure un peu plus longtemps, 3 ou 4 jours (ces Apaches sont d’un lent...), et qu’il n’y a pas de béton chez les Hopis (mais vous pouvez vous ensevelir sous quelques tonnes de rotin si vous le souhaitez. Et oui, j'avais envie de changer de tribu. Mais si je veux, je mets les Sioux, ou les Commanches. Tu vois comme je domine le monde?). Au terme de cette aventure, vous rencontrez votre animal totem, celui qui va vous protéger toute votre existence. C’est un bonus non négligeable. Reste à savoir quel sera votre animal totem lorsque vous sortirez de sous vos 3 tonnes de béton.

Il ne faudra donc pas s'étonner que le propriétaire du petit bathyscaphe de Monterey ait fait faillite, et se retrouve le nez dans la vase à compter les crevettes (j'ai mangé ta mère au déjeuner). Quel intérêt, aussi, de descendre sous la mer pour rencontrer des créatures colorées, gracieuses, rigolotes comme tout, parfois hideuses, mais à coup sûr totalement dénuées d’intérêt ?meduse_cc03

Il n’avait qu’à transformer son petit bathyscaphe en cercueil (je me demande si la pétoncle peut-être considérée comme un animal totem)

Bien fait pour lui.


Hop, comment que je te l'ai retorché propre le billet. Et maintenant, je file aux champignons (je suis navrée, nous avons peu de béton dans les forêts Savoyardes. Et croyez bien que je le déplore).

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samedi 27 octobre

JE VIENS D'EFFACER UN BILLET QUE J'AVAIS MIS 3 PLOMBES A ECRIRE, COMME UNE GROSSE RAVE!!!!!!!!!!!!

Posté par Melle BillE à 18:34 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 26 octobre

Patinage, mais presque (comment? Vous n'aimez pas ce titre? j'attends vos suggestions)

Harassée par l’intensité des recherches qu’il me faut faire à propos de l’étrange corporation des Frahans, dont le langage ésotérique appelé « Mourmé » fournit une pagaille de mots plus réjouissants les uns que les autres (saviez-vous que l’été et l’hiver, en langage Frahan, répondaient aux doux noms de fourcanche et crépioti ? Moi non plus. Je dois admettre que c’est passionnant, je vous fais un topo dès que j'ai terminé mes recherches), j’ai décidé cet après-midi de m’offrir une petite pause.

Plusieurs choix s’offraient à moi : mon_pied

* Louer "l'invasion des profanateurs de sépultures" et le regarder en grignotant des chips au ketchup

* il était un petit navire

* prendre le pain et le rompi

J'ai finalement opté pour une 4eme possibilité (c'est vraiment fou, le choix que la vie vous offre parfois):

* visionner la K7 des olympiades 2006 de patinage artistique programme libre que j'avais enregistrée, par pur intérêt, pour mon ami Nono.

Nono possède une villa Néronienne en Toscane qu'il me prête parfois, à condition, entre autres, que je lui copie les programmes les plus nullissimes de la planète. Ensuite il me les rend, d’un gracieux ‘grazié millé », et il me jette les clefs de la villa au visage, comme à une chienne. Je les attrape au vol avec les dents, je n'ai aucune dignité.

Je me débarrasse alors des cassettes suspectes en les transportant jusqu’à la benne à ordure avec des pinces de forgeron, la nuit, quand la ville dort (Nono est capable de me demander de lui enregistrer un sujet en Romanche non sous-titré sur la fabrication du fromage de tête dans le Tessin).

Mais pas celle-ci, car je me souvenais avoir vécu un moment délicieux en la regardant.

Une fois encore, je suis restée sans voix, la bouche ouverte, une barre Mars coincée à mi-chemin entre la langue et la glotte, en état de stupeur mentale. Les commentaires surréalistes de Nelson Montfort (accompagné de Philippe Candeloro. Un neurologue véreux et sans le sou avait, pour l'occasion, connecté un cerveau de la taille d'une daphnie à ses cordes vocales) accomplirent leur travail d’hypnose, avec fee_skatingGrand Volontiers.

Hi-Li-Ping et Ho-Fu-Wong-Hao, Japonais, évoluent avec grâce sur la glace.

Commentaires de Nelson Montfort: "Hé oui...sur l'air de "madame Butterfly", cet immmmmense opéra composé par l'immmmmmense Puccini...l'histoire de cette princesse Japonaise séduite et épousée par cet officier Anglais, Pinkerton....il l'abandonnera et la pauvre n'y survivra pas...elle se suicidera...oh!!!!!! Hi-Li-Ping vient de manquer son triple loots (image de Hi-Li-Ping qui se vautre à 1000 km/h contre les barrières de la patinoire, la face incrustée dans un bandeau publicitaire)!!!!! Quelle chute!!!!!.....hé oui, à l'image de la tragédie de Puccini, la jeune Japonaise vient de perdre ses chances d'accéder au podium...c'est le destin, Philippe (Candeloro dans un éclair de lucidité: "hé oui Nelson..."). chute

Lydia Putrefact et Joe Mannix, Américains, évoulent avec grâce sur la glace.

Commentaires de Nelson Montfort: "Hé oui...sur l'air du "Nouveau Monde" de l'immmmmmmense compositeur Vangelis consacré au film de l'immmmmmmmmmense réalisateur Riddley Scott, l'histoire de Christophe Colomb, interprêté par l'immmmmmmmmense Gérard Depardieu......La Santa-Maria, la Pinta et la Nina voguent sur les eaux bleues..........oh non!!!!!!!!!! non!!!!!!!!!!! oh mais non!!!!Lydia Putrefact s'est mal réceptionnée sur son quintuple triple axel triangulaire arrière (image de Lydia Putrefact catapultée en orbite et s'écrasant la tête la première sur les patins de Joe Mannix).......Quelle terrible déception!!!!!!.....hé oui, à l'image de Christophe Colomb désavoué à la fin de sa vie, le couple Américain perd ainsi toutes ses chances de monter sur le podium.......c'est ainsi, Philippe (Candeloro, champion toutes catégories de la syntaxe ampoulée: "hé oui Nelson")".

J'ai regardé une heure entière, et ce programme est de loin le plus fascinant qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps.

Les couples se sont pratiquement TOUS croûtés de manière spectaculaire (quand je pense que ces jeunes gens ont répété depuis 4 ans des programmes de super-héros réglés au micron près, et ce dans des costumes d'un goût de poupées de foire,  pour finir par se rétamer, le jour J et aux yeux du monde entier, contre les barrières de sécurité, je me dis qu'on est peu de chose. J'ai un grand respect pour les patineurs). Et Nelson Montfort, à chaque fois,  a trouvé le moyen d'établir un rapport entre le vautrin et le thème musical.

Ce type est un génie.

Posté par Melle BillE à 19:37 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 25 octobre

Bon, en fait, je vous explique. La phrase de ce matin, là, "Je vais prochainement déménager chez over-blog", j'étais obligée de la mettre, c'était une phrase magique pour le transfert car je vous rapelle, mes bons amis, que je suis une pelle à charbon en informatique. Entre autres. Oui, j'ai très bien entendu, et je sais même qui a OSE prononcer ce jugement pour le moins hasardeux.

Tu finiras au knout, boursouflure infecte.

Mais, au vu du résultat, je ne suis guère convaincue. C'est donc avec un immense grand volontiers que pour l'instant, je reste au chaud dans ma charentaise Canalblog. Merci à toutes et tous pour les commentaires, ça m'a fait chaud comme dans les charentaises.

Du coup, l'image est un peu hors contexte, mais je la laisse quand même.

Je suis le chef de la meute céans (par contre, vous pouvez tomber l'accent des Carpates et la voix cavernicole, vous auriez l'air grotesque. Et le ciel m'est témoin que je ne le souhaite pas).

Bon allez, je vais m'acheter un bonnet. C'est super intéressant comme info.

dejeuner

Posté par Melle BillE à 09:42 - FouRReTouT - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 24 octobre

la loi des attractions

Vous comprenez, je n'était pas à Paris QUE pour faire le gugusse et avoir envie, j'étais invitée à une soirée professionnelle, pour rencontrer tout plein de gens que je n'avais jamais vus et qui, du coup, ne m'avais jamais rencontrée non plus.

Ce qui fait que vous vous baladez d'un bout à l'autre de la pièce avec un gros badge en plastique qui indique vos noms, prénoms et qualités (la bonté, par exemple), les doigts fermement cramponnés à votre verre, vu que vous allez le garder un bon moment.

the_partyAvant de plonger dans un état d'ébriété soudain.

Mais pour l'heure, vous avez fermement l'intention de vous en tenir à la consommation unique. Si vous êtes myope, pensez bien à oublier vos lunettes. Vous passerez ainsi de nombreux instants le nez à 2 cm d'une multitude de cravates chatoyantes, afin de lire les badges, c'est une expérience sensorielle inédite. Je vous la recommande.

J'aime bien les pince-fesses, surtout les pince-fesses un peu surannés, bon enfant, ceux auxquels vous avez des chances d'être invitée dans une ville comme Limoges ou Partenay. Sauf que celui-ci se passe à Paris. Ces pince-fesses là sont toujours bourrés de surprises assez rigolotes, des attractions charmantes auxquelles vous vous attendez vaguement, sans réellement croire que ça va arriver pour de vrai.

Et bien si. Ça arrive pour de vrai. Dans ces soirées là, un magicien qui ressemble à Harvey Keitel interrompt à tout bout de champs votre conversation pour vous faire un tour de cartes, vous dérober votre chaussette droite (celle qui a un début de trou au bout du gros orteil), ou vous subtiliser votre coupe de champagne, sous les murmures ébahis de la proche périphérie. C'est une des attractions du soir, il y en aura d'autres.

Et chaque fois que vous engagez une conversation professionnelle harveyavec un gros monsieur qui a l'air important, et sans doute déterminant pour la suite de votre carrière, Harvey Keitel apparaît entre lui et vous, et hop, votre portefeuille se transforme en pigeon, et votre coupe de champagne disparaît. Du coup, pour vous donner une contenance, vous faites un dixième passage au bar, où vous veillez bien à ne pas choisir le même serveur (d'autant qu'avec votre portefeuille qui roucoule, vous n'avez pas l'air bien maligne).

Tout à coup, un cercle se forme au milieu de la salle. Une violoniste apparaît, et se met à jouer de vieux airs slaves en souriant, et elle secoue la tête en faisant "hey! hey!", et elle tape du pied en cadence. C'est la seconde attraction. Son regard tourne autour de l'auditoire, ça commence à sentir le roussi. Vous reculez de 3 pas, toujours pilotée par votre coupe de champagne qui fait office de boussole, vous vous demandez bien comment il se fait qu'Harvey Keitel ne soit pas encore apparu, vu qu'elle est vide. Méfiance. Mais vous aurez beau faire marche-arrière jusqu'à Marne-la-vallée, la violoniste slave vous retrouvera toujours, elle veut vous faire chanter "le violon sur le toit" (probablement parce qu'elle sait que vous êtes une fan d'Yvan Rebroff. Je tiens à préciser, à ce sujet, que les raisons de violon_sur_le_toitmon amour pour Yvan Rebroff prennent racine dans ma lointaine enfance, je n'en dirai pas plus, il est inutile d'insister). Et tous ces gens que vous ne connaissez pas vont frapper leurs mains et crier "allez! allez! hey! hey! melle Bille! hey! hey!" (parce qu'ils n'ont pas oublié leurs lunettes, eux; et qu'ils ont parfaitement mémorisé vos noms, prénoms, et qualités. La poisse, par exemple). Sous la pression, vous esquissez un très timide "diguidiguidi", en fermant les yeux et en espérant que cette frénésie vocale va gagner le reste de la foule. Bernique. Vous êtes seule, c'est un moment horrible. N'oubliez pas que c'est la première fois que vous rencontrez tous ces gens, et qu'ils vont avoir cet unique souvenir gravé dans leurs mémoires. Le jour où vous allez téléphoner à un rédacteur-en-chef pour lui proposer un article, il vous imaginera avec une toque en fourrure, un verre de champagne à la main, en train de brailler "diguediguedi" à la cantonnade. Les souvenirs sont toujours déformés par le temps, et par une espèce d'abstraction de la réalité. En clair, il vous prendra pour Topol.

Ça fait bien cossu comme carte de visite.

Le clou de la soirée arrive lorsque vous vous rendez compte que deux caricaturistes ont passé tout leur temps à crayonner les portraits des invités. De profil. C'est la troisième attraction. Ils les ont accrochés au dessus du bar (quatrième attraction). Vous vous cherchez un petit moment, intriguée, jusqu'à ce que vous découvriez avec frayeur que c'est vous, l'espèce d'ornithorynque à poils blonds, tout en bas à gauche. Vos noms, prenoms et qualités (le dépit, par exemple) sont inscrits au feutre gras sur le dessin. Ca facilitera la tâche du rédacteur-en-chef lorque vous allez lui téléphoner; il se souviendra de Topol, mais en blond.tencommandments

Vous n'avez plus que l'alternative de vous en remettre au ciel. Quoi qu'il arrive, c'est votre destin, vous n'échapperez jamais à Harvey Keitel.

Ni à la violoniste Slave.

Et le bon dieu mettra toujours sur votre route des caricaturistes.

Merci, mon dieu (youkaïdi, par exemple)

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lundi 22 octobre

Une envie Pouet ( un titre follement intriguant)

792891579_266db38a33Certains jours, on se réveille avec une envie bizarre; une envie qui n'a pas de nom. Vous avez déjà ressenti ça? Une envie dont vous ne connaissez pas l'objet? 

C'est le petit matin, vous buvez votre café, vous allumez une cigarette, vous regardez le monde en dehors, sous les fenêtres. Vous n'êtes pas chez vous, vous êtes ailleurs, dans une autre ville, dans un autre pays peut-être.  Et il y a là une vie que vous ne connaissez pas.

Il y a vous, le monde que vous ne connaissez pas, et cette envie bizarre qui n'a pas de nom.

C'est vaguement inquiétant. Juste vaguement, car l'envie vous fait frissonner, elle se glisse derrière vos yeux, et devant les heures à venir, mais elle n'a rien d'hostile. Vous vous demandez si vous n'êtes pas un peu dingue, tout de même. Ça n'est pas bien normal d'avoir juste envie de quelque chose; mais ce qu'elle veut, c'est seulement vous aider à pousser des portes, à respirer en mouvements, à apprendre autre chose.

De la curiosité?

Vous croyez?

Pas seulement. Cette envie là, indéfinie, elle vous force la main, elle vous oblige à faire des choses imbéciles, comme dire bonjour à des gens que vous ne connaissez pas et que vous ne reverrez jamais, comme prendre un billet d'avion pour n'importe où, comme jouer de la flûte à une grenouille, pour voir sa réaction ( si vous avez un basson dans votre sac-à-main, rien ne vous empêche d'essayer avec un basson; et sur une poule. Mais je confirme que la grenouille n'a aucun réaction si vous lui jouez de la flûte. C'est une expérience idiote, mais c'est une expérience).

L'envie vous susurre de vous amuser, elle vous rappelle à quel point le jeu était une affaire sérieuse, lorsque vous étiez petit. Souvenez vous comme vous étiez concentré lorsque vous emboîtiez vos lego, ou que vous donniez le biberon à votre poupée. Si vous ne vous souvenez pas, observez un enfant. Vous allez voir; et vous allez comprendre.

Vous sentez une poésie qui pousse le long de vos doigts, vous avez envie d'être autre chose que votre petit monde. Vous vous dîtes que vous êtes plus grand que ça, plus grand que ces limites que vous avez patiemment tracées le long de votre silhouette. Et vous avez envie. Follement. Plus encore.

C'est cette envie là, vous voyez.

PS: j'ignore si c'est un dommage collatéral, mais du coup, je n'ai plus vraiment envie d'écrire pour l'instant.

Posté par Melle BillE à 17:22 - Un mondE ExtraOrdinairE - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 18 octobre

maigret_Tete_20dun_20homme_209

Posté par Melle BillE à 10:55 - VieQuotidiennE - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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