lundi 07 mai
"Duel": un film de Steven Spielberg plein de rebondissements merveilleux, et un petit peu flippant (je mets un "s" ou pas, RV?)
Vous allez dire que ça n'arrive qu'à moi. C'est faux. ça nous arrive à tous, mais chez certaines personnes, c'est condensé sur une vingtaine d'années. Après, ce sera triste et morne, assez plat, et pas franchement festif. Mais très paisible.

J'ai passé une très mauvaise journée. Trèèèèès mauvaise. Pourtant, tout avait bien commencé, par une belle matinée bleue, je partitais (si, je l'écris comme ça me chante et bien malin qui saura m'en dissuader) en direction de Lugdunum, nommée ainsi à l'époque reculée des druides et des farouches gaulois en hommage au dieu Lug, l'apollon du coin.
Chouette alors, un peu de culture.
Je roulais benoitement, savourant à l'envie la moindre particule de soleil (et je ne vous dis pas à quel point c'est agréable de se prendre des flashs dans l'iris à travers un pare-brise constellé de mouches aplaties). Vitesse de croisière autorisée, pas plus pas moins (je respecte tes lois, mon Président. Regarde, je me prosterne car tu m'aimes, et avec moi les handicapés, les abîmés, les souffreteux, les goitreux, les pompes à vélo et les lunettes Lissac), voici que s'approche dans mon champs de vision un gros camion. Je n'aime pas les camions, j'en ai peur. Quand on double un camion, on est déporté sur à peu près 20 mètres avant de rétablir son assiette, et les conducteurs vous regardent comme s'ils avaient des grenades à clous à la place des yeux. Je déteste doubler les camions, je me sens minuscule et fragile, je rentre tellement la tête dans le cou que je me retrouve avec les cheveux sur les épaules et le menton dans le décolleté. En fait, la condition optimum pour rouler, c'est le Dimanche, sur une autoroute déserte à 25 voies, droite et plate. J'hésite toujours à doubler un camion, alors forcemment, à force d'hésiter, je me retrouve à lui lécher le pare-choc à la même vitesse que lui. Lorsqu'il n'y a plus rien d'autre à faire (à part rentrer de force dans sa remorque en faisant une roue arrière), je me décide, je mets mon clignotant en faisant bien attention à ce qu'il ne soit pas trop agressif (les grenades à clous, souvenez vous), je regarde dans mon rétroviseur, je ferme les yeux, je retiens ma respiration et je m'engage. C'est exactement ce que j'ai fait ce matin, sauf pour la phase finale; parce que lorsque j'ai regardé dans mon rétroviseur, j'y ai vu deux autres camions s'approcher à tombeaux ouverts, côte à côte. Ils étaient sur moi le temps que ma bouche s'arrondisse, je me suis donc retrouvée
dans la configuration ci-contre. A 110 km/heure, entourée de 3 brontosaures.
C'est à ce moment que j'ai entendu le bruit. Je suis parfaitement incapable d'imiter un bruit de voiture; je peux faire la cornemuse, la guimbarde, le coucou suisse, le poirier et un ferry dans la nuit, je peux même imiter Robert DeNiro et Phil Collins (c'est le secret de mon succès), mais le bruit d'un roulement déglingué dans une roue, macache. Par contre, je peux vous dire que ça donne du jeu à la direction, sans trop risquer de me tromper ( il parait même qu'on peut perdre une roue si le roulement atteint le dernier stade de la décrépitude. merci à l'ami qui m'a rassurée en braillant comme un patier, ça ajoute au suspens et maintenant, j'ai la même oreille que monsieur Spock, mais sourde. C'est malin) .
Me voici donc avec un volant qui ouinwalle (le verbe ouinwaller est très apprécié en haute-savoie. Il se dit d'une voiture, d'une hanche ou d'un cerveau. En fait, il signifie "tanguer", vous l'aurez compris), le coeur au milieu du front, les yeux projetés dans 12 directions à la fois. Rétroactivement, ça m'a fait penser au film avec Yves Montand, "la menace". C'est fou à quel point la peur peut vous faire perdre tous vos moyens, j'ai failli appeler ma maman, c'est dire. ça n'a pas duré très longtemps, à peine une éternité, mais sans rigoler, là, je me suis dit que j'allais mourir. J'ai frôlé la barrière de sécurité plusieurs fois, d'un chaloupement assez proche de ce mambo qui m'est si cher, et puis j'ai vu la voie qui menait à une station-service, j'ai tourné le volant et zooooooooonnnnnn je me suis engagée, toujours à 110 km/h (enfin, je crois. En fait, je n'ai pas vraiment regardé, ça n'avait plus beaucoup d'importance puisque j'étais persuadée que j'allais finir en copeaux). Hé bien croyez moi, ça ne se maîtrise pas comme ça. J'ai fait le premier dérapage de ma vie, Remy Julienne serait fier de moi, et j'ai déboulé sur le grand espace qui précède les pompes comme un cavalier de l'apocalypse surgi des terres du malin (ça me plait bien, cette image). Dans un grand bruit de Grand Volontiers.
Là, je me suis arrêtée, les jambes en nylon et le foie au niveau des narines, je suis sortie en liquide sur le bitume fumant et j'ai lâché un grand claquement de dents dans le vide. Avec un roulement moisi dans la roue. Et puis, lorsque j'ai voulu téléphoner, le mobile m'a glissé des doigts, a décrit une arabesque très élégante sur l'horizon avant de s'écraser à quelques mètres, en deux morceaux bien distincts. ça a fait "chtock", bien en relief dans ce silence si particulier qui suit un cataclysme.
Maintenant, la batterie tient avec du scotch, ça fait bien classieux (et je ne te parle pas de mon pacemaker que j'ai raccroché sur mon ventricule gauche avec 3 agrafes et un jet de laque). Merci Berliet .
PS: pas de billet demain, je vais reposer mes nerfs à la campagne et faire de la trotinette
Commentaires
Bravo !!! Vous êtes en page d'accueil de canalblog mademoiselle. Et c'est mérité. Bon je vais lire le post.
Bon sinon y'a un film de sam peckimpa, peckimpah, pequimpat, enfin bon qui raconte l'histoire de routiers qui se vengent de chez plus quoi et à la fin ils éclatent la coccinelle entre deux camions. Sproutch. Comme ça. (t'étais où à Lyon ?)
Oups : VOUS étiez où ?
Ttant que t'as pas
perdu ton dentier ni ton soutien-George:TOUT va BIEN ;-)
Bière
Voutes ne lisez pas. Voutes veuxlez que j'aille comment à Lyon avec des jointures en laine et un roulement morave (c'est assez compliqué, le tuvoiment)? Sinon, si j'avais pas croisé les gros Lulu, Bébert et Marcel, j'aurais été à Dardilly. Mais du coup, j'ai attendu 3 heures dans une station service, c'était rien chouette.
le soutien-George
il tient avec un zéphir de bretelles, EPQ. Quant au dentier, il est dent-ier (ah ah suis je amusante ce soir)
Vous n'avez pas dites que vous tu n'avais pas zarrivé.
mais quand même c'était implicite et puis sinon ça fait trop long, vutes ne croisez pas?
hihihi
morte de rire. Pardon, je le ferai plus.
Est-ce que tu avais une culotte au moins? ma mamie disait que c'était important si t'avais un accident (aieuh! non, pas la têteuh!)
je suis bien contente que tu soies saine et sauve. starschizo a dit qu'il en voulait plus...sur nos routes. il a trop regardé "le 5e élément", lui!
Vous me faites faire du soucis Mademoiselle Bille ! Vous savez les transport en commun ça peut être très bien aussi... Sous quel balcon j'irais jouer de la guitare s'il vous arrivait quelque chose ? Ma vie se mettrait soudainement à manquer de grand volontiers...
on s'est cotisés avec lulu et bébert pour vous acheter une cibi d'occase. on s'escuse pour le dérangement.
Putain la vache !!
augmentation
de salaire a ton ange gardien , il a fait du bon boulot !
et toi ca va ?
Pour la trotinette, vérifiez les roulements...
Un billet flippant...
... sans "s". Mais je suis heureux que tu n'aies (avec "s") rien. Je t'embrasse (2 "s"), prends ("s" à la fin, impératif d'un verbe du 3e groupe) soin de toi. Bisous (et là tu mets autant de "s" que tu veux, pour toi je ne compte pas l'ampleur de mes tendresses).
RV
C'est Kiki qui lui a donné la réponse...
Non, mais RV, c'est pas le billet qui est flippant, ce sont les rebondissements. Mais je vais corriger quand même parce que ça me parait douteux, ce "S".
Tu crois, RayRay?
Jacques, vous pensez bien qu'au premier bruit suspect, j'aurait mis pied à terre. Mais la pluie m'a évité cette corvée
Je vais bien, Zelda; j'ai eu le flip du mois, mais j'ai donné un bonus à caramël (mon ange gardien qui faiut quand même drôlement bien son boulot depuis ma naissance)
Vous l'avez dit, Charly
Gros Marcel, vous n'auriez pas plutôt un roulement? ça m'arrangerait
Vous marquez un point, Ludion. Je vais faire très attention dorénavant, je m'en voudrais si vous ne veniez plus ravir le quartier avec vos 117 versions de "je m'suis fait tout p'tit devant une poupée"
Tidoigts, moultipass?
Moi qui hésites (s ou pas s) toujours entre le t et le s dans : j'aurait, eh bin maintenant, le doute est dissipé : "j'aurait mis pied à terre".
Toujours amies ???
Raymonde, je ne me fâcherè jamè avec une ressortissante du Saskachewan, quoi qu'il arrive
Alors on se fait un petit chant de gorge ???
aussi pour que vous les ayez là, vos 20 coms...
zaoooooon zouinnnnnnnngggggggggg hon hon zaooooooooonnnnnnn zouiiiiiiiiiiiiii
Hello Mamz'elle Bille
J'arrive chez vous depuis chez Mam'DeCaramel et je suis pas déçu, d'où ce commentaire inutile entre deux gloussements de rire.
salut m'sieur Yojik!
je viens d'aller faire un tour chez vous, chuis pas peu fière du compliment! revenez quand vous voulez, il y a plein de trucs à boire et à manger (et des jeux minables à faire quand on s'embête)
Bon je cherche, je cherche, et je vois pas de jeux minables.
Et merci pour l'invitation.
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