Le Troisième Wagon

le quotidien d'une journaliste-pigiste; car un blog futile, c'est un blog utile. Parfois, ce blog parle également des santons de provence et de Cosmos 1999. Mais c'est plus rare.

mercredi 21 mars

Buvons buvons buvons le sirop Typhon typhon typhon

DreamGirl_adv317_03Bon. Au début, à l'origine, enfin bref bon, j'avais prévu de vous raconter ce qui m'est arrivé hier. Mais je me sens encore un peu faiblarde pour m'embarquer dans un récit long et sophistiqué, truffé d'épithètes et de compléments d'objets directs, d'adjectifs qualificatifs recherchés et de métaphores fleuries; qu'il vous suffise de savoir pour l'instant que j'ai marché toute l'après-midi avec une démarche à la planète des singes dans un trou de balle perdu au fin fond de la savoie. N'insistez pas, vous n'en saurez pas plus pour l'instant, je sais ménager mes effets.

MAIS, en revanche, je peux vous dire qu'il existe sur le marché des sirops hallucinogènes, parce que j'ai passé la nuit à traiter George Clooney comme un poux, alors qu'il me couvrait de myrrhe et d'encens toutes les 2 secondes. Il m'a même présentée à Brigitte Fontaine, c'est dire. Il faut préciser qu'hier soir, j'avais une plaque d'acier rugueuse dans les bronches et que j'ai bu le sirop à même le goulot, il est donc tout-à-fait possible que j'aie chargé la dose. C'était super chouette nonobstant. Le prix a payer, c'est que vous vous réveillez avec du caoutchouc entre les tempes et que le seul cerveau encore réactif, c'est le reptilien, celui qui vous fait distinguer un marteau d'un coton-tige. Et que vous avez beau chercher partout sous la couette, ce salaud de Clooney s'est tiré au petit matin en remportant tout ses cadeaux, le vil crotale by jove. Je suis donc au regret de vous annoncer que je ne suis pas capable de vous raconter mon histoire, j'ai ce matin un problème de cohérence (pardon? tu peux répéter ce que tu viens de dire?).

SOLUTION ALTERNATIVE: UN PETIT JEU.

Joue à la poupée avec Melle Bille, le pouvoir de ton imagination ne connaît pas de limite:   Prenez une personne que vous n'aimez pas trop, habillez là de la plus grotesque des manières et mettez lui une coupe de cheveux décadente. Je viens de faire le test avec un de mes anciens patrons, je lui ai mis des haut-de-chausses, une fraise à la Henry IV (vous pouvez lui mettre une poule au pot dans un petit panier qu'il portera façon paysanne, sur la hanche), et j'ai rajouté la coupe de cheveux de Voltaire. Il a d'un seul coup perdu beaucoup de son panache blanc. Limite je ne me rallie pas. Je suggère même d'ajouter une veste à carreaux et une petit cravate ficelle, pour la touche de bon goût. Et des moufles.

Je sais que nous avons déjà joué ensemble à ce jeu, ça n'est pas une raison.

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dimanche 18 mars

zaloberie de rhube

sickbilleRemarquez, tant qu'on ne se réveille pas avec deux pieds de cochon, ça reste acceptable

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samedi 17 mars

Finalement, il y a un billet. Absolument.

operatio51_2            Alors là c'est la meilleure. Vous vous souvenez du monopode, celui qui hante le tambour du lave-linge et mes tiroirs, et qui pique de temps à autres une chaussette, une petite cuillère et un soutien-gorge? Si vos souvenirs sont bons (remarquez, peut être que vous vous en fichez complet de savoir que je partage mon espace personnel avec une créature de la 8ème dimension; mais si j'étais vous, je suivrais attentivement toutes ces informations. Parce qu'un jour, c'est à vous que tout ceci va arriver. Ne vous croyez pas à l'abri, ça finit toujours par arriver (ce serait bien que vous lisiez ceci avec la voix d'Orson Wells, ça vous mettrait dans l'ambiance) Et là, vous viendrez me demander des conseils et moi, pleine de morgue et de fiel, je rigolerai parce que vous n'aurez pas su voir à temps où était votre intérêt.), si vos souvenirs sont bons, donc, la dernière chose que m'a chapardée le monopode, c'est un petit chapeau de tomate farci. Pour ceux qui souhaitent des détails, c'est ici.

L'étau se resserre, je saurai très bientôt d'où vient cette étrange créature. Car ne voyez-vous pas qu'aujourd'hui, mon petit pot de cire pour les cheveux a définitivement disparu de ma salle de bain. J'ai regardé partout, même dans le réfrigérateur, il s'est totalement désintégré dans une poche secrète de l'inconnu. Il me suffit donc de consulter le grand atlas des planètes et son who's who afin de trouver l'identité d'un truc qui n'a qu'un pied recouvert d'une chaussette Titi et gros minet, habillé d'un soutien-gorge rouge à dentelles, coiffé d'un chapeau de tomate farcie, portant une petite cuillère en guise de sceptre et pourvu d'une banane capillaire à la Elvis Presley.

Dans le même temps, j'ai découvert, grâce à Charly, que ce blog était marabouté. C'est surréaliste, et rigolo comme tout, c'est une journée somme toute drôlement sympathique. Et c'est la saint Patrick, je m'en vais donc sur l'heure danser quelques rills Irlandais au son des cornemuses, vêtue d'une peau de mouton et d'un béret façon tartan.

PS: Je prie pour que mes employeurs n'aient jamais connaissance de ce blog.

http://www.megabambou.com/mmm/mmm.php?url=http%3A%2F%2Fwagon3.canalblog.com

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Bon, c'est pas tout, ça...

                                                                                                                                                                                                                                                            plumeau                  

Comme personne n'a encore inventé le chiffon à poussière-plume, il n'y aura pas de billet aujourd'hui!

(combien de fois faudra-t-il vous répéter que je suis incapable de faire 2 choses en même temps? En plus, l'intérêt d'un billet sur le ménage de printemps, tu vois un peu...)

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mercredi 14 mars

Cuisine et dépendances

housebille               Arrêtez moi si je me trompe, il m'a semblé que vous aimiez particulièrement les billets dans lesquelles je vous livre tout de go mes expériences culinaires. Je comprends ça remarquez: cuisiner en équilibre sur la surface d'un zan coupé en 2 représente la quintessence du groove. Bon. Vous, vous avez tous investi à temps dans de belles surfaces avec plein de bidules dernier cri pendant que je dépensais mes kopeks à gratter des bouts de la planète. Et aujourd'hui, force m'est d'admettre que je vous envie (notez bien, lorsqu'il est venu, mon copain Patrick m'a dit qu'il aimait bien ma cuisine. Il habite en Grèce, dans cette île délicieuse où le top de l'équipement culinaire est un bleuet avec sa recharge. Ce qui explique peut-être ses yeux émerveillés devant mon double domino électrique et mon four à galène). Mais, malgré cet équipement de branquignole, fruit d'une très longue réflexion sur le sujet "qu'est ce qui est préférable: avoir la table à induction qui dit "maman" et qui tousse quand on lui frotte la surface, mais personne à inviter, ou plein d'amis qui vont se précipiter pour rire à chaque invitation, et gloser des heures sur votre plaque électrique à charbon durant les longues soirées d'hiver? (et même aux pique-niques d'été d'ailleurs. Pour peu qu'il n'y ait pas de brelan de 8, c'est la porte ouverte à toutes les railleries)", j'aime bien cuisiner. Surtout pour mes amis. Et comme j'habite un boudoir (le biscuit, pas le baisodrome de madame de Pompadour), c'est toujours un franc défi d'entasser 4 personnes autour d'un menu inventif et calciné.

Et bien voyez vous, hier soir , j'ai inventé une recette. ça vous la coupe, hein? J'ai inventé la croquette au guacamole. En fait, c'est une recette qui est arrivée par surprise, je voulais juste essayer de voir si on pouvait faire quelque chose de cette vieille chapelure de 100 ans d'âge qui traîne au fond du placard depuis mon installation (je pense d'ailleurs qu'elle appartenait au locataire précédent, jamais je n'aurais eu l'idée d'acheter de la chapelure. Peut-être même que ce n'est pas de la chapelure). Je ne peux pas dire que ce soit un franc succès, c'est un peu comme manger un chocolat au kirsh , mais chaud. Enfin, moitié chaud, parce que le guacamole à l'intérieur est tout tiède, très délié (un peu comme moi), et qu'il se carapate sur la nappe dès qu'on croque la petite boulette.Comme je cuisinais tout en regardant sur FR3 l'incroyable métamorphose de Jack Nicholson en joker grimaçant (mes amis sont arrivés au moment où il benne dans la cuve d'acide, un peu comme mes croquettes au guacamole. C'était un bon timing, parce qu'une fois qu'il est tout déformé, on se doute bien que le Joker va accomplir les pires forfaits en riant et en balançant des confettis dans la périphérie du drame. Personnellement, comme super-vilain, je préfère "le pingouin", il me fait presque peine avec ses deux doigts luisants que personne ne serre jamais. Il est très malheureux, alors que le Joker, il se tape la nana de Jack Palance. Bon, c'est vrai, personne n'a envie de sortir avec un pingouin, à part Paul-émile Victor. Enfin bon, la condition humaine, c'est pas toujours facile, surtout si tu t'appelles le Joker ou le Pingouin), je n'ai pas bien vu ce que je mettais à l'intérieur (je suis prête à parier gros que vous aviez perdu le fil). Par contre, pour palier à toute vindicte, je garde sous ma chaise un masque de soudeur que j'enfile à la vitesse du son dès qu'une grogne se manifeste. Capy ne m'a pas loupée, j'ai vu à sa tête toute déformée par l'horreur qu'il ne cautionnait pas mon inventivité. D'ailleurs, il me l'a dit. Jaco, diplomate, a prétexté une douleur dans un coin indéterminé de son abdomen. "J'ai mal par là", a-t-il dit en pointant un index vague quelque part entre la pomme d'Adam et les genoux.. Il a quand même bu trois verres de rosé, ce qui me conduit à le soupçonner d'avoir menti. Le gueux pourri.  Zi n'a rien dit, elle a peur de moi (je vous rassure, c'est un surnom. En réalité, elle s'appelle Zibrengulfon).

CONCLUSIONS: *ce ne sont pas de vrais amis. Moi, même si c'est mauvais, je tords la bouche, je dis que c'est bon, surprenant mais bon, je croque en apnée, et j'enfouis le reste dans mes poches ou sous mes fesses, en faisant semblant de me pencher pour récupérer un truc. J'aime mes amis, je ne serais rien sans eux.

                                 * si vous trouvez un vieux sachet de chapelure tout moisi au fond d'un placard, jetez le, ou faîtes vous un masque de beauté avec. Si vous avez des boutons le lendemain, vous saurez que vous êtes allergique à la vieille chapelure, ça peut toujours servir.

                                 * Je ne vous conseille pas d'acheter du jus de fruit de la marque "joker", il est fait à partir de vieux fonds verdâtres de Jack Nicholson.

                               

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mardi 13 mars

L'insondable légèreté de l'être

        believe_it_or_not                                           

Le saviez-vous?

Les sondages sont super faciles à manipuler. Je prends un exemple simple: le sondage blog-it. Vous étiez hier très partagés entre Roger Moore, la mixité, et le fait que bon de toute manière le pique-nique, ça vous intéressait moyen. Ce que je respecte (mais vous avez tort; le ciel est bleu, le lac est limpide, ne venez pas me dire que vous n'avez rien fichu de votre Printemps. Sans vouloir vous effrayer, parce que moi aussi je vous aime). En début de soirée, j'ai changé le texte mais j'ai conservé les résultats précédents.  La seule personne à s'être ajoutée au sondage a choisi le brelan de 8 (ce que je ne cautionne pas), et les 7 précédentes se sont réparties dans les 2 autres possibilités. Et hop, voilà le travail (si ça ne vous parait pas très clair, n'hésitez pas à me le faire remarquer. Je ne suis pas très pédagogue. Je me ferai un plaisir de vous envoyer une explication manuscrite, voire un CD, avec plein de petits schémas et des flèches qui partent dans tous les sens. Vous verrez, je ne me débrouille pas trop mal en flèche, j'ai même décroché un prix une fois, mais c'était il y a longtemps). Je ne dis pas que c'est effectivement ce qu'il se passe dans les sondages actuels sur un sujet auquel je ne touche pas, mais quand même, ça fait réfléchir (enfin non, pas vraiment en fait. C'est juste une pirouette que j'ai trouvé parce que le montage du jour m'a pris plus longtemps que prévu, et que du coup, je suis un chouia en charette. Parce qu'imaginez vous qu'il m'arrive de travailler. Si. De toute manière, je ne vois pas pourquoi je me justifie).

A la base, ce que je voulais écrire, c'est:

Le saviez vous? Plantez des clous tordus dans une surface dure avec un petit marteau un peu branlant, ça fait mal aux doigts. C'est comme cuisiner avec une poêle dont le manche ne tient plus. Un jour, le manche se décroche et vous vous retrouvez avec plein de légumes dans les chaussures.

Sans rigoler, ça me va super bien la mode Richelieu, non?

Un petit café? Une barre de céréales? Un bout de tome?

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dimanche 11 mars

A l'ouest, rien de nouveau

trapper

Vous connaissez mon goût pour la montagne, la neige, le froid et les sapins. Entendons nous bien, je ne crache pas dans la soupe (aux pois avec du pain dedans et un petit filet de vin rouge, comme de par chez nous bon dieu tout d'bon), mais je pense que la haute-savoie gagnerait à être légèrement décalée au sud, avec juste ce qu'il faut de petits palmiers pour ne pas faire trop tappe-à-l'oeil, on pourrait aussi abaisser un rien les montagnes afin que tout le monde puisse grimper dessus. Et puis comme ça, on pourrait voir l'horizon, on se sentirait plus large.

Je suis arrivée au lieu de rendez-vous avec 15 petites minutes d'avance, il faisait bon froid dans le village, et la matinée n'avait pas ménagé sa peine pour ressembler à une carte postale des Alpes, avec la neige, le gel, le vent et tout et tout (bon; le vent, c'est vrai qu'on ne le sent pas trop dans les cartes postales. Mais regardez attentivement les pavés, vous verrez que certains d'entre eux sont décollés. Et s'il y a des personnages sur la carte, observez leurs yeux, ils sont comme des meurtrières, en forme de fentes pour ne pas laisser passer l'air). C'est ça qui est chouette ici; tu as 20 000 pisteurs qui braillent comme des putois à la télé à cause du réchauffement de la planète, et toi, dans les montagnes, tu ne sens plus tes mains quand tu te grattes le nez, parce qu'elles sont tombées à cause du froid. Nous autres natifs avons cette particularité que notre corps gonfle instantanément pour se protéger. Moi, c'est 32  kilos de graisse en 3 minutes. Mais voilà qu'une fois encore je m'égare, car là n'était pas mon propos. Mon hôte est arrivé à l'heure dite, avec son physique de gaulois moustachu et son inénarrable accent Savoyard (je peux me permettre une légère moquerie, j'ai exactement le même, ce qui me valut un franc succès à la fac au cours de rhétorique de monsieur Perrier. Et quand je parle d'amour, une bouche impassible secouée d'imperceptibles tremblements révèle chez mon interlocuteur une hilarité intérieure réprimée à grand peine).
Parlons d'amour justement: les cabanes dans les arbres sont parfaites pour une escapade avec votre amoureux (se). Si la sauce tourne un peu aigre entre vous, vous avez toutes les chances de perdre votre partenaire dans la montée, qui s'effectue sur un scooter des neiges. Vous frôlerez pèle-mêle le précipice et l'arrêt cardiaque, votre estomac va devenir petit comme une lentille, et vous allez prononcer à voix haute tout un tas de paroles incompréhensibles que votre conducteur n'entendra pas, à cause du bruit de V12 qui vous scie le cerveau et fait tomber de gros paquets de neige du haut des sapins.

Mettez de grosses chaussures de montagne, pas de petites bottes en cuir. Les petites bottes en cuir, c'est ravissant sur un trottoir mouillé, mais efficace comme une feuille de papier buvard dans 1 mètre de neige; une fois que vous vous êtes extirpée du tas dans lequel vous êtes clouée depuis la descente du scooter (à grand renfort de jurons et de gestes disgracieux qui vous ruinent la réputation), essuyez bien les semelles de vos bottes, pour ne pas glisser sur les passerelles humides de 50 cm de large qui relient les cabanes entre elles. Ces passerelles sont situées à 9 mètres de hauteur. Et si vous souhaitez dégommer une bouteille de rosé sur la terrasse de votre cabane, faites le une fois que vous vous êtes bien installé et que vous êtes certain de ne pas devoir refranchir les ponts de singe (dommage que le propriétaire n'ait pas mis des sandows à la place des cables de soutien en acier, ç'aurait été encore plus dangereux).

Vous n'avez pas à craindre les bêtes sauvages. A cette hauteur, les loups déclarent forfait et se contentent de hurler à la mort au pied de votre arbre jusqu'à l'aube. Par contre, les aigles peuvent venir vous gober les yeux.

N'acceptez jamais le café offert par le propriétaire. Déjà, vous ne savez pas d'où il vient et vos papilles gustatives sont gelées, et votre hôte va en compter 3 louches par personne. A ce stade de froid, vous pourriez tout aussi bien boire du jus de lisier, vous ne feriez pas la différence. Votre estomac, par contre, va très vite se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond. Et comme vous avez 2O mètres de passerelles à franchir pour aller jusqu'aux toilettes, autant mettre tous les avantages de votre côté. Vous n'êtes pas à la finale de "jeux sans frontières", il s'agit de votre vie.

Prenez des livres, des grilles de sudoku, des feuilles de papier pour inventer des origami et faire des avions. Une fois coincé au sommet de votre mirador, vous n'aurez plus que ça à faire. Ne vous ruez pas sur les victuailles pour tromper votre ennui, regardez sur la photo ci-dessus ce qui m'est arrivé en une seule après-midi; le climat en montagne peut avoir des effets inattendus sur votre corps, nous ne réagissons pas tous de la même manière. Si toutefois vous ne pouvez pas vous en empêcher, allez demander un café au patron toutes les 30 minutes. Vous vous allègerez dans l'instant.

Vous allez entendre des grincements, ce ne sont ni des ronflements, ni un gémissement articulaire. C'est le vent violent qui menace de pulvériser votre cabanon. Vous allez ressentir une houle concomitante, prenez de la dramamine.

Si vous suivez bien toutes ces consignes de base (celà dit, vous faîtes bien comme vous voulez, mais n'allez pas raconter partout que vous n'étiez pas prévenu), vous pourrez profiter d'un merveilleux moment. Et je ne rigole pas, c'est d'une telle beauté que vous n'aurez plus envie de repartir (de toute manière, vous ne pourrez pas; vous serez trop large et trop lourd pour utiliser les passerelles, il faudra faire venir un treuil de la vallée). J'ai d'ailleurs réservé un week-end, que je compte mettre à profit pour rédiger mon petit précis de survie en haute-savoie, faire un origami à l'effigie de George Clooney, et apprendre le langage des ours. Et c'est ICI.

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samedi 10 mars

C'est pas un peu chargé comme post?

cabane1

bille_waikiki25        En fait, ça n'est pas bien compliqué. Il suffit de me persuader que je ne vais pas visiter une pelleté de cabanes construites dans les sapins, que le froid n'est qu'une affaire de mots et qu'on parle en farenheit, pas en celsius (et que du coup c'est beaucoup plus élevé que ça et je me demande si le gros bonnet à pompom, le tube de vaseline pour le nez et le damart de ma grand-tante sont bien utiles), que je ne vais pas me casser la figure en glissant sur une poutrelle humide, et que le guide ne sera pas un épais montagnard vêtu d'un knickers en velour et d'une chemise en laine avec de gros carreaux dessus (il me suffit aussi d'imaginer que son accent ouin-ouin est un label d'exotisme, et qu'il dissimule une papaye (celle qu'on ramasse avec une foufourche) dans son sac-à-dos, pas un gros saucisson aux noisettes qui laisse plein de bout de gras entre les dents et qui vous fait un sourire tout graisseux).

Les pouvoirs de l'esprit sont déments.

Je vous retrouve peut-être plus tard, aloha mes amis.

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vendredi 09 mars

j'hésite à mettre ce billet dans la catégorie "vie quotidienne" ou dans "un monde extraordinaire"

bille_fantasy      Certaines matinées sont plus gracieuses que d'autres et fourmillent de rebondissements divers; J'aime beaucoup me réveiller, je me demande toujours quelle petite aventure ce jour va m'apporter (par contre, certaines fois, il vaudrait mieux rester à faire le tapir parce que bonjour l'aventure quand tu trouves un piège à loups dans ta boîte aux lettres).

Il me faut une paire de lunettes de soleil de vue, et mon évier est bouché. Le point de départ pourrait être plus fin, excusez moi si je vous déçois mais je fais comme je peux depuis que j'ai rendu ma panoplie de wonderwoman, à cause de le culotte en métal qui me grattait le haut des cuisses (sans compter que je laissais traîner mon diadème de pouvoir tout pointu sur le fauteuil et qu'un jour, un ami s'est assis dessus et que ça lui a percé le pantalon. Je ne vous raconte pas l'infection, il était tombé dans la fosse d'aisance de superman. Le diadème, pas l'ami). Bref, je suis allée essayer tout un tas de paire de lunettes pour être la plus belle ce printemps, et pouvoir regarder les garçons discretos sur une terrasse, en faisant semblant de lire "le pèlerin magazine", et en portant le cendrier à mes lèvres, parce que dans ces cas là, je ne fais pas attention à ce que je fais et je le confonds avec la tasse à café (je peux préciser d'avantage si vous voulez, mais je suis certaine que vous préférez rester dans le flou. Moi aussi, mais j'ai quand même besoin de lunettes). Le grand âge ayant accompli son terrible forfait au niveau de ma rétine, je ne peux plus me chausser le nez de ces lunettes bon marché qu'on trouve à 3 haricots dans les bureaux de tabac, je suis obligée de faire chic (quoi qu'avec une paire de lunettes de soleil Chanel, je ressemble à un scaphandrier période Jules Vernes, il ne me manque qu'une cloche à fromage sur la tête pour servir d'illustration à 20 000 lieux sous les mers. On a vu plus chic). Vous savez quoi?  Je suis passée par tous les cas de figure. Avec certaines paires, on dirait Roy Orbison, Michou, un rappetou, Harry Potter (en plus vieux), ou la reine d'Angleterre (avec le diadème de pouvoir, je ne vous parle même pas de l'aspect séduction). Arrivée à ce point, j'aurais meilleur temps de me confectionner une monture avec du fil de fer et des pinces à linge, et d'y fourrer les verres solaires de ma grand-mère, ou deux tessons de bouteille de bièreessentialroyorbison. C'est une catastrophe. C'est fou à quel point on peut être moche des fois; d'ailleurs, le vendeur avait du mal à garder son sérieux, il m'a même offert un café pour se faire pardonner. J'ai tout planté là pour aller acheter du déboucheur, m'arrêtant au passage dans un magasin tendance pour essayer le peignoir masseur (et mon frère il s'assoit dessus). Le seul truc embêtant avec le peignoir masseur, c'est qu'il faut le brancher sur une prise électique. Effet Claude François garanti si tu oublies de te sécher, ce précisément pour quoi le peignoir est conçu. Mettez ça en série dans un spa de luxe pour le troisième âge, ça devient une arme de destruction massive. Et si tu transpires épais parce que tes glandes sudoripares sont déréglées, tu te prends la décharge du siècle. Bref, toutes ces considérations m'amenèrent au déboucheur liquide. Je me demande bien ce qui bouchait mon évier, parce que lorsque j'ai versé dedans le contenu de la bouteille, un geyser puant a littéralement explosé dans ma salle de bain, j'ai à peine eu le temps de reculer sinon, à l'heure qu'il est, c'est un nez avec rien autour qui serait en train de tapotter le clavier. Je me demande comment un rhinocéros a pu se glisser dans la bonde du lavabo pour venir y rendre l'âme (enfin, ce n'était peut-être pas un rhinocéros, mais vu l'odeur et la substance, ce devait être un gigantesque truc organique. Le monde recèle décidement bien du mystère). Un conseil: ne débouchez pas votre lavabo habillé du peignoir masseur, et mettez les lunettes de Roy Orbison, à cause des projections.
Bonjour chez vous.

PS: En fait, je n'ai rien à ajouter.

PS: Ah si. Je voulais ajouter que je ne sais pas ce que vous en pensez, mais question montage, je deviens top-la-mort classe (la photo de Roy Orbison est un montage. Si.)

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mardi 06 mars

oh mais bon dieu c'est pas possible une honte pareille!

calling_bille

La vache mes amis, il m'est arrivé la honte la plus pantalonesque de ma toute nouvelle vie professionnelle, que là forcément tu te dis "je voudrais mourir mais la vie est probablement trop cruelle pour m'accorder cette chance". Je vous raconte plus tard, si je survis à la dose massive de soude caustique que je vais m'injecter par l'oreille, juste pour voir.

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