dimanche 04 mars
Aller-retour

J'aime bien les surprises et l'inattendu (ça par exemple! Tu es bien certaine de ne pas préférer savoir exactement ce qui va t'arriver minute après minute jusqu'au jour où tu iras brouter les patates avec les doryphores?); et surtout, j'adore Paris. Et de toute manière, je suis faible et je dis toujours d'accord.
Et puis ça tombe bien, il fait printemps, et arpenter Belleville au printemps avec de petites ballerines ridicules qui font mal aux pieds, il n'y a pas plus joyeux.
Je vous ramène une tour Eiffel dans une boule-à-neige?
Et je vous embrasse tous. Fort.
Et doux aussi.
PS: La petite musique là haut, c'est du bonheur. Quand on écoute ça au petit-déjeuner, on renverse son café et on mange ses tartines de travers. (et du coup, le pyjama est tout sale et il faut le mettre en machine). Si vous avez une plainte, adressez vous ICI
vendredi 02 mars
Tête de bain turc
C'est une catastrophe (non mais qu'est-ce que vous croyez? N'attendez pas de détail râcleux, je sais me tenir en société, vous me prenez pour qui?), je suis allée passer une après-midi au Hammam.
Je suis au regret d'écrire ce matin que mon avis sur le sujet reste assez tempéré. Aujourd'hui, je ressemble à une tomate, mais farcie et mal cuisinée, et j'ai l'impression d'avoir le pied droit passé en continu au papier de verre, un peu comme si je lui imposais un mouvement pendulaire entre une bassine d'azote liquide et un brasier de l'enfer. En ce qui concerne l'apparence tomateuse, c'est une réaction allergique au savon noir à l'huile d'olive. En plus, ça m'a fait gonfler l'oeil gauche, on dirait un cyclope. Le pied, c'est plus subtil. J'ai oublié de préciser à la masseuse que la grosse cicatrice toute fraîche sur le dessus n'était pas un dessin au marker indélébile de mon facétieux neveu, mais une vraie cicatrice. Et quand on te passe aux graviers une plaie à peine recouverte, tu chantes un "te deum" en verlan pendant 3 jours. Tu chantes faux, en plus. Et du coup des tas de petits morceaux de stuc se décrochent du plafond et t'ensevelissent pendant que tu côasses.
Le reste du corps est à l'avenant, rougeaud et peu flatteur.
Autre détail intéressant, je n'ai pas fermé l'oeil (le gauche, le gros) de la nuit, alors que les adorables masseuses m'avaient prédit un sommeil de loukoum. Je me suis effectivement endormie à 22.00, mais tellement plate et molle que mes particules se sont éparpillées dans tout le futon et que j'ai dû partir à leur recherche vers 1.00 du matin. A 6.OO, je cherchais encore ma main droite. Là, c'est bon, il me reste un orteil à récupérer et le compte est bon.
Par contre, force m'est d'admettre que j'ai la peau très douce. Desquamée, mais douce.
Un dernier détail: évitez le maillot de bain Speedo en lycra noir dans un hammam. Quand les gouttes d'eau brûlantes tombent dessus, c'est aussi délicat que si l'on vous passait le corps à la chaux vive, et vous allez récupérer plus tard plein de petites particules de savon noir qui se seront ammoncelées dans les endroits les plus inattendus. Au mieux, allez y nu, vos déformations et colorations successives auront au moins le mérite d'être homogènes.
Petite mise-en-garde: Le premier qui suggère que mon organisme est tout moisi, je le passe au rabot chanteur.
mercredi 28 février
Eros Tropovitch n'est pas un violoncelliste
Vous vous souvenez de votre dernier coup de foudre? Vous avez bien de la chance, moi pas. C'est la raison pour laquelle lorsque ça m'arrive, je suis prise au dépourvu et j'agis exactement comme la fois précédente. Mon dernier coup de foudre devait remonter au crack boursier de 1929, c'est vous dire à quel point j'avais eu le temps d'oublier (c'est déjà tout juste si j'arrive à me souvenir que j'ai deux pieds, c'est la raison pour laquelle je tombe fréquement; alors vous pensez bien...). J'arrive à gérer un coup de foudre unilatéral avec une certaine maestria, ça ne se voit en général pas, je reste de marbre et je me gratte le nez exactement comme si je me trouvais devant mon boucher. Je passe la main, comme au poker. Par contre, lorsqu'il est partagé de manière tout à fait inattendue, je me transforme en une espèce de chose chaotique et désordonnée et je fais n'importe quoi. Attention, je parle du coup de foudre qui vous trompette au coeur, pas du petit pétard pétillant qui vous crépite la racine des cheveux et qui meurt dans l'instant, faute de combustible. Je parle de celui à travers lequel, nourrie de vos fantasmes les plus torrides et les plus dévoyés, vous entrevoyez pèle-mèle un voyage à Etretat Venise dans une gondole grand luxe insubmersible moteur Riva, un week-end au fin fond de l'ardèche où il serait question de chaumière, de cheminée et de peau de bête, des soirées en tête-à-tête au-dessus de chandelles tellement hautes qu'elles finissent par vous enflammer la robe (à supposer que vous ayez encore votre robe) et des conversations passionnantes entrecoupées de sons gutturaux que tu te dis "le film que je regarde, il ne serait pas classé X par hasard?".
Bref, vous venez de vous rendre compte que lorsque je tombe sous le joug d'un coup de foudre partagé, j'en perds jusqu'à mon sens de la phrase. Quelque part, c'est assez rassurant pour l'autre, il a l'impression de se passionner pour un camion. Moi, je ne sais pas où mettre mes yeux, mais surtout pas dans les siens, parce que je le crois capable de deviner la noirceur de mon âme. Au lieu de quoi je me compresse les épaules comme si je ne faisais que passer entre 2 portes coulissantes, avec la peur qu'elles ne se referment sur mon talon, je fixe n'importe quoi (dans le cas qui nous passionne-enfin, moi- je me suis abimée dans la contemplation d'un taille-crayon de belles proportions. Le type qui a inventé le taille-crayon est un nobel, je confirme), et je pose des questions dont les réponses me passent largement au-dessus des oreilles. Je pose donc en général 2 ou 3 fois la même question, ce qui provoque chez l'autre un subtil haussement de sourcil. Il doit se dire que je suis gentille. Le pire, c'est la lèvre qui tremblote, comme soulevée par un petit hameçon céleste et taquin. Du coup, vous ressemblez à "l'homme qui rit", cet affreux feuilleton français en 3 épisodes dont le héros, pas bien gâté par la nature, avait tout un côté du visage remonté vers le front. Sa vie fut une succession de malheurs épouvantables, je me demande même s'il n'a pas terminé sa vie au fond d'une fosse à purin.
Et bref, je suis effroyablement démunie devant le sentiment amoureux.
ça promet. Mais ça n'est pas nouveau non plus, j'ai 317 ans (c'est un record, et j'en suis fière).
mardi 27 février
Mieux vaut une onomatopée idiote qu'un long discours stupide (Boris Vian D'ox)
On ne dit pas tout sur les blogs, mais lorsque certaines connivences s'installent, on a envie de partager. Boum.
lundi 26 février
Ah bon? Il y a DesMoine dans l'Iowa?
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais question montage, je me suis surpassée cette fois-ci.
Je voulais à tout prix vous faire un petit cadeau, pour tempérer la nouvelle désespérante dont je dois vous faire part: vous n'en saurez pas plus sur le biogaz des moines. Frère Pèrenoël hydromel s'est montré courtois, mais ferme (enfin, courtois, il n'a pas non plus dansé une mazurka et jonglé avec des ciboires dans un cercle de feu). Lau et moi avons bien tenté de pénétrer par effraction le monastère, mais notre lâcheté légendaire nous en a empêché. Un jour, je vous raconterai Lau, c'est grâce à lui que je me suis retrouvée en prison à Zagreb il y a 20 ans, je peux vous dire que ça laisse des traces. Aussi, enjamber un mur hérissé de tessons de bouteilles, probablement défendu par des chiens pesteux, et atterrir sur un sol jonché de pièges-à-loups ne nous tentait pas plus que ça. Et puis, ça n'aurait pas été très sympa d'aller saccager leur potager, déjà bien mis à mal par le gel.
Bref, en désespoir de cause, nous sommes allés faire des courses à l'épicerie du monastère, c'était intéressant comme tout. PARCE QUE J'AI DÉCOUVERT QUE MEME CHEZ LES MOINES, ÇA SENT L'ARNAQUE. Attention, je m'explique. Et entendons nous bien, je suis infiniment respectueuse des choix de vie. Une boutique de moine, à priori, c'est assez sympathique (et bio). Vous vous promenez dans un périmètre pavé d'ardoise des Alpes, les étagères sont truffées de produits issus de l'agriculture monastique, et je suis assez séduite d'emblée par les étiquettes bardées d'enluminures collées sur les pots de confiture de figue. Ça a l'air plutôt sain, limite curatif. En plus, vous baguenaudez dans les rayons sur fond de Bach ou de chants de l'abbaye de Solesmes, un peu comme dans un "nature et découvertes" contemplatif, c'est plus agréable que remplir votre caddie sur un vieux morceau de "Balck sabbath" ou sur une composition d'André Rieux spécial supermarché. Forcément, je me suis laissée avoir, j'ai acheté de la confiture (figue et orange, un must contemplatif) et des madeleines. La confiture, c'était pour le petit déjeuner et pour l'étiquette; les madeleines, c'était pour dans la voiture parce que j'avais très faim. Elles étaient toute sèches, j'ai eu l'impression de bouffer une biscotte. Lau, parfait gentleman, m'a assuré en balançant plein de miettes sur le tableau de bord qu'elles étaient excellentes, ce que je n'ai pas cautionné. En fait, j'ai dit: "PUTAIN MAIS ELLES SONT POURRIES CES MADELEINES! SALOPERIE DE MERDE DE KRISPROLLS A LA CON! " et je pense réellement, avec le recul nécessaire, que ces madeleines ont été emballées à l'époque où le viking Sniurf le Hardi a découvert le Groenland (en fait, ce n'est pas Sniurf le Hardi qui a découvert le Groenland; mais ça me plait bien de raconter n'importe quoi de temps en temps).
Alors vous m'excuserez, mais ça ne me parait pas utile de faire des secrets de pucelles sur le biogaz si c'est pour vendre des madeleines estampillées croisades dans le même temps.
dimanche 25 février
DesMoines ne se situe toujours pas dans l'Iowa
A travers cette journée qui s'annonce fichtrement tempêteuse, melle Bille va tenter de percer le secret du biogaz des moines.
ACCESSOIRES:
* Un tonneau d'hydromel
* Un maillot de bain
* Uri Geller caché dans un panier pic-nic, pour déformer les serrures avec son regard magique et magnétique
* Un voeu de chasteté au cas où
* Un incunable relié pleine peau consacré à l'histoire des Cisterciens
* Le pacte écologique de Nicolas Hulot
* 7 péchés capitaux que je pourrai brandir comme une malédiction au cas où je me heurte à un refus
* Beaucoup de bonne foi (ça, ça devrait leur faire plaisir)
vendredi 23 février
Un petit moment d'inattention
Ah, le voilà bien, le moment précieux. Cesser juste un moment de faire des pirouettes, et retrouver son calme. Garder pour quelques temps la position lente et menue, et courber les lambeaux de brume autour de soi, pour se tenir paisible.
Et le printemps, volatile, à peine posé contre le ciel. Je sens comme une odeur de citron sur les mots, et les pavés doux.
C'est unique. C'est toujours unique.
Se rassembler; et dire à qui veut bien l'entendre que rien ne sert de courir, décidément.
Rien n'est plus doux, entre les lignes franches.
mercredi 21 février
Mauvais calculs (c'est super long, mais j'ai beaucoup souffert)

Bonjour. Hier, j'ai passé un sale quart d'heure. Je sentais bien venir le truc depuis le matin mais, appliquée que j'étais à percer le secret du dongle, je n'y attachai pas plus d'importance que ça et traitai la vague douleur par l'indifférence la plus morgueuse. N'empêche, pendant que je faisais l'andouille avec mon clavier, de petits grains de sable s'accumulaient lentement mais sûrement dans mes reins, recouverts pour l'occasion d'un jean de bonne facture qui met en valeur mes formes arrogantes. Je ne sais pas si vous êtes déjà passé par une crise foudroyante de kolicôn nefrôn (je préfère l'écrire en Grec parce que si je l'écris en Français, les petits malins que vous êtes vont se faire une joie d'écrire tout un tas de saletés qui risquent d'entâcher la poésie sous-jacente de ce blog), mais je ne souhaite ça à personne, c'est comme avoir une moissonneuse-batteuse livrée à elle-même dans le bas du dos. Vous cherchez désespérement à prendre la position la moins inconfortable pour lui faciliter le passage, mais comme c'est une moissonneuse format Massey-ferguson des grandes plaines (le correcteur propose "n'acétifierions", c'est pire que le dongle), elle vous laboure quand même la ceinture abdominale. Avec Grand Volontiers. Mes crises ont plusieurs spécificités dont je suis assez fière: elle interviennent toujours dans les lieux publics, et s'accompagnent d'effets collatéraux assez fâcheux: vertiges, crampes dans les pieds, hoquets et perte de la plus élémentaire des concentration ( normal, je lutte contre une douleur diffuse et pétaradante tout en tentant de conserver mon quand-à-moi et un visage de marbre). Celle d'hier s'est déclarée en plein MAMCO, à l'occasion du vernissage de la nouvelle exposition. J'étais en pleine conversation avec un des artistes lorsque le Massey-Ferguson a fait son apparition, ravageant instantanément la posture délicatement féminine que j'avais adopté pour l'occasion (je ne comprends pas l'art moderne, je combats cette ignorance avec mon cerveau reptilien, un regard vide, et une espèce de distance calculée qui peut, le cas échéant, passer pour de l'érudition. Au pire, je fais croire que je suis Slovène, et que je ne parle pas la langue). Je me suis isolée un instant à la recherche de la position idéale (idéale n'est d'ailleurs pas le mot, parce que quoi qu'il arrive, le Massey-Ferguson vous ravagera les flancs), et je me suis rendu compte que je souffrais beaucoup moins penchée en avant à la limite de la chute, un peu comme si je m'inclinais très bas devant un roi de Perse. Dans le même temps, les vertiges ont commencé, mes orteils se sont recroquevillés dans mes chaussures (dans ces cas là, le mieux est de marcher sur la pointe des pieds, ce qui vous donne une démarche de flamand rose, surtout si vous avez les rotules inversées) et j'ai perdu le fil de la conversation pour me concentrer très fort sur mon apparence, ce qui n'a pas échappé à mon interlocuteur qui s'est assuré que tout allait bien. " oui oui", ai-je répondu d'une voix crayeuse (c'est à ce moment que l'accent Slovène devient utile). J'ai entamé d'une démarche de tourteau (combinée à celle du flamand rose, je ne vous dis que ça) un habile repli vers une chaise (en fait, c'était une oeuvre d'art, mais au diable les convenances lorsque vous êtes en train de passer l'arme à gauche) avec l'impression d'être une planche anatomique en relief. Notez bien, dans un musée d'art moderne, ça ne fait pas tâche; et comme vous êtes immobile à cause des orteils, des vertiges et du Massey-Ferguson, tout le monde peut vous observer à loisir sous toutes les coutures. En art moderne, c'est ce qu'on appelle un happening, sauf que là, c'est involontaire, et que vous êtes prêt à révéler n'importe quoi pour que les tenailles chauffées au rouge que vous avez dans les reins se dissolvent.
J'ai d'ailleurs révélé n'importe quoi, à travers une crise de hoquets incongrue.
Lorsque je me suis trouvée en état de lever le camps (en tourteau), je suis rentrée en conduisant sur une fesse, le nez écrasé sur le volant, un moignon (à cause des orteils) sur l'accélérateur et secouée de hoquets délirants, on aurait dit la voiture des Barios. Aujourd'hui, ça va mieux; la moissonneuse-batteuse a été remplacée par une petite tondeuse Evinrude assez élégante (alors là, chapeau le correcteur, il propose "évinçâtes"), je suppose qu'elle va d'elle-même se transformer dans la journée en aspirateur de table dont le sac plein à craquer menace d'exploser, et je vais faire la planche sur le futon.
Hic.
PS: j'ai malgré tout réussi à placer 6 fois le mot "dongle" dans la conversation. Avec témoin. Je suis assez fière.
mardi 20 février
Dongler avec les mots

Ci-dessus, la bande originale du film "mon Dongle", de Jacques Tati.
J'aime beaucoup parler avec mon ordinateur, surtout lorsque la conversation s'engage de façon inopinée, sur un ton badin. D'autant que ses courtoises interventions sont toujours destinées à me prévenir d'un danger imminent: manque de papier dans les toilettes l'imprimante, cartouche couleur vide, batterie faible, explosion thermo-nucléaire, secousse sismique impromptue, pluie acide...etc. Hors, voici que mon ordinateur s'est mis en tête de m'apprendre de nouveaux mots. Ce qui est assez chouette; comme ça, ça m'en fera 12. Bref, il n'y a pas 10 minutes, à la suite d'une de ces manipulations imprécises dont je suis coutumière, à cause des crochets, le voilà qui me pose une question: "Possédez vous un dongle?". Bigre. Un dongle? Nous voilà bien. Celà dit, ce mot inconnu offre tout un tas de perspectives amusantes; renseignements pris, il s'avère vieux comme le dongle monde. Au moyen-âge, après une nuit passée en prières, les nouveaux chevaliers étaient adonglés par leur seigneur. L'expression "payer rubis sur dongle" est un terme usité en Suisse orientale depuis l'avènement du calvinisme, ce qui nous fait une belle jambe. Si vous êtes photographes, vous connaissez sans nul doute l'usage de l'objectif grand dongle, et le dongle-chevalier est un des poissons les plus goûtu de notre belle région. C'est fou, non?
Celà dit, toute cette linguistique compliquée ne vaut pas tripette, mon ordinateur vient de me dire que "vous ne possédez pas de dongle". Du coup, je m'en fiche un peu.
vendredi 16 février
DesMoines ne se situe pas forcement dans l'Iowa

Bonjour, il est 12.45 (sobre, clair, précis). Toujours dans le cadre de mon enquête palpitante sur le terroir Savoyard (je crois bien que le "national geographic" me pique mes fiches, il y a une IP suspecte dans mes statistiques, domiciliée au Zanzibar), j'ai appris que les moines d'une abbaye du coin reconvertissaient le petit-lait de leurs fromages en biogaz . C'est une information sensationnelle. Vous vous rendez compte? Ils produisent tous leurs besoins en eau chaude et chauffage avec du petit lait. Vous me direz, nous convertissons tous, à notre manière, certains déchets personnels en biogaz, et sans que cela nécessite un équipement à 10 billiards de dollars. Il nous est gracieusement fourni par dame nature, et a le mérite de nous rappeler notre condition humaine (sauf en ce qui concerne quelques dieux silencieux et inodores dont on n'imagine pas qu'ils puissent produire autre chose que du beau, je pense notement à George Clooney et au dalaï-lama). Mais jusqu'à présent, personne n'a encore, à ma connaissance, réussi à transformer ce gaz naturel en chauffage. Il va falloir plancher. J'ai donc appelé ce matin frère hydromel Nathanaël pour en savoir plus, et prendre rendez-vous. Le problème lorsqu'on appelle un moine, c'est qu'on ne sait justement pas comment l'appeler. Bonjour mon frère (non, ça fait un peu communautaire et nous n'avons pas gardé les fromages ensemble, ménageons les susceptibilités)? Bonjour mon père (non plus, j'ai passé l'âge de la confession et je ne crains pas l'enfer plus que ça, il y fait bon chaud)? Bonjour (trop familier, on dirait un membre des Jeannettes qui se renseigne pour une retraite)! Pour ça, j'ai un truc, je fais comme si je parlais au travers d'un malabar géant et je mange toutes mes consonnes. J'y perds en clarté, mais je sauve mon honneur. Frère Caramel Nathanaël m'a écoutée avec une infinie patience (et Dieu sait s'il en faut pour décrypter un malabar, cet homme est un saint, je suis certaine qu'il ne produit aucun biogaz). Pour finalement me dire que oui bon mais non parce que nous ne voulons pas de publicité et en plus nous préparons le salon de l'agriculture. C'est bien dommage, il va falloir que je me déguise pour en savoir plus. Ce qui m'ennuie le plus, c'est la tonsure...
PS: Il est totalement inutile de me signaler que ce billet est dénué d'intérêt. 1) J'estime que si le "national geographic" essaie de me piquer mes fiches, c'est pas pour des radis, alors vous pensez bien si je m'assois sur ce que vous pensez. 2) vous vous agiteriez en pure perte, j'ai encore une conscience et un peu de lucidité. 3) Vous êtes bien trop bons pour me faire de la peine.



