vendredi 01 février
Le pont de la rivière Kwai (fil RSS. Suivez, bon dieu!)
Et ce fit alors que tu te rendu compte que parfois je m'énerva pour pas grand chose et cependant. Bien que. Et malgré tout que tu m'excuses, c'est comme dit.
Voilà, c'est fait, je viens de jeter par la fenêtre "l'élégance du hérisson", de Muriel Barbery. Il est peut-être tombé sur une tête. Je ne jette pas souvent les livres par la fenêtre. La dernière fois, c'était "L'amant", de Marguerite Duras (forcément Marguerite Duras). Et c'était la fenêtre d'un train. Du coup, je suppose que les vaches ont été satisfaites (mais je ne sais pas ce que ça peut donner au niveau du lait). Je les imagine bien, sous un arbre, soulever délicatement les pages de leurs petits sabots mutins. Et rêver d' horizons lointains, et d'amours improbables décrites en langage codé.
Avant de brouter le tout avec cette sympathique nonchalance bovine. On aurait tort de prendre les vaches pour des imbéciles; et les hérissons pour des dandys.
Un hérisson n'est pas élégant, c'est un
hérisson.
Au début, j'ai trouvé le livre alléchant.
Ensuite, il m'a énervée.
C'est très rare qu'un livre m'énerve; au pire, je le délaisse comme un vieux collant moche, et je l'abandonne sur un banc.
Au cas où.
Mais au fil des pages, j'ai senti le sentiment d'agacement grandir, sans trop savoir pourquoi.
Maintenant, je sais.
"L'élégance du hérisson" est une manne prétentieuse, pompeux sous le faux decorum de la simplicité. Une imposture. A moins qu'il ne s'agisse d'un piège, un canular d'intellectuel(le) pour intellectuel(les). Bien sûr, c'est un livre "dans le vent" (il y a belle lurette que cette expression ne l'est plus, par contre), il gratouille et écorche. Il se donne bonne conscience, aussi. Dès le début, il vous fait accroire qu'on peut aimer Kurosawa ET Bruce Willis (mais pas en même temps). C'est d'ailleurs à ce moment que je me suis reconnue, et j'ai laissé exploser un petit "youpi" interne, pour ne pas effrayer le tanin de mon Saumur-Champigny. Mais si tu veux d'autres références à "Die Hard" ou "Boire et déboires", tu t'adresses à la presse spécialisée, pas à la concierge de Muriel Barbery. Ou tu loues les DVD en cachette, tu t'auto-licencies ès Bruce Willis dans le plus grand des secrets, parce que tu n'en n'entendras plus jamais parler. C'était la caution "je suis exceptionnelle parce que je m'intéresse à tout (pourtant, je suis concierge), mais je préfère quand même te balancer 22 références bien culturelles afin que tu saches qui tu as devant toi. C'est pas de la merde (pourtant je suis concierge).".
Intarissable sur Ozu et sur la grammaire, elle prend cependant soin de cacher toute cette belle science à son entourage. On se demande bien pourquoi. Il y a fort peu de chance pour que l'entourage en question s'en pose la moindre, il est à 99 francs pour cent
composé de crétins patentés insondablement riches (effet, cause).
Les seules richesses de Renée sont sa culture et son cerveau; et dieu sait si ça épate, une culture pareille. Nom d'un chien rends toi compte: tu lui dis bonjour, elle est capable de déceler que tu n'as pas placé l'accent tonique sur la bonne syllabe. Et ça, limite ça lui colle une attaque; mais silencieuse, l'attaque. On ne sait jamais: des fois que les riches, ces gros abrutis, s'apercevraient qu'un cortex en ébullition mijote sous ses bigoudis.
Une sacrée prise de risque, si vous voulez mon avis. Et qui ne s'impose pas. Renée préfère donc passer pour une grosse abrutie à son tour, et infuser sa science dans la pénombre de sa loge, avec sa copine Manuela et son chat Léon (ça me rappelle une chanson bien buse: napoleon est en avion avec sa femme et son cochon. Je ne sais pas pourquoi, c'est bizarre). Bien sûr, il faudrait aussi parler de la gamine suicidaire, la surdouée qui veut faire cramer la baraque. Mais franchement, je n'ai pas pu aller jusqu'au bout. Si ça se trouve, à la fin, c'est le banquet d'Obélix, avec des cornemuses et des lanceurs de marteau. Et Bruce Willis. Là, pour le coup, je serais bluffée.
Qu'est-ce que c'est chiant (pardonnez ce trait linguistique un tantinet vulgaire, et cette absence d'objectivité, mais je ne m'appartiens plus, c'est vendredi et il fait froid).
Donc, hop, d'un bras souple et déterminé, j'ai envoyé joyeusement valdinguer cette escroquerie manifeste (ce qui m'ennuie, c'est qu'il n'y ait pas de vaches au pied de mon immeuble. Elles auraient peut-être aimé brouter un hérisson). Et je me suis plongée pour la seconde fois dans "Charlémoi", un livre massif et délicat, écrit par Christine Jeanney. Aux éditions arHsens. Madame Posuto en personne. Du lourd, du bien vrai, du bien écrire. Charmant comme un ruisseau, mais puissant comme un fleuve. Et pas prétentieux pour deux sous. Je ne sais pas où elle va chercher ses images, Kiki; ça aussi ça m'énerve, mais pas pareil.
C'est quelqu'un capable de tout, elle peut même écrire ça: « Ce monde autour
est bien réel, il a des montagnes tangibles, une place dans un système solaire et une galaxie et moi, au point P, le Vous êtes ici cerclé de rouge sur les plans de villes, je suis presque deux fois plus important qu’une mouche ou qu’une poussière d’antenne de crevette, c’est-à-dire que dalle, et mettre la puissance de mon cerveau au service de mon nombril c’est comme si Dieu s’occupait seulement de sa coiffure et n’assurait pas le service après-vente. » . Alors tu vois, ça ne rigole pas.
Elle devrait s'appeler Muriel Barbery, tiens. Comme ça, tout le monde s'arracherait son livre.
On le rebaptiserait "l'élégance de "Charlémoi""(double guillemets, je ne me fouts pas de votre gueule. Mais je crains que Renée n'en prenne ombrage).
PS: une photo hors-sujet s'est habilement glissée dans ce billet. Sauras-tu la trouver?
Commentaires
POURQUOI est-ce que TOUT LE MONDE a reçu le livre de Kiki sauf MOI ? POURQUOIIIIIIIIIIIIIIII ?
Ne t'énerve pas, Anna, écoute moi bien.
Pour recevoir le livre de Kiki, il faut que tu contactes monsieur Repiton au 732 bis rue de la moelle, à Coursillon dans la creuse (c'est un lieu-dit). Tu lui demandes le formulaire B2 rouge. Ensuite, tu achètes un kilo de figues au fromage des causses, et tu le manges. Et tu remplis le formulaire. Tu l'attaches à une pomme de terre, et tu le lances par-dessus ton épaule en criant "timber". Et puis tu remplis un chèque de 4721 euros que tu libelles à l'ordre de melle Bille, c'est à dire moi. Tu me l'envoies. De Waikiki, je te ferai parvenir un coquillage en forme de dictionnaire Harrap's. Tu le porteras à Kiki, qui te remettra en échange un billet à ordre. Fais déjà ça, je te donne ensuite les modalités de la deuxième phase.
@Anna, c'est parce que tu lis plus vite que la lumière, en fait tu l'as déjà lu!
@Bille, c'est cool un billet qui me dit que j'ai raison de bout en bout. Car non seulement je finis tranquillou the Kiki, mais je n'ai même pas posé les doigts sur le machin que tout le monde s'arrache (par pur snobisme, c'est mon coté Renée) et qui a l'air d'enfiler les clichés comme Hugo les soubrettes (pardon pour ce glissement c'est mon tic, et pardon pour le pardon sémantique précédent qui d'humble dans la pensée devient scabreux dans l'execution...).
C'est toute la différence entre écrire, être sur le fil du rasoir, prendre des risques, oser et "bienécrire" faire de super super rédacs pour épater les copains. Non?
Moi je savais même pas qu'il avait écrit un truc, Kiki, alors t'imagine bien que j'ai pas lu tout le reste ! Dommage, parce qu'avec ma coiffure j'ai absolument tout de l'élégance du hérisson.
tu parles
Fil RSS, mouais, si tu veux ; il demeure qu'un titre importe pour les moteurs. Il reste que, sur Canalblog, les titres ne sont pas "clicables" ...
Ceci n'ayant rien à voir avec cela ; mais on parle bien de pont, ici, non ?! ... ;)
Mari faussement mari (relisez, ça va venir...)
Allons, allons, si madame Posuto avait écrit un livre j'en aurais été informé. Non ? HEIN ? KIKI, VIENS UN PEU PAR ICI JE TE PRIE FAUT QU'ON CAUSE !
M. Posuto.
"le machin qui a l'air d'enfiler les clichés comme Victor Hugo les soubrettes"; tu vois, Ardalia, c'est exactement la phrase que Muriel Barbery ne pourrait pas écrire dans son livre; et oui, c'est exactement ça. Je bravo(du verbe bravotter)
Je suis persuadée que je vous lirais avec beaucoup plus de plaisir, STV ;-)
Mais enfin, Olivier, tu n'as pas encore compris que j'en avais vraiment rien à foutre des moteurs de recherche enfin Olivier? ;-)))
Et oui, il s'agit bien de pont. Et de pain. Pin-pon (je sais, mais tu as vu l'heure?)
Zérisson nous, saviez-vous qu'une récente étude démontrait que les rots des vaches étaient plus dangereux pour l'ozone que leurs pets? Une autre information: certains scientifiques envisagent de remplacer le système digestif de ces aimables animaux par celui du kangourou, moins dommageable, parait-il. On n'a pas fini de rire.
Hervé, je suis navrée de te l'apprendre, mais il semblerait que ton épouse ne te dise pas tout. C'est moche, hein?
pensee de vache .
Moi les gens qui savent bien écrire ça m'intimident …. Vachement.
mécontent
Je tenais a vous exprimer ma contrariété!!!
Il se trouve que par le plus grand des hasard je déambulait dans la rue et que j’ai reçu sur la tête le livre que vous veniez de jeter par la fenêtre.
Heureusement l’objet étant assez léger de par son insipide et inconsistant contenu je ne fus pas blessé et néanmoins je décidais de le garder pour le lire GRRRRRRRRR arrivé approximativement aux milieux
De la vingtième page quatre de mes prémolaires et deux incisives se sont déchausses et sont tombés!!!!!
et le vitré de mon œil gauche a explosé.D’apres mon (boucher charcutier )dentiste il a déjà vu plusieurs cas du même genre et même plus grave avec des livre de Dan brown.Ceci étant dit je vous serait grée a l’avenir de ne plus jeter ce genre de livre par la fenêtre ,servez vous en pour allumer la cheminez ou pour rouler vos cigarette (les effets peuvent êtres surprenant parfois).
PS ce post est sciemment truffé de fautes d’orthographe d’une part parce que je suis trop rebelle pour me plier a des règles aussi despotique et fantaisiste soit elle d’orthographe et d’autre part si vous en trouvez plus de vingt vous avez gagné !envoyer moi votre adresse je vous renvois le fameux torchon . Vous pourrez ainsi l’offrir a quelque un pour qui vous avez du ressentiment (a condition qu’il sache lire bien sur)
pps j'adore ce que vous faite :-)
Elégance du H.
Je résume : c'est une merde écrite par une péteuse qui confond écriture et verbiage pseudo-intello.
J'ai tout juste, Bille ?
pour une fois
je ne suis pas d'accord avec toi.
mais c'est cela qui fait vivre les amours vrais: l'échange et le respect (image proutt!).
j'ai trouvé, pour ma part, que le "hérisson" était un des plus beaux livres que j'ai pu lire depuis des lunes.(depuis l'Herbe rouge de Boris en fait ou la Généalogie de la Morale de Nietzsche).
Mise à part notre gloire nationale (Amélie N.) et les errements éclairés mais abscons du collectif du "livre noir de la psychanalyse", le "hérisson" m'a donné une bouffée de fraîcheur.
Car c'est un livre d'amour, de romance, de glamour qui m'a - j'assume mes cheveux blancs - redonné l'espoir: éclore est possible à tout âge.
Lis-le, jusqu'au bout.
c'est beau, c'est simple et tellement ...
'vrai'.
Mais ça, tu le sais et je devines que c'est ce qui t'a agacée...
Ca tombe bien, j'aime pas lire.
@Melle Bille, je ne suis pas sûre que Kiki non plus écrirait ce genre de choses... :-)))
j'en suis bien persuadée moi aussi, Ardalia;-)))
monsieurmonsieur, ah ben oui dis donc, ça tombe drôlement bien, ça
Mon "C", je ne suis pas certaine que simple soit le terme exact pour décrire ce roman. Et je dois t'avouer, au risque de paraitre présomptueuse, que je n'ai pas attendu cette chose pour savoir qu'éclore était possible à tout âge. Un vieil ami m'a dit un jour que tout était possible chaque matin, que c'était une question de choix. Mais ce qui fait la richesse du rapport humain, c'est aussi, et peut-être avant tout, ses divergences. ça fait débat, ça ouvre des possibilités auxquelles on n'avait pas pensé. ça, c'est chouettos. Je suis heureuse que ce livre t'ait redonné l'espoir; c'est, après tout, ce qui importe;-)))
pile bongo, Jacques. Je n'aurais pu dire mieux.
Cher Free, vous m'en voyez navrée. Mais aussi, aviez vous besoin de venr errer dans ce quartier mal famé à une heure indécente? Assumez vos incohérences, mon vieux. Et ayez la bonté d'envelopper dans les pages de ce livre les vieilles têtes de poisson pourri que j'ai, par mégarde, laissé tomber ce matin au même endroit. Tous les chats du quartier sont morts, et je ne crois pas que les pigeons aiment picorer les têtes de poisson (sauf les yeux, peut-être)
Erection matinale
C'est bien vrai que tout est possible chaque matin...
Moouuuaaaaahahahahihihi...
oh que c'est raffiné ça...
A ne pas lire si vous détestez connaître la fin d'un livre même si vous ne le lirez jamais (j'vous aurai prévenus)
Ben Renée, à la fin, elle meurt écrasée, schprouick, comme le hérisson. Si c'est pas de l'élégance, ça!
ben merdalors dites donc, ça me flanque un coup
cette sympathique nonchalance bovine
Comme c'est bien décrit. On croit entendre le "scroumph, scroumph" de la mastication et voir la queue aplatir les mouches en cadence avec les battements de cils des grands yeux langoureux du ruminant...
Ce Brahim, et pour les amateurs, les vaches ont des points noirs gigantesques sur le pif !
ça doit faire moche quand on essaie de les extraire
Recette de secours
Si jamais la boulangerie était fermée... (on ne sait jamais), je vous livre - pour aasuager votre faim - la recette de la sauce aux câpres, sans câpre :
Vous prenez un litre d'eau ordinaire que vous faites soigneusement bouillir. Quand elle est bien bouillie, vous prenez un deuxième litre d'eau que vous faites tiédir au bain-marie.
Ceci fait, vous versez goutte à goutte un autre litre d'eau d'eau fraîche dans l'eau tiède pour faire une bonne liaison. Vous laissez légèrement épaissir sur le coin du feu.
Pendant ce temps, vous montez en neige un bon litre et demi d'eau, et vous incorporez cet appareil dans votre première préparation.
Si votre sauce est un peu ferme, vous l'allongez avec un peu d'eau légèrement dégourdie pour éviter que cela attache.
Vous enfournez à feu vif pendant quarante minutes. Vous démoulez, et pour clarifier, vous délayez le tout dans un litre d'eau.
Vous avez alors ce qu'on appelle le "concentré de sauce aux câpres" qui, étant donné sa force et sa concentration, ne peut être utilisé tel quel pour les besoins de la cuisine.
Si l'on veut s'en servir, il est indispensable de l'étendre avec de l'eau dans la proportion de gros comme une tête d'âne sur la pointe d'une épingle pour 10 litres d'eau.
Vous obtenez ainsi une sauce aux câpres très honorable et fort agréable au goût.
Les personnes qui digèrent mal et qui ont un estomac délicat, si cela ne passait pas, n'auraient qu'à boire un verre d'eau.
C'est un peu comme le pâté de merles sans merle, mais sans merle... (on va pas s'emmerler pour ça).
Points noirs
Non, bien au contraire ! lorsque vos pouces musclés pressent le comédon, il se dresse soudain comme un cobra devant la flûte du charmeur de serpents. Le pied total lorsque votre conjoint du moment refuse que vous le débarrassiez des PN identiques qu'il a (lui aussi) sur le blair (ah, le beu !).
Points noirs encore
Et après, vous pouvez les faire rôtir au barbecue...
(private joke : mooouuuaaaahahahahihihi)
êêêêêêêêêhhhhhhh mais vous êtes vraiment dégeugueu Président.
Ouais ! même pas honte, d'abord !
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