mardi 20 novembre
Ne me demandez surtout pas comment j'ai pu en arriver là, je pense avoir été kidnappée par la chose de l'outre-monde, celle qui a 12 bras avec des peaux de banane au bout, et 2 ventres poilus. J'ai été droguée, dessaisie de ma personnalité, et recrachée des limbes par la porte de la cave.
Directement à la fête du caillon.
Je vous vois vous gratter la tête.
Quid du caillon?
Dans mon immense bonté, je vais vous donner une explication simple et factuelle: la fête du caillon n'est autre que la fête du cochon (je sais, c'est assez décevant comme révélation. Ah, c'est sûr, c'est pas le secret des templiers, hein, bande de geux. Mais vous ne pensez donc qu'à l'argent!??)
Et, par extension, celle du purin et du boudin.
Elle a lieu chaque année dans une des artères les plus étroites de la ville, et ce afin que vous ayez vous aussi votre souvenir de la fête du caillon: des revers de pantalon frottés au bousin de porc. Je précise par ailleurs que notre ville vient de recevoir un trophée pour sa contribution active au bon goût et à la culture, nous attendons Christine Albanel, Bernard-Henry Levy, maitre Capello et Jack Lang avec une certaine
impatience. Même, nous trépignons.
Comme il fait très froid, les odeurs sont en partie masquées; mais allez faire un tour dans un salon de thé surchauffé, après avoir gaiement devisé avec votre chef-cochon favori (ne vous avisez jamais de tailler le bout de gras avec la valetaille, vous ne récolteriez que de sordides histoires de boudin aux pommes, de voyages spatiaux, et de maisons de mauvaises qualités détruites par un promoteur véreux et poilu), vous allez comprendre rapidement que votre parfum a profité d'un instant d'inattention pour aller se perdre quelque part dans les neiges du Kilimandjaro.
Et entrer en méditation.
Grattez une allumette près de votre manteau, il explose. Allumez une cigarette près de l'enclos, il explose aussi. C'est une expérience de chimie amusante. On ne le dira jamais suffisement, le méthane est un gaz instable, et hautement combustible. C'est ainsi que chaque année, toute une partie de la ville résonne de détonations diverses, avant de prendre feu avec entrain et constance.
L'association du quartier est très active, elle passe le reste de l'année à repeindre les façades. Et à envoyer des lettres d'insultes au maire.
Ainsi que des colis de purin sec anonymes, avec des signes kabbalistiques gravés dedans.
A la fête du caillon, on mange du cochon. Certains en profitent même pour griffonner quelques mots doux sur une tranche de lard,
qu'ils glissent amoureusement dans le sac-à-main de leur promise. C'est une attention très appréciée des belles Savoyardes, qui répondent à ces avances discrètes en souriant largement, afin de mettre en valeur les vieux bouts de gras qu'elles ont entre les dents.
Car elles ont fait honneur au caillon. (c'est obligé, en fait. Si vous êtes une belle Savoyarde et que vous ne faites pas monter votre taux de cholestérol en ce jour saint, le maître-caillon vous balance un grand coup de jambon dans la mâchoire. Il vous épargne si vous n'êtes pas gâtée par la nature, le maître-caillon est un homme bon. (si quelqu'un dit qu'il se prénomme "Jean", je le passe au fil à couper le foie gras) double-parenthèse, je précise. Suivez, nom de Dieu!)
Lors d'une fête du caillon, de gros types habillés comme Obélix se baladent parmi les badauds avec un micro, et vous demandent, au débotté, de pousser le cri du cochon. Lorsque l'un d'entre eux s'est approché de moi, j'ai voulu faire mine de partir, mais le gros type m'a regardée comme s'il allait me coller la malédiction du caillon sous le bonnet. En plus du coup de jambon. La malédiction du caillon est une chose atroce. Où que vous alliez, vous êtes poursuivie par un sanglier de la taille d'un château d'eau. Au théâtre, c'est embêtant. J'ajoute que vos pieds se transforment en sabots de cochon, ce qui n'est pratique 1) ni pour échapper au sanglier 2) ni pour vous chausser. Une réflexion s'impose donc, avant de dire "non". De plus, j'ai la chance d'être entourée d'une kyrielle d'amis tous plus délicats les uns que les autres, de ceux qui vous enfoncent un sabre dans les reins et vous truffent les oreilles de pétards, pour vous pousser sur le devant de la foule, tout en scandant: "AL-LEZ-MELLE-BIL-LEU! FAIS-LE-CRI--DU COCHON! AL-LEZ-MELLE-BIL-LEU! FAIS-LE-CRI-DU-CO-CHON!"
Je voudrais bien vous y voir. 
Vous aussi, vous voudriez être à Waikiki.
Mais loin de George et son cochon (bon, oui, c'est vrai qu'il est mort, son cochon. Mais quand même, ça met du passif).
J'ai donc émis un "groiiiinnnnk" qui manquait certainement de conviction, car je n'ai pas remporté le gros lot: un panier garni contenant un ravissant chapelet de boudin, 3 saucissons aux myrtilles, une mantille Savoyarde (tissée en dentelle de boyaux, à la main) et quelques travers de porc. Notez bien, à côté du gagnant, je fais figure de pou. J'étais près du haut-parleur lorsqu'il a poussé son cri vengeur, et mon bonnet s'est mis à brûler d'un seul coup. Le haut-parleur a fondu, un des murs du château s'est lézardé, il paraîtrait même qu'au Mali, la terre a tremblé. Je ne voudrais pas jouer les cassandre, mais à mon avis, si on juxtaposait les fêtes du caillon et les catastrophes naturelles inexpliquées, nous y verrions tous plus clair. Et il ne faudra pas s'étonner si une planète disparaît l'année prochaine. Biffez vos agendas, nous en reparlerons.
ça n'est quand même pas bien compliqué de faire le ratio, mais on ne peut pas passer son temps à découvrir des vaccins, et résoudre dans le même temps les grandes énigmes de l'univers.
Finalement, on fait tout un plat de la rigueur scientifique, mais je n'hésiterai pas, pour ma part, à parler d'incompétence crasse.
Il fallait que ce soit dit.
Commentaires
t'en as pas mis de titre, pourquoi je me fatiguerais ?...
http://www.dailymotion.com/relevance/video/x3ezxt_concours-cri-de-cochon-a-vire_fun
Un jour, un fier gars de chez moué qui me faisait du gringue, ma lancé "Allez quoi, fait pas ta mijotée!"
Je me suis effondrée de rire (croyant, en sale mijaurée, à une plaisanterie), mais en fait non. Pourtant m'imaginer faire la brasse dans un bouillon de bœuf au milieu des bouts d'oignons et de carottes et des yeux de gras, ça me paraissait risible. Mais en fait non. Le comble, j'étais sous le feu d'yeux de merlans frits!
Ce billet aussi m'a mis la larme à l'oeil. Ah l'art pour lard! Sacré Bille! Mijotée, va...
Plus j'y pense ...
Plus j'y pense, et plus je me dis que vous dépensez vraiment une énergie folle à photographier des compositions impossibles pour les accomoder avec la tête d'une inconnue.
Peut-être devriez-vous procéder inversement ? Insérer cette tête dans des photos déjà prises, même par d'autres ?
(ce n'est qu'une suggestion, hein ^^)
Ah oui et l'cochon ? Bin rien. J'fais du boudin sur le theme du jour. Et puis, Georges Clooney vient diner à la maison demain, alors j'préfère éviter l'sujet.
Je connais personnellement une demoiselle capable de remporter le concours du cri de cochon. Si le premier prix vous tente (personnellement, j'adore la charcutaille), l'an prochain vous m'emmenez à la fête et j'ammène la bête de concours. On fera 50/50.
Mais dans l'caillon... tout est bon ! sauf son cri
grouik!!
pov' petits caillons tout roses, sacrifiés sur l'autel d'une drôle de fête...
Sorry pour le ter, j'ai pourtant posté qu'une foué! Ya moyen de faire du vide?
merci, madame De KerRitournelle, pour ce merveilleux moment de raffinement et de distinction (pour le titre, j'ai temporairement décidé que je n'en porterais plus)
Ardalia, tu as un copain qui fait les championnats du monde de natation dans du bouillon gras? Fascinant...
Vous avez raison, Ant, mais je suis ainsi, j'aime les défis. Ah? George était chez vous hier soir? C'est donc pour ça qu'il est rentré fin moisi à l'aube? C'est curieux, il ne m'en n'a pas parlé. Vous avez mangé quoi? Des tripoux?
Topez la, STV. Mais je serai intraitable sur le chapelet de boudin, c'est pour offrir. Je me le garde (mais vous pouvez avoir DEUX saucissons aux myrtilles en échange. Personnellement, je n'y tiens pas plus que ça, ça vous fait les dents violettes)
Leila, sans déconner, vous ne mangez jamais de jambon ou de boudin?
T'inquiète, Ardalia, c'est fait! Mais j'admirai ton opiniâtreté...;-)
Bien content...
Aaaah... On a enfin la photo de votre manteau de couleur indéfinie (merci de l'avoir mise en noir et blanc, ça nous renseigne bien).
Mais pour quoi n'avoir pas dit que c'était un manteau de piscine ?
Les pieds comme ça, c'est pour marcher sur les eaux ?
Grouïïïk !
Y'en a marre des posts cochons pour faire radiner du monde.
En hiver, je calfeutre ma porte avec de la bouze de cochons .... C'est parfait comme isolant ! je ne savais pas que ça pouvait exploser ... Les nitrates, oui ! mais la bouze ?!!!
Non, Jacques, la laine prend l'eau. C'est juste pour faire peur
MonsieurMonsieur, chacun sa tactique
Miss-ter, si tu mets des pétards dedans, elle explose en plein de petits bouts, la bouze. C'est super drôle (par contre, ça doit pas sentir des masses bien bon chez toi, l'hiver. C'est un choix écologique?)
Comment me décrire quand je lis cet article.
Je commence par sourire. De plus en plus large. Puis je laisse échapper un bref éclat de rire. Et un autre. A la fin, c'est le fou rire qui me saisit, et putain, c'est bon !
Recette
Sans déc' : pour faire un beau sol en terre battue à l'intérieur des masures moyen-âgeuses, d'abord on battait bien la terre, bien tassée, tout beau tout bien. Et - pour que ça brille et que ça solidifie - on faisait la finition avec un "vernis" à base de bouse (eud'vache) diluée à l'eau. On laisse sécher et c'est Versailles ! Très cosy, le dernier chic parisien.
Enfin... vue l'odeur dégagée par les nabus de l'époque, ça ne devait pas faire une grande différence.
Dites, Bille, vous qui avez l'habitude des expertises dans les Palaces z'Internationaux... ce ne serait pas un bon tuyau à leur refiler pour qu'ils atteignent le top du top de la Classe des classes ?
vous coupez pas avec l'éclat, Anna;-)
c'est vrai ce qu'on dit, Président? Le vernis bousin, c'est tendance?
Oui, oui, super branché. Et aussi, pour avoir bien chaud à la prochaine Fête du Caillon : le pull en goret.
Allez je me lance... (Allez jette-toi à l'est comme disent les latinistes)
Je confirme: le maitre-caillon,l'homme qui est bon, s'appelle bien Jean.
Hum... désolé c'était trop tentant.
Offre spéciale !
Et si vous voulez vous commander un pull en goret pour l'hiver, les frais de porc sont offerts !
C'était notre rubrique : "le groin des affaires".
signé : Henriette (du Mans)
Les proverbes du jour
Qui vivra verrat.
Ne faites pas aux truies ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît.
signé : le porc de l'angoisse
Vous vous surpassez, maitre Jacques (sur un boudin perché)
C'est ce que l'on appelle une histoire cochonne...
Je sors ->[]
Ce Yoda, quel pince sans rire !
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