lundi 05 novembre
Je dois me rendre à un défilé de mode équitable et écologique (tu constateras, mon ami lecteur que je chéris au plus profond de mon coeur, que tu assistes, en même temps, au retour des préambules plein de verve et des petits dessins merdiqueux. Je ne voudrais pas me jeter un paquet de marguerites au front, mais c'est pas pour dire, je ne me fous pas de ta gueule).
Vous savez tous que la planète est en danger (à ce sujet, je tiens à préciser que la planète n'est pas réellement en danger. Nous la faisons tousser un peu plus qu'elle n'en n'a l'habitude, mais elle s'en sortira très bien sans nous. Par contre, je suis moins certaine en ce qui nous concerne. Rien ne m'énerve plus que ce manque d'humilité de l'espèce humaine. Si, le froid m'énerve aussi, mais moins). Donc, pour sauver la planète (ah ah), et rétablir un peu d'équité dans ce monde de brutes, des types extrèmement concernés par le partage des richesses et les énergies renouvelables, comme le président directeur général du Kipu Unlimited ou les actionnaires de Aboultonpeze Corporated, organisent des défilés de mode équitable et écologique. Bien entendu, je les crois sur parole, je ne vois pas pourquoi ce serait un prétexte à surfer sur une vague que le vulgum pecum (ou pecus si vous êtes fin latiniste. Il y a là-dessus querelle de clocher) subit à chaque fois qu'il allume sa radio, sa télé, ou son tam-tam (la transmission de l'information équitable par excellence). Une merveilleuse tornade de bonté et de conscience déferle sur le monde de l'économie, c'est fantastique, nous voilà sauvés. Et je fais mes courses chez Arthur et les minimoys.
Vos reconnaîtrez que sur le fond, dit comme ça, c'est assez obscur.
Rien n’est plus gracieux et raffiné qu’un chapeau en torchis, c'est vrai. Un peu de terre grasse, quelques brins de paille, et vous voilà coiffée d’un délicat petit bibi que vous envieront vos amies. C’est également une idée cadeau originale, songez-y. Attention ! Votre robe devra être à la hauteur de cet accessoire bourgeois. A l’occasion d’une balade en forêt, arrachez, d'un seul geste circulaire et précis, un plein tapis de mousse. Enveloppez vous en, et laissez sécher à même le corps. Les petits insectes dissimulés dans ses aspérités, une fois fossilisés, feront de ravissants boutons. Un point de colle, et le tour est joué ! (pour la colle équitable, vous pouvez utiliser de la résine de pin, sauf si vous êtes allergiques. Sinon, allez y carrément à la colle néoprène, personne ne songera à contrôler). Du côté de Carantec, on susurre, dans les milieux concernés, que la cape de varech serait LE must 2008. A porter absolument avec le dernier parfum de Karl Lagerfeld, aux fragrances d'huîtres équitables. Je laisse à votre talent le soin de confectionner une paire d’escarpins en ardoise (pour les talons bobines, coupez une pomme de pin en 2 moitiés égales).
Voilà l'idée que je me fais de la mode équitable et écologique.
Et j'imagine que le public, béat, pourra vérifier la traçabilité des matériaux et des tissus, et s'assurer que là-bas, au fin fond du Pakistan ou de la Colombie, cette démarche originale permettra à une famille d'artisans de s'offrir une bagouze de Karl.
Mais si ça se trouve, je me trompe lourdement. Un défilé de mode équitable et écologique, c'est peut-être un défilé dans lequel la futilité, les accessoires, les conversations imbéciles et renouvelables, et l'alcool à volonté, sont répartis de façon équitable entre tous les invités.
Pardonnez-moi, je suis énervée. Et lorsque je suis énervée, je ne m'appartiens plus. D'ailleurs, je ne suis en rien responsable de la rédaction de ce billet. Pierre Tornade a pris possession de mon corps et de mon esprit.
Je vais donc immédiatement changer de sujet, et vous raconter comment Joseph Lefrésu, boucher-charcutier à Vierzon, décida un matin de s'atteler à la reproduction du Taj-Mahal en boudin.
Car la culture du boudin est extrèmement florissante à Vierzon (un peu comme la fougère en Corrèze). Et quoi de plus vendeur qu'un magnifique Taj-Mahal en boudin?
Quel malin, ce Joseph Lefrésu.
samedi 03 novembre
Du bon usage d'une bibliothèque par temps couvert
Hier, je suis allée travailler à la bibliothèque (ces premiers mots annoncent le retour fracassant des préambules de haute volée), c'est épuisant.
Lorsque vous êtes habituée à travailler chez vous, avec la créature des tiroirs qui chante du Sinatra, l'imprimante qui se met à cracher des documents demandés 5 jours plus tôt, que skype émet une multitude de sons tous plus réjouissants les uns que les autres, et qu'en plus vous mettez en bruit de fond l'enregistrement live de la dernière révolte métallurgique de la société SNR, vous prenez des habitudes acoustiques assez vagues. Et surtout, vous perdez l'habitude de la vie en communauté. Ce qui n'est pas recommandé,
surtout si vous devez consulter un ouvrage de 1955, écrit par Paul Guichonnet (comment? vous ne savez pas qui est PaulGuichonnet? Notez bien, je peux comprendre, moi non plus je ne savais pas, jusqu'à ce que les Frahans déboulent dans ma vie). Cet ouvrage concerne un clan hypothétique qui aurait régné sur la Savoie il y a 100 000 ans et des brouettes. Bigre, quel frisson.
Une bibliothèque est un lieu pieux. Si une mouche pète à Hong-kong, et provoque une légère brise sur le document que vous êtes en train de consulter, le bibliothécaire prend l'avion, et se fait un devoir d'aller lui arracher les ailes à la pince de forgeron. Lorsqu' il revient, toute son attitude exprime la satisfaction du travail accompli. Ainsi qu'une certaine cruauté.
Alors vas-y, essaie d'allumer ton ordinateur sans baisser le son de Windows XP, tu vas voir un peu le sort qui t'est réservé, charogne.
Je me suis assise en face d'un lecteur qui semblait inoffensif, à la limite de la bonté bonhomme. Lorsqu' XP a tonitrué son existence, la bonté bonhomme s'est métamorphosée en quelque chose de beaucoup plus inquiétant.
J'ai eu l'impression de réveiller, par mégarde, un troupeau de velociraptors.
COURROUX DU LECTEUR: MODE D'EMPLOI
Sous la pression, vous perdez tout votre sang-froid.
Vous appuyez à la vitesse du son sur 22 000 touches différentes, dans l'espoir que l'une d'entre elles soit en liaison directe avec Gérard Majax. Mieux, vous tentez d'entrer en contact avec Gérard Majax. Mais il est ailleurs, occupé à faire disparaître un as de trèfle quelque part entre Biarritz et le bassin d'Arcachon. La petite
musique insupportable de Windows XP vient de vous présenter telle que vous êtes: un parfait gougnafier (est-ce qu'on peut écrire "une parfaite gougnafière"?). Car vous venez d'interrompre la lecture d'un poème de Ronsard, en ancien François, avec votre insupportable machine. Sois maudite, tu périras en enfer.
Gueuse abjecte ( pour l'intensité dramatique).
Un concert de "sssshhhhhhhhhhhhhh" indignés s'élève alors, et vous essuyez une marée de regards lourds de reproches, gonflés de courroux, et pleins de petits clous pointus. D'équinoxe, la marée. Vous avez intérêt à clouer le bec de votre ordinateur dans la nano, si vous ne voulez pas que le bibliothécaire lâche sur vous le titan plein de dents jaunes et pointues enchaîné à son siège. Un détail important, ne sous-estimez pas le titan. Il n'a qu'un seul bras, certes, mais terminé d'un poing fermé gigantesque. Dans quelques secondes, vous aurez l'épaisseur d'une feuille de papier-carbone, ne faites pas le malin. C'est en général ce moment que choisit l'appareil pour éructer une demi-tonne d'e-mails compressés. Lorsque je reçois un e-mail, un majordome extrèmement raffiné déboule sur mon écran en faisant claquer ses talons, et m'annonce d'une voix de baryton que je viens de recevoir un courrier de la plus haute importance.
Croyez moi, c'est bien la honte (mais aussi, est-ce ma faute si j'aime les gadgets imbéciles? Hein, dites moi, est-ce ma faute?)
Une fois que vous avez coupé le sifflet de votre ordinateur, essayez d'utiliser votre clavier en silence. Je vais vous donner un bon truc:
introduisez de petits morceaux de mouchoir en papier entre les touches, afin d'éviter le ploc ploc ploc rythmé qui va vous valoir une volée de baffons cinglants (autant qu'ils servent à quelque chose, ces mouchoirs. Car sachez le, vous n'êtes pas autorisé à vous moucher. Si vous avez le nez qui coule, tant pis pour vous, essuyez-le sur votre manche. Ne reniflez pas non plus, c'est tabou. Et très mal élevé. ET SURTOUT, NE TOUSSEZ PAS. A moins que vous n'aimiez le danger). Ne regardez pas votre adversaire droit dans les yeux. Continuez de travailler tête baissée, soyez humble. D'autant que vous ne le savez pas encore, mais votre téléphone portable, celui que vous avez oublié d'éteindre, va sonner dans 2 minutes, et vous donner l'occasion d'observer l'effet produit par une sonnerie de ferry sur un auditoire catatonique. Pour vous donner une idée, c'est un peu comme si Louis Armstrong venait claironner "hello Dolly" à 2 cm de l'oreille d'un dalai-lama en méditation.
Votre téléphone s'agite en pure perte au fin fond de la doublure de votre sac de marin, dans un recoin dont vous ignoriez jusqu'alors l'existence. Plusieurs solutions s'offrent à vous:
*Vous abandonnez tout, en l'état, et vous partez sur l'heure en micronésie. *Vous jetez votre sac au visage du bibliothécaire, et vous enfoncez une poutrelle en acier dans les yeux du titan. *Vous restez de marbre, vous campez sur vos positions, et vous affrontez avec une certaine suffisance l'ensemble des lecteurs, avant que de vous faire aplatir l'arrière du crâne par la bible de Gustave Doré. Et d'être jetée en pâture au titan. * Vous plantez crânement votre regard à l'intérieur de celui de votre voisin et vous tentez de l'hypnotiser. Et de lui faire croire que c'est son portable qui dérange tout le monde. Bref, vous le culpabilisez (un peu comme ceux qui pètent dans un espace confiné, et vous regardent comme si c'était vous, le terroriste qui vient de lâcher une bombe à purin).
Sachez le, quoi que vous fassiez, aucune de ces possibilités ne fonctionne. Soyez fair-play, payez un coup à boire à tout le monde, jouez sur la grande solidarité humaine, parlez du réchauffement climatique, et sortez votre catapulte.
Une fois que vous aurez fait place nette, n'oubliez pas de rafler les portefeuilles. Et les clefs des appartements.
Et écoutez votre message, c'est peut-être important.
mercredi 31 octobre
Mémoires d'outre-tombe
Je vais ce soir partager avec vous un de mes trucs infaillibles pour une soirée d'Halloween totalement réussie.
J'aime vous faire profiter de mes secrets, je sais que vous en faites bon usage.
Il ne suffit pas de récurer la baignoire avec vos cheveux, de racler un égouts avec vos ongles, et de manger une demi-tonne d'époisse au marc pour effrayer vos voisins, vos amis, et surtout les enfants qui viennent sonner à votre porte (par contre, sachez qu'il s'agit de la bonne méthode pour décoller votre papier-peint), dans l'espoir douteux d'obtenir de vous des choses que la morale réprouve (demandez à frère étiquette et péchés en tout genre, cf précédent billet).
Il n'y a pas 10 minutes, les derniers venus ont récolté un vieil artichaut qui traînait dans mon réfrigérateur depuis la guerre des Gaules. Il avait un peu une consistance de pâte d'amande, ah ah je les ai bien eu.
ça leur apprendra à écouter leur instinct.
Vous devez vous vêtir d'oripeaux pour les accueillir; un vieux pyjama qui vous sert à cirer vos chaussures fera l'affaire. Vous pouvez également mettre en fond sonore "massacre à la tronçonneuse", ou le requiem de Fauré (d'ailleurs, c'est mieux. Il y a peu de chance pour qu'ils connaissent le requiem de Fauré, alors que "massacre à la tronçonneuse" représente à leurs yeux une forme d'amour courtois. A la réflexion, vous perdriez votre temps). Lorsque la sonnette retentit, émettez un grognement inhumain, et n'ouvrez pas. Si les enfants insistent, dirigez vous d'un pas lourd et boiteux vers la porte (mettez au besoin les chaussures de ski de votre grand-père, celles qu'un forgeron des alpages a confectionnées avec une barre de plomb en 1913. Il s'appelait Hephaistos. Si je me souviens bien, il venait de Grèce, et était un peu grognon d'avoir loupé son ascension sociale sur l'Olympe. Il était lui-même boiteux et contrefait, ce qui ne l'a pas empêché d'épouser une beauté locale, malgré tout. Rien n'est jamais perdu. Ni gagné d'ailleurs. Ce que la vie nous enseigne quand même, non mais c'est fou). Pour corser un peu l'affaire, enfoncez-vous deux clous de tapissier dans les tempes, et cousez vos paupières avec du fil fluo.
Agitez de temps en temps une crécelle, et prenez un air sinistre.
Lorsque vous ouvrirez la porte, dissimulez votre main droite dans votre manche, et laissez apparaître à la place 1) un tournevis 2) une
scie sauteuse dont vous aurez garni la lame d'un chapelet de tripaille 3) une soupière 4) une pantoufle 5) une défense d'éléphant. Laissez apparaître votre vraie main si elle est déformée, ou si vous avez la chance de posséder 7 doigts ( laissez vos ongles pousser toute l'année précédente). Ambiance effrayante garantie, vous allez bien rire.
Les enfants beaucoup moins. Mais l'important, c'est votre propre plaisir. N'oubliez jamais que "charité bien ordonnée commence par soi-même".
Et que l'enfant qui sommeille en vous ne demande qu'à se réveiller.
Auparavant, allez sonner chez votre voisine cacochyme pour lui demander de l'ail. Si elle se plie de bonne grâce à votre requête, votre déguisement est raté. MAIS, si elle s'écroule sur le paillasson, il est réussi. Et si son chien nain se jette sur votre cheville, décochez lui un bon coup de masse d'arme, et laissez le pour mort dans le couloir. N'enlevez pas les cadavres. Ce stratagème devrait suffire à décourager les petits gueux.
Pensez aussi, 3 jours plus tôt, à dénicher un virus. Un dont les effets soient physiquement désastreux. Sous nos latitudes, il n'est guère aisé de contracter la peste bubonique. Ni la lèpre (et poutant, glisser subrepticement un vrai doigts dans le sac de bonbons est une blague désopilante). Mais une bonne grippe devrait faire l'affaire, je viens de tomber en arrêt cardiaque en croisant mon reflet dans le miroir de la salle de bain.
lundi 29 octobre
J'ai le plaisir de vous annoncer que je me paie ma première grande crève de l'automne, et que je viens, à l'instant, de faire péter le mercure du thermomètre. Plic, comme ça. J'ai des pouvoirs déments.
Je vais donc garder le lit quelques jours (d'aucuns prétendent que cette expression serait tombée en désuétude. Je m'oppose à cette vision simpliste de la langue française).
Veuillez envoyer vos dons aux 3 Suisses, dont la chaleur des couettes s'avère inefficace. Il serait temps de leurs fournir les crédits nécessaires à des recherches plus poussées sur le duvet d'oie, je vous trouve un rien pingres.
Sinon, j'accepte les couvertures en peau d'orignal, et le rhum chaud. Si toutefois vous aviez d'autres suggestions, n'hésitez pas.
L'union fait la force ( et l'espion fait du morse. je sais, mais c'est à cause de la fièvre).
Je garderai le contact avec vous par la seule force de ma pensée.
J'ai des pouvoirs déments. Ugh (au frais. Je sais. Saleté de fièvre).
mercredi 24 octobre
la loi des attractions
Vous comprenez, je n'était pas à Paris QUE pour faire le gugusse et avoir envie, j'étais invitée à une soirée professionnelle, pour rencontrer tout plein de gens que je n'avais jamais vus et qui, du coup, ne m'avais jamais rencontrée non plus.
Ce qui fait que vous vous baladez d'un bout à l'autre de la pièce avec un gros badge en plastique qui indique vos noms, prénoms et qualités (la bonté, par exemple), les doigts fermement cramponnés à votre verre, vu que vous allez le garder un bon moment.
Avant de plonger dans un état d'ébriété soudain.
Mais pour l'heure, vous avez fermement l'intention de vous en tenir à la consommation unique. Si vous êtes myope, pensez bien à oublier vos lunettes. Vous passerez ainsi de nombreux instants le nez à 2 cm d'une multitude de cravates chatoyantes, afin de lire les badges, c'est une expérience sensorielle inédite. Je vous la recommande.
J'aime bien les pince-fesses, surtout les pince-fesses un peu surannés, bon enfant, ceux auxquels vous avez des chances d'être invitée dans une ville comme Limoges ou Partenay. Sauf que celui-ci se passe à Paris. Ces pince-fesses là sont toujours bourrés de surprises assez rigolotes, des attractions charmantes auxquelles vous vous attendez vaguement, sans réellement croire que ça va arriver pour de vrai.
Et bien si. Ça arrive pour de vrai. Dans ces soirées là, un magicien qui ressemble à Harvey Keitel interrompt à tout bout de champs votre conversation pour vous faire un tour de cartes, vous dérober votre chaussette droite (celle qui a un début de trou au bout du gros orteil), ou vous subtiliser votre coupe de champagne, sous les murmures ébahis de la proche périphérie. C'est une des attractions du soir, il y en aura d'autres.
Et chaque fois que vous engagez une conversation professionnelle
avec un gros monsieur qui a l'air important, et sans doute déterminant pour la suite de votre carrière, Harvey Keitel apparaît entre lui et vous, et hop, votre portefeuille se transforme en pigeon, et votre coupe de champagne disparaît. Du coup, pour vous donner une contenance, vous faites un dixième passage au bar, où vous veillez bien à ne pas choisir le même serveur (d'autant qu'avec votre portefeuille qui roucoule, vous n'avez pas l'air bien maligne).
Tout à coup, un cercle se forme au milieu de la salle. Une violoniste apparaît, et se met à jouer de vieux airs slaves en souriant, et elle secoue la tête en faisant "hey! hey!", et elle tape du pied en cadence. C'est la seconde attraction. Son regard tourne autour de l'auditoire, ça commence à sentir le roussi. Vous reculez de 3 pas, toujours pilotée par votre coupe de champagne qui fait office de boussole, vous vous demandez bien comment il se fait qu'Harvey Keitel ne soit pas encore apparu, vu qu'elle est vide. Méfiance. Mais vous aurez beau faire marche-arrière jusqu'à Marne-la-vallée, la violoniste slave vous retrouvera toujours, elle veut vous faire chanter "le violon sur le toit" (probablement parce qu'elle sait que vous êtes une fan d'Yvan Rebroff. Je tiens à préciser, à ce sujet, que les raisons de
mon amour pour Yvan Rebroff prennent racine dans ma lointaine enfance, je n'en dirai pas plus, il est inutile d'insister). Et tous ces gens que vous ne connaissez pas vont frapper leurs mains et crier "allez! allez! hey! hey! melle Bille! hey! hey!" (parce qu'ils n'ont pas oublié leurs lunettes, eux; et qu'ils ont parfaitement mémorisé vos noms, prénoms, et qualités. La poisse, par exemple). Sous la pression, vous esquissez un très timide "diguidiguidi", en fermant les yeux et en espérant que cette frénésie vocale va gagner le reste de la foule. Bernique. Vous êtes seule, c'est un moment horrible. N'oubliez pas que c'est la première fois que vous rencontrez tous ces gens, et qu'ils vont avoir cet unique souvenir gravé dans leurs mémoires. Le jour où vous allez téléphoner à un rédacteur-en-chef pour lui proposer un article, il vous imaginera avec une toque en fourrure, un verre de champagne à la main, en train de brailler "diguediguedi" à la cantonnade. Les souvenirs sont toujours déformés par le temps, et par une espèce d'abstraction de la réalité. En clair, il vous prendra pour Topol.
Ça fait bien cossu comme carte de visite.
Le clou de la soirée arrive lorsque vous vous rendez compte que deux caricaturistes ont passé tout leur temps à crayonner les portraits des invités. De profil. C'est la troisième attraction. Ils les ont accrochés au dessus du bar (quatrième attraction). Vous vous cherchez un petit moment, intriguée, jusqu'à ce que vous découvriez avec frayeur que c'est vous, l'espèce d'ornithorynque à poils blonds, tout en bas à gauche. Vos noms, prenoms et qualités (le dépit, par exemple) sont inscrits au feutre gras sur le dessin. Ca facilitera la tâche du rédacteur-en-chef lorque vous allez lui téléphoner; il se souviendra de Topol, mais en blond.
Vous n'avez plus que l'alternative de vous en remettre au ciel. Quoi qu'il arrive, c'est votre destin, vous n'échapperez jamais à Harvey Keitel.
Ni à la violoniste Slave.
Et le bon dieu mettra toujours sur votre route des caricaturistes.
Merci, mon dieu (youkaïdi, par exemple)
jeudi 18 octobre

mardi 16 octobre
C'est de plus en plus pénible, les titres. A part les calembours minables, je ne vois plus bien quoi écrire.

Nous avons appris Dimanche à rater un week-end, nous allons apprendre aujourd'hui à rater un rendez-vous. Si vous êtes intéressés, je peux également vous donner quelques conseils pour rater toute une semaine ( je signale à ce sujet que je dois être à Paris Vendredi, et que les syndicats ont obscurément envisagé de prolonger leur grève. Mais pour l'instant, tenons-nous en au présent, c'est un conseil de Buddha). Et je te prie que tu me laisses parler, même si ça ne présente qu'un intérêt Minor (tu vas voir le film et tu
arrêtes de lire les critiques, tu écoutes l'extraordinaire colère intelligente de JJ Beineix qui défend le film de son copain, et tu te marres bien). Et je te prie que tu ne critiques pas cette syntaxe, j'ai repris mes cours de Valaisan. C'est pour ça, ça me perturbe.
Vous avez un rendez-vous à midi, pour le déjeuner:
Partez à 11.45, en vélo, alors que le rendez-vous se situe à l'autre bout de la ville. C'est bon pour les fesses. Pour faire bonne impression, mettez une chemise blanche; un peu large, la chemise, pour pédaler tout-à-votre aise (bien sûr que si que ça fait marcher les bras, le vélo. Et les poumons aussi, ceux qui se voient, et les autres). Déraillez. Essayez de remettre la chaîne en place sans aide extérieure (tout le monde n'a pas un mécano dans son sac-à-main. C'est comme ça, la vie). Une fois que vos ongles seront bien incrustés de cambouis, relevez la mèche qui vous donne cet air follement classe que tout le monde vous envie, puis frottez vous le front. N'oubliez pas de mettre votre vélo sur la béquille pour remettre la chaîne. Ainsi, la pédale va venir s'appuyer contre, et vous allez croire que le dérailleur tout entier est hors d'usage (j'envoie un petit schéma sur demande, à condition que vous soyez contre le réchauffement de la planète. Si vous êtes pour, tapez dièse).
Car si vous êtes capable de développer tout un paquet de théories fumeuses dans des domaines qui n'intéressent que vous, question pratique, vous êtes aussi efficace qu'un savon. C'est à ce moment précis que vous allez, de colère, envoyer votre sac en orbite autour d'Alpha du centaure. Dommage, votre sac contient tous vos effets personnels, portefeuille, carnet, briquet, stylo, poney nain, et vos clefs. Elles vont rouler dans un égout lorsque votre sac sera rejeté
par Alpha du centaure. Bravo, vous êtes à la porte de votre propre maison, vous ne pourrez pas récupérer votre voiture (que vous avez garée la veille sur la place du marché, qui a lieu le mercredi, c'est à dire demain. Laissez faire les agents de la fourrière, ils sont très efficaces et vous êtes en terrain connu), ni cadenasser votre vélo. Jusqu'ici, c'est un succès.
Vous allez avoir un éclair de lucidité. Profitez-en, ça ne dure jamais. Vous allez comprendre que le dérailleur n'est pas coincé, que la pédale vient tout simplement buter sur la béquille. Vous avez donc le QI d'un cendrier, mais vous évoluez de temps à autres vers celui d'un insecte. Une mite, par exemple. C'est une nouvelle qui n'en n'est pas vraiment une, Darwin explique ça très bien, relisez-le à l'occasion.
Mais pas tout de suite, vous saliriez toutes les pages. Après, la théorie de l'évolution ressemblerait à une ardoise magique. Ce qui n'est pas complètement idiot, d'ailleurs.
Tout de suite, grattez-vous furieusement le cou, le coude et la nuque. C'est fait, vous pouvez échanger votre chemise blanche contre la salopette de Rémi Julienne, il n'y verra que du feu. La prochaine fois, prévoyez aussi de mettre un pantalon à pattes d'éléphant. Ainsi, vous pourrez en coincer les revers dans la chaîne du vélo. Tant qu'à faire, autant ne pas mégoter.
Téléphonez à votre rendez-vous pour lui signaler votre léger retard. C'est fait, votre téléphone ressemble à un bout de charbon. Encore
une victoire.
Relevez une dernière fois cette mèche follement classe que tout le monde vous envie, afin de vous assurer que la teinture a bien pris.
Une fois arrivée sur votre lieu de rendez-vous, allez vous laver dans les toilettes. Passez discrètement derrière la personne avec laquelle vous devez déjeuner. Si elle se retourne, sifflotez un blues, elle vous prendra pour John Lee Hooker. Adressez lui un signe négligent et dite "yeah, man". Vous serez étonné de voir à quel point de simples signes comme ceux-ci peuvent dérouter et semer le doute. N'en n'abusez pas, cependant, et n'adoptez pas pour autant une démarche nonchalante et élastique à la "huggy les bons tuyaux". N'oubliez pas: trop d'information tue l'information.
Pour votre chemise, il n'y a pas grand chose à faire. Jouez l'humour, et proposez tout-de-go un devis de ramonage à votre interlocuteur. Cher. Ca lui coupera d'emblée l'envie de faire de l'esprit. Quant à votre vélo, plutôt que courir le risque de vous le faire voler (puisque vous ne pouvez plus le cadenasser), jetez le directement dans le lac. Plaouf. D'un geste ample et harmonieux.
Ça donnera de la matière aux archéologues des temps futurs.
Bon, je vous laisse, je dois aller rater mon cours de plongée.
PS: t'as vu comme c'est chiant, un billet plein de liens? (bon, tu me diras, tu n'es pas obligé de cliquer dessus non plus)
dimanche 14 octobre
Je te laisse mettre un titre de ton choix.
Tu as déjà passé 2 jours entiers avec Jacques Brel?
Non?
Je vais donc te fournir dès aujourd'hui une de mes recettes infaillibles pour foirer en douceur ton week-end. Ne me remercie pas, c'est à charge de revanche.
Tout d'abord, il faut que tu sois invitée dans un endroit que tu ne connais pas. Tu te souviens des grosses pochette-surprises de ton enfance, des fois elles étaient presque aussi grandes que toi? Tu déchirais le papier rouge et jaune avec les dents, jamais tu n'avais eu autant de doigts pour tout bousiller, tu enfouissais ta tête dans un quintal de papier journal tout baveux, et tu trouvais, tout au fond, une crécelle à lépreux, ou un minuscule camion en plastique. Si tu avais de la chance, le camion était accompagné de sa remorque (mais on a rarement vu la crécelle à lépreux accompagnée de sa lèpre. Tout de même, nous parlons de l'enfance. Modérez vos ardeurs), mais, 9 fois sur 10, tu découvrais que tu l'avais pulvérisée, parce qu'elle était cachée dans un des morceaux de papier que tu avais piétiné dans ton impatience. Qu'importe, ça n'était pas tant l'objet de la surprise qui t'importait. C'est le délicieux sentiment qui l'accompagnait.
Tu peux retrouver ce
sentiment précieux, cette espèce de frétillement gourmand et curieux, lorsque tu es invitée dans un endroit inconnu. Tu ne sais pas où tu mets les pieds et, mieux encore, tu ne connais pas tes hôtes. Ce sont des amis d'amis qui viennent de faire l'acquisition de cette merveilleuse vieille bâtisse Savoyarde pleine de trous à 1000 kilomètres d'altitude, là où tu peux encore croiser des loups, des ours, et des araignées millénaires. Et plein de consanguins.
Chic, une surprise.
Il est essentiel que tu gardes une chose à l'esprit: loin, en bas, dans la vallée, tes amis s'apprêtent à faire une fête à tout casser, avec des perruques de crétins sur la tête, et des cornes de brume qu'ils vont faire retentir dans la nuit, en cas de victoire (en cas de défaite, ils seront trop saoûls pour actionner le mécanisme). Mais tu as choisi la surprise, en partie parce que tu voulais échapper au retour des alpages, qui transforme chaque année, ce samedi précis, ta rue en champs de bousins (je me demande s'il ne serait pas judicieux de détourner le chemin des vaches à l'avenir, un peu plus à l'est; sur Rome, par exemple).
Bref, tu as le coeur lourd de regrets, mais tu sais que tu ne maîtrises pas encore le don d'ubiquité, ni le transport moléculaire, tu fais voeu de t'y mettre plus sérieusement à l'avenir, et tu te remplis de cette petite surprise qui crépite, là-haut, sur la montagne, l'était un blanc chalet.
Avec des murs blancs, un toit de bardeaux, devant la porte, un vieux bouleau, etc, etc. Et tu te dis que, de toutes manières, tu vas regarder le match quand même, malgré que tu aies sur la tête un bonnet en laine polaire plutôt qu'une perruque de crétin.
Assure toi que les amis de tes amis n'aient pas la télévision.
Par contre, ils ont un équipement hi-fi qui fait tomber les falaises lorsque tu le mets en marche. Qui déracine les arbres, aussi. Et les amis de tes amis sont des inconditionnels de chanson française, Aznavour en général et Jacques Brel en particulier.
ça tombe bien, c'est précisément ce que tu détestes le plus dans la chanson Française.
Je sais qu'il n'est jamais très bon de toucher aux icônes (essaie simplement d'en regarder une de travers sur le mont Athos, tu vas voir la mandale à te décoller le bulbe que va te retourner frère Vassilis), mais rien ne me déprime plus que Jacques Brel. Je n'y peux rien, c'est comme ça depuis que je suis toute petite. Tu me fais écouter du Jacques Brel, je deviens toute verte et je me mets à pleurer, comme ça, sans raison (enfin si, il y a une raison, j'écoute du Jacques Brel). Et je perds ma foi en l'être humain. Il m'arrive même d'être saisie du haut mal et là, je ne te conseille pas d'essayer de me maîtriser, à moins que tu ne souhaites te faire expédier aux antipodes en passant par les anneaux de Saturne. Quant à Aznavour, c'est bien simple, je refuse tout simplement son existence, c'est encore un truc auquel David Copperfield essaie de nous faire croire (il est fort, quand même, ce David Copperfield).
C'est à ce moment que ton week-end va prendre cet aspect foireux intéressant dont nous avons parlé plus haut.
Il faut que tu gardes à l'esprit que tu es éduquée, respectueuse, reconnaissante, aussi, d'être invitée dans un endroit aussi bucolique, au coeur d'une sylve
inhospitalière où, en cherchant bien, tu dois pouvoir trouver des fossiles enfouis sous les mousses carnivores. Si les mort-vivants et les consanguins te laissent sortir. Tu aimes les gens passionnés aussi. Souviens toi (sauf lorsqu'ils te raient les dents avec leur passion. Là, tu pourrais tuer. Mais souviens toi aussi que tes parents ont passé une bonne partie de leur temps à t'éduquer correctement. En tout cas, ils ont essayé. Faillir fait parfois partie de l'expérience). Et tu ne peux décemment pas en vouloir à quelqu'un s'il aime Jacques Brel et Charles Aznavour; par contre, tu as le droit de trouver un peu limite le fait qu'on te l'impose à l'apéro, pendant le repas, à l'heure de la gnôle et à l'heure de la re-gnôle (n'oublie pas que tes amis sont dans un cul de basse fosse en train de faire la fête avec leurs perruques de crétins, qu'est-ce qu'ils rigolent; d'ailleurs, ils n'ont même pas remarqué ton absence, tellement ils rigolent). Au petit matin (tu ne sais pas que c'est le matin, tu as juste un léger doute. Parce que les arbres sont tellement touffus que tu ne distingues jamais la nuit du jour. Mais ton horloge biologique te maintient en alerte, au cas où le soleil serait tombé dans un gouffre).
Et là, qu'est-ce que tu entends jaillir du parquet?
Je te le donne en mille: Jacques Brel.
Et il n'a pas l'intention de te foutre la paix.
Tu maîtrises à grand peine un tremblement à 12 sur l'échelle de richter, ce n'est qu'un réflexe purement physique, il ne faut pas t'inquiéter. Tu pleures, aussi. Mais c'est normal. Il se peut que tu aies envie de faire le poirier, de donner à manger à
des lions, ou de t'enfoncer des brins de paille sous les ongles. Tu peux aussi, mais plus rarement, décider d'aller mourir dans un parking de super-U.
Prends simplement ton mal en patience, Jacques Brel n'a écrit et chanté que 7217 chansons de 22 minutes chacune, et les amis de tes amis sont intarissables sur les nombreuses anecdotes liées à sa vie. A celle de Charles Aznavour, aussi. Mais tu n'auras malheureusement pas le temps de les entendre, car tu dois redescendre à la ville, là-bas, loin, dans la vallée. Et si tu veux y être avant la nuit, il faut que tu partes maintenant. Et tu regardes d'un air bien louche et hostile l'ami qui t'as amenée chez ses amis. Tu vas tenter de retrouver les déchets humains qui t'ont oubliée et que tu appelais amis, autrefois. Ceux qui ont dansé la lambada toute la nuit avec des perruques de crétins, pendant que tu écoutais le répertoir intégral de Jacques Brel.
Ils ont dû bien s'emmerder.
mardi 09 octobre
Jamais tu ne regretteras d'avoir lu ce billet. Non, jamais. Même si tu l'as déjà lu. Jamais.
Je présente toutes mes excuses aux lecteurs de mon ancien blog, ils ont déjà lu ce billet (remanié néanmoins), je suis une face de rat . Voyez-vous, c'est que j'ai une enquête à faire sur le thème "mais pourquoi donc la maison Starck vendue aux 3 Suisses a-t-elle fait un flop en 1994, alors que les maisons Borloo avec du parquet en fibres de pastis marchent du tonnerre de zeus, sauf en Haute-Savoie?". Hein? Pourquoi?
J'ai déjà quelques éléments de réponse.
La maison Starck était vendue par correspondance, et je suis passée 2 fois par ce type d'achat.
La première fois, c'était mon futon.
J'ai mis 3 mois à l'obtenir, et lorsqu'il est arrivé, j'avais oublié qu'à la base, ce lit est conçu par, et pour, des nippons minuscules (et cruels. Dormir sur un futon équivaut à faire un somme à l’intérieur d’une boule à thé tapissée de petits clous). J'ai donc renvoyé le tout (qui tenait dans une caisse à bière) pour me faire rapatrier un futon qui soit à même d'accueillir oui-oui ET sa compagne, et inversement (j'ignore le nom de la compagne de Oui-oui d'ailleurs. Quelqu'un aurait une information?). 4 mois plus tard, jurant mais un peu tard qu'on ne m'y prendrait plus, je dormais enfin à 3 cm du sol (depuis, j’ai revu à la baisse mon engouement pour les techniques de sommeil orientales, et je me contente d’un bête matelas. Mon snobisme en prend un sacré coup, mais mon dos lui dit merci).
Comme j'ai une mémoire de mouche, je me suis, cette année, commandé un ravissant manteau. Je précise qu'en Haute-Savoie, nous n'avons que 2 saisons et que l'une d'entre elle, l'été, ne dure qu'une semaine. J'ai donc passé commande au mois de Juin. Je précise aussi qu'on m'offrait en cadeau une couette et une lampe de lecture, les deux forts utiles lors des épidémies de peste noire qui vous clouent au lit des mois entiers. Après 11 très longues semaines d'attente, et quelques péripéties rocambolesques qui ne méritent même pas d'être mentionnées (de toute manière, vous ne me croiriez pas), au cours desquelles j’ai vu avec terreur le ciel s’obscurcir et le thermomètre afficher un dénivelé que je n'aimerais pas remonter en patin-à-roulettes, j'ai ENFIN reçu mon manteau, et mes
deux cadeaux.
La couette fait 1 mètre sur 1 mètre. Je pense qu'il s'agit d'une couette réfrigérante destinée à la population du Burundi, elle a l'épaisseur d'une compresse stérile et tient dans une enveloppe de carte postale. Quant à la lampe de lecture, c'est une espèce de bâton de réglisse rose et mou qui se tord dans tous les sens, et qui se fixe au moyen d'une pince qui déchiquette instantanément la couverture du livre auquel on la fixe. Notez bien que ça n'a pas grande importance, vu qu'elle ne fonctionne qu'en mode binaire, une page sur deux. Il y a un faux contact qui lui donne un petit côté lampe disco assez fascinant. Habitués de la lecture en diagonale, sachez que le faisceau de cet étonnant gadget n'éclaire que 2 mots en même temps, alors que sur la photo, on est en droit de penser que vous pouvez faire des signaux aux extra-terrestres, un soir de tempête.
Le manteau n'est pas de la bonne couleur, mais je n'ai pas eu le cœur de le renvoyer. Compte tenu des délais, je recevrai le nouveau d'ici le 30 Juillet prochain, qui est précisément le début de la semaine estivale Savoyarde. Je vais donc le garder, lui et sa couleur bien moche, me servir de la couette comme d'un torchon pour cuillère à moka, et utiliser la lampe de lecture à des fins crapuleuses, en me la fixant sur l'épaule, le faisceau dirigé vers la bouche, pour faire peur au chien de ma voisine, dans la pénombre du couloir.
J'en ri d'avance.
vendredi 05 octobre
Mesure-tu bien ta chance, ami vagabond?
Ce billet n'étant plus d'actualité, je le remplace par celui-ci, simple et concis.
Mais tu écoutes QUAND MEME LE METAL KARTOON avec mon vrai petit frère en couleurs à l'intérieur. Je l'aime et je l'admire.
Tiens, écoute moi ça. Tu vois, ç'est pas d'la merde , je savais que ça te plairait.
Alors, c'est d'la merde peut-être? Te voilà conquis, je le savais.
Je ne rigole pas, c'est vrai. Et franchement, je ne vois pas pourquoi je te mentirais, je n'en tirerais aucun profit. Bon, je rigolerais deux minutes de ta déconfiture, certes, mais au final, sincèrement, bernique. Alors tu vois bien si ça vaut la peine, hein.



