Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

vendredi 23 mars

L'académie Française vous présente tous ses voeux

je_connais_le_fran_aisBonjour. Je vous demande de lire attentivement cette description d'hôtel trouvée sur internet.

Description De La Propriété -------------------------------------------------------------------------------- Bienvenue à la pension de la première de Londres centrale, la pension du voyage aux Rois Cross. Nouvellement refourbi avec tous les nouveaux équipements, cette pension réussit à satisfaire les besoins de n'importe quel backpacker moderne. Les Rois Cross du voyage revendique un froid hors de pièce, de pièce de TV, de cuisine de restauration d'individu avec diner le secteur, et de gamme des options de pièce. A localisé une promenade courte du bourdonnement de la ville de Camden et tous autres attractions et transport principaux lie, notre pension est idéalement situées pour vous aider à éprouver la vie de Londres pleinement. Si vous recherchez des clubs ou des publications, les vues ou de bonnes mémoires justes, la pension du voyage aux places des Rois Cross vous sur leur seuil à un prix pour convenir à toute poche. Avec le personnel amical et une atmosphère d'amusement, cette pension est devenue l'endroit pour reposer un chef las après l'exploration d'un jour.

Fichtre, je parie que dans cette pension, on voit des lave-linges se balader entre 2 étages et des sèche-cheveux capter la BBC. Il parait même que le concierge est un cintre. Et qu'on paie en fourchettes. Par contre, je ne trouve dans aucun manuel d'histoire la moindre trace des mystérieux rois Cross, ils se sont probablement empêtrés dans les limbes de la gamme des options de pièce. Depuis, ils errent, sans but, hagards, loin du bourdonnement de la ville et tous autres attractions.

On est peu de chose.

PS:  Hier,  neveubille m'a expliqué que l'ouvriment de la porte de son placard se situait en haut mais un petit peu en bas (je suppose que c'est une question de point de vue). Lorsque je lui ai dit qu'on disait ouverture, il était déjà reparti à moitié sur la planète spider-vador-asterix-raie manta qu'il habite en quasi-permanence. J'ai donc voulu m'assurer qu'il s'était bien envolé avec son nouveau mot, sans en semer les 3/4 dans le sillage d'un gnome ou d'un pirate. Il m'a répondu de sa petite voix de flutiau qu'il ne fallait pas que je m'inquiète, et qu'il avait compris ce que c'était qu'une ouvrimure. J'en ris encore. Me voilà rassurée; non seulement cet enfant est bien le digne dernier né d'une longue lignée de branquignoles, mais plus tard, il sera traducteur (par contre, à 4 ans, il ne sait toujours pas dire tricératops, ni "le mésozoïque est une période époustouflante d'un point de vue strictement géologique").

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lundi 12 mars

Si(s)si, on nous prend un peupeu pour des concons

bille_au_bain       Voilà; c'est exactement le genre de chose qui me fait bondir: qu'on nous prenne pour des billes (oui hé ho ça va hein; ne me dites pas que vous n'y avez jamais pensé, je n'ai aucune confiance en vous j'en serais vraiment surprise). J'avais emporté au bord du lac 2 chef-d'oeuvres de la littérature moderne ("spiderman et wolverine contre le monde entier" et "votre maison, votre hérisson", ça fait bien si j'ai un accident et qu'on fouille dans mon sac pour trouver l'adresse du prêtre qui me confessera lorsque je passerai de l'autre côté du miroir. Je sens que je vais laisser à la postérité une image peu glorieuse), et je feuilletais d'un doigt non chalant (il ne tracte pas grand chose en ce moment, tout frétillant des délices printaniers à venir) le second, lorsque je suis tombée sur cet incipit préfigurant un reportage complet sur les salles de bain: " Lorsque tu te détends et que le moment est tranquille, écoute l'histoire que te raconte la mousse".  Je me suis approchée de la page et j'ai écouté attentivement, des fois qu'une bande-son à base de gongs et de clochettes célestes soit inclue dans la prestation, mais techniquement, nous n'en sommes encore pas là.

lg_glamour_puss_shower_capsPardon? Y a-t-il un Walt Disney pour retirer la bonde? Parce qu'une mousse de savon qui raconte des histoires, c'est tout de même plus fort que le service à thé enchanté des 3 fées, non? (En fait, je n'écoute jamais l'histoire que me raconte la mousse, je ne prends jamais de bain moussant. La mousse est toute froide alors que dessous, l'eau bout pratiquement, et ça crée une amplitude thermique très désagréable. En plus, je ne sais pas vous, mais après un bain moussant, on se retrouve avec une peau de varan, conçue pour résister aux chaleurs extrèmes et aux explosions atomiques. Oui, c'est une digression, et j'en suis fière. D'autres questions?).

Franchement, je n'aime pas qu'on me tutoie éhontément sous prétexte d'un air du temps new-age à 2 chakras débouchés, et je n'aime pas qu'on me raconte des carabistouilles. Qu'encore on me dise "lorsque tu as faim et que tout est serein, écoute l'histoire que te racontent les saucisses aux choux qui grillent dans l'âtre" ( et après tu écouteras l'histoire pétaradante que te raconte ton grand colon, et tu en feras profiter tes amis, car c'est une belle histoire), je veux bien. C'est limite mais bon, passe. Partant néanmoins du principe qu'avant de brailler comme un sagouin, il faut expérimenter, afin de savoir exactement de quoi on parle, j'ai pris un bain et j'ai déversé dedans une tonne de gel douche (il faudra un jour que quelqu'un m'explique la différence entre le gel douche et le bain moussant. Je n'ai pas l'impression qu'il soit utile d'avoir les deux). J'en sors à l'instant.

JE SUIS AU REGRET DE SIGNALER QUE C'EST UNE VASTE COUILLONNADE, QUE LA MOUSSE NE RACONTE PAS PLUS D'HISTOIRES QUE LA PÂTE DENTIFRICE OU QU'UN SET DE TABLE.

Par contre, on s'en met plein les oreilles et après, lorsque les petites bulles explosent contre votre tympan, ça fait pop pop psssshhhh pop et vous êtes sourd pendant 10 minutes aux autres bruits du monde. Ce qui fait que vous n'entendez pas la cafetière Italienne arriver à son point d'ébullition le plus haut et que du coup, café bouillu café foutu.

Je ne sais pas au juste pourquoi je mets cette chanson. Ah si, parce qu'elle me plaît bien et que quand je pète la forme, je fais un peu n'importe quoi.

" Lorsque l'aube est en train de poindre et que tu te balades devant tes fenêtres à moitié nue dans ton pyjama tout flappi, écoute l'histoire que te raconte ton voisin d'en face qui n'en perd pas une miette pendant que tu fais des expériences à la mords-moi-les-genoux".

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jeudi 08 mars

Il fallait que ce soit dit

party_perfectParfois, tout semble si parfait.

Bien sûr que ça vous est arrivé, cette sensation très particulière de ne plus rien devoir au temps, quand tout est plein, que tout est rond, ces nocturnes si douces qu'elles appartiennent au monde; en faire tout simplement partie.
Rien de plus, rien de moins, il s'agit juste d'harmonie.

Ces nocturnes spéciales qui nous rendent si beaux, si paisibles et si remplis.

Quand rien de mauvais ne peut arriver. Plus d'angles, plus de défauts, une douceur si fluide qu'elle vous ferme les yeux, vous berce les chevilles et que, lentement, le reste du monde vous prend dans ses bras.

Je ne sais pas trop où va ce blog, et je ne sais pas trop où je vais. Mais je suis si heureuse pour rien, pour tout, sans aucune raison, avec tous les possibles, je me sens ce soir si paisible et si accordée qu'il ne peut qu'en sortir du doux.

Merci.

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lundi 05 mars

dé-en bulle-er

affiche_2006_ultimasite2                     

On devrait toujours, à tout moment, pouvoir s'offrir une bulle et prendre le large.

Se décoller pour un instant la pellicule du quotidien, la saisir délicatement entre deux doigts, la soulever rien qu'un moment, et partir. Juste boire un café sur une terrasse à Belleville, lire le journal, regarder les pavés lécher silencieusement la rosée de l'aube, n'avoir de compte à rendre à rien d'autre qu'à son propre bonheur. Juste une journée pas loin du monde, comme ça, en claquant des doigts.

Ce serait comme l'indéfectible garantie de nos sourires.

Il faudrait le faire souvent, mais pas trop. Ce serait un beau paradoxe, se tenir loin pour un moment, et se retrouver tout à soi.

Et puis repartir à rebours. Mais pour aller devant.

Pas tout-à-fait complet, pas tout-à-fait tranquille, mais tout-à-fait vivant.

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lundi 26 février

Féérie animalière

les_belles_histoires_de_melle_bille        Par Toutatis, salut à tous (celle là, je la ressors de temps en temps mais pas trop souvent parce qu'après, vous allez croire que je ne me renouvelle pas, ce qui n'est pas tout-à-fait faux mais vous n'avez pas besoin de le savoir).

Au départ, j'avais prévu de partir en vacances à LaMotte-Achard, une petite ville située en Vendée de vous raconter mes claudications au pays des moines ( patience, votre heure viendra), mais voilà qu'il m'est tombé sous la main ce matin un rapport rédigé par le CNRS et intitulé :" sexualité dans les sociétés archaïques et évolution des pratiques". Ne me demandez pas comment c'est arrivé là, je ne cite pas mes sources. Et je raffole de ce genre d'information, pas spécialement en ce qui concerne le sexe, mais parce que j'aime bien savoir comment nous fonctionnons, ce qui ne m'est d'aucune utilité. C'est un plus.

Entre autres petites spécificités croustillantes dont je vous passe les détails parce que c'est lundi, et que vous êtes censés travailler, j'apprends que les hommes Hulis, en Papouasie, connus en Occident sous le nom d'"hommes à perruques" à cause de leurs chapeaux faits de cheveux humains (d'où le terme "il ne s'est pas shampouiné le chapeau ce matin" en cas de désordre mental) doivent sacrifier un cochon à chaque ébat, afin de s'attirer les bonnes grâce des célestes et d'éviter la contamination féminine. J'imagine que le taux d'infidélité chez les Hulis doit être assez bas, parce que si tu dois faire couiner un porc à chaque fois, bonjour la discrétion, autant envoyer des bristols au reste de la tribu. S'ensuit dans le rapport tout un tas de d'informations rigolotes (si vous voulez ce rapport, il va vous falloir payer très cher. N'y voyez pas d'offense mais c'est ainsi que je m'enrichis, c'est ça où je vole les sacs des petits vieux), et, après quelques feuillets un peu rébarbatifs, nous en arrivons aux pratiques sexuelles des civilisations dites évoluées, dont nous faisons partie. Alors là, j'en suis restée comme 2 ronds de flanc. Je pensais être assez au fait de la question, il n'en n'est rien. En ce qui me concerne, d'un point de vue purement sexuel, vous pouvez bien faire comme vous voulez, à partir du moment où c'est librement consenti et où vous foutez la paix aux enfants (dans le cas contraire, je me ferais une joie de vous faire sauter les yeux au burin émoussé, et croyez bien que j'y prendrais un rare plaisir); vous pouvez passer votre lune de miel avec un ananas ou avec Dumbo l'éléphant qui vole avec ses grandes oreilles, c'est votre affaire.

J'ignorais cependant l'existence d'une pratique, la "pony attitude" (chapitre "déviances et pratiques alternatives"). En gros, si vous êtes une femme, vous êtes censée mimer un canasson dans toutes ses attitudes, avec des talons de 17 cm et un harnais en cuir (je songe tout à coup que même si je le souhaitais, je ne pourrais pas être une pony girl. Juchée sur 17 cm, le syndrome "flamand rose" fait son apparition, et je roule-boule après un tangage transversal de 3 mètres. Sans compter que je me rabotte le crâne au plafond, ce qui n'est pas stylé ). Petite variante intéressante, la pony attitude s'accompagne en général de musique ("la piste aux étoiles" ou "la chevauchée des walkyries", je suppose). Une pony girl aguerrie doit savoir exécuter des figures compliquées et adopter toutes les attitudes équestres. C'est fou, non?

Je vous laisse un moment, afin que votre imagination travaille un petit peu....Vous y êtes? Bien.

A présent que votre imagination tourne à plein rendement, je vous laisse imaginer la pratique de la pony attitude dans une tribu Hulis.

Bon lundi.

ERRATUM (humanum est, quoi que...): Je m'aperçois en relisant le chapître concernant les déviances et pratiques que j'ai fait une petite erreur et je ne voudrais pas vous raconter n'importe quoi, parce qu'après, je vais perdre ma crédibilité et je ne serai plus invitée dans vos salons, sauf pour porter les petits plateaux de mignardises et servir les vins. Il n'est apparement pas obligatoire que les talons de vos chaussures fassent 17 cm exactement. Il suffit qu'ils soient considérés comme hauts. C'était excessif de ma part. Pardonnez moi.

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jeudi 15 février

L'appel (à purin) du jour

Paysanne       Mon problème, c'est que je n'arrive pas à la fermer bien longtemps. Mon amie psychiâtre m'assure que ça n'est pas pathologique, mais je crois bien qu'elle prend des gants, comme toute personne qui fréquente un dangereux border-line susceptible d'exploser à tout instant. Ce qui se comprend. Mais là, il fallait que je parle, car je suis inquiète.

On m'a commandé un article sur le terroir Savoyard (ça, ça va plaire au Président, je parie qu'il va vouloir une copie). Vous pensez bien si j'ai fait quelques cabrioles, j'adore les défis. Et puis, c'est assez séduisant de prendre rendez-vous avec quelqu'un qui dirige "la maison du reblochon", ou "la coopérative des jambons et diots de Savoie", ça vous change des expositions du musée d'art moderne. Encore que.

Le reblochon va mal, le reblochon est malade, les salaisons aussi(les fromages Savoyards ont une chanson: "je suis tombée par terre, c'est la faute à Claudia Schiffer, le nez dans la rigole, c'est la faute à Danacol"). Monsieur le président de la chambre du reblochon (ça ne s'invente pas) est extrèmement inquiet, il envisage de faire des fromages light et vendus en portions (Et après, on s'étonnera de trouver une vache hilare sur les boîtes). Quant au président de "la maison de la saucisse" (ça non plus, ça ne s'invente pas. Je me prends d'ailleurs à imaginer un mariage entre les rejetons de ces nobles familles. Au moment de la publication des bans, le typographe aura du mal à garder son sérieux), il fabrique depuis 3 ans des grosses  chipolata sans graisse ni sel, je vous laisse imaginer la saveur, ce doit être aussi goûtu qu'une gomme de pneu. Marché oblige. Personnellement, je ne mange un fromage ou de la charcuterie qu'après m'être assurée qu'ils vont faire grimper mon taux de cholestérol, je ne supporte pas la notion du light. C'est comme si, au lieu du voyage de noces à Waikiki promis, George vous offrait une série de diapositives avec des couchers de soleil et la bande-son d'Ushuaia. Question plaisir, c'est limite arnaque, vous avez tout soudain l'irrésistible devoir de coller un gifflon à l'impudent.

Sans rigoler, je trouve ça pathétique. Je sais par expérience que lorque vous dévorez un Tamié, vous avez tout intérêt à prévoir une immersion de la bouche en milieu sous-vide dans les 10 secondes, si vous ne voulez pas voir votre entourage se raréfier dangereusement. Voire disparaître dans un repli de l'espace. Quand vous parlez, c'est comme si vous balanciez une demi-tonne d'odeurs concrètes dans le nez de votre interlocuteur, ça laisse parfois des traces indélébiles. Avec du light, vous êtes tranquille, ça ne sent rien, sauf l'arnaque et la carence en vitamines. Lorsque nous serons de purs esprits, nous pourrons également voler.

C'est une chouette perspective.

Je vous fait un petit PS au terme de cette fastidieuse journée: c'est triste, mais je ne savais même pas qu'à présent, il était possible d'acheter de la fondue rapée au rayon frais de votre supermarché préféré (personnellement, j'aime assez Shoppi à cause du nom, mais il n'y en a pas près de chez moi. Alors je vais chez Labiadh, le petit Tunisien d'en bas qui vend des loukhoum transcendants). J'ai appris ça au "syndicat des fromages réunis" (ça ne s'invente toujours pas). J'ai bien peur qu'on ne finisse par acheter de la fondue en tube et de la saucisse au choux qui couine quand on la tranche, pour l'aspect ludique (remarquez, moi aussi ça me ferait rigoler).

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lundi 12 février

Viens t'amuser avec mademoiselle Bille (et après tu peux lui payer un restau si tu veux)

prison             C'est vraiment formidable de faire le gugusse dans un lieu public ET mystérieux, on retrouve son enfance et en plus, on rigole bien; ce qui est pris n'est plus à prendre. Moyens mis à votre disposition dans une ville d'art et d'histoire: les mairies, les musées, le château, les égoûts (mais là je vous suggère d'attendre la saison sèche) et surtout, les vieilles prisons.  Les prisons médiévales sont un instrument ludique fantastique, pour peu qu'on sache s'y prendre. En plus, on y apprend une foule de petites choses qui ne sont pas nécessaires à la survie de l'espèce. Tiens, par exemple, saviez vous que les deux expressions "l'affaire est dans le sac" et "l'audience est suspendue" venaient des vieilles prisons d'Annecy? Une telle révélation éblouit, je vais vous laisser le temps de reprendre votre souffle.

Au temps des geôles, des écuelles de bois, des tenailles à viscères et des pinces à langues, les compte-rendus d'audiences terminées étaient mis dans de petits sacs en jute (l'affaire est dans le sac) et suspendus à des crochets (l'audience est suspendue); cerise sur le gâteau, si je puis m'exprimer ainsi, la salle des crochets s'appelait la salle des crottes (crostes, en fait, mais ça se prononçait crotte). DONC, on peut en déduire qu'une espèce d'aboyeur braillait à chaque fin de procès: "oyez braves gens et gentille cour et messieurs les dignes par la malpeste, l'affaire est dans le sac, l'audience est suspendue dans la salle des crottes!" Vous avouerez quand même que c'est passionnant (enfin bon, peut-être pas autant que le dernier compte-rendu du MEDEF mais quand même). Surtout quand on imagine que le type en question avait des hauts-de-chausses tout flappis et troués, des scrofules sur le menton, la coiffure de Jacquouille et des ongles noirs comme des pelles à purin (les dents aussi d'ailleurs). Maintenant, si ce genre d'information ne vous impressionne pas, vous pouvez toujours vous amuser à faire peur aux visiteurs en feulant à travers un soupirail, c'est irrésistible (sauf si la personne visée a un pacemaker mais ça, vous ne pouviez pas le savoir). Autre amusement sans subtilité, accrocher un gant au vieil anneau du mur d'une cellule, ou dessiner à la craie un corps sur la paillasse en bois.

Celà dit, je vous laisse, j'ai ce soir une audience avec NeveuBille. Et compte-tenu de son jeune âge, ça risque de se passer en grande partie dans la salle des crottes.

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vendredi 09 février

Ma petite seconde de triomphe Warholien

microbilleDis donc dis donc dis donc, ça fait drôlement drôle de s'entendre dans le post. C'était hier sur la Radio Suisse Normande Romande, à 14.24h très exactement, juste là. Suffit de faire clic. http://helix-1.sri.ch/ramgen/rsr/rsr1/journal_infime/2007/journal-infime20070208-140000-56k-001.rm?start=00:00:00.000

En fait, je sais TRES BIEN mettre un petit lecteur sur un billet, mais je trouve qu'un lien bien galactique, ça fait plus Bogdanoff, je dois me mettre dans l'ambiance.

(Non, c'est pas vrai, je ne sais pas mettre le petit lecteur, sauf quand c'est radioblog qui le fait pour moi. Je suis une courge informatique. Et croyez bien que je le regrette. Et que j'en ai honte.)

Je ne sais pas vous, mais je trouve que c'est un peu bizarre quand c'est lu. Entre nous, je préfère l'écrit. Par contre, ça fait bigrement plaisir ( bon, faut pas non plus se la péter, c'est pas les Rougon-Macquart en 27 volumes).

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jeudi 01 février

      

Pour rafraîchir la mémoire des anciens du funiculaire (gloire à vous, ô Puissants) et pour marquer celle de ceux qui sont montés dans le troisième wagon (gloire à vous, ô Précieux). Encore aujourd'hui, lorsque je la regarde, j'en pleure, j'ai le Rimmel qui coule et du coup, on dirait Fétide Adams (quand on y réfléchit bien, c'est assez joli comme prénom, Fétide.) N'oubliez pas les HP; sans la musique, ça ne vaut pas tripette.

Salaud de Chesterfield.

( d'un autre côté, ça m'arrange bien,  je croule sous un chaudron de boulot)

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vendredi 26 janvier

CQFD

bille_pese_personne             "Wouha oh ça y est, j'ai mon pitch!" me suis -je surprise à penser hier après-midi, en essayant un jean dans les ténèbres solitaires d'une cabine (à ce sujet, j'aimerais adresser un message personnel à la firme Lewis, qui fait des 501 de plus en plus petits. ça n'est pas une bonne technique marketing de faire passer un 38 pour un 40. Après, on croit qu'on a grossi, on est très malheureux et on va se pendre dans le garage à vélo de l'immeuble, ce qui effraie les locataires et fait de la mauvaise publicité au quartier.). Je venais de trouver l'introduction d'un article assez pénible, à rendre avant le chant du coq (on dirait qu'un chroniqueur, ça ne bosse jamais (alors une chroniqueuse, vous pensez bien) mais en fait, nous sommes constamment au bureau, même lorsqu'on fait de petits sshuiiiip avec la bouche pour boire un nespresso (what else, oui, je sais). C'est en partie ce qui explique ce regard vague et particulièrement bête que nous affichons dès le point du jour. En fait, nous travaillons. Tout ça pour publier un billet follement drôle dans une publication qui tire à 50 exemplaires. En plus, en général, c'est un gratuit, ronéotypé selon la méthode Gutemberg et bourré de coquilles. En Romanche, bien sûr).

Ce qui m'a fait louper le troisième bouton, c'est cet aveu spontané d'avoir cédé à l'anglicisme ambiant. Et j'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé de mot Français pour remplacer "pitch" (encore maintenant, je cherche. truc? coloquinte? François 1er?). C'est comme pour "brainstorming". Si vous dîtes "réunion", on imagine plein de vieux types poussiéreux dans une pièce borgne meublée de chaises achetées en 1973, en même temps que celles de la salle des fêtes. Avec une cafetière-filtre qui fait plic plic parce que le sytème anti-goutte est déterioré. Mais si vous francisez le terme et que vous dîtes: "je suis à la bourre, j'ai une tempête de cerveau à 9.00!", le vôtre (de cerveau) aura bien chaud cet hiver parce qu'on va vous offrir un bel entonnoir à mettre dessus.

On ne dit plus non plus "je vais consulter mon emploi du temps", ça fait cahier de textes; on dit "je vais consulter mon schedule".  Remarquez, c'est tout de même mieux de ne pas tout traduire. Je vous défie de franciser "la rubrique people est très glamour" sans frôler le ridicule. Autre exemple: la chanson des Beatles "Lucy in the Sky with Diamond". En Français, c'est moins swinguant. D'autant que c'est aussi un acronyme et qu' L.C.D, ça ne veut pas dire la même chose que L.S.D ( et je ne crois pas que les Beatles aient été visionnaires à ce point).

Si vous couplez anglicisme et acronyme dans votre conversation, ça donnera donc à peu près ça: "je suis super speed, j'ai un brainstorming avec le DRH et après je vois le DG mais mon schedule est hyper full. En plus, j'ai pas le pitch pour le business plan et il n'y a plus de PQ dans les WC, c'est nimport nawak"; ce genre de phrase a le don de me déstabiliser complètement, et je reste en général face de mon interlocuteur, figée dans une rigidité de parcmètre, comme si j'attendais une traduction simultanée avant de répondre. J'ai crû bon d'ajouter la petite touche verlan sur la chute afin de dédramatiser. Mais si vous estimez qu'elle n'apporte rien, ne la lisez pas.

Je pense que nous sommes à présent en mesure de traduire le disque de Phaistos (qui n'est pas le CD d'un chanteur Grec comme on pourrait le croire), notre science du langage progresse à grands pas.

What else?

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