Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

samedi 26 avril

La grande encyclopédie du jardinage: introduction

Je soupçonne les cardiologues de n'avoir aucun sens de l'humour. En tout cas, le mien n'est pas très drôle. Il me semble pourtant que si je passais mes journées à sonder l'organe noble et à découvrir de palpitants vices de procédure, je le ferais avec un gros nez rouge et des confettis dans la poche.

Pour détendre un chouia l'atmosphère.

Mais mon cardiologue est un sphinx. Je viens de passer quelques moments en sa compagnie, et je doute qu'il puisse un jour remplacer au pied levé le gugusse du cirque Knee.

c1Notez bien, ça n'est probablement pas le genre de promotion qu'il attend de la vie, je peux comprendre.

Vous êtes certainement très nombreux à avoir passé un scanner abdominal, mais pour moi, c'était une première. J'ai d'ailleurs fait un voeu pour l'occasion. C'est fou à quel point vous vous sentez démunie lorsque vous découvrez que vous avez mis vos chaussettes à l'envers, au moment de vous allonger, totalement vulnérable, sous une espèce de télévision psychédélique qui vous montre en gros plan vos organes internes. Curieusement détachée, vous contemplez un ensemble de viscères qui vous rappelle étrangement un film de série B: "le Blob". Le son est à l'avenant. Ce bruit de camion-poubelle, c'est votre flux sanguin, vous explique votre cardiologue d'un ton lugubre, avant de se pencher plus en avant sur l'écran et d'émettre une petit "ho" surpris, comme s'il découvrait un minuscule camion en plastique au fond d'une pochette-surprise de la taille d'un moulin.tetedecus

Vous, vous dîtes "qu'est-ce que c'est, mon bon docteur?", et il vous répond que vous avez un caillot dans l'aorte. Voilà qui corse légèrement une situation déjà relativement précaire. Vous vous demandez alors à quel moment il va découvrir une contrebasse ou un trident dans votre ventricule gauche, et vous essayez de vous souvenir à quel endroit vous avez garé votre vélo, des fois que. Peine perdue. Vous hébergez probablement les compagnons de la chanson dans votre cerveau, c'est la raison pour laquelle vos souvenirs sont imprécis.

Ensuite, après vous avoir oint l'ensemble du corps d'une espèce de gel froid et gluant comme de la colle à tapisserie, le bon docteur va vous déguiser en sapin de Noel en vous collant ça et là de petites ventouses en plastique, qui vont tomber les unes après les autres pendant qu'il aura le dos tourné. Votre électrocardiogramme est plat, ce qu'il ne comprend pas. Vous, vous savez qu'il est en train de prendre le poult d'une table chirurgicale, toutes les petites ventouses se sont détachées et gisent, orphelines, de chaque côté de vos flancs.

king_iMais vous n'osez rien dire.

Parce que le spécialiste, c'est lui.

Excédé, il va vous recoller les ventouses avec de la colle cyanolite, qu'il enlèvera ensuite à l'aide d'un scalpel très précis. Puis il va grommeler quelques mots en Araméen dans un énorme dictaphone, avant d'écouter à nouveau votre flux sanguin. Vous vous dîtes que le bruit produit pas les tonnes d'eau qui s'échappent du barrage des trois gorges doit ressembler à ça, et que vous êtes au bord d'une catastrophe écologique sans précédent. Vous le lui dîtes avec un faible petit sourire apeuré, ça ne le fait absolument pas rire.

Encore un râteau.

Puis votre bon docteur va vous remettre une liasse de diagrammes divers, et se mettre à délirer en vous parlant d'ouverture des sigmoïdes et de leur caractère échogène, de vos valves tricuspides, de votre anneau mitral, et de votre crosse aortique. Vous vous étonnez de la tournure ésotérique que prend cette conversation, avant que de réaliser qu'il doit être en train d'écrire un livre de science-fiction; et que son assistante lui a fait boire une potion hallucinogène à son insu.

"Avez-vous des questions?", va-t-il vous demander pendant que vous vous rhabillez, toute gluante, et que vous en profitez pour remettre vos chaussettes à l'endroit. Vous lui demandez alors si vous pouvez continuer à faire 4 heures de tennis par jour, un jogging, une via-ferrata, à avoir des rapports sexuels avec l'association de quartier, à poursuivre votre entraînement de femme-catapulte, et à apprendre par coeur les sonnets d'Ibn Al' Suleiman, le célèbre poète Persan du XIeme siècle.

Ce qui, une fois de plus, ne fera rire que vous.mesures

Avec le nombre de râteau que vous avez pris, vous pouvez envisager de remodeler l'ensemble du jardin botanique de Genève.

Mais comme le bon docteur n'a pas répondu à cette question, j'ignore si j'y suis autorisée.

De toute manière, je n'y connais strictement rien en jardinage.

Ce qui résoud bien des problèmes.

Posté par Melle BillE à 09:30 - VieQuotidiennE - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


samedi 19 avril

Dark Vador est une grosse tapette

Oui, j'ai effacé le billet précédent. Mais j'ai gardé les commentaires alors mouquette je vous prie bien.

moiseMais malgré tout, je vous dois quelques explications. Si si. Après, vous allez imaginer des choses, et la vie est déjà bien assez compliquée comme ça, allez. Je vais donc vous expliquer pourquoi fumer peut parfois s'avérer fort utile. Car si je n'avais pas fumé, je n'aurais pas vu la nécessité de contempler mes poumons par le biais d'une radio (mon médecin non plus, d'ailleurs, c'est un type bien). Je vous rassure, mes poumons vont très bien. Par contre, à la faveur de l'éclatante lumière d'un jour inondé de soleil, le bon docteur et moi avons découvert une excroissance suspecte, habilement dissimulée contre mon coeur, que j'ai fort rouge au demeurant. Un gros bébé de 8,2 cm, que nous avons immédiatement baptisé "anévrisme", car c'est un nom qui lui sied bien. Il s'avère qu'un anévrisme de cette dimension est à peu près aussi bienvenu sur une aorte que l'Alien de Ripley. Il peut en outre causer les mêmes dommages sjff_03_img1400corporels, en légèrement plus gore. Une bonne nouvelle cependant, les effets spéciaux sont gratuits.

Forte de cette nouvelle assez déstabilisante, je me suis évanouie de peur, avant d'aller voir un chirurgien. Pendant quelques jours, mon humour s'est échappé. C'est vrai, quand on n'est pas médecin, on imagine que ça peut péter à tout instant, et on se tient le thorax même lorsqu'on touille son café, histoire d'assurer à son aorte un minimum de protection.

C'est grotesque, je sais.

En découvrant la radio et ses conclusions, mon chirurgien a dodeliné du chef, s'est appuyé un instant contre la potence d'un de ses patients (qu'il exhibe dans son bureau, en écorché, comme preuve de son savoir-faire), a chancelé imperceptiblement, avant de me demander de m'asseoir et de se mettre à me parler comme à une enfant de 5 ans. En articulant bien. C'est à ce moment que j'ai réalisé à quel point il ressemblait à Patrick Mac Goohan.

prisoner26zxCe qui n'est pas nécessairement un signe de réussite.

Il a sorti d'un repli de l'espace tout un tas de petites prothèses en tissu (celles en or massif sont réservées à Liberace et à Elton John), me signifiant par là que je n'avais pas le choix. Nous avons envisagé un bref instant une opération au très cossu medical center de San-Diego, mais il semblerait que la sécurité sociale ne se laisse pas facilement convaincre. Trop chaud, trop moite, trop Pacifique. En toute simplicité, l'opération aura donc lieu aux abattoirs de La Villette, réalisée en odorama par John Waters ET Tim Burton.

Lorsque j'ai demandé au numéro 6 ( le prisonnier, suivez, bon Dieu!) à quelle date aurait lieu cette petite sauterie, il a balayé l'horizon d'un revers de la main, avant de lâcher un laconique: "avant-hier si possible".
C'était effectivement une bonne blague.

Et lorsque je lui ai demandé quels efforts je devais éviter, il m'a simplement répondu que "de toute manière, si ça pète, ça pète", que je fasse une compétition d'aviron, ou que je tape le carton avec Jacob Petticoat.  J'ai d'ailleurs apprécié ce cartésianisme, que je considère comme particulièrement respectueux. Sincèrement.

Comme mon plus gros effort consiste à éplucher une pomme de terre, je ne suis pas franchement rassurée, et n'ai pas, pour l'instant, superan_vrismel'anévrisme le coeur à me concentrer sur autre chose. Si j'écris d'autres billets avant l'opération,  ils risquent donc d'être un peu monotones, je vous prie de me pardonner pardon je vous prie donc. Mais peut-être ce blog va-t-il se transformer pour un temps en une mine de renseignements pratiques concernant le traitement des anévrismes géants. Ensuite, j'écrirai une encyclopédie. Je serai traduite en 47 langues, je serai célèbre, on s'arrachera ma compagnie.

Hé oui.

Voilà donc le pourquoi du comment du bidule précédent que j'ai crû bon d'effacer. Une fois la peur dépassée, une espèce de fatalisme joyeux vous saisit, vous mettez de l'ordre dans vos affaires, vous vous palpez de temps en temps le grumeau cardiaque avec une espèce de distance, vous vous demandez vaguement si c'est douloureux lorsque ça explose. Sans rigoler, je trouve ça assez logique.

Et vous regardez votre paquet de cigarettes avec une nostalgie très romantique.

Parce que c'est grace à lui que vous avez découvert que votre coeur s'est changé en citrouille.

Voilà pourquoi fumer peut parfois s'avérer fort utile.

Posté par Melle BillE à 18:01 - VieQuotidiennE - Commentaires [43] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 11 avril

Gloire à toi, J

"Laissez moi mourir, Doc, ça ne vaut pas la peine de s'acharner" murmurai-je, languide, au jeune médecin qui palpait habilement mon elixirsternum, et manipulait dans le même temps son stéthoscope comme s'il s'agissait d'une foreuse. Je reconnais que faire appel 2 fois à SOS médecins en 4 jours peut paraître un peu louche, à l'instar de ces femmes qui bouchent exprès leurs canalisations pour le plaisir douteux de converser fuite avec un plombier; mais j'ai deux bonnes raisons: l'apparition soudaine d'un désordre cutané aussi vilain qu'imprévisible, 24 heures après la prise des premiers médicaments ( en gros, mes mains et mes avant-bras ressemblent aujourd'hui à une planche d'anatomie illustrant la variole), et un léger doute quant à l'efficacité des remèdes prescrits par le premier médecin. Sans compter qu'on peut faire jouer les Gypsy Kings au complet sur mon front, ça ne les changera pas du brasero classique à la lueur duquel ils réinventent chaque jour l'art du chant grégorien, et dont ils se servent ensuite pour faire griller des sardines.

Avant d'aller fracturer le coffre fort de Roger Hanin.

J'ignore de quelle école de médecine sort ce premier docteur, mais je le soupçonne d'avoir complété sa formation avec un herboriste du parc de la Vanoise, ou un grand druide du "Breizh ma bro de Languivinec an eol ha zo glaz" de Brocéliande. Quasiment gazeux, il m'a auscultée comme on ausculte un parchemin rare, le visage affublé de ce grand sourire un peu niais qu'affectionnent Nicolas Hulot et Allain Bougrain-Dubourg ( maintenant que j'y repense, il avait même cette étrange coupe dehulot cheveux moyen-âgeuse qu'on retrouve sur certaines gravures d'époque ). Il a diagnostiqué une pneumopathie, mais m'a conseillé de faire fi d'une médication coûteuse et dangereuse.

Aussi m'a-t-il prescrit quelques placebo en "ium", du miel, une patte de lapin, et UN médicament à consonance vaguement allopathique. Il m'a ensuite recommandé de me frotter l'intérieur des poumons à l'aide d'une éponge naturelle. Pour finir, il m'a décrit les différents arômes des sirops Dollin, afin que je fasse le bon choix gustatif, et m'a caressé la cage thoracique, avec une infinie compassion. Puis il est parti en dansant comme un elfe, dans son sillage flottait une douce effluve de thym, il fredonnait une chanson de Maxime Le Forestier.

Deux jours plus tard, j'étais sans muscles, et la copropriété tenait ma toux pour responsable de la fissure de 3 mètres qui zébrait dorénavant la façade de l'immeuble. Et mes mains ressemblaient à celles d'un apiculteur novice, et imprudent.

les_affranchisIncapable de me déplacer normalement (je veux dire par là que j'aurais pu ramper, certes, mais ça n'est pas un service à rendre aux enfants), je rappelai derechef SOS, précisant cette fois-ci qu'ils seraient bien avisés de ne pas m'envoyer Nicollain Bougrhulot-Duboushuaïa s'ils voulaient s'éviter des dommages collatéraux fâcheux.

Je connais très bien les membres de la pègre Marseillaise.

Même, ils m'apprécient.

"Avez-vous de la fièvre?" se renseigna Leone ( ceci n'est pas un jeu de mot pourri sur la Sierra Leone. Cliquez sur le lien si vous l'osez). Je posai un carambar sur mon front, il fondit instantanément. "oui, il semblerait " répondis-je, de cette voix incertaine et galactique dont la maladie nous affuble tous un jour ou l'autre.

Manifestement, la technique du Carambar n'a pas encore reçu l'aval de la profession, car Leone me demanda de lui fournir de plus amples précisions. Je répondis très vite: "39,2". C'est triste de devoir mentir, mais nous ne sommes pas tous équipés comme le CHU de Grenoble, et je n'ai jamais été capable de décrypter un thermomètre, qu'il s'agisse de la météo du Cantal ou de la météo rectale.

Mettez ça sur le compte d'une insuffisance cérébrale, je n'ai pas honte.

Bref, dans les deux heures, un allopathe convaincu frappait à ma porte de son petit maillet à réflexes, et diagnostiquait dans la minute un début de pneumonie. Une vraie.temp_rature

Les jambes et les bras en gaz, c'est à cause du manque d'oxygène dans le sang. Du coup, vous vous déplacez comme un théorème mathématique.

Alors je veux bien croire qu'il ne soit pas nécessaire de faire appel au scalpel pour soigner un bouton de pus, mais le cataplasme de fougère macérée se révèle tout aussi inefficace sur une fracture ouverte.

Et les mains d'apiculteur, on s'en fout, c'est une allergie.

Probablement dûe à un des placebo de oui-oui le médecin de Francis Cabrel.
Celui qui exerce dans la cabane au fond du jardin.

Posté par Melle BillE à 21:04 - VieQuotidiennE - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 10 avril

viens jouer avec moi allez, fais pas ta bégueule tome II

exerciceIl y avait un jeu, vous êtes tout plein à avoir jouer et ça, c'est rien chouette. Pour connaitre la liste des participants et lire leurs délires de grands malades, c'est ici même.

Ce jeu est une extension du texte ci-joint. (oui, ça en fait des trucs à lire, hein?), sur une idée de monsieurmonsieur (c'est donc lui qu'il faut frapper avec un marteau)

Je ne serai malheureusement pas là aujourd'hui pour venir vous voir, je ferai une poussée dans vos univers dès ce soir.

Vous m'offrez tous aujourd'hui, bien malgré vous car je suis vile et sans scrupules, un merveilleux cadeau d'anniversaire.

Vous êtes tous dignes d'appartenir à la grande confrérie de Joachim Weston Joubert LeBlancMesnil Boz, commandant en chef de la division Tonnerre de la constellation Pegasus.

MERCI

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                                                                             Le texte du Président (vous noterez au passage que ses montages sont largement mieux pourris que les miens, ce qui est un grand signe de distinction)

boomp3.com Les Aventuriers de l'Archiviste perdu 20th_cen_1_

"Mais par le Saint Reblochon ! Qu'est-ce qu'il f... cet archiviste de mes deux n… ?" murmure Melle Bille en Romanche et en elle-même (elle est troglodyte depuis ses aventure châtelaines). Il y a déjà quelques lustres qu'elle attrape des ampoules aux fesses à rester assise dans cette bibliothèque en attendant l'arrivée du livre Qui qui va à Waïkiki ? de George C., le célèbre savant tropico-hollywoodien, ouvrage que notre hérote héroesse Melle Bille doit consulter d'urgence dans le cadre de son enquête sur les amateurs de gorets domestiques.

Que se Pulmoll ? Elle a pourtant correctement rempli sa fiche avec la cote nananinanère, comme Mme Courteneau lui en avait intimé l'ordre… Ah c'est trop fort ! Gageons qu'elle en aura le cœur net ! Jaillissant de son siège au ralenti (pour ne pas attirer l'attention de Gontrude Courteneau), Melle Bille se musse d'un mouvement reptilien par le passe-plats promu au rang de passe-livres. Au lieu d'une alignée de rayonnages poussiéreux, elle se trouve instantanément projetée au sein d'un zsazsa_billeétrange univers où coule une onde sombre.

Non, vous ne rêvez pas ! La voilà sur les rives du Styx, le fleuve des enfers. Tout en réalisant l'absurdité de la situation (on n'est jamais sur les deux rives d'un fleuve à la fois), elle perçoit une présence à ses côtés, comme surgie de nulle part. Elle reconnaît Wilbur Preston Tonnerre de la Rétif, le philosophe Boutéen, qui - sentant qu'on a besoin de sa sagesse proverbiale - lâche cet aphorisme puissant : "Ouais… hein ?". Fortifiée par tant de puissance intellectuelle, Melle Bille se jette à l'eau aux deux sens du terme et traverse le ru maléfique, Charon étant en grève ce jour-là et Cerbère dans sa famille en province (tombe bien ! elle a drôlement les miquettes avec les chiens, Melle Bille). Sur l'autre rive, elle lèche son singe sèche son linge et se dirige d'un pas souple et néanmoins conquérant vers de nouvelles aventures. Mais toujours pas de trace de l'archiviste… Las ! Doux Jésus ! Après moins d'une verste, elle se heurte au Dr. Frankenstien (de Frankenstein, Rosenstein & Frankenstien, les célèbres courtiers en reblochon bionique).

Le savant fou lâche illico des tas de vilains qui font rien qu'à embêter Melle Bille pour lui voler plein de morceaux de son corps d'albâtre afin de concocter des monstres z'affreux qui se présenteront en 2012 sous les couleurs du RPR (Rassemblement Pour le Reblochon). Et alors elle est même pas d'accord et elle appelle Georges Commissaire qui la fait souffler dans le ballon juste au moment où elle allume une cigarette, d'où explosion qui ferait sangloter d'humiliation Hiroshima comme Agacinski. S'en suit une suite (forcément) d'aventures avec de la musique qui fait peur et où c'est Melle Bille qui fait rien qu'à embêter les méchants. Et puis - moment fort - arrive la confrontation finale avec le Monstre construit par le Savant Fou avec des bouts z'et des morceaux d'innocentes victimes qui ne se doutaient de rien. Melle Bille gagne haut la main, grâce à ses Supers-Pouvoirs1. Le Dr. Frankenstien est happé par sa propre machine et aussitôt transformé en reblochon Beulet (Beulet ! c'est vous dire l'étendue de la catastrophe).wb_1_

Finalement le Monstre se révèle être un charmant garçon, parce qu'il voulait même pas être Monstre, lui, hé d'abord, si on lui avait demandé son avis ! Bon, sur le physique, il y aurait des choses à dire, mais - dans l'ensemble - un être raffiné, délicat, érudit et fin diseur. Le parfait convive pour les dîners en ville. Il a d'ailleurs eu le bon goût de passer chez Mourad acheter du rosé bien frais pour donner un raout grandiose en l'honneur de Melle Bille : TUCs, bretzels, chips, rondelles de saucisson aux noisettes (qui font juste un bruit doux), gaufrettes et Pop-Tarts en dessert, rien n'est été épargné pour régaler sa nouvelle amie. La fête est somptueuse, la compagnie de qualité, Melle Bille et l'ex-monstre s'en envoient un vieux coup derrière leur absence de cravate (les costumes sont plutôt décontractés, tout dans le style post-néo-déstructuré) en regardant le soleil (récupéré du film précédent, budget oblige) se coucher sur le Lac du Martin (Lamartine s'excuse, pas pu venir, booké charrette !).

Ah oui, au fait ! Ne vous inquiétez pas pour l'archiviste. Il était juste allé aux cabinets. 1 : Note à benêts : Ici une explication s'impose (TVA 19.6%). Les Super-Pouvoir Billesques sont des dons dont la nue propriété est détenue par la ville sise directement en dessous d'un des chefs-d'œuvre architecturaux et pontonniers de notre époque : le Viaduc que vous savez. Des dons qu'a Millau, donc. Mais ! cette riante bourgade a eu la sagesse d'accorder l'usufruit de ces Pouvoirs Z'immenses à notre Bille (n'insistez pas, j'ai essayé "Bille à Millau", ça fait pas rigoler). Elle donc est nantie du don de double vue (à partir de la quatrième bouteille de rosé), du don de l'écriture, du don déductible du revenu imposable et du don Diego de la Vega (sponsorisé par la porcelaine Bernardaud). Tremblez, mortadelles mortels ! boomp3.com

La critique de Télérama : On sent toute l'intensité du drame social qui interpelle le spectateur dans ce nouvel avatar du cinéma boutéo-chablaisien. La version originale en romanche se prête bien à la rudesse des caractères et au misérabilisme post-industriel sous-jacent. Saluons ce beau conte de fées où les méchants sont toujours punis et où les gentils se marient à la fin. C'est beau comme un récit d'Agaz, le conteur.

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                                                  Le texte de Berthoise (ô combien surprenante Berthoise, son texte est un délice de surréalisme. Je me sens beaucoup moins seule)

Il y a des gens qui dès qu'on les rencontre, vous évoquent des animaux. Je ne parle pas de ces promeneurs de chiens qui par amour, par manque d'imagination ou par bête mimétisme, semblent vouloir ressembler à leur compagnon. Non, je parle de gens qui vous font croire à la métempsychose.

Melle Courteneau, la bibliothécaire, était une poule, oui, une poule. Pas une femme sensuelle, légère et un peu grasse qui appelle à la volupté, et que ces messieurs d'il y a longtemps nommaient une poule. Une vraie poule.

Elle avait le regard fixe et bougeait la tête brusquement avec les petits mouvements secs. Le cou long et ridé soutenait une indéfrisable d'un blond dit vénitien par la boîte de Réjécolor et qui virait immanquablement au roux pisseux. Frileuse et toujours emmitouflée dans un lainage à grosses mailles, elle paraissait se nicher dans ses plumes ébouriffées. Au dessus de ses mocassins et sous son éternelle jupe plissée, ses jambes maigres tricotaient des pas incertains. Les collants glissaient et faisaient aux chevilles comme les écailles des pattes.

Melle Courteneau était une poule.

Quand elle vous regardait en inclinant soudain la tête, et qu'elle répétait :" La cote, avez-vous indiqué la cote ?", vous preniez bien garde à ne pas vous tortiller, de peur qu'elle ne vous prenne pour un ver appétissant. La bouche pincée sur des dents qui n'avaient pas connu les joies de l'orthodontie et qui auraient pu la faire passer pour une perfide britannique, elle avançait la tête pour vérifier la fiche que vous posiez devant elle. Les mains osseuses, à la peau un peu sèche, aux doigts déformés par les rhumatismes, griffaient le comptoir pour agripper  le papier.

Jacqueline Courteneau s'appelait Melle Courteneau et jamais personne n'aurait eu l'idée saugrenue de la surnommer Jacquotte, Jackie, ou même Line, cela aurait supposé une affection qu'elle était bien loin de provoquer.

Melle Courteneau était peureuse. S'adresser au public de la bibliothèque représentait un tel effort qu'elle ne pouvait prononcer que des phrases courtes, énoncées sèchement d'une voix qui manquait de miel.

Pourquoi avait-elle choisi un métier qui la mettait au contact de nombreuses personnes?

Bêtement, elle avait cru que la bibliothèque était un univers fermé et préservé qui la garderait loin du tumulte de la ville et de ses dangers, tel un poulailler protège ses pensionnaires des vilains renards. Mais maintenant qu'elle ne pouvait plus courir des piles de livres dans les bras et surtout grimper aux échelles pour atteindre les plus hauts rayons, elle était condamnée à rester derrière le comptoir et à transmettre à l'archiviste les fiches de demande d'ouvrages spécifiques.

Aussi, quand Melle Bille, une habituée qu'elle avait vu grandir puis vieillir, venait à la recherche de quelque rare volume, elle se redressait sur ses ergots et tenait à vérifier la fiche. C'est qu'elle la connaissait, Melle Bille, une journaleuse à l'humour bizarre. Elle savait bien que c'était elle, la coupable de tours pendables qui, même après toutes ces années, ne la faisaient toujours pas rire.

Elle avait peur de ses traits caustiques, elle craignait ses demandes étranges, et croyait, pauvre cul serré qu'elle était, que Melle Bille la persécutait.

Par maigre vengeance, Melle Courteneau retardait le moment de  transmettre à Melle Bille ce qu'elle avait demandé, elle n'avait pas compris que c'était le plus sûr moyen de la revoir le lendemain. Elle avait confié ses craintes concernant cette lectrice assidue à l'archiviste qui régnait au sous-sol. Il l'avait patiemment écoutée pérorer sur les prétendus méfaits de Melle Bille. Puis, il avait ri et l'avait renvoyée à la surface en lui disant de ne pas s'inquiéter.

C'est qu'il connaissait la vérité sur l'identité de Melle Bille, car si Melle Courteneau était une poule, Melle Bille était une Végasienne mutante protéiforme chargée par ses congénères de tester la résistance des humains à l'humeur moqueuse et l'appétit des habitants de Véga.

Il semblerait que le tempérament morose et l'esprit borné de Melle Courteneau aient définitivement poussé les Végasiens à renoncer à envahir la Terre. Eux, qui n'aiment rien tant que la bravoure, les bons mots et la franche rigolade, devant le rapport catastrophé de Melle Bille sur le  nature de certains humains,  s'en sont allés ailleurs porter leur rêve de monde meilleur et de poularde Marengo. Mais par une facétie digne de Véga, ils n'ont pas jugé utile de prévenir Melle Bille de leur changement de projets. Elle continue donc à hanter certains lieux ,dont la bibliothèque, en étudiant les différents spécimens de la race humaine et en cherchant inlassablement ce qui pourrait  convaincre ses congénères à s'installer ici. On la peut voir aussi sur la toile, essayant de faire passer ses rapports pour Véga pour des billets d'humeur.

Seuls quelques esprits éclairés, comme l'archiviste, ont su décrypter les messages et ainsi connaître la vérité sur Melle Bille.

Posté par Melle BillE à 07:39 - FouRReTouT - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 02 avril

Viens t'amuser avec moi, allez, fais pas ta bégueule

exercice   Dans son commentaire du billet précédent, monsieurmonsieur m'a donné une chouette idée: faire du vrai blog participatif, interactif, canif  et récréatif. Je vous livre tout brut ce commentaire:

"Merde mais il y a au moins quarante récits dans ce billet. Merde alors, il y a plein de trucs à écrire"

monsieurmonsieur est un homme de lettres.

Et je dis chiche, parce que c'est une belle idée, et qu'il a raison. Je vous propose donc de piquer un moment ou une situation, enfin bon, de piquer un truc du précédent billet, et de le développer. Et chacun d'entre vous postera son récit sur son blog disons...pour le 27 Avril (c'est une date très importante), avec les liens des autres participants (ceux qui ne souhaitent pas poster sur leur blog peuvent m'envoyer leurs textes par e-mail. Et si d'aventure tout ça ne vous paraissait pas très clair, je reste à votre disposition pour toute information complémentaire. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de toute ma considération, et ces quelques fleurs à rempoter avant l'été)

D'accord?


Le 26 Avrilflop, 11 participants, c'est la classe

* L'arroseur arrosé, c'est monsieurmonsieur, l'inspirateur de cette tentative (tu es très heureux d'être la muse de ce billet, hein, monsieurmonsieur?): faire de ce blog un lieu d'échange et de convivialité. Au fait, quelqu'un a prévu d'apporter une tarte aux anchois?

* Le Président, qui, comme d'habitude, rue dans les brancards et n'en fait qu'à sa tête. Jacques, votre lamentable tentative de détourner un texte sans vous creuser un chouïa la cervelle n'abuse que vous. Vous êtes un prince du crayon, alors faites un effort. Recommencez en respectant les règles bordel! 

* Je suis très curieuse de lire le texte du macaron (non mais parce que normalement, un macaron, ça n'écrit pas si je ne m'abuse. Peut-être que je fais là preuve d'une certaine étroitesse d'esprit, mais ça me parait un tantinet surréaliste. Enfin bon, ce blog est parfois très expérimental)

* STV va nous pondre le sien quelque part entre une colline froide et un lac d'azote liquide, je possède un stock de moufles de contrebande si ça intéresse quelqu'un. Ainsi qu'un passe-montagne en état de marche. Rouge (moche, mais chaud)

* Le roi Ubu s'en mêle aussi; ça, c'est une sacrée bonne surprise dis donc!

* Miss Ardalia s'en mêle à son tour, ça commence à jouer gras.

* Zelda participera-t-elle elle aussi à ce jeu trépidant?

* Vagant va-t-il nous commenter la vie sexuelle débridée de Madame Courteneau?

* Mais que va bien pouvoir inventer Sandrine ?

* Et Berthoise, alors, hein? Et Berthoise?

* Tiphaine entre à son tour dans la danse. C'est rien la classe, quand même.

Posté par Melle BillE à 08:41 - FouRReTouT - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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