dimanche 02 septembre
London1
J'ai toujours aimé les grandes villes; et l'aube.
J'aime ces villes comme des pieuvres, pleines de bruits mécaniques, pleines de voix, jamais tout-à-fait endormies. Je leurs ressemble (je suis pleine de bruits métalliques moi aussi)
Ce matin, à 6.00, Londres secoue ses rêves de la nuit dans une espèce de bleu métallique. Les docks à l'aube. Dans ces quartiers, la vie a des reflets normaux, personne n'essaie d'être plus beau que son voisin. C'est juste la vie, et on vous laisse tranquille avec la vôtre. Je grimpe sur le toit d'un vieil immeuble sans dignité, les grues sont comme des insectes tendus, maigres, en appui contre les premiers nuages.
Regarde, on dirait un mécano.
A 5.30, avant de partir me promener, je erre dans les couloirs de l'hôtel à la recherche d'un café. Le garçon d'étage est surpris (remarque, je le comprends, tu n'as encore jamais vu ma tête au petit matin. On dirait aussi un mécano. Rouillé.). Je me sens en confidence avec cette ville immense et désordonnée. Et je me sens libre.
Dieu que c'est bon.
PS: Quand tu pars en voyage, n'oublie JAMAIS ton sèche-cheveux, surtout si tes cheveux sont vivants et facétieux. Parce que si tu l'oublies, tu vas ressembler à une créature pendant tout ton séjour, et on te jettera des pierres. Et les oiseaux te feront caca sur la tête.
Autre PS un peu plus tard, une fois que le mal est fait et que tout le monde t'a vue avec ta coiffure de roi maudit: Les Anglais mettent les sèche-cheveux dans le coffre-fort de la chambre d'hôtel. C'est une information qui pourra te servir, alors ne fais pas le malin.
mardi 28 août
London Calling (vous n'avez pas idée à quel point ce billet contient une foule d'informations trépidantes.)
Je viens de recevoir mon emploi du temps lorsque je serai à Whitechapel sur les traces de Jack the ripper; je pense qu'il y a erreur (ce qui ne m'étonne pas outre mesure. Mon correspondant sur place est Ecossais, il roule les R comme un Berrichon, mais en Anglais. Lorsqu'il me téléphone, j'ai l'impression qu'il m'insulte du fin fond d'un bloc de Cheddar, ce qui est d'ailleurs peut-être le cas. A part Christophe Lambert dans Highlander, je n'ai jamais été capable de comprendre un foutu mot d'un habitant d'Inverness; alors je ricane bêtement, et peut-être que lui s'imagine que j'ai l'accent savoyard. Nous sommes bien partis en ce qui concerne l'entente et la compréhension entre les peuples).
Je vois en effet que Dimanche, après une soirée la veille qui s'annonce assez étonnante (je suis invitée à dîner dans une cage, il parait que c'est du dernier chic. Je me suis renseignée, il ne s'agit pas d'un club SM, pour ceux d'entre vous qui seraient tentés d'y voir des accessoires inquiétants et des messieurs vêtus de slips en cuir, mais je me demande si je dois emprunter sa tenue à Zora-la-voltigeuse, l'assistante du dompteur d'ours du cirque Medrano), Dimanche, donc, je dois me rendre à un mariage Indien dans le quartier de Brick lane. Après avoir dîné dans une cage. Ce qui m'incite à penser que, compte tenu de mon kharma hautement inflammable, il y a de fortes probabilités pour que cet épisode vire à "la party" de Blake Edwards.
Lorsque Donald MacDonald m'a demandé si j'étais accompagnée, j'ai répondu par la négative. "Ah hem hem well ah by jove hem hem well well hell shit well hum ha" a-t-il dit, ou quelque chose d'approchant (je ne suis pas très familière de l'idiome des highlands, et je suis certaine qu'il mastiquait un morceau de haggis en parlant. Vivement le visiophone, qu'on ne puisse plus se livrer à ce genre de déviance en toute impunité).
J'en ai donc déduit que le mariage ne serait pas de tout repos, et que mon corps courait le danger d'être dépecé par 3 couteaux Sikhs et offert en sacrifice à la déesse Kali, comme dans "Indiana Jones et le temple maudit". C'est peut-être pour ça que je suis invitée. J'aime les sports extrêmes.
Si je parcours attentivement mon emploi du temps pendant
ces 6 jours, je découvre que Cormick MacCormick m'a fixé des rendez-vous dans les endroits les plus dangereux de la capitale, situés pour la plupart sur le rebord du monde, à l'époque où les navigateurs croyaient que la terre était plate et qu'ils se demandaient à quel moment ils allaient chuter dans le vide insondable, ou dans la gueule béante d'un monstre baveux à 5 têtes. Avec des dents comme des sabres.
Je vais donc immédiatement prendre contact avec "Q", le génial inventeur de la voiture à plaque-minéralogique-pivotante-lance-missiles-allume-cigare-bombe-à-neutron. Et avec le service technique du port de Brest. Ils devraient être capables de me trouver un ciré marin ignifugé.
POURQUOI BIRDY NAM NAM: (petits veinards; si l'extrait ne vous donne pas envie de voir le film, j'épouille le quartier des mandrils du zoo de san-diego, avec les pieds)
PS: par une coquinerie informatique que je ne m'explique pas (ô grand html sois sur nous, précieux), les liens qui foisonnent sur ce billet ne sont plus sur-lignés, en tout cas sur mon écran. Je vous suggère donc un petit jeu désopilant (ah ah qu'est-ce qu'on rit): promenez votre souris sur le texte et vous verrez bien si ça s'allume ça et là.
lundi 30 juillet
" Pull en fougère, Juillet en hiver". Proverbe Corrézien. Un billet documenté comme jamais tu n'as vu ça
La Corrèze est un département étonnant, doté d'une économie souterraine épatante grâce à ses gisements naturels de fougères et d'abbayes Cisterciennes. Avant l'euro, les serfs et la valetaille payaient encore avec une monnaie issue de cette plante que l'on appelait "l'or vert", mais il fallait de grands portefeuilles un peu encombrants, ce qui n'était guère aisé. Les familles nobles, elles, réglaient leurs dépenses les plus importantes en abbayes Cisterciennes. Abandonné lui aussi lors du passage à l'euro, ce mode de paiement a cependant marqué la géographie Corrézienne, il n'est pas rare de trouver sur son chemin une de ces abbayes remarquables (notement celle d'Aubazine c'est ma cousine qui abrite la châsse de Saint-Etienne, revêtu de ses habits sacerdotaux en fougère).
La fougère est cependant restée un élément déterminant du paysage économique et culturel Corrézien. Dans sa valise, le voyageur ne manquera pas de rapporter un petit pull en mailles de fougère, ou, s'il est amoureux de la calligraphie, une ramette de papier-fougère de bonne facture (évitez la fougère
industrielle, plus fragile). Le bon vivant, lui, choisira une bouteille de vin de fougère "1OOO et une Pierres Fougères". Quant au simple quidam, il trouvera son bonheur dans les boutiques de souvenirs, où l'on peut aisément se procurer de superbes reproductions des armoiries de ce département unique, dont la devise est: "fluctuat nec fougeritur", que l'on peut traduire par: "s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la fougère", célèbre réplique de Marie-Antoinette, lancée avec désinvolture lors de son passage à Tulle.
En Corrèze, on trouve de nombreux petits villages en "ac" (Meymac, Lubersac, Carnac, kayac, coursensac, unbontienvaumieuquedeutulaurac, prosac, arnac, jaqchirac. On trouve dans ce dernier un musée, le musée de Jaqchirac, qui présente la particularité de se visiter en 3 minutes ou en 3 heures, selon la météo. En général, il se visite en 8 heures).
Le site naturel le plus célèbre de la Corrèze est "le plateau de millevache". Attention aux faux-amis,
cela ne signifie pas que mille vaches paissent là-bas, ce serait un peu trop simple vous ne trouvez pas? Car le Corrézien est parfois retors. Il s'agirait d'une déformation linguistique, "le plateau de mille batz ("source", en celte)". Par extension, certains prétendent qu'il pourrait s'agir d'un haut lieu d'orgies sexuelles, "le plateau des mille coups" (un coup batz), ou d'un lieu réservé aux fêtes villageoises d'antan ("la plus batz des java") Mais aucunes preuves ne viennent étayer ces hypothèses que d'aucuns, dont le professeur Piotr Ebolin-Maynard, jugent par trop fantaisistes. Personnellement, je n'y suis pas allée, je n'en n'avais pas envie. C'est vous dire si j'ai une idée sur la question.
Plus bas, au Sud, à Collonges-la-rouge, le voyageur épuisé pourra se reposer d'un long voyage à la chambre d'hôte "le domaine de Peyrelouse", avant que de poursuivre plus avant son périple vers Beaulieu sur Dordogne, à travers les orages de grêlons qui ne manquent jamais d'éclater au matin, à midi, sur le coups (batz) des quatre heure, ainsi qu'au crépuscule. Ailleurs, le soleil brille. Mais en Corrèze, le ciel se teinte alors d'un gris particulier, le fameux "gris-corrèze", bien connu de tous les peintres, et de tous les écrivains amoureux de la figure de style ("elle était vêtue d'une guimpe en coutil d'un méchant gris-corrèze". Honoré de Balzac).
Mais il est déjà temps, hélas, de repartir!
Sur le chemin du retour, ne manquez pas de vous arrêter à Tulle. Sur les bords de la rivière qui la traverse, la Corrèze, observez les arbres. Vous êtes au mois de Juillet et pourtant, ils sont déjà roux et effeuillés. C'est que Tulle bénéficie d'un climat particulier. Un automne persistant qui ne cède sa place à l'hiver que pendant 6 longs mois, teintés de brume. Il s'agit du célèbre voile de Tulle, que de nombreux météorologues, dont Jean-Pierre Frézeleau-Pignac, observent et commentent depuis toujours.
Le mois prochain, nous partirons à la découverte du Morvan, une région riche d'histoire et de culture. Vive la France.
jeudi 12 juillet
Qui vivra Mudra (proverbe Sambre et Meuse. ça ne veut rien dire mais j'avais envie)
ah, voilà un défi intéressant; 
je suis allée hier soir prendre un apéritif chez un couple d'amis très tentures-africaines-pigments-naturels-table-basse-teck de récupération-matières-nobles-et-pas-d'accariens-sous-le-tatami. Ca fait froid dans le dos, mais je ne me moque pas, j'aime bien les gens qui font des choix. Et celui-ci me parait plus stimulant qu'un autre, parce qu'il y a là-dessous un souci réel, au-delà de la tendance ethnique actuelle qui tend à me rayer les nerfs (je veux dire par là que bientôt, il sera tendance de s'enfiler sous la lèvre le plateau de Raoni et ça, je ne suis pas certaine que ce soit de très bon goût sous nos latitudes, au-delà de l'aspect purement pratique. Si, pour servir un digestif, c'est très pratique d'avoir les mains libres, pour se gratter les fesses (c'est un exemple, vous êtes bien trop raffinés pour le prendre au pied de la lettre), et de poser les verres à poire sur le plateau labial). Parenthèse entre parenthèse, je reviens très en forme.
2 verres de vin plus tard (bio et fin de la grappe, je dois dire. Pas du Mondavi), j'aborde le sujet de mes insomnies récurentes (c'est assez pénible de dormir d'un sommeil de pétoncle pendant 76 minutes et de se réveiller, hagarde, à l'heure où les pochards s'écroulent, et d'avoir du coup la même tête qu'un pochard sans en connaitre l'ivresse). C., d'un geste définitif, sort d'un recoin de l'espace un grimoire impénétrable et me le fourgue entre les mains (j'en ai 3; une pour le verre, une pour les apéricubes et une pour le grimoire) en tonitruant: "tu dois faire la bénédiction du riz! il y a de mauvaises ondes dans ton appartement, il faut que tu les fasses partir. Tiens, regarde, c'est tout expliqué là, je te prête le livre". Donc, là, à l'heure où un être normalement constitué fait la cuisine, regarde la télé, joue avec ses enfants, répare une horloge comtoise, regarde en soupirant le journal de David Pujadas ou se brosse les dents, je prépare la bénédiction du riz, parce que "le riz est un symbole de bénédiction" (dixit l'ouvrage, mais c'est vrai qu'en y réfléchissant bien, quand on balance 3 tonnes d'oncle ben's sur la tête des mariés, ce n'est pas pour leur souhaiter un avenir à la Dracula).
Or, je vois qu'il me faut au moins 2 kg de riz crû. L'idée de répandre 2 kg de petits grains dans un studio de la taille d'un emballage de barre chocolatée me fait un peu frémir mais soit, c'est pour la bonne cause et si grâce à ça je dois dormir jusqu'au moment où les tripodes envahiront la planète, je veux bien sacrifier à cette coutume ancestrale. Le pire est à venir. Il faut AUSSI une cuillerée à dessert de poudre de Cinabre (il est bien évident que tout un chacun possède dans sa pharmacopée, à l'instant pile poil T, un flacon de poudre de cinabre qui fait "ppppsssssshhhhiiiii" quand on le débouche) ET une bouteille d'alcool pur, achetée pour la circonstance, non ouverte(lorsque j'achète une bouteille d'alcool pur, ce n'est pas pour la bénédiction du riz mais pour un usage un rien plus pratique, comme nettoyer une plaie purulente ou déboucher un tuyau; je me demande si je peux utiliser une vieille bouteille de béthadine).
Bon. Au point où j'en suis, je me dis que balancer ça et là de petits grains de riz en les aspergeant de "Château Les Amoureuses cuvée 2003" et d'un zest de curry (pourvu que je crois que c'est du cinabre) donnera peu ou prou un résultat identique (je me dis aussi que si je n'avais pas eu de riz, j'aurais pu tout aussi bien le remplacer par de la polente ou des lentilles, je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas). J'ai donc tous les accessoires nécessaires. HORS, il faut aussi exécuter une MUDRA pour que ça fonctionne. Une Mudra est une figure exécutée avec les doigts d'une main (compte tenu de la complexité de la chose, je m'étonne qu'il ne faille pas l'exécuter avec les pieds. Du coup, je trouve ça un peu trop aisé, voire suspect), destinée à renforcer l'action (je m'excuse, mais projeter 3 sacs de riz à l'intérieur d'une boite à pilules n'est déjà pas chose facile, alors s'il faut en plus le faire en traçant des formules sacrées dans les airs, ça ne va pas être possible).
Donc, sachez que si on vous fait un doigt d'honneur, ce n'est pas un doigt d'honneur, mais une Mudra, selon l'hémisphère.
Bon.
Hors donc voilà comment je vois les choses. Ce soir, je vais faire cuire le riz et le manger, je vais boire la bouteille de béthadine, je vais exécuter une Mudra en appuyant sur la télécommande tout en enlevant une chaussette, et je vais prendre un xanax avant de bouler au futon.
lundi 28 mai
Erode était un grand roi. (si, Roi, c'est un titre)
Je mets quiconque le souhaite au défi d'utiliser le traducteur automatique de "voilà" pour traduire (ah ah la bonne blague; tu es bien certaine de ne pas vouloir l'utiliser afin d'assouvir tes plus bas instincts et oser dire au petit épicier du coin qu'il a des pieds paquets et un rebiolon sur le bout du nez qui ressemble à du muesli?) un texte de la plus haute importance.
Tiens, j'ai essayé de traduire "gros jean comme devant".
1. Choisissez le sens de la traduction : 2. Entrez le mot ou le texte à traduire (300 caractères maximum) : je suis gros jean comme devant Exemple : Entrez la phrase suivante : Avec
Voila, je traduis mon texte en un seul clic ! Voici le résultat de votre traduction : par suis le volume de Jean devant comme
Voilà (ça aussi c'est une bonne blague, mais il faut un minimum de finesse sinon, on ne comprend pas, et après vous allez encore dire que j'ai abusé d'un truc pas frais). Preuve est enfin faite que le sage Yoda est employé par "Voilà", c'est même lui qui s'occupe des traductions. Du coup, je suis bien contente parce que je me faisais un brin de souci pour lui. C'est vrai, l'univers est cruel si tu es petit et que tu as la peau verte et les oreilles pointues, sauf si tu t'appelles Léonard Nimoy mais c'est rare. Par contre, si tu parles à l'envers, tu as tes chances chez Voilà.
Sinon, si ça intéresse quelqu'un, il pleut sur Paris et ça, c'est bien moche. Mais comme ça, à travers les vitres du TGV, je pourrai voir les vaches dans les champs faire des réunions tupperware sous les arbres. Parce que lorsqu'il ne pleut pas, elles broutent en solitaire, c'est triste.
Voilà voilà voilà.
Et sinon, vous voulez une photo?
Voilà.
Bonjour chez vous.
PS: ce texte ne veut pas dire grand chose, mais ce n'est qu'une apparence. En fait, il est d'un intérêt infini, développé, argumenté, avec même quelques petites références érotiques pour appâter les graveleux, mais j'ai choisi de le faire traduire par "voilà", pour que vous ne soyez pas tentés de me le dérober. Moi seule en connais le sens.
J'avais pensé mettre des petits coussins à fleur contre le mur du fond mais je ne sais pas ce que vous en pensez, je ne voudrais pas faire une faute de goût parce qu'après, vous allez vous en aller et ça va me faire pleurer.
lundi 07 mai
Al Gore, bath' chef (oui, je sais, c'est navrant)
Vous allez dire que je me moque encore; c'est vrai, mais gentiment. Et puis j'ai le droit, parce que je suis certaine que vous aussi vous vous moquez des fois (allez, ne me racontez pas d'histoires, ça n'est pas bien malin de mentir, ça se saura et vous aurez l'air gnouf).
Samedi soir se poursuivait le très fameux festival Inuit et Amérindien, avec une conférence sur la fonte des pôles. Très bien. J'y suis allée en fredonnant une petite chanson paillarde en chant de gorge (parce que la 5eme de Malher, ça ne rend pas très bien), pour me mettre dans l'ambiance. J'aime bien les conférences sur l'environnement, on y apprend que les tomates coeur de boeuf (non, ce n'est pas le nom d'un guerrier Hopi) sont aussi nocives que des piles bouton, et qu'il vaut mieux mettre un scaphandre pour traverser un champs de maïs (sauf ceux certifiés José Bové, avec le logo JB en crops au milieu du champs), à cause des radiations. ça vous donne une idée du futur assez apaisante. De toutes manières, après avoir vu le film d'Al Gore, "une vérité qui dérange", vous vous dites que vous avez toutes les chances de terminer vos jours en barboteuse gonflable, horriblement défiguré par des bubons pesteux, ce qui promet de franches parties de rigolade, surtout si vous comptez Yvan Rebroff parmi vos intimes. Ce qui n'est pas mon cas, je le déplore.
Ne boudons pas notre plaisir.
Il fallait s'y attendre, la conférence était quand même moins bien mise-en-scène que le film d'Al Gore, d'abord parce qu'elle avait lieu dans la salle "Eugène Verdun" du centre culturel. Je ne comprendrai jamais la raison pour laquelle ces salles sont invariablement meublées de vilaines chaises en plastique inconfortables et branlantes (n'allez pas me raconter que c'est une question de coût, même un tapis de fakir est plus confortable. Je te fais une descente aux scouts de Cluses et je te trouve un lot de chaises en bois plutôt jolies à 10 euros l'unité, tu n'as qu'à demander, j'y vais avec le camion de de Jaco), et de longues tables en formica imitation bois. Le genre de décors qui ne vous donne guère envie d'entonner un joyeux chant de gorge et de danser une mazurka (L'amphithéâtre dans lequel Al Gore nous effraie a l'indéniable avantage de feutrer la peur dans de gros fauteuils en velours. Assis sur du plastique gris moulé, il me semble qu'on affronte l'apocalypse avec moins de sérénité). Ensuite parce que le conférencier n'avait pas pu venir (sans doute retenu par une fonte impromptue, qui l'avait englouti sous la banquise, lui et sa horde de malamuts sauvages et baveux). Il avait été remplacé au pied levé par un glaciologue bicentenaire et barbu, qui devait officier depuis la nuit des temps dans les classes de CM1 et de CM2, à grand renfort de bons mots et de stencils un peu désuets. En guise de préambule, tout en manipulant nerveusement un ordinateur portable dont il ne maîtrisait pas tout-à-fait les fonctions (nous avons vu successivement apparaître une image de fleur, le parc de la Vanoise et le logo microsoft, ce qui a donné l'occasion au professeur de faire un bon mot: "ah, Bill Gates doit farfouiller là-dedans" (petits rires grelus des 25 personnes présentes). Ensuite, le premier montage a mis environ 10 minutes à se télécharger, d'où un second bon mot: "ah, Bill Gates doit faire un petit somme" (petits sourires grelus, toussotements,
râclements de gorge, léger début de fou rire incontrôlable de mon voisin et compagnon d'aventure, que je tiens à remercier publiquement pour sa constance à me soutenir dans les pires égarements). Finalement, dans un petit sautillement joyeux, la première photo du montage est apparue: une veille cabane en tôle pourrie posée comme un guano au centre de la banquise), en guise de préambule, donc, le glaciologue nous a avoué ne pas avoir grand chose à raconter sur la fonte des pôles, parce que ce n'était pas son boulot (compte tenu de son grand âge, je le pense effectivement plus au fait de la première glaciation). Parfait. Mais nous n'allions pas regretter d'être venus car il avait tout un tas de photos à nous montrer sur les aurores boréales, la flore et la faune en Alaska, et quelques graphiques raclés sur internet dans les années 90 qui pourraient peut-être nous renseigner sur le sujet préalablement programmé. Chouette perspective.
Je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais c'était quand même un peu confus. Parfois, cliquant sur la mauvaise flèche, le professeur faisait marche-arrière dans le diaporama ("ah! Bill Gates doit s'amuser avec ma souris!"), et nous présentait pour la quatrième fois une espèce de lichen un peu minable en annonçant d'une voix tonitruante: "L'ours! Le seigneur de la banquise!". Remarquez, un ours blanc présenté comme ça, ça effraie moins les enfants. J'ai beaucoup aimé les titres des photos, pleins d'esprit et de finesse; ainsi, au dessus de la tête d'un phoque étalé comme un X sur la glace: "une petite sieste?", ou encore "En route!", gravé en italique dans le sillage d'une baleine. Il y avait même des dialogues ("j'ai faim!" "moi aussi!", s'apostrophaient deux volatiles en train de se disputer un vieux reste de sandwich à la mortadelle habilement laissé là par le professeur). Chacune de ces illustrations déclenchait invariablement une série de petits gloussements bon enfant que le professeur savourait avec fierté; il nous laissait le temps de profiter pleinement de ses trouvailles ingénieuses, il ménageait ses effets. J'ai bien ri.
Troisième et dernière partie, les graphiques. Tous estampillés de dates fantaisistes (1983, 1995, 1987, -502 av.JC, c'est à croire que l'ordinateur du professeur est coincé dans une dimension spéciale qui le condamne à ne jamais franchir les portes du XXIeme siècle), aucun ne fut assorti du moindre commentaire (pour ce que j'en sais, il aurait pu tout aussi bien s'agir de la courbe démographique ursine comparée à celle des hannetons, ou la progression des 3 AOC fromagères des savoies), sauf une capture d'image Google Earth pour laquelle nous avons eu droit à un "regardez comme c'est beau la terre vue de l'espace". Pour sûr, c'est drôlement beau; mais à ce stade de la soirée, j'avais les fesses ravagées par le plastique moulé, la bouche pâteuse, et le regard mort d'un poisson des abysses, du diable si j'étais en état de m'esbaudir sur une capture d'image que j'aurais très bien pu regarder chez moi, de mon futon, un petit verre de côte-rôtie à la main.
Nous avons eu droit à un apéritif après la conférence; c'était un punch très curieux, jaune, avec de petits machins blancs qui flottaient à la surface, comme des yeux de bouillon mais en version compacte. J'ai vérifié, ce n'était pas de petits morceaux de banquise, ça avait un goût. Indéfinissable. Mon camarade et moi avons entamé en sourdine un petit chant de gorge pour fêter ça, à l'abri des regards, avant d'éparpiller discrètement nos punchs respectifs dans une pauvre plante verte qui n'y était pour rien, mais la vie, c'est comme ça, c'est toujours le plus faible qui ramasse.
Si le professeur avait pris une photo de ce moment, il aurait pu l'appeler "quelle bonne soirée!"
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------PS: Hier soir, nous avons pris une claque, c'est vrai. Mais un beau mouvement est en marche, et nous serons très nombreux à ne JAMAIS baisser les bras, et à nous mobiliser encore et encore contre les avaleurs de liberté et de vérité.
samedi 05 mai
Inouis Inuits
PREAMBULE: répétez 3 fois très vite le titre de ce billet et vous allez voir que Démosthène et ses cailloux dans la bouche, c'était de la gnognotte.
2eme FESTIVAL INUIT ET AMERINDIEN D'ANNECY
Normalement, là, à ce moment précis, je pourrais parfaitement vous laisser sans la moindre information supplémentaire, demerden sie sich, comme disait mon professeur d'allemand lorsque je lui racontais, la tête basse, que j'avais oublié mon dictionnaire Gaulois-Teuton dans le placard à confitures de ma grand-mère. Mais je ne veux pas faire de rétention d'information. Et je sens que le sujet vous passionne (pardon? Vous oseriez me répéter ce que vous venez de dire en me regardant droit dans les yeux? vous jouez avec vos rotules, soyez prudent).
Donc, je suis allée assister à un concert de "chant de gorge" Inuit. Mais, me direz-vous, qu'est-ce que le chant de gorge? C'est une question intéressante. Vous me croirez si vous voulez, mais c'est un chant qui se pratique avec la gorge. Si. Enfin...pas seulement, il se pratique aussi avec le nez. C'est un art très étonnant; lorsque les enfants Inuits sont encore tout petits, on leur fait pousser une guimbarde sous la glotte et on leur introduit une toute petite râpe à patate dans les narines, de manière à ce qu'ils puissent communiquer sans avoir à prononcer des mots (une théorie scientifique assez bien documentée prétendrait que l'haleine des Inuits serait responsable de la fonte de la calotte glaciaire. Foutaises! Nous sommes en passe de démontrer que les vibrations émises par les chants de gorge seraient en grande partie fautives, ainsi que les ronflements de Räänükkk Pülvükrü, un chaman de la région de Kitikmeot, dans le Nunavut. NDLR: RV Posuto, viens pas faire chier sinon il t'en cuira les fesses). Je vous serais reconnaissante de bien vouloir cliquer ici (track N°4, le plus expressif), pour avoir une idée de ce que j'ai enduré pendant 1.30 heure.
Assister à un concert de chants de gorge Inuit soumet vos nerfs à très rude épreuve, vous avez vite l'impression d'être cernée par un essaim de frelons particulièrement belliqueux ( ne vous attendez pas non plus à la tournée RoyalDeLuxe. Deux esquimaux en anorak à poils, quelques trépignements, une guimbarde. C'est sobre et concis, mais un peu épuisant à la longue.). Surtout lorsque vous êtes au premier rang.
Si vous vous assoupissez légèrement, ce qui arrive invariablement si vous n'êtes pas préparée à une telle féérie acoustique, et que vous êtes accompagnée d'une personne qui sombre dans l'inconscience en l'absence de stimuli visuel (l'osmose semble pénétrer par les accoudoirs), l'illusion est encore plus flagrante, c'est comme si vous étiez à l'intérieur de l'essaim. Ne bougez pas, 3 piqûres peuvent être mortelles; alors 3 baffes d'Inuit, je ne vous dis que ça. D'autant que ça va crescendo et qu'ils finissent à la limite de l'apoplexie. Tout de même, ça fait un peu peur. Je ne voudrais pas passer une semaine de vacances chez Räänükkk Pülvükrü (en tout cas, je demande à être exemptée des veillées, et à ne pas être obligée de m'enduire le corps de graisse de baleine. Et à ne pas être contrainte à dévorer de la chaire de phoque crûe à dents nues. Par contre, le trou dans la glace pour pêcher des morses, c'est d'accord).
A présent, écoutons attentivement cet extrait musical.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, cet homme n'a pas avalé un deejereedoo. Il fait ça avec sa gorge. Oui, c'est fantastique, je ne vous le fais pas dire.
APPLICATIONS PRATIQUES DANS LA VIE QUOTIDIENNE: Lors-qu'émerge un conflit entre vous et votre employeur, conjoint, banquier, boucher, voisin, mettez vous en mode "chant de gorge inuit". Au début, allez y mollo sur le tempo, fredonnez léger et gracieux, attendez votre heure. Si vous êtes bien fredonnant, vous devriez obtenir un petit gggzzouinnnn ggzzouinnnn zzzaôônnn gzzzouin des plus ténu, mais lancinant (N'oubliez pas que le temps travaille pour vous). Vous n'avez pas de râpe-à-patate dans les narines? Munissez vous d'un enregistrement réalisé chez votre menuisier préféré, section rabots et scies circulaires, et déclenchez le discrètement au moment où vous entonnez votre chant de gorge. L'illusion sera parfaite. Vous allez voir votre antagoniste se détendre petit à petit et devenir tout mou, c'est bon signe. Augmentez légèrement la puissance de votre chant de gorge; votre adversaire devrait à présent osciller légèrement, les yeux mi-clos, à la limite de la chute. Sortez votre masse d'arme et, d'un ample mouvement circulaire, aplatissez lui l'occiput .
Je ne préconise pas l'usage du chant de gorge dans le cas d'un dialogue amoureux . Pour cela, il existe des langages plus adaptés, dont nous avons déjà parlé ici.
Ce billet contient une somme d'informations époustoufflante, il n'y en aura donc pas demain, et puis je vais à la campagne. Ne tenez pas compte des sondages, quels qu'ils soient, c'est nicolas gérard Majax qui les rédige, il essaie lui aussi le chant de gorge hypnotique, mais il ne maîtrise pas encore très bien ( si tu ne sais pas qui est Gérard Majax, tu as 2 solutions. Tu cliques sur son nom et une petite vidéo apparait; oui, c'est fou, ou tu préfères rester ignard jusqu'à la fin de tes jours. C'est un choix.).
Rien n'est perdu.
N'insistez pas, ou je vous envoie mon homme de main.
samedi 28 avril
Ami pouèt, laisse parler ton instinct surréaliste
Paroles du pouème juste ici

lundi 23 avril
Petits principes de physique ordinaire (et autres théories) appliqués au quotidien
Car oui, le monde du quotidien fourmille de petits détails qui nous permettent de vérifier par l'exemple quelques principes de physique ordinaire (et autres théories) et après ça, on se sent drôlement savant.
Principe de la gravité: Cette expérience se réalise sur plusieurs années, il faut être patient. Vous disposez d'un matériel naturel alors ne vous en privez pas. Observez attentivement vos fesses. Au fil du temps, vous allez constater une métamorphose assez surprenante; jadis rebondies, musclées et fièrement dressées sur l'horizon (enfin bon, c'est une figure de style), vous allez un matin constater qu'elles se sont aplaties comme des gants de toilettes, qu'elles ont perdu en fermeté ce qu'elles ont gagné en longueur et que de profil, vous ressemblez à un S. Ne vous effrayez pas: ceci est normal et répond au principe de la gravité (sauf que c'est un petit peu plus long que l'expérience de Newton, la pomme sur le crâne et tout ça, mais c'est moins douloureux parce que si tu te prends une golden sur la tête pendant que tu fais la sieste, tu vas te mettre à réciter des formules mathématiques auxquelles personne ne comprendra rien et tu finiras seul, isolé, tu vas te mettre à boire plus que de raison pour oublier ta solitude, et tu chanteras des chansons de Nicolas Peyrac pour te tenir compagnie la nuit, au milieu des bois. Alors tu vois, les fesses plates et qui tombent, finalement, c'est mieux).
On peut vérifier la Théorie cinétique des gaz en mangeant de la saucisse au chou et des lentilles (si tu cliques sur la théorie, tu vas voir apparaître tout un tas de petits signes kabbalistiques que tu ne comprendras pas, sauf si tu es un grand physicien presque prix Nobel, auquel cas tu t'es fourvoyé en venant sur ce blog. Tu as tapé "Yvan Rebroff" dans ton moteur de recherches?). Je connais certaines personnes qui sont capables de produire ce que la physique appelle un gaz rare qui s'appelle le Krypton .
Attention! Il ne faut pas confondre ce gaz avec la roche qui fait perdre ses super-pouvoirs à Superman, la kryptonite. Remarquez, si quelqu'un émet du Krypton dans votre périphérie, vous allez perdre vos super-pouvoirs aussi, la preuve (je vous demande un petit effort de concentration et d'imagination, mais ça vaut le coup, vraiment. Enfin bon, moi, ça m'a bien fait rigoler mais peut-être que vous, ça va vous laisser de marbre. Je vous offre une gaufrette?):
"Effets du krypton sur la santé
Inhalation: Ce gaz est inerte et est classé comme agent asphyxiant simple. L'inhalation dans des concentrations excessives peut provoquer le vertige, la nausée, des vomissements, la perte de conscience, et la mort. La mort peut résulter des erreurs dans le jugement, confusion, ou la perte de conscience des individus qui viennent au secours des autres. À de basses concentrations d'oxygène, la perte de conscience et la mort peuvent se produire en quelques secondes sans avertissement."
Si, c'est vrai, vous pouvez vérifier là. Je n'ai pas l'habitude de raconter des carabistouilles, c'est assez pénible de devoir faire ses preuves à chaque fois. Ne remettez plus jamais mes sources en cause ou il vous en cuira. Tudieu peste.
Si un énorme frelon entre dans votre maison, vous allez pouvoir expérimenter la théorie du chaos, un simple enchaînement de causes à effets (à ne pas confondre avec la théorie des frères Bogdanov dont nous avons parlé ici). Le frelon entre en vrombissant bzzzz bzzz, vous avez peur, vous reculez jusqu'à la fenêtre: il vous voit, il se précipite pour vous observer de plus près, peut-être même qu'il veut vous demander du secours parce qu'il n'est pas très familier de cet univers, vous paniquez, vous renversez un vase en essayant de remonter le store, il s'approche, vous reculez, vous poussez un cri très bref, vous basculez par la fenêtre et vous vous écrasez 15 mètres plus bas. Protch. Ce qui est embêtant, c'est qu'une fois réduit en tapenade sur le trottoir, vous ne pourrez plus écrire la théorie. La science a son prix.
Nous reviendrons plus tard sur d'autres expériences de la vie quotidiennes permettant de révéler au grand jour les lois immuables de l'univers mais maintenant, j'aimerais que tu me laisses un peu tranquille.
Je ne pense pas qu'il soit utile de vous faire remarquer à quel point ce blog est en train de devenir précieux.
Bonjour chez vous.
vendredi 30 mars
t'as ka ma-sutrer en chantant (pas terrible, ce titre, faut dire ce qui est)
Je crois que vous allez être très très contents de mon retour (non, sans rigoler, cette fois-ci c'est vrai. Ou alors, je me serai lourdement trompée sur nos relations, que je croyais basées sur une compréhension mutuelle, un zest de bienséance et une cuticule d'amour sincère et désintéressé. Car voyez vous, je crois que l'homme est fondamentalement bon. Mais il est vrai que le passé a prouvé que, parfois, cette croyance se voit malmenée par des faits qui viennent en totale contradiction avec elle; prenez Attila, par exemple. Attila n'était pas un homme bon. Il mangeait des steaks à même la tête de ses adversaires, préalablement épouillés; après son petit rot et sa sieste, il les faisait frire sur le knout en se lissant les moustaches, qu'il avait fort cruelles, avec de la graisse de poney nain. Puis il éclatait d'un grand rire sardonique et galopait dans la steppe en éventrant tous les paysans. Alors bon, c'est vous dire si parfois, une idée peut s'avérer sans fondement). Vous allez être très contents, parce que, dans le cadre de la grande enquête (commencée ici ) sur les us et coutumes sexuels du monde, j'ai de nouvelles infos.
Je vois vos yeux qui brillent, je le savais.
Pendant ces 3 jours de vacances bien mérités, je me suis attentivement plongée dans la lecture des kama sutra. J'avais ce bouquin depuis au moins 5 ans, il est de petit format, facile à transporter, je me suis dit que c'était une saine occupation. Attention, ces kama sutra sont les vrais, pas ceux, occidentalisés, qui nous occasionnent des fous rires un peu gênés et nerveux lorsqu'on les consulte en galante compagnie (parce que ce n'est pas le genre de lecture qu'on se coltine avec le chef de service de la sécurité sociale ou avec George Commissaire, à moins d'avoir fait une très grosse connerie). Mon édition est vierge de tout petit dessin cochon, il n'y a ni plans, ni schémas grossiers, pas d'extensions, bref, c'est une traduction directe et sans fioriture (j'ajoute qu'elle a le bon goût d'être bon marché; la culture pour tous, nom d'un tuba!). Pendant ces 3 jours à la ville, j'ai promené ma petite édition de terrasses de café en terrasses de café, habilement dissimulée sous la couverture de "oui-oui à la plage" parce qu'on ne sait jamais, le pervers sexuel peut se cacher partout.
Le saviez-vous? Les Indiens sont étonnants, ils font des choses incroyables. Je ne parlerai pas des positions, parce que là, après tout, chacun fait comme-il-veut-comme-il-peut, tout le monde n'a pas la configuration requise pour exécuter "la triple bascule de la femme-biche sur l'homme-taureau en baiser tournant" de façon gracieuse, il est des expériences qu'il vaut mieux considérer comme caduques. Je parlerai donc des sons que les protagonistes sont censés émettre lors du congrès amoureux (ce n'est pas une blague; parlez du congrès amoureux à tout bon spécialiste de la culture hindi, il va vous prendre pour une licenciée ès kama, et vous faire des offrandes.). Car oui, nous devons émettre des sons. Mais attention, je vous vois venir, gaudrioleux de pacotille que vous êtes, vous allez me répondre que oui, pendant le congrès, tout un chacun produit un son qui lui est propre, et même plusieurs. Certes, mais produisez-vous le bon son?
Car en Inde, pendant le congrès, on se doit d'émettre 8 sortes de plainte: le son Hinn, le son tonnant, le son roucoulant, le son pleurant. Attention, ça se corse avec les 4 suivants, et je vous demande, par souci scientifique, de bien vouloir accompagner la lecture de ce post par une démonstration sonore (et si possible sans rire. Bon, vous, je ne sais pas si vous y parviendrez, personnellement, je n'ai pas pu. D'autant que j'étais sur une terrasse très bondée et que bon, c'est assez compliqué de produire des bruits pareils, surtout que vous êtes censée lire "oui-oui à la cantine", toute seule devant votre expresso). DONC, les sons Phoutt, Phâtt, Soûtt et Plâtt. Il est ensuite indiqué que l'on peut joindre des sons comme ceux de la colombe, du coucou, du pigeon vert, du perroquet, de l'abeille, du moineau, du flamand et de la caille ( Vatsyayana. les kama sutra; ed.Librio, page 53).
Tudieu. Vous imaginez?
Une friandise particulière? "Phouttt!!!!" Un geste précis et langoureux? "Plâââât!!" (j'aime particulièrement celui-ci) Une demande légitime ..."Soûtt?" ...à laquelle on répond: "bzzzzzzzzzzzzzzzzz." Ne me demandez pas le cri du flamand, je n'ai aucune idée de ce à quoi il ressemble (quant à celui du Wallon, j'ai bien un vague souvenir, mais perdu dans les limbes de ma jeunesse).
Conclusions: je ne souhaite pas tomber amoureuse d'un Indien, et j'ai bigrement intérêt à penser à autre chose lors du prochain congrès amoureux.
Phâââââât!!!!!! rrrrrrrrourrrrrrrourrrrrrrrouuu? Bzzzzzzzzzzzz. .......Phoût? Hiiiiiiiiiiiiiiiiin!!!!!!!!!!!!! Soût.
PS: Je vous fais remarquer que j'ai su éviter l'écueil raccoleur d'un montage photo libidineux. Preuve que ce blog est un chef-d'oeuvre de bon goût et de savoir-vivre.



