Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

mardi 10 juillet

Flamingo 2

"Il y a l'orage.

J'ai longtemps souhaité la vengeance, mais la vie est bien faite ; elle se satisfait rarement de la médiocrité. La vie, c'est moi.

img_motelLa roue tourne ; la vie s'amuse et nous ne le savons pas à l'instant où nous pleurons. Et lorsqu'enfin nous apprenons que l'autre souffre à son tour, par d'autres mains, il est trop tard. Nous voilà spoliés de notre délicieuse et stérile vengeance, nous sommes devenus indifférent à son chemin.

Et c'est bigrement tant mieux. Rien n'est plus illusoire que la vengeance. Rien n'est plus défini que le passé.

Quand j'ai rencontré Vincenzo, tout a disparu.

Il y a l'orage.

Tout est lavé, et je suis sur le dos du monde, mes yeux voient tout. Je suis si intensément moi à cet instant, j'ai la force des pierres. J'ai poussé d'un seul coup au creux de mes échecs et j'ai compris que j'étais unique. Nous le sommes tous. Mais à cet instant, seul moi m'intéresse.

Il sera temps de participer du bonheur du monde lorsque ma densité cessera de peser.

Belle, aussi ; je me sens belle. Vincenzo a peint ma beauté avec sa langue, il a dessiné mes contours du bout des yeux, sans rien voler. Il m'a laissée libre aux chemins, il a juste souligné mes traits les plus flous.

Ce jour là, j'ai bien dansé.

La densité des pierres, tu parles. La danse, tout simplement. J'avais l'intérieur en tango, sans qu'il me touche. Parce qu'il me touchait, mais que je ne sentais rien, pas un frisson, pas un émoi. Le sacre n'était pas de mise. A chaque geste minuscule, ma peau respirait la sienne.

Se toucher, c'était juste la vie, c'était juste normal. Nous aurions pu être frère et soeur, amis, amoureux, là n'était pas la question.

Naturel, et évident. "

Posté par Melle BillE à 08:28 - flamingo - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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