bille_meteo        J'aime bien lorsque la météo nous prédit un temps tout pourri (un peu comme le montage du jour), c'est un prétexte formidable. On peut se lever à l'aube et rester plantée comme un point d'exclamation tout mou devant sa fenêtre, à regarder tomber l'eau dans la lumière orange des réverbères; c'est d'un relaxant, je ne vous dis que ça. Après, on se recouche un petit peu pour bien prendre la mesure du moment, et accessoirement pour récupérer les morceaux de cerveau qui se sont éparpillés partout pendant le sommeil (j'ai retrouvé une vieille idée minable sous l'oreiller, mais elle dormait si bien que je n'ai pas voulu la brusquer, je préfère qu'elle aille à son rythme). Ensuite, vous vous étirez en vous froissant au passage 2 ou 3 muscles (je fais partie des personnes qui peuvent se fouler une cheville en enfilant un jean) et vous écoutez les craquements qui résonnent dans le silence de l'aube. Et vous vous dîtes que vous mimez drôlement bien un casse-noisettes. Et puis là vous tournicotez autour de votre café en lisant la recette de la rose des sables aux corn-flakes (la dernière fois que j'ai expérimenté cette recette, j'ai planté de petits bâtons dans le chocolat. Et lorsque je les ai sorties du freezer, les roses des sables étaient toutes plates et ressemblaient à des détecteurs de métaux, c'était drôlement joli). Après, si vous l'avez sous la main, vous pouvez vous amuser un petit moment avec le programme d'entraînement cérebral des docteurs Kif et Kaka (je sais, ça n'est pas très fin, mais que voulez-vous, moi, ça me fait rire), cette petite boîte Nippone au sourire cruel qui vous entraîne à ne pas oublier de mettre votre dentier et d'huiler votre hanche en plastique. Si vous n'en n'avez pas, vous pouvez remplir des grilles de mots fléchés avec des mots que vous inventez au fur et à mesure. Ou mettre des chiffres aléatoires dans les cases de sudoku ( et vous les laissez traîner sur la table négligement-vous avez choisi un force 22-comme ça tout le monde croira que vous êtes drôlement balèze et vous vous paierez un instant de triomphe à moindre coût). Personnellement, c'est ce que je fais toujours chez mes amis (qui déposent des magazines de mots fléchés aux toilettes, au cas où vous ayez prévu d'y passer la soirée). Ils m'aiment aussi pour ça (sauf Paul qui fait réellement les mots fléchés ( j'écris encore une fois mot fléché?) et qui laisse un vieux cahier griffoné exprès à mon intention dans les WC, juste sous le couteau qui va servir à me dépecer si j'ose encore mettre des inepties sur son magazine de mots fléchés préféré). Pendant ce temps, la pluie tombe toujours, le jour est en train de se réveiller, alors vous retournez 10 minutes sous la couette parce que vous avez déjà oublié à quel point c'est agréable de faire le sushi dans un édredon. Vous vous étirez de nouveau, c'est un éternel recommencement, vous passez devant le miroir (patience, vous allez bientôt réaliser qu'il s'agit de votre reflet), et vous vous souvenez soudain qu'aujourd'hui, vous n'avez rien d'autre à faire. Et qu'il va pleuvoir toute la journée, et que vous allez pouvoir traîner comme un vieux pruneau.

Je vous avais bien prévenus que ce billet n'avait aucune valeur informative. Mais vous ne m'écoutez jamais.