Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

lundi 06 août

Sans foie ni loi (ah ah elle est bien bonne)

La loi des séries, ça n'est pas du pipeau (le pipeau, c'était dans la série "Nans le berger"; Celle-ci, c'est la série "au nom de la loi", avec Steve MacQueen à l'époque où il avait une tête de yoghourt avec un stetson beige par-dessus, pour que ça ne se voit pas trop). Alors oui, bien sûr, je pourrais faire un billet sur la traduction Moldave de l'épopée de Gilgamesh en braille; bien sûr, je pourrais vous apprendre, si vous ne le savez pas déjà, que le pays le plus heureux au monde est le Danemark (on se demande bien pourquoi. Moi, j'aurais misé sur Waikiki), et développer tout un tas de chapitres (tiens, cette nuit, j'ai rêvé que je possédais un magnifique écran plasma, ça me revient tout d'un coup). Bien sûr. Ce serait épatant, vous apprendriez plein de choses, ce serait très gratifiant pour moi car vous me diriez "merci, ô Bille, nous sommes en ton pouvoir, tu es merveille et abondance, gloire gloire hosanna au plus haut des cieux, précieuse". Bien sûr.

cocktails2_les_secretsTout celà est bien tentant.

Mais non.

PARCE QUE BONJOUR COMME JE DEGUSTE DEPUIS 5 JOURS AVEC L'IMPRESSION D'AVOIR UNE CEINTURE GIBAUD GREFFEE A L'INTERIEUR DES ROGNONS, ET DU SIPOREX A LA PLACE DU DIAPHRAGME.

ça n'a l'air de rien, comme ça, mais je vous garantis que ça ne facilite pas la communication avec les autres représentants de l'espèce. Tiens, je vous donne un exemple. Ce week-end, j'étais dans la capitale, où j'avais rendez vous, entre autres, avec des gens sympathiques chargés de me construire un voyage professionnel. Vous avez déjà essayé de vous concentrer sur ce que raconte votre interlocuteur pendant que toute votre attention est mobilisée par une lutte interne aux limites du supportable? Vous notez tout et n'importe quoi sur votre calepin, vous répondez à des questions qu'on ne vous a pas posées, et vous essayez de ne pas vous tortiller de façon obscène afin de trouver la juste position, celle qui vous évitera de ressembler au gollum tout en vous faisant souffrir le moins possible. Résultat des courses: lorsque vous relisez votre calepin, vous avez l'impression d'avoir participé à un quizz, sans compter que vous avez perdu toute crédibilité (ne prenez pas les gens pour des andouilles, ils ont parfaitement perçu que quelque chose ne tournait pas rond. Mais comme ils n'ont pas l'info, ils vous ont classée dans la catégorie maboulette. Moi aussi, je ferais pareil). Les amis que vous rencontrez sont plus indulgents, ils vous connaissent (enfin, c'est un principe à vérifier. Je veux croire qu'ils ne m'en tiendront pas rigueur, mais parfois, le sol se dérobe sous vos pieds. C'est la Loi). En fait, lorsque vous répondez à leurs questions avec un air vague et absent, ça n'est pas que vous l'êtes, p_gothiquevague et absente; c'est que votre esprit est occupé à livrer une bataille titanesque à l'intérieur de votre corps, et que vous ne voulez pas que ça se voit (ce qui, en l'occurence, est tout-à-fait raté). Vous passez 3 nuits sans dormir à essayer toutes les positions possibles et imaginables (en ce qui me concerne, j'essaye les lettres de l'alphabet. Celle qui me convient le mieux est le "P" gothique).

Et comme vous ne vous assoupissez que de brefs instants, vous finissez par ressembler à un torchon, vous perdez tout sens commun et vous enfoncez une fourchette dans les yeux de la première personne que vous croisez dans le métro. Ce qui ne vous soulage pas.

Vous reprenez votre TGV, toujours totalement sous hypnose, moulée dans votre siège un peu comme le cake du géant vert moulé dans un dé à coudre (vous savez intuitivement que la position qui vous conviendrait est la même que celle que Youri Gagarine adoptait pour aller faire ses courses dans le vide stellaire, mais vous savez aussi que le TGV n'est pas une capsule Soyouz). Vous êtes de très méchante humeur, d'autant que vous savez que votre meilleur ami va venir vous chercher à la gare et qu'il ne va pas vous reconnaitre. Au mieux il vous donnera le bras pour traverser la rue. Mais comme vous pratiquez la culture idiote de l'optimisme à tout crin, vous vous dîtes qu'une fois chez vous, tout va rentrer dans l'ordre, une bonne nuit de sommeil et il n'y paraitra plus. Vous allez donc martyprendre un verre avec votre meilleur ami, qui ne comprend pas pourquoi vous adoptez la démarche Marty Feldman pour vous déplacer (si vous ne savez pas qui est Marty Feldman, je ne peux pas grand chose pour vous. Vous pouvez toujours cliquer sur son nom, mais je suis au regret de vous dire que vous venez de perdre une partie de mon respect. C'est dommage.). Ni pourquoi vous vous asseyez sur votre chaise comme le Negus. La douleur s'est propagée dans tout votre tronc, vous enfoncez votre pique-olive dans les yeux d'un cygne. Ce qui ne vous soulage pas.

Au cours de la nuit, arrivée à la position "W" police "gigi" (vérifiez dans "word", elle existe et elle est moche), vous entreprenez la fouille complète de votre pharmacopée, à la recherche de la recette d'une tisane de simples concoctée par une centenaire du Queyras. Finalement, vous tombez sur une vieille enveloppe de smecta que vous buvez sans trop y croire, et vous avez bien raison, parce que les effets sont quasi nuls; sauf que maintenant, en plus, vous avez une vague nausée. Vous ne dormez pas depuis 5 nuits, la douleur vous égare, votre coeur s'est déplacé, il bat à présent dans votre rein droit, et vous récitez des poèmes de Saint-John-Perse. Ce qui ne vous soulage pas.

Au fait, vous saviez que "Soulatgé" est un petit village de l'Aude dont les habitants se nomment les "soulatgeois"?

Il faut vraiment tout vous dire.

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lundi 30 juillet

Par Toutatis, le ciel me tombe sur la tête

Remonter à toute berzingue et à contresens une des rues de la ville les plus fréquentées en plein après-midi a quelque chose d'ennivrant, je vous l'accorde. Encore faut-il que ce soit pour les bonnes raisons, et avec les bonnes personnes. Lorsque c'est à l'arrière d'une fourgonette de pompiers tous pin-pon dehors, la tête en sang, parce que vous venez de vous la faire pulvériser par une pierre grosse comme une balle de golf, je suis plus dubitative. La densité d'un caillou lancé à 220 km est incroyable, vous avez l'impression de vous ramasser la cathédrale de Chartres en plein front. ça fait un bruit!blessure (pour vous donner une idée, ça ressemble à un pain de dynamite qui explose à l'intérieur d'une boite tupperware hermétiquement close). Et je ne vous raconte même pas la douleur (sur une échelle de 1 à 10, je dirais 42).

Alors j'aimerais mettre les choses au point une bonne fois pour toutes avec le GrandTout. La probabilité de se prendre un rocher (petit certes, mais incroyablement costaud) lancé à Mach24 par un gamin à la force herculéenne quand on est en train de barbotter à la surface d'un lac de la taille d'une ville moyenne est infiniment hasardeuse; c'est comme si vous visiez une pastille Vichy posée discrètement au milieu du glacier des Bossons. Au mieux, ça n'arrive jamais. Dans mon cas, je me le prends en plein front et de plein fouet, tirée à la catapulte la veille de mon départ pour une contrée lointaine et inhospitalière: la Corrèze. Je passe donc 1000 bornes et un week-end entier avec le cerveau comme du carton, une bosse jaune et mauve de la taille d'un oeuf d'autruche, et un oeil complètement fermé. A tel point que tous les Corréziens se sont écartés de mon passage, croyant probablement avoir affaire à un des derniers titans belliqueux de la Grèce antique (ce qui soit dit en passant ne m'étonnerait pas si j'étais un habitant de la Corrèze, vous saurez pourquoi dans le prochain billet. Si la douleur ne me fait pas perdre tout sens et ne me terrasse pas d'ici là, sans parler des troubles moteurs qui peuvent résulter d'un cerveau déficient).

CECI EST UN MESSAGE A L'ATTENTION DU HAUT-PUISSANT (gloire à toi quand même mais je fatigue un zest): Je ne suis pas un jouet destiné à vous faire rire, ô GrandRoi, sauf votre respect. J'ai encore l'illusion d'être un être humain doté de libre-arbitre, je vous serais donc infiniment reconnaissante de bien vouloir cesser de lancer à mes trousses des chiens qui dévorent mes membres, des virus qui me rendent à moitié aveugle, des voitures qui cassent mes os, et des rochers qui tombent du ciel sur ma tête. Il n'y aura bientôt plus de place pour les cicatrices, il ne me parait donc pas utile de continuer dans ce sens, à moins que vous n'ayez choisi mon corps pour faire des morpions, des batailles navales et des grilles de sudoku. Mais à mon avis, il y a plus simple. J'ajoute qu'à force d'être emmenée aux urgences à tout bout de champs, j'ai un box attitré et je peux vous faire le parcours entier à la Gilbert Montagné. Je peux également affirmer que le Docteur Ross est une légende (en tout cas, il n'exerce pas à Annecy. Et je comprends aussi pourquoi personne ne m'épouse; les coutures peuvent vous conférer le charme incertain d'une créature accomplie dans l'art du rite de passage, mais on ne mise pas sur un mauvais cheval. Demandez à Omar Sharif, le tiercé, c'est sa passion).

Celà dit, MaîtrePrécieux, c'est vous qui voyez, je ne suis qu'un humble ongle de pou, et vos voies sont impénétrables.

Qui suis-je pour oser vous défier, ô Immense?cassio1

PS: sans rigoler, vous ne trouvez pas que l'entaille ressemble très curieusement à la constellation Cassiopée (qui se trouve être, par le plus grand des hasards, ma constellation préférée)? Je suis marquée par les étoiles. Vu sous cet angle, je trouve ça presque rassurant.

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jeudi 19 juillet

SuperKnightManSpiderCrochet, sache que tu me dois un indéfectible respect

    supermanspidercrochet

    Deux Trois choses que je fais drôlement bien, au mieux personne ne m'arrive à la cheville: Inventer des histoires débiles, voyager, et ne rien faire (en fait, il y en a une quatrième, mais je ne suis pas certaine qu'il soit judicieux de signaler que je suis également une excellente dompteuse d'ours. Trop tard. Et puis quand j'y réfléchis bien, il y en a une cinquième aussi. Je n'en dirai pas davantage qu'est-ce que vous croyez que je vais comme ça me confier et hop après je ne sais pas ce que vous faites de ces informations ne me prenez pas non plus pour une prune). Du coup, NeveuBille me demande toujours des histoires débiles, ce dont je m'acquitte avec Grand Volontiers (il est le seul à me demander ce genre de chose, alors vous pensez bien si je m'engouffre dans la trappe, vu que dans 10 ans il va me considérer comme une icône du mont Athos, lointaine et inintéressante. Et vieille aussi).

Nous étions à la plage et Neveu s'emmerdait sec, je lui ai donc inventé une histoire. Lis, ami lecteur, et tremble d'effroi.

"Imagine qu'un matin, tu sors de chez toi, et voilà que pendant la nuit, un trou de l'espace s'est ouvert sous ton paillasson. Donc tu tombes dans un puits sans fin logiquement jusqu'au magma central, sauf qu'on t'a menti; le magma central n'existe pas et tu ressors de l'autre côté de la terre par un petit trou, et là, des extra-terrestres t'attendent, te kidnappent, afin de te donner en pâture à la gigantesque créature Gnorr l'innommable. Gloire à toi, Innommable. gnorr

Tu crois que tu vas mourir rapidement parce qu'elle est vraiment énorme, non mais vraiment elle est grosse comme le porte-avion Clémenceau, et ses sucs gastriques vont mettre 278 billions d'années à digérer ton bras (je te rappelle que tu en as deux, et des jambes et un buste aussi). Tu vas souffrir comme jamais, rascal, by jove." (enfin bon, il y avait beaucoup plus d'action, des héros musclés, un ornithorynque qui faisait "pon poooon" avec son bec et tout un tas de trucs, mais je ne voudrais pas non plus mobiliser trop longtemps votre attention. Après vous ne reviendrez plus, et j'ai un fort besoin d'être aimée, limite c'est pathologique. Je sais, c'est moche; mais en même temps, nous en sommes tous un peu là, allez allez,  alors je ne vais pas non plus m'excuser des plombes, hein)

Et là, NeveuBille m'a dit: " Mais ça n'est pas possible ce que tu racontes, tatau ( NeveuBile m'appelle Tatau et c'est tant mieux, je déteste le temps)", et il est parti en haussant les épaules écrabouiller une écrevisse avec sa pelle, et lui enlever les yeux.

Je m'excuse, mais je ne crois pas avoir de leçon de réalité à recevoir de la part d'un morveux enfant qui se réveille en braillant "je suis Spiderman!" en faisant Flouisssshhhhhh avec sa bouche afin de faire croire que d'hypothétiques réservoirs de toile d'araignée sont dissimulés dans ses paumes, qui passe à midi par la case grosse culotte rouge de Superman pleine de supers pouvoirs, et qui se couche en prétendant être un chevalier, mais un chevalier-pirate, comme ça il peut prendre le vaisseau du capitaine Crochet (ce doit être pour ça qu'il ne supporte pas que je l'appelle Patrick Abitbol).

Il fallait que ce soit dit.

Posté par Melle BillE à 21:38 - VieQuotidiennE - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 16 juillet

La fonte de la calotte graisseuse: un nouveau péril menace la planète

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                                   Deux de mes amis proches font de la musculation. L'un d'entre eux a même poussé le vice jusqu'à se faire tatouer comme un maori; le tatouage part d'un biceps et poursuit sa route en sinuant autour des pectoraux,  pour finir son parcours quelque part autour d'une cuisse grosse celle d'un bison. Lorsque je vais à la plage avec eux, j'hésite entre 2 images. Il me manque quelques crucifix et une kabbale en version poche (afin de la glisser dans mon sac de plage en paille entre un pot de graisse à traire, mes lunettes de glacier et ma fiole de daïquiri glacé) pour ressembler tout-à-fait à Madonna,; mais comme mon corps présente de très nettes ressemblances avec celui d'un beluga (ah, c'est un des autres éléments qui me différencient de Madonna. En charchant bien, il doit y en avoir quelques autres, ne serait-ce que mon incapacité à chanter juste, sauf le thème de "Starwars". Voilà qui est mystérieux, d'ailleurs), j'ai un peu l'impression de me balader entre "l'homme de l'atlantide" et "Namor le prince de la mer", ce qui ne manque pas d'attirer les regards brûlant de jalousie de tous les mâles alentours. J'éprouve alors un délicieux frisson de puissance, c'es incontestable. Parlez moi de travers et Iron man vous envoie une patate en fer en pleine face, réfléchissez bien avant de vous y risquer. C'est bien simple, des esprits facétieux ont surnommé notre trio "la tête et les jambes", et je pense être exclue de cette description, car mes amis ont aussi un cerveau qui fonctionne à plein régime, on peut entendre penser le maori jusqu'au fin fond des Pouilles.

Je ne suis pas très adepte de la musculation, ni des corps musculeux, je ne suis pas du genre à frémir d'érotisme en regardant la bave aux lèvres "Kalidor et le talisman de feu contre Maciste et les hommes de pierre qui se transforment en cornemuse". J'ai toujours eu tendance à préférer le petit gros du coin au bellâtre du ponton, pour des raisons diverses sur lesquelles je ne vais pas m'étendre aujourd'hui, nous avons du temps pour ça (George Clooney est une exception, mais les demi-dieux n'entrent pas dans la compétition au quotidien). Et surtout, je déteste l'effort sous quelque forme que ce soit ( je parle également d'effort intellectuel, au cas où vous ayez encore quelques doutes au fil de la lecture de ce blog. Si tu viens d'arriver, ami, n'aie point crainte, c'est ici que le repos de ton esprit commence, tu vas voir comme c'est inintéressant et peu contraignant de se reposer dans un néant culturel absolu), alors si c'est pour aller me péter les vertèbres en soulevant le viaduc de millau avec les mollets, merci bien, je préfère faire de la philatélie (je soulève sans peine un timbre-poste, ce qui laisse supposer que mon cas n'est pas tout-à-fait désespéré).

J'avoue éprouver quelque honte à contempler l'évolution de ma masse graisseuse, ça fait de petits reliefs tout autour de mon absence totale de ceinture abdominale. Pour vous donner une idée, il vous suffira d'imaginer ce à quoi ressemble la culture en plateaux des rizières de Chine. Adoucissez très symboliquement les reliefs et voilà, vous y êtes.

ironbilleCEPENDANT, car il faut bien qu'une configuration de shamallow aie peu ou prou un ou deux avantages, cette répartition aléatoire des capitons me permet de tenir des heures entières vautrée au milieu du lac sur un fauteuil flottant, sans être déstabilisée le moins du monde, sauf lorsqu'il faut se jucher sur le dit-fauteuil avec un minimum de grâce et de souplesse, ce qui n'est pas mon genre (mais j'ai d'autres atouts). Alors que mes deux amis en béton se retrouvent invariablement au fond des abysses, la tête en bas et de l'eau plein les bronches. C'est un plus, une prérogative que je ne suis pas prête à lâcher, sauf sous la contrainte (ou contre une forte somme d'argent, mais je doute que votre bonté aille jusque là. Si?).

Dans les jours qui viennent, nous explorerons plus en avant les possibilités ludiques d'un corps aux limites de l'effet spécial. Nous explorerons également l'univers des jouets de plage, des cocktails à servir au crépuscule, des différentes techniques de relaxation sous un cagnard de l'enfer, des personnes à n'inviter sous aucun prétexte à vos folles embardées nocturnes. Nous aborderons également les multiples façons de noyer un enfant ou de l'ensevelir sous une tonne de sable humide, et de lui taper le crâne avec une pelle en fer avant qu'il ne donne l'alerte, et nous consacrerons un billet entier à l'expérimentation d'un jet d'huile solaire en combustion dans la rétine.

Je reviens, oui, mais je ne peux garantir que ce soit une bonne chose.

Vous voilà prévenus.

Posté par Melle BillE à 13:17 - VieQuotidiennE - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 06 juin

fatiguée, au gué au gué

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Vous savez quoi? je vais vous confier un secret.

Au fil des jours, plein de gens vont vous dire plein de choses; ils vont vous raconter ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils vivent, ils vont vous dire que le monde ressemble au leur.

Ils vont vous faire exploser leur bonheur au visage, et c'est tant mieux.

Vous pouvez leur répondre que vous tentez de vous accommoder du votre, vous pouvez leur dire tout ce qu'il vous plaira, ils n'écoutent pas, ils entendent la musique de leur bonheur. Ils vous aiment, vous les faites tant rire.

Et c'est tant mieux.

Mais ne croyez jamais que les clowns ont toujours des bulles de confettis prêtes à saupoudrer le ciel, il y a toujours un store qui se décroche au moment où le ciel s'ouvre.

Les clowns n'ont juste pas trouvé d'autre moyen d'appartenir au monde, ils sont fait pour ça.

et c'est tant mieux.

Un exemple? c'est ici   (oui, je suis aussi réalisatrice de films, mon talent ne connait aucune limite)

Les gens se trompent sur les clowns.

je suis fatiguée, je vais me reposer un peu.

Posté par Melle BillE à 21:03 - VieQuotidiennE - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 04 juin

"the raven", une nouvelle d'Edgar Allan Pas d'Poe (j'admets qu'on puisse être indifférent à ce titre)

tippi             Je suis amoureuse. Parfaitement; je ne vois pas pourquoi ça n'arriverait qu'aux autres (  mais attention,  Cupidon peut être un usurier de génie, et quand il vous a dans le vortex, vous avez intérêt à vous mettre au coeur l'armure en Téflons parce que bonjour les caillots dans le ventricule. L'homme est un loup pour l'homme , je ne sais pas si ça ne va pas devenir un geemick, ça). Si vous êtes très sympa mais juste un peu poisseux, comme moi par exemple, quand ça vous arrive pour de bon, ça vous pousse les fesses jusque dans les nuages et vous vous mettez à parler en alexandrins au petit-déjeuner, c'est drôlement chouette, d'autant que c'est inattendu. En plus vous chantez l'air de la purée mousseline en faisant de petits volcans, vous êtes sûre que tout le monde en reprend, c'est très séduisant. Mais là n'est pas mon propos, je voulais juste vous parler de ma ville.

C'est d'elle dont je suis amoureuse ( haaan comme je vous ai eu de la tête de la mort sur ce coup là! vous ne vous imaginiez tout de même pas que j'allais vous raconter mes péripéties gourgandines non mais?).

On peut y faire tout un tas de trucs très ludiques, on peut s'y baigner, y faire du vélo, y manger des fondues et boire du rosé frais en terrasse, il y a même de jolis canaux qui la traversent et qui lui ont valu le titre un peu ronflant de "Venise des Alpes". Quand il pleut, vous pouvez tricoter, allez visiter le musée des Allobroges, cuisiner un flan aux brocolis ou faire autre chose, c'est bien comme vous voulez.

Qui suis-je pour vous imposer un loisir particulier?

En été, tous les habitants bombent le torse devant les touristes, ceux qui arrivent d'endroits mal famés et tristes comme un fond de imagespoêle, et qui nous envient de vivre dans une ville de Schtroumpfs où rien d'inquiétant n'arrive jamais, sauf lorsqu'un troupeau de vaches sauvages s'échappe lors de la descente des Alpages en laissant du crottin partout sur les pavés. Nous sommes si fiers de vivre là que pour un peu, on s'accrocherait des pancartes dans le dos pour proclamer notre allégeance à ce prodigieux petit coin de paradis. Nous regardons avec une certaine condescendance les plaques d'immatriculation des voitures en affichant un mince sourire de contentement. 

Nous sommes des élus.

Hé ben vous auriez vu la tête de l'élue à midi, lorsqu'une horde de corbeaux redoutables lui a fauché son pique-nique, vous vous crowdemanderiez si ça ne serait pas là, par hasard, qu'on aurait tourné "the crow", et si le maire ne s'appellerait pas Alice Cooper, des fois. Franchement, c'est fou ça. Vous vous posez tranquillement les fesses au frais avec un taboulé et 3 cookies, et vous voilà cernée dans les 10 secondes par de vilains volatiles qui font "crôa crôa" en lorgnant votre manger. C'est à moi, touche pas où je te plume le croupion, suppôt de la Bête cornue. J'ai tout de suite pensé au film d'Hitchcock. Vous saviez, vous, que les corbeaux étaient intelligents et capables d'élaborer des plans? Vous avez bien de la chance, et soit-dit en passant vous auriez pu me tenir au courant. J'attends de vous un minimum mais manifestement, vous n'êtes pas encore prêts. Il faut bien reconnaître qu'à la base, le corbeau n'est pas l'animal le plus sympathique au monde. C'est pratique d'en apprivoiser un pour qu'il aille dévorer les yeux de vos ennemis, mais son rôle s'arrête là, sauf si vous vous appelez Odin ou Merlin l'enchanteur. Ce qui n'arrive pas tous les jours.hitchcock_the_birds

Oui, en effet, les corbeaux savent élaborer des plans. Ils se réunissent en grand comité sur l'arbre à jugement (parfaitement, ça s'appelle comme ça, et je vous serais reconnaissante de bien vouloir éviter ce haussement de sourcil dubitatif assez vexant), et scrutent les pontons afin de déterminer laquelle de ces personnes, là, en train de déballer son panier-repas, serait la plus à même de nourrir la colonie. Le chef corbeau fait "crôa crâ" en pointant son bec sur la victime, et c'est alors que le génie corbesque entre en action.

Dix d'entre eux sont envoyés pour vous pourrir le midi, ils s'approchent à ailes feutrées pratiquement jusqu'à vous picorer l'orteil. De temps en temps, ils ouvrent un large bec et laissent tomber une espèce de "crrrrrrrrrrrrrr hhhrrrrhhh"  destiné à vous effrayer. Avec moi, ça marche très bien, j'ai même peur des chenilles alors c'est dire (surtout celles qui sont pleines de poils, qui sont jaunes et vertes et qui ont des dents comme des sabres. Si, je les ai vues, les dents). Et puis, au bout d'un moment, vous vous dîtes "non mais oh c'est qui le chef", vous vous levez gauchement et vous agitez les bras dans tous les sens en poussant de grands cris de lanceur de marteau; et pendant que vous avez le dos tourné, dix autres corbeaux se ruent sur votre taboulé et vos cookies, et les entraînent dans les airs à une vitesse vertigineuse. Un dernier vient se planter dans votre colonne vertébrale afin de vous sucer la moelle et vous paralyser, pendant que vous essuyez une pluie de fiente.

C'est un spectacle extraordinaire, à tel point que les gens, sur les pontons voisins, applaudissent à tout rompre, et vous jettent des miettes de leurs sandwichs au poulet.

Au bout d'un moment, vous entendez un petit "ploc" pas loin de vous, c'est l'emballage plastique vide de votre taboulé qui vient de chuter directement dans l'eau. Tombé du ciel, comme un miracle.Vous venez de souiller le lac le plus pur d'Europe (si, bien sûr que c'est vous. Allez donc raconter à l'agent municipal qui va venir vous verbaliser que c'est une horde de corbeaux sanguinaires qui a fait une taboulé party au sommet du platane, vous allez voir comme vous êtes crédible).

Remarquez, je me considère comme vernie. Dans certaines villes plus exotiques, ce sont des condors qui vous piquent vos fémurs.

Bon. Tu as encore droit à une vidéo. Sais-tu pourquoi? Non, ça n'est pas la bonne raison. C'est parce que j'ai comme l'impression que ce blog ne va plus durer très longtemps. Je sais pas pourquoi, c'est comme une...comment dire...une espèce de...enfin tu comprends, comme s'il y avait...c'est très étrange comme impression...ça fait comme si...non, je ne saurais dire, vraiment...

oh et puis non, tiens.

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dimanche 03 juin

Une journée de jeune (attention, ce titre dissimule une blague linguistique)

martini_diet   Pardon, de jeûne. Oui, tout de suite, c'est moins drôle, mais je vous ferais remarquer que j'apprécie votre compagnie. Vous allez donc rester, ne serait-ce que parce que vous serez tenus pour responsables si je m'atomise en cas de défection immédiate vous trouvez l'endroit plutôt cosy, voire carrément chaleureux, et que vous n'avez rien de spécial à faire là tout de suite. Enfin si, cet instant est spécial, puisque je vous aime, et que vive l'effet boomerang par conséquent.

Bon, c'est pas tout ça, mais nous ne sommes pas là pour nous entre-congratuler, il y a des choses plus importantes. Comme par exemple : le jeûne de la pleine lune. (je sais, moi aussi ça me fait cet effet là). L'été arrive, vous avez quelques petites rondeurs à perdre? Vous voulez séduire George Clooney (n'y songez même pas, il est à moi)? Vous n'avez guère de volonté? il existe un moyen efficace. Il suffit de partir à Jakarta et de boire l'eau du robinet

Les lendemains de pleine lune, il suffit de ne pas manger. Juste boire. Vous pouvez éventuellement croquer une pomme ou vous jeter la bave aux lèvres sur un yoghourt maigre, mais rien d'autre.

J'ai essayé, ça ne marche pas. Enfin, peut-être que ça marche, mais je n'ai pas tenu. Il faut dire que, dans ce monde cruel, cette indicible vallée de larmes que nous arpentons tous et qui nous rapproche un peu plus de la mort à chaque pas, la nourriture reste mon seul plaisir. Je n'ai plus goût à rien. J'ai la malaria pesteuse. Adieu.

Sans rigoler, je me demande comment font les ascètes, prostrés en contemplation sur le sol en terre battue de leurs cellules. Mais il faut dire qu'ils ne sont pas soumis aux nombreuses tentations de ce monde (va fat_wonder_womandemander à un anachorète des Météores quel est le taux de matière grasse d'un cervelas, tu vas voir comme il va te regarder avec de grands yeux vides d'expression et gémir pitié Seigneur délivre moi de cette femme maligne. Voilà que je digresse, ce qui est un jeu de mots fascinant).

Et ça, c'est un plus.

Le mieux, c'est d'essayer de ne pas y penser, d'ignorer votre estomac qui fait le même bruit que le pot d'échappement de votre voiture, en plus inquiétant, de boire 25 litres d'infusion à la prêle tout en vous concentrant très fort sur un travail rébarbatif ( une traduction d'une vieille contine des Pouilles en ce qui me concerne, qui démarre sur ces mots énigmatiques: "non si poteva far' la pipi, perchè non c'era vasino li"). Si ça ne marche pas, vous pouvez vous attacher les mains et les pieds, mais ça ne vous empêchera pas de ramper jusqu'au réfrigérateur, de l'ouvrir avec la force de votre pensée, et de déchiqueter l'emballage de votre miko avec les dents. Effort bien inutile, donc, si votre volonté vacille. Croyez moi, c'est comme ça que ça se passe.

Au début, vous n'y pensez pas vraiment, vous vous dîtes que finalement, c'est assez facile ( c'est en tout cas ce que vous vous dîtes à 7.30, devant votre café sans sucre, encore plongée dans un état d'hébétude proche du coma dépassé. L'absence de sucre vous évite de touiller votre tasse avec votre cigarette, ce qui est déjà une victoire en soi). Et puis, au fil des heures, la faim vous griffe le ventre et vous en viendriez presque à faire la peau à votre voisin, s'il n'était pas lanceur de menhirs professionnel. A 14.00, je me suis jetée sur ma pomme avec la voracité d'une tondeuse, j'ai même sucé les pépins. Et puis j'en ai dévoré une seconde, à la même allure, en faisant le même bruit. En plus des grognements, je veux dire.

Dès lors, tout s'accélère. Vous vous dîtes que de toute manière, c'est râpé, puisque vous avez doublé votre ration de Golden du Canada. Vous vous ruez sur un paquet de chips, une tablette de chocolat, un oignon et 2 tranches de rosbeef-mayonnaise, pas forcément dans cet ordre (si vous avez autre chose dans votre réfrigérateur, n'hésitez pas. Un bon gros pot de graisse d'oie à tartiner fera l'affaire). Vous vous dîtes que vous allez attendre encore un peu avant de dévorer votre tome de Savoie avec la croûte, mais le remord vous fait manger deux fois plus: c'est une loi de l'univers. Et puis, inconsciemment, untitledvous croyez dur comme fer aux pouvoirs magiques conjugués de la prêle et de la pleine lune. C'est ça les bonnes femmes; un peu gourdasses même lorsqu'elles se font passer pour des reines du cervelet.

Enfin moi, je suis comme ça.

A 19.00, vous aviez prévu de conclure cette journée de diète par un feu d'artifice gustatif: une décoction d'écorces de lentille (pour drainer) au jus de nouilles (pour le goût). Pas de chance, c'est pile poil l'heure à laquelle un de vos bons amis a prévu un apéritif à tout casser sur sa terrasse, avec des petits diots roulés farcis aux pruneaux (pour drainer) et des cubes de gruyère avec de petits grains de raisin (pour le goût). Ami entends-tu le bruit sourd de la graisse sur mon cul mes fesses? (cette dernière phrase est à chanter sur l'air du chant des partisans)

CONCLUSION:  Je tiens à rectifier une petite chose. Une légende circule, comme quoi le jeûne de la pleine lune ferait perdre 3 kg en 24.00 top chrono. C'est faux.

En fait, c'est exactement l'inverse.

Pour parachever cet hilarant billet, vous n'allez pas me dire, je vous offre gratuitement une publicité Québécoise. Parce que c'est Dimanche et que c'est la fête des mères (j'ai d'ailleurs eu ce matin un cadeau croquignol et pourtant je ne suis pas maman. Mais à qui donc est cet enfant?). Je vous en prie.


Posté par Melle BillE à 09:12 - VieQuotidiennE - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 01 juin

Une banane en tissu rouge, c'est super moche

michelinVelorution_vintage_poster_pin_up_girlAvant que de commencer ce billet qui s'annonce, comme toujours, riche en rebondissements et débordant d'intérêt (d'ailleurs, après celui-ci, tu ne seras plus jamais le même), je vais te demander, ami lecteur, de faire un choix.

Regarde attentivement ces 2 photos et réponds à cette question: Qui a vraiment cassé le vase de Soisson? (il n'y a rien à gagner, c'est pour te conduire naturellement à supposer que je ressemble à la photo de droite. Ce sont tes bas instincts qui dominent ta nature intellectuelle, c'est mal. En fait,  je ressemble à Danny DeVito et je suis membre de l'Opus Dei. Ah ah je t'ai bien eu, c'est fou comme on rigole).

HIER J'AI ACHETE UN VELO      

Un vélo qui ne rigole pas. Avec plein de petits accessoires dont je ne me servirai jamais (je suis bien incapable de passer des vitesses sur un vélo, je ne sais même pas à quoi les chiffres correspondent, et je ne prends jamais une côte. Cependant, vous n'avez pas le choix. C'est un peu comme pour les portables récents,  automatiquement pourvus des options coupe-ongles, banana split, ciseaux à poils de nez et caméra). Il est noir, il a même un panier sur le devant pour que je mette mon huile d'olive dedans, quand je vais faire mon papet sur le marché, le Dimanche (des fois, je mets un chapeau. Mais pas si je prends le vélo parce qu'après, il s'envole. Pas le vélo, le chapeau). Sur la pédale de droite, il y a un beau R gravé. Cela signifie qu'il s'agit bien de la pédale de droite, pour le cas où vous soyez tenté de pédaler le dos au guidon. Il faut admettre que cette prise-en-main à quelque chose de rassurant. Mon Dieu que c'est palpitant tout ça.

Je sais ce que tu penses à l'instant, ami (bal) lecteur. Tu lèves les yeux au ciel, tu fais "nnttt nnttt nnnttt" avec ta bouche, et tu es tenté de décrocher, de ne pas lire plus avant, il se pourrait même que tu envisages de noyer ton ennui dans l'alcool, de construire un pont, ou d'aller acheter une ampoule afin de remplacer celle qui a claqué hier soir, à cause de l'orage. Comme je te comprends.  Cependant, n'en fais rien, prends ma main et viens, partons ensemble vers cet horizon harmonieux; nous roulerons nus dans les herbes folles et plus jamais le mal ne nous atteindra car ailleurs, les épis d'or nous attendent tu verras comme nous serons heureux, et fous et prends patience. Car il m'est arrivé un truc (tu as remarqué comme je savais te tenir en haleine? Oui, c'est un don): le vendeur m'a fait un cadeau. 

Il m'a offert une horrible petite banane en tissu rouge qui se velcrote sur la barre centrale, pour que je puisse mettre dedans les clefs de cadenas, les outils de premier secours, un pull, et ma DS21 à suspensions hydrauliques fétiche qui ne me quitte jamais (portée en sautoir, c'est très élégant).

J'en suis restée sans voix.sac_banane

Là, à l'heure qu'il est, elle me regarde. Il me semble même l'entendre grommeler. Elle est posée sur la table et me lance un oeil mauvais, elle sait que je ne l'aime pas. Et de fait, je ne crois pas qu'il existe au monde un accessoire plus vilain qu'une banane (je demande pardon à ceux d'entre vous qui utiliseraient ce genre d'objet, mais vraiment, vous avez un goût de latrines, je ne vous le fais pas dire). Fin du fin, la porter avec une laine polaire de couleur verte, pour bien trancher, et pourquoi pas, un casque en boudins profilé comme un obus de la guerre de 14. D'un chic absolu, vous êtes certain d'être reçu partout comme un prince. Si je ne nourris pas la banane en tissu rouge, elle va peut-être s'étioler; et mourir dans d'atroces convulsions. Je me demande si je ne devrais pas lui donner à manger une vieille clef et un ticket de métro. Pour voir.

Mais n'empêche, qu'est-ce qu'elle est moche.

C'est bien simple, il faudrait envoyer l'inventeur de la banane lécher les murs d'Alcatraz, histoire de lui apprendre à vivre.

Entre nous, j'aurais préféré une pompe à vélo, je suis à peu près certaine que je vais rouler sur un tapis de fakir d'ici peu. Ou un parapluie, vu la saucée que j'ai ramassé (non, je ne suis pas très fan du petit fichu en plastique. Notez bien qu'avec la banane et la polaire, ça se discute; mais seulement par bruine fine. Parce que quand il pleut des thons, on a le crâne tout cabossé).

Cette digression ne légitime pas, j'en conviens, la pertinence relative de ce billet. Et peut-être que j'aurais dû simplement dire: une banane en tissu rouge, c'est super moche.

Tu viens de comprendre, mon bon et fidèle lecteur, que tout est dans le titre, et que tu n'avais vraiment pas besoin de lire jusqu'au bout cet épisode navrant.

Ah ah je t'ai bien eu.

Sinon à part ça, la nuit dernière, j'ai rêvé que je mangeais des clams avec Bruce Willis. C'était très chouette.

Posté par Melle BillE à 17:29 - VieQuotidiennE - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 30 mai

Remarquez, "Picrate des Caraïbes", ça n'est pas beaucoup mieux

BillePirate                          C'est un fardeau assez lourd à porter, on ne s'habitue jamais vraiment. Avoir été conçue le soir du festival du rire de La Motte-Achard n'apporte pas que des satisfactions, surtout lorsque 9 mois plus tard, les fées qui se penchent sur votre berceau ont un air vaguement familier. C'est normal, il s'agit de Jerry Lewis, Pierre Richard et Louis de Funès, mais vous ne le savez pas encore, vous êtes pour l'heure un joli bébé tout rose,  vous êtes porteur de tous les espoirs de vos parents (le fameux fardeau).

Quelques décennies plus tard, vous vous retrouvez dans une soirée Rackham le Rouge, avec un tricorne sur la tête, les bottes de Francis Lalanne et un faux crochet en plastique à la main gauche (la droite est réservée aux frottements de paume, et celle du ventre aux verres de Rhum qui circulent à foison dans une atmosphère canaille.). Rien de plus normal, votre destin est tracé depuis votre conception. A cette heure ci, les gens normaux de votre âge sont en train d'élever leurs enfants, de regarder pour la 3eme fois "Die Hard 3", de promener leur chien, de se taper une crapette juste après la poire, ou de faire des choses cochonnes sur le canapé du salon ("die hard 3" n'est pas un film pornographique, combien de fois devrai-je le répéter?); mais vous, vous vous retrouvez debout au milieu d'une soirée démente (vous ne pouvez pas vous assoir à cause des bottes de Francis Lalanne qui vous scient l'arrière-cuisse, et vous ne pouvez pas marcher à cause des bottes de Francis Lalanne, trop grandes pour vous,  qui vous donnent la démarche de monsieur Pierrafeu dès que vous esquissez un repli vers le buffet). Grâce au ciel, je n'avais pas trouvé de perroquet factice à m'accrocher sur l'épaule, ce qui ma permis de conserver un semblant de dignité lorsque j'ai vu arriver droit sur moi mon ex, flanqué de son effrayante épouse, celle qui a le pouvoir absolu de faire fondre le bitume dès qu'elle y pose le pied. Cette femme est un concentré de sex-appeal si affolant qu'on l'utilise en laboratoire pour expérimenter la théorie du chaos. Si j'avais été accompagnée de mon perroquet en plastique, j'aurais eu l'air bien cruche. Mais là, avec mon crochet, j'étais simplement terriblement ridicule, ce dont je ne me formalise plus.

Après quelques salamalecs de circonstance, P. et son atomique moitié se sont éloignés (je crois qu'ils ont eu peur de mon crochet), et un gros monsieur avec un foulard noir crânement (ah ah) posé sur les cheveux s'est engouffré dans le vide de ma périphérie . E3MHRCA3PKR0YCAD2F4DBCABEIU9DCA5F7O1LCA7ZVDGZCA2CA0TWCAS7NIXGCANS2QHZCAJN6D61CA4B4RPGCABCM3Y0CA19W5DTCACMEIGDCA0S6QCACA6WN4NWCASJSBC0CAL0UUD8CABJILOYça lui donnait plus l'air d'un ramoneur que d'un pirate, mais je n'ai rien dit. Je suis la spécialiste de la petite phrase idiote qui m'échappe, le genre de phrase que vous voudriez rattraper au moment où elle franchit le cap de votre bouche. Mais les petites phrases idiotes se sentent libres d'accomplir leur vil dessein dès cet instant ( je garde d'ailleurs à l'esprit un exemple récent qui m'a plongée dans un abîme de confusion. Dans un restaurant, au moment du dessert, j'ai dit au serveur "mettez moi n'importe quoi pourvu qu'il y ait 2 boules". Si ça c'est pas la honte, je mange un zébu en croûte.). Nous avons papoté de la qualité du film (à mon avis toute relative, mais là encore, j'ai fait mouquette et je suis restée prudemment sur un terrain neutre). Après, vous savez comment c'est. Vous vous sentez en confiance, vous vous détendez, et vous proposez benoîtement un verre de "picrate des Caraïbes-ah ah ah-elle est bien bonne", dites vous en lui flattant le coude avec votre crochet tout en prenant la direction du bar, avec vos bottes de Francis Lalanne, votre démarche d'ubu et votre tricorne de guingois. Silence consterné du gros pirate, vous sentez que vous avez fait une mini-gaffe. Ah oui, c'est une gaffe, car vous vous adressez à la personne la plus dénuée d'humour de la soirée, qui s'avère être aussi le rédacteur-en-chef de ce magazine de cinéma à qui vous faites du pied par e-mail depuis 6 mois.

large_pirate

Je ne sais pas vous, mais je ne contrôle plus aucun de mes atomes dès lors que je suis déstabilisée. Je deviens une bille de verre, et j'ai besoin d'un verre à moi (tu comprendras, ami lecteur, l'allusion finaude à une chanson de Maxime Le Forestier, chanteur que tu n'as peut-être pas connu car tu es encore jeune, beau, fringant et plein d'allant mais ne te repose pas trop sur tes lauriers, toi aussi un jour tu utiliseras des crèmes en or pour combler ton visage raviné par le temps, si bien qu'il émane de toi cette sagesse ancestrale, cette aura scintillante, tu es devenu un être suprême et plein de distance bonasse (ne confonds pas avec Constance Bonnacieu, qui est une femme de peu), certes, mais pour la drague, macache, tu as eu ton heure de gloire il fallait en profiter plus tôt).

J'ai donc vogué tel un navire en perdition jusqu'au buffet, les bottes de Francis Lalanne faisaient "chouinp chouinp", je marchais comme le bossu de notre-dame, et j'avais les cheveux tout aplatis à cause du tricorne. Du coup, j'ai enlevé mon crochet pour me gratter le nez, parce que quand même, il y a des limites. Et puis il me grattait, mon nez.

Ce billet n'est pas très intéressant. Mais j'avais besoin de me confier.

Nous avons tous besoin parfois d'une oreille attentive et compatissante.

Posté par Melle BillE à 10:53 - VieQuotidiennE - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 29 mai

"Pirates du Genevois", ça sonne moins bien

Résumons nous.

Je suis invitée à une grande soirée "Pirate des Caraïbes" ce soir, à Genève. Je viens de lire sur le petit parchemin qui fait office de fg_pirates_bcarton (et qui doit être écrit au crochet vu la calligraphie) qu'"un costume serait apprécié" (c'est écrit en tout minuscule oh les saligauds du marketing que je les étoufferais bien avec une étoupe).

krakkenDONC je vais me taper 50 bornes avec une jambe en teck, un bandeau sur l'oeil, une dent noire, et un tricorne sur le crâne. Et une bouteille de vieux rhum à la ceinture. Je ne pense pas que mes parents m'aient élevée dans ce but.

Je n'ai pas intérêt à suivre les courants marins classiques, la marée chaussée veille.

Résumons nous.

Je me costume en Krakken? (notez bien que pour conduire, les tentacules ne sont pas ce qu'on fait de mieux)

Posté par Melle BillE à 09:12 - VieQuotidiennE - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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