mercredi 24 octobre
la loi des attractions
Vous comprenez, je n'était pas à Paris QUE pour faire le gugusse et avoir envie, j'étais invitée à une soirée professionnelle, pour rencontrer tout plein de gens que je n'avais jamais vus et qui, du coup, ne m'avais jamais rencontrée non plus.
Ce qui fait que vous vous baladez d'un bout à l'autre de la pièce avec un gros badge en plastique qui indique vos noms, prénoms et qualités (la bonté, par exemple), les doigts fermement cramponnés à votre verre, vu que vous allez le garder un bon moment.
Avant de plonger dans un état d'ébriété soudain.
Mais pour l'heure, vous avez fermement l'intention de vous en tenir à la consommation unique. Si vous êtes myope, pensez bien à oublier vos lunettes. Vous passerez ainsi de nombreux instants le nez à 2 cm d'une multitude de cravates chatoyantes, afin de lire les badges, c'est une expérience sensorielle inédite. Je vous la recommande.
J'aime bien les pince-fesses, surtout les pince-fesses un peu surannés, bon enfant, ceux auxquels vous avez des chances d'être invitée dans une ville comme Limoges ou Partenay. Sauf que celui-ci se passe à Paris. Ces pince-fesses là sont toujours bourrés de surprises assez rigolotes, des attractions charmantes auxquelles vous vous attendez vaguement, sans réellement croire que ça va arriver pour de vrai.
Et bien si. Ça arrive pour de vrai. Dans ces soirées là, un magicien qui ressemble à Harvey Keitel interrompt à tout bout de champs votre conversation pour vous faire un tour de cartes, vous dérober votre chaussette droite (celle qui a un début de trou au bout du gros orteil), ou vous subtiliser votre coupe de champagne, sous les murmures ébahis de la proche périphérie. C'est une des attractions du soir, il y en aura d'autres.
Et chaque fois que vous engagez une conversation professionnelle
avec un gros monsieur qui a l'air important, et sans doute déterminant pour la suite de votre carrière, Harvey Keitel apparaît entre lui et vous, et hop, votre portefeuille se transforme en pigeon, et votre coupe de champagne disparaît. Du coup, pour vous donner une contenance, vous faites un dixième passage au bar, où vous veillez bien à ne pas choisir le même serveur (d'autant qu'avec votre portefeuille qui roucoule, vous n'avez pas l'air bien maligne).
Tout à coup, un cercle se forme au milieu de la salle. Une violoniste apparaît, et se met à jouer de vieux airs slaves en souriant, et elle secoue la tête en faisant "hey! hey!", et elle tape du pied en cadence. C'est la seconde attraction. Son regard tourne autour de l'auditoire, ça commence à sentir le roussi. Vous reculez de 3 pas, toujours pilotée par votre coupe de champagne qui fait office de boussole, vous vous demandez bien comment il se fait qu'Harvey Keitel ne soit pas encore apparu, vu qu'elle est vide. Méfiance. Mais vous aurez beau faire marche-arrière jusqu'à Marne-la-vallée, la violoniste slave vous retrouvera toujours, elle veut vous faire chanter "le violon sur le toit" (probablement parce qu'elle sait que vous êtes une fan d'Yvan Rebroff. Je tiens à préciser, à ce sujet, que les raisons de
mon amour pour Yvan Rebroff prennent racine dans ma lointaine enfance, je n'en dirai pas plus, il est inutile d'insister). Et tous ces gens que vous ne connaissez pas vont frapper leurs mains et crier "allez! allez! hey! hey! melle Bille! hey! hey!" (parce qu'ils n'ont pas oublié leurs lunettes, eux; et qu'ils ont parfaitement mémorisé vos noms, prénoms, et qualités. La poisse, par exemple). Sous la pression, vous esquissez un très timide "diguidiguidi", en fermant les yeux et en espérant que cette frénésie vocale va gagner le reste de la foule. Bernique. Vous êtes seule, c'est un moment horrible. N'oubliez pas que c'est la première fois que vous rencontrez tous ces gens, et qu'ils vont avoir cet unique souvenir gravé dans leurs mémoires. Le jour où vous allez téléphoner à un rédacteur-en-chef pour lui proposer un article, il vous imaginera avec une toque en fourrure, un verre de champagne à la main, en train de brailler "diguediguedi" à la cantonnade. Les souvenirs sont toujours déformés par le temps, et par une espèce d'abstraction de la réalité. En clair, il vous prendra pour Topol.
Ça fait bien cossu comme carte de visite.
Le clou de la soirée arrive lorsque vous vous rendez compte que deux caricaturistes ont passé tout leur temps à crayonner les portraits des invités. De profil. C'est la troisième attraction. Ils les ont accrochés au dessus du bar (quatrième attraction). Vous vous cherchez un petit moment, intriguée, jusqu'à ce que vous découvriez avec frayeur que c'est vous, l'espèce d'ornithorynque à poils blonds, tout en bas à gauche. Vos noms, prenoms et qualités (le dépit, par exemple) sont inscrits au feutre gras sur le dessin. Ca facilitera la tâche du rédacteur-en-chef lorque vous allez lui téléphoner; il se souviendra de Topol, mais en blond.
Vous n'avez plus que l'alternative de vous en remettre au ciel. Quoi qu'il arrive, c'est votre destin, vous n'échapperez jamais à Harvey Keitel.
Ni à la violoniste Slave.
Et le bon dieu mettra toujours sur votre route des caricaturistes.
Merci, mon dieu (youkaïdi, par exemple)
Commentaires
Keitel devenue ?
Harvey boire une 'tite coupe, moi... diguediguedi...
Ah ! C'est donc Harvey Keitel qui m'a piqué ma chaussette ?
Harvey David sonne
allez ouvrir, Président!
STV, je suis très perturbée par l'étonnante concordance de nos aventures respectives. Et pour répondre simplement, c'est oui.
Manman aussi est une fan d'Ivan Rebrov. Mais elle a 72 ans (aux chataîgnes), elle.
Aaaarrrgghh! Me suis encore fait avoir : je clique sur James Brown qui m'appâte en me disant qu'il est "une sex-machine", moi, intriguée et me demandant sincèrement ce qu'il veut dire par là, je suis le lien, et paf! me revoici ici. Et de sexe dans cette soirée? Que pouic. Si j'étais pas morte de rire, je serais à deux doigts de porter plainte pour publicité mensongère.
Ce qui aurait été top c'est qu'Harvey Keitel fisse apparaître Ivan Rebroff qui pissussât (imparfait de l'ultrasubjonctif) dans un violon.
Melle Bille c'est trop fort.
Si j'avais su en venant ici qu'Harvey Keitel ne serait plus JAMAIS le même à mes yeux (ça s'est déjà produit pour Yvan Rebroff, mais j'étais restée muette)... ben, je serais quand même venue, hein ! :-)
Kiki
Ah ouais, Harvey Keitel, j'le remets : c'est celui qu'était si sexy dans la leçon de piano (waouuuuu !)
Et sinon, sur ta dernière image, si on lit que les lettres blanches, ça fait "gros comme Bil". C'est exprès ?
(ah tiens, salut Bil, t'es là aussi ?)
Hello, j'ai bien ri à la lecture de ce billet qui me rapelle aussi des souvenirs similaires!
à plus
Magnifique ! Pouahaha !
Mais j'avoue confusément : j'adore totalement "The fiddler on the roof". :)
sssmouchhchhchh
style gros bisous
Paris n'est rien
Toi, tu es.
Etre, au sens d'être!
càd
vivre
au quotidien
et donner un
espoir de
lendemain
Toi
tu es
tu
vis
tu nous donnes
l'espoir
d'arriver
un jour
à ta cheville
si merveilleuse
si délicate
si ...
les mots me manquent
que d'ailleurs
tu es trop belle
en dedans
et en dehors
p'tain!!
pquoi je n'ai
qu'un mêt sêptant?!
je t'adore
KISSSS
°?°
ah oui mais euh...si le violon ne vient pas à toi, est-ce toi qui iras au violon?
ah mais nan nan nan, j'ai rien dit, c'est pas moi qui l'ai ta chaussette...ze suis zinossante <:)
Ah si j'étais richeu
Qui te dit, Ardalia, que je n'ai pas passé l'âge de ta chère maman? Hein? Qui te le dit? Hein? Qui?
Bine, tu avoues implicitement être intriguée par le cyber-sexe. Nous apprenons à mieux te connaitre
MonsieurMonsieur, je crois que l'emploi de l'imparfait de l'ultrasubjonctif ne s'utilise avec Yvan Rebroff qu'au printemps, par temps clair, lorsque les toits ne sont plus glissant, le saviez-vous(dès lors, l'emploi de semelles en elastomer cesse d'être périlleux)?
Oui, Kiki, je sais ce que tu as ressenti lorsque tu as découvert que la toque d'Yvan Rebroff était en fourrure de ragondin nain, et tu as eu la pudeur de ne pas en parler. Tu es quelqu'un de bien, Kiki. Ne change pas.
Madame DeKerpoutrelle, Harvey Keitel est TOUJOURS sexy, c'est un prince; et Bill Bryson, mon idole, est effectivement gros. Ce doit être un effet d'admiration inconsciente (y a bien que toi pour voir des trucs pareils!!!;-))))
mistersuperolive, bienvenue aloha, prends ton collier de fleurs de frangipanier et sers toi à boire, c'est dans le placard de la cuisine (par contre, ya plus de Banyuls)
Karaz, version Topol ou version Rebroff?
Mon Carlo, tu te fais rare, et c'est ce qui fait tout ton charme, ou du moins une partie. Mais franchement, bon, je ne sais pas trop quoi dire. Enfin si, merci. ;-))
Tidoigts, je ne suis pas certaine que tu sois si innocente que ça lorsqu'il s'agit de violon
le chelebrite
si te yolie et ke ti chante bien ,persone y va te reconnaitre , ma si te yolie ou pas yolie et ke ti rate tos ke ti fais tous le monde y te reconnais 40 ans apres et puis en plous il t'aime por la vie ...
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